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Fièvre

Par

Larry M. Bush

, MD, FACP, Charles E. Schmidt College of Medicine, Florida Atlantic University

Dernière révision totale juil. 2020| Dernière modification du contenu juil. 2020
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La fièvre est l'augmentation de la température corporelle (> 37,8° C orale ou > 38,2° C rectale) ou l'élévation de la température au-dessus de la valeur normale connue de la personne. La fièvre survient lorsque le thermostat du corps (situé dans l'hypothalamus) se réinitialise à une température plus élevée, principalement en réponse à une infection. Une température corporelle élevée qui n'est pas provoquée par un reréglage du point de consigne de la température est appelée hyperthermie.

De nombreux patients utilisent le mot "fièvre" de manière très large signifiant qu'ils se sentent trop chauds, trop froids ou en sueurs, mais n'ont en fait pas mesuré leur température.

Les symptômes sont principalement liés à l'affection provoquant la fièvre, bien que la fièvre elle-même puisse provoquer des frissons, de la transpiration, des sensations désagréables et des bouffées de chaleur.

Physiopathologie de la fièvre

Pendant une période de 24 heures, la température varie du niveau le plus bas tôt le matin vers le niveau le plus élevé tard l'après-midi. La variation maximale est de près de 0,6° C.

La température corporelle est déterminée par l'équilibre entre la chaleur produite par les tissus, en particulier le foie et les muscles et la chaleur perdue en périphérie. Normalement, le centre thermorégulateur hypothalamique maintient la température centrale entre 37° et 38° C. La fièvre permet, par régulation au niveau du centre hypothalamique, de déclencher une vasoconstriction et un shunt du sang de la périphérie vers le centre de l'organisme, afin de diminuer la déperdition de chaleur; avec parfois une augmentation du débit cardiaque. Ces processus continuent jusqu'à ce que la température du sang qui baigne l'hypothalamus atteigne le niveau souhaité. Remettre à zéro le niveau d'alerte hypothalamique en l'abaissant (p. ex., par des médicaments antipyrétiques) initie la perte de chaleur par transpiration et vasodilatation.

La capacité à générer une fièvre est diminuée chez certains patients (p. ex., alcooliques, patients très âgés ou très jeunes).

Les substances pyrogènes sont celles qui déclenchent la fièvre. Les pyrogènes exogènes sont habituellement des microbes ou leurs produits. Les mieux étudiés sont les lipopolysaccharides des bactéries Gram négatives (plus couramment appelés endotoxines) et la toxine de Staphylococcus aureus, qui déclenchent le syndrome de choc toxique. La fièvre est le résultat de pyrogènes exogènes qui provoquent la libération de pyrogènes endogènes, tels que l'interleukine-1 (IL-1), le facteur de nécrose tumorale alpha (TNF-alpha), l'IL-6 et d'autres cytokines qui déclenchent alors les récepteurs de cytokines, ou de pyrogènes exogènes qui déclenchent directement les récepteurs TLR.

La synthèse de la prostaglandine E2 semble avoir un rôle important.

Conséquences de la fièvre

Bien que de nombreux patients se plaignent de la fièvre elle-même, de modestes et transitoires augmentations de la température interne (c'est-à-dire, 38 à 40° C) dues à des maladies aiguës sont bien tolérées chez l'adulte préalablement en bonne santé.

Cependant, une élévation de température extrême (typiquement > 41° C) peut être nuisible. Une telle élévation de température est caractéristique de l'hyperthermie environnementale mais peut également être observée en cas d'exposition à des drogues illicites (p. ex., cocaïne, phencyclidine), à des anesthésiques ou à des médicaments antipsychotiques. À cette température, une dénaturation des protéines survient et les cytokines inflammatoires qui activent la cascade inflammatoire sont libérées. Ainsi, un dysfonctionnement cellulaire survient, favorisant à un stade ultime une défaillance de nombreux organes; la cascade de coagulation est également activée favorisant une coagulation intravasculaire disséminée Coagulation intravasculaire disséminée (CIVD) La coagulation intravasculaire disséminée (CIVD) se traduit par un excès de génération de thrombine et de fibrine dans la circulation. Lors de ce processus, l'agré... en apprendre davantage .

La fièvre peut augmenter le métabolisme basal d'environ 10 à 12% pour chaque 1° C au-dessus de 37° C, la fièvre peut provoquer la décompensation d'une insuffisance cardiaque ou respiratoire chez l'adulte. La fièvre peut également aggraver l'état mental des patients présentant une démence.

Étiologie de la fièvre

De nombreux troubles peuvent provoquer une fièvre. Ils sont classés comme

  • Infectieux (le plus souvent)

  • Néoplasiques

  • Inflammatoires (dont rhumatismaux, non rhumatismaux et médicamenteux)

Une fièvre aiguë (c'est-à-dire, durée 4 jours) chez l'adulte est fortement suspecte d'être infectieuse. Lorsque les patients ont une fièvre de cause non infectieuse à la présentation, celle-ci a presque toujours une forme chronique ou récidivante. Une fièvre isolée, d'apparition brutale chez un patient qui a une maladie inflammatoire ou un cancer, est le plus souvent d'origine infectieuse. Chez les sujets en bonne santé, un événement aigu fébrile est peu susceptible d'être la manifestation initiale d'une pathologie chronique.

Causes infectieuses

Pratiquement tous les agents infectieux peuvent provoquer de la fièvre. Mais globalement, les causes les plus fréquentes sont

La plupart des infections aiguës des voies respiratoires et des infections gastro-intestinales sont d'origine virale.

Des facteurs liés au patient et à des événements extérieurs peuvent également influer sur la fièvre.

Les facteurs liés au patient comprennent l'état de santé, l'âge, la profession et d'autres facteurs de risque (p. ex., hospitalisation, techniques invasives récentes, présence de cathéters IV ou urinaires, ventilation artificielle).

Les facteurs externes sont ceux qui exposent les patients à des maladies spécifiques, p. ex., contacts avec patients infectés, épidémies locales, contact avec des vecteurs de maladie (p. ex., moustiques, tiques), une source alimentaire infectée (p. ex., aliments, eau) ou une région géographique (p. ex., résidence ou voyage récent dans une zone d'endémie).

Certaines de ces causes semblent prédominer en fonction de ces facteurs ( Certaines causes de fièvre aiguë Certaines causes de fièvre aiguë Certaines causes de fièvre aiguë ).

Tableau
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Évaluation d'une fièvre

Deux points sont importants dans le bilan initial d'une fièvre aiguë:

  • Identifier les principaux signes locaux (p. ex., céphalées, toux): ces symptômes peuvent orienter vers des causes possibles. Ces symptômes peuvent être décrits par le patient lui-même ou bien être identifiés à l'aide de questions précises et spécifiques.

  • Déterminer si le patient présente une pathologie aiguë ou chronique (en particulier si cette maladie n'est pas reconnue): de nombreuses étiologies de fièvre chez des personnes en bonne santé guérissent spontanément et rapidement et nombre d'infections virales possibles sont difficiles à diagnostiquer de manière spécifique. Limiter les examens complémentaires à la recherche d'une pathologie grave ou chronique peut épargner de nombreux examens coûteux et inutiles.

Anamnèse

L'anamnèse de la maladie actuelle doit apprécier l'intensité et la durée de la fièvre et la méthode utilisée pour prendre la température. De vrais frissons (importants, secousses, dents qui claquent, pas simplement une sensation de froid) suggèrent une fièvre due aux infections mais ne sont pas autrement spécifiques. La douleur est une indication importante de la porte d'entrée éventuelle; il faut interroger le patient au sujet de douleurs au niveau des oreilles, de la tête, du cou, des dents, de la gorge, du thorax, de l'abdomen, des hypochondres, du rectum, des muscles et des articulations.

Les autres symptômes localisés comprennent une congestion nasale et/ou des écoulements, une toux, une diarrhée et des symptômes urinaires (fréquence, mictions impérieuses, dysurie). La présence d'une éruption (type, localisation et date d'apparition en relation à d'autres symptômes) et d'une adénopathie peut aider.

La recherche d'autres sujets infectés contacts et leur diagnostic doivent être réalisés.

La revue des systèmes doit identifier les symptômes de maladie chronique, comme une fièvre récurrente, des sueurs nocturnes et un amaigrissement.

La recherche des antécédents médicaux doit particulièrement porter sur les domaines suivants:

  • Chirurgie récente

  • Troubles connus qui prédisposent à l'infection (p. ex., infection à VIH, diabète, cancer, transplantation d'organes, drépanocytose, valvulopathies, en particulier en cas de valvule artificielle)

  • Autres maladies connues qui prédisposent à la fièvre (p. ex., troubles rhumatologiques, lupus érythémateux disséminé, goutte, sarcoïdose, hyperthyroïdie, cancer)

Les questions à poser sur les voyages récents comprennent le pays, le temps écoulé depuis le retour, les sites visités (p. ex., l'arrière-pays, uniquement les villes), les vaccinations effectuées avant le voyage et la prise de médicaments antipaludéens (si indiquée).

Il faut interroger les patients sur les expositions possibles. Les exemples comprennent les aliments insalubres (p. ex., le lait et les produits laitiers non pasteurisés, la viande, le poisson et les fruits de mer crus ou insuffisamment cuits) ou l'eau, les piqûres/morsures d'insectes (p. ex., antécédents d'exposition aux tiques, aux moustiques ou à d'autres arthropodes vecteurs), le contact avec des animaux, les rapports sexuels non protégés et les expositions professionnelles ou récréatives (p. ex., la chasse, la randonnée, les sports aquatiques).

Les antécédents vaccinaux, notamment contre les hépatites A et B et contre les microrganismes de la méningite, de la grippe ou de l'infection pneumococcique, doivent être notés.

L'anamnèse médicamenteuse doit comprendre des questions spécifiques telles que:

  • Médicaments connus comme cause de fièvre ( Certaines causes de fièvre aiguë Certaines causes de fièvre aiguë Certaines causes de fièvre aiguë )

  • Médicaments qui prédisposent à l'infection (p. ex., corticostéroïdes, médicaments anti-TNF (Tumor Necrosis Factor), chimiothérapiques et antirejets, d'autres immunosuppresseurs)

  • Utilisation illicite de drogues injectables (prédisposant à l'endocardite, hépatites, emboles pulmonaires septiques et infections cutanées et des tissus mous)

Examen clinique

L'examen clinique commence par la confirmation de la fièvre. La fièvre est plus précisément diagnostiquée en mesurant la température rectale. La température orale est normalement d'environ 0,6° C plus basse et peut être faussement modifiée pour de nombreuses raisons, comme une consommation récente d'une boisson froide, une respiration bouche ouverte, une hyperventilation et par une utilisation inadéquate du thermomètre (jusqu'à plusieurs minutes sont nécessaires avec des thermomètres à mercure). La mesure de la température tympanique par capteur infrarouge est moins exacte que la température rectale. La surveillance de la température de la peau en utilisant des cristaux sensibles à la température intégrés dans des bandes de plastique placées sur le front est insuffisamment sensible pour détecter des élévations de la température centrale. Pendant la pandémie du COVID-19, l'utilisation de dispositifs infrarouges pour mesurer la température de la peau (p. ex., au front) pour dépister la fièvre avant l'entrée dans les lieux publics est devenue fréquente.

Les autres signes vitaux à rechercher sont une tachypnée, une tachycardie ou une hypotension.

Chez les patients qui présentent des signes de localisation, l'examen clinique se déroule comme décrit ailleurs dans LE MANUEL. Chez les patients fébriles sans symptomatologie focale, un examen complet est nécessaire car le diagnostic peut être orienté en fonction de l'organe examiné.

L'état général dans sa globalité, une asthénie, une léthargie, une confusion, une cachexie et une détresse, doivent être notés.

L'examen de la peau doit rechercher une éruption cutanée, en particulier des pétéchies ou des ecchymoses et toute autre lésion (p. ex., une escarre), exanthème ou vésicule suggérant une infection cutanée ou des muqueuses. Le cou, les aisselles et les régions épitrochléennes et inguinales doivent être examinés à la recherche d'une adénopathie.

Chez les patients hospitalisés, la présence de toute perfusion IV, sondes nasogastriques, sondes urinaires et autres doit être notée. Lorsque les patients ont eu une intervention chirurgicale récente, les cicatrices doivent être examinées.

Au cours de l'examen de la tête et du cou, les éléments suivants doivent être recherchés:

  • Tympans: examinés à la recherche d'infection

  • Sinus (frontaux et maxillaires): percutés

  • Artères temporales: palpées à la recherche d'une sensibilité

  • Nez: examiné à la recherche d'une congestion et d'un écoulement (clair ou purulent)

  • Yeux: examinés à la recherche d'une conjonctivite ou d'un ictère

  • Fond d'œil: examiné la recherche de tâches de Roth (évocatrices d'une endocardite)

  • Oropharynx et gencives: inspectés à la recherche d'une inflammation ou d'une ulcération (y compris candidose, ce qui suggère une immunodépression)

  • Cou: fléchi pour détecter une douleur et/ou une rigidité, indiquant un méningisme et palper d'éventuelles adénopathies

Les poumons sont examinés à la recherche de crépitants ou de signes de condensation et le cœur est ausculté à la recherche de souffles (endocardite).

L'abdomen est palpé à la recherche d'une hépatosplénomégalie et d'une sensibilité (suggérant une infection).

Les hypochondres sont percutés à la recherche d'une douleur en regard des reins (suggérant une pyélonéphrite).

Un examen pelvien est effectué chez la femme afin de vérifier la souplesse du col ou rechercher une sensibilité annexielle; un examen génital est effectué chez l'homme pour rechercher un écoulement urétral et une sensibilité locale.

Un toucher rectal doit être effectué à la recherche d'une douleur et d'une tuméfaction, suggérant un abcès périrectal (qui peut être occulte chez les patients immunodéprimés).

Toutes les principales articulations sont examinées à la recherche d'un gonflement, d'un érythème et d'une sensibilité (qui évoquent une infection articulaire ou un trouble rhumatologique). Les mains et les pieds sont examinés à la recherche de signes d'endocardite, dont des hémorragies en flammèches sous unguéales, des nodules sous-cutanés douloureux rouges sur les extrémités des doigts (nodule d'Osler) et des macules hémorragiques non douloureuses sur les paumes des mains ou les plantes des pieds (lésions de Janeway).

La colonne est percutée à la recherche d'une douleur focale.

Signes d'alarme

Les signes suivants doivent alerter:

  • Altération de l'état mental

  • Céphalées et/ou rigidité de la nuque

  • Éruptions pétéchiales

  • Hypotension

  • Dyspnée

  • Tachycardie ou tachypnée importantes

  • Température > 40° C ou < 35° C

  • Voyage récent dans une zone où les maladies graves (p. ex., le paludisme) sont endémiques

  • Utilisation récente d'immunosuppresseurs

Interprétation des signes

Le degré d'élévation de la température ne permet pas habituellement de prévoir la probabilité ou la cause de l'infection. Le mode évolutif de la fièvre, jadis considéré comme important, est en fait rarement utile, à l'exception possible de la fièvre tierce et quartane du paludisme Paludisme Le paludisme est une infection à Plasmodium spp. La symptomatologie comprend une fièvre (qui peut être périodique), des frissons, des sueurs, une diarrhée, des... en apprendre davantage et des épisodes récidivants (p. ex., brucellose Brucellose La brucellose est due à Brucella spp, qui sont des bactéries gram-négatives. Les symptômes se résument initialement à une fièvre aiguë avec peu... en apprendre davantage ).

La probabilité d'une maladie grave est à prendre en compte. Si une maladie grave est suspectée, des examens complémentaires immédiats et importants et souvent une hospitalisation sont nécessaires.

Les signes d'alarme évoquent fortement une maladie grave, comme dans les signes d'alarme suivants:

Une immunodépression, associée à une maladie connue ou à l'utilisation d'immunosuppresseurs ou suggérée par l'examen clinique (p. ex., perte de poids, candidose orale), est également à rechercher, de même que la présence d'une maladie chronique, l'injection de drogues IV et d'un souffle cardiaque.

Les signes de localisation sont identifiés et interprétés par l'anamnèse ou l'examen clinique (voir ailleurs dans LE MANUEL). Les autres signes évocateurs comprennent des adénopathies diffuses et un exanthème.

Une polyadénopathie peut survenir chez les grands enfants et les jeunes adultes au cours d'une mononucléose Mononucléose infectieuse La mononucléose infectieuse est due au virus Epstein-Barr (EBV, herpèsvirus humain de type 4), et se caractérise par une fatigue, de la fièvre, une pharyngite et des adé... en apprendre davantage Mononucléose infectieuse infectieuse; elle est habituellement associée à une pharyngite, à une sensation de malaise et à une hépatosplénomégalie. Une primo-infection par le VIH Infection par le virus de l'immunodéficience humaine (VIH) L'infection par le virus de l'immunodéficience humaine (VIH) est due à 1 de 2 rétrovirus similaires (VIH-1 et VIH-2) qui détruisent les lymphocytes CD4+ et perturbent... en apprendre davantage Infection par le virus de l'immunodéficience humaine (VIH) ou une syphilis secondaire Syphilis La syphilis est causée par le spirochète Treponema pallidum et caractérisé par 3 stades symptomatiques séquentiels séparés par des périodes d'... en apprendre davantage Syphilis doivent être suspectées en cas de polyadénopathie diffuse, accompagnée quelquefois d'arthralgies et/ou d'un exanthème. L'infection par le VIH apparaît 2 à 6 semaines après l'exposition (bien que les patients puissent ne pas toujours rapporter un contact sexuel non protégé ou d'autres facteurs de risque). La syphilis secondaire est habituellement précédée par un chancre, associé à des symptômes généraux qui apparaissent 4 à 10 semaines plus tard. Cependant, les patients peuvent ne pas remarquer un chancre car il est indolore et il peut être situé hors du champ de vision, dans le rectum, le vagin, ou la cavité buccale.

Fièvre et exanthème peuvent être associés à plusieurs causes infectieuses et médicamenteuses. Les pétéchies ou les purpuras sont particulièrement préoccupants; ils suggèrent la possibilité d'une méningococcémie Maladies méningococciques Les méningocoques (Neisseria meningitidis) sont des cocci à gram négatif cause de méningite et de méningococcémie. La symptomatologie observée, habituellement... en apprendre davantage Maladies méningococciques , d'une fièvre pourprée des Montagnes Rocheuses Fièvre pourprée des Montagnes Rocheuses La fièvre pourprée des Montagnes Rocheuses est due à Rickettsia rickettsii et est transmise par les tiques ixodidées. Les symptômes sont une fièvre é... en apprendre davantage Fièvre pourprée des Montagnes Rocheuses (en particulier si la paume des mains ou des pieds est concernée), ou, plus rarement, de certaines infections virales (p. ex., dengue fièvres Dengue La dengue est une maladie transmise par les moustiques et due à un flavivirus. La dengue entraîne habituellement une forte fièvre d'apparition brutale, des céphalé... en apprendre davantage , hémorragiques fièvres). Les autres lésions cutanées évocatrices comprennent le classique érythème migrant, éruption de la maladie de Lyme Maladie de Lyme La maladie de Lyme est une infection transmise par les tiques et due au spirochète Borrelia spp. Les premiers symptômes comprennent un érythème migrant qui peut ê... en apprendre davantage Maladie de Lyme , les lésions en cibles du syndrome de Stevens-Johnson Syndrome de Stevens-Johnson et nécrolyse épidermique toxique Le syndrome de Stevens-Johnson et la nécrolyse épidermique toxique sont des réactions graves d'hypersensibilité cutanée. Les médicaments, en particulier les... en apprendre davantage Syndrome de Stevens-Johnson et nécrolyse épidermique toxique et la douleur de l'érythème de la cellulite Cellulite La cellulite est une infection bactérienne aiguë de la peau et des tissus sous cutanés, le plus souvent, provoquée par les streptocoques ou plus rarement les staphylocoques... en apprendre davantage Cellulite et d'autres infections bactériennes des tissus mous. La possibilité d'une hypersensibilité médicamenteuse Éruptions et réactions médicamenteuses Les médicaments peuvent entraîner de multiples éruptions et réactions cutanées. Les formes les plus sévères de ces réactions médicamenteuses sont traitées ailleurs dans LE MANUEL et comprennent... en apprendre davantage Éruptions et réactions médicamenteuses retardée (même après de longues périodes d'utilisation) doit être envisagée.

Si aucune information de localisation n'est présente, les sujets en bonne santé qui ont une fièvre aiguë et des signes cliniques non spécifiques (p. ex., sensation de malaise, douleurs généralisées) ont le plus souvent une infection virale autolimitée, sauf s'il existe des antécédents d'exposition à des contacts infectés (y compris un nouveau contact sexuel non protégé), à des vecteurs de maladies ou un séjour dans une zone où la maladie est endémique (y compris les voyages récents) qui fait évoquer d'autres hypothèses.

Les patients qui présentent d'importants troubles sous-jacents sont plus susceptibles d'avoir une infection bactérienne ou parasitaire. Les consommateurs de drogues par voie intraveineuse et les patients porteurs d'une prothèse valvulaire cardiaque peuvent avoir une endocardite. Les patients immunodéprimés sont plus exposés à une infection provoquée par certains microrganismes ( Certaines causes de fièvre aiguë Certaines causes de fièvre aiguë Certaines causes de fièvre aiguë ).

La fièvre d'origine médicamenteuse (avec ou sans éruption) est un diagnostic d'exclusion, nécessitant souvent un arrêt de la molécule incriminée. Une difficulté, lorsque les antibiotiques sont suspectés d'être la cause de la fièvre, est que la maladie traitée peut également être la cause de cette fièvre. Parfois, un indice en faveur de ce diagnostic est que la fièvre et une éruption débutent après une amélioration clinique de l'infection initiale et sans aggravation ou la réapparition des symptômes initiaux (p. ex., chez un patient traité pour une pneumonie, une fièvre réapparaît sans toux, dyspnée ou hypoxie).

Examens complémentaires

Les examens complémentaires dépendent de la présence de signes focaux.

Si des éléments d'orientation sont présents, les tests sont guidés par la suspicion clinique et par les signes (voir aussi ailleurs dans LE MANUEL), comme pour les étiologies suivantes:

Si aucun signe d'orientation n'est présent chez des sujets auparavant en bonne santé et si aucune pathologie sévère n'est suspectée, les patients peuvent généralement être surveillés chez eux sans effectuer d'examens complémentaires. Dans la plupart des cas, les symptômes disparaissent rapidement; les quelques patients qui développent des symptômes inquiétants ou de localisation, doivent être réévalués et testés en fonction des signes nouvellement apparus.

Lorsqu'une maladie grave est suspectée chez les patients qui n'ont aucun signe d'orientation, les examens complémentaires doivent être réalisés. Les patients qui présentent des signes d'alarme évocateurs d'un sepsis doivent subir des cultures (urine et sang), une rx thorax et un bilan sanguin à la recherche d'anomalies métaboliques avec la mesure de l'ionogramme sanguin, de la glycémie, de l'urée, de la créatinine, des lactates et des enzymes hépatiques sériques. Une NFS est systématiquement effectuée, mais sa sensibilité et sa spécificité pour le diagnostic d'une infection bactérienne sévère sont faibles. Cependant, la numération des globules blancs est importante sur le plan pronostique chez des patients qui peuvent être immunodéprimés (c'est-à-dire, un nombre de globules blancs abaissé peut être associé à un pronostic défavorable). L'élévation de la protéine C réactive est un indicateur sensible mais non spécifique de sepsis. Un taux élevé de procalcitonine est révélateur d'un processus bactérien, mais manque de sensibilité pour justifier une utilisation systématique.

Les patients qui présentent certains troubles sous-jacents peuvent avoir besoin d'examens complémentaires même s'ils n'ont aucun élément d'orientation et ne semblent présenter aucune pathologie sévère. En raison du risque et des conséquences dévastatrices de l'endocardite, les utilisateurs de drogues par voie intraveineuse qui présentent de la fièvre sont habituellement hospitalisés pour pratiquer une série d'hémocultures et souvent une échocardiographie. Les patients traités par immunosuppresseurs doivent subir une NFS; en cas de neutropénie, des examens sont réalisés et une rx thorax est effectuée, ainsi que des hémocultures, une culture des expectorations, des urines, des selles et de toute lésion cutanée suspecte. La bactériémie et le sepsis étant des causes fréquentes de fièvre chez les patients neutropéniques, une antibiothérapie empirique IV à large spectre doit être administrée rapidement, sans attendre les résultats des cultures.

Traitement de la fièvre

Les causes spécifiques de fièvre sont traitées par un traitement anti-infectieux; un traitement empirique anti-infectieux basé sur le site anatomique le plus probable et les agents pathogènes impliqués est nécessaire lorsque la suspicion d'infection grave est élevée.

Le traitement de la fièvre due à l'infection elle-même par des antipyrétiques est controversé. Des preuves expérimentales évoquent que la fièvre accroît les défenses de l'hôte, mais sans essai clinique.

Cette fièvre doit probablement être traitée chez certains patients à risque particulier, comme les adultes ayant une insuffisance cardiaque ou respiratoire préexistante ou ayant un état démentiel.

Les médicaments qui inhibent les cyclo-oxygénases cérébrales sont efficaces pour réduire la fièvre:

  • Paracétamol 650 à 1000 mg par voie orale toutes les 6 heures

  • Ibuprofène 400 à 600 mg par voie orale toutes les 6 heures

La dose quotidienne de paracétamol ne doit pas dépasser 4 g afin d'éviter une intoxication; les patients doivent être avertis de ne pas prendre simultanément des remèdes contre la grippe ou le rhume contenant du paracétamol. D'autres AINS (p. ex., aspirine, naproxène) sont également efficaces comme antipyrétiques. Les salicylates ne doivent pas être employés pour combattre la fièvre en cas de maladie virale chez l'enfant, du fait du risque de syndrome de Reye.

Lorsque la température est 41° C, d'autres mesures de refroidissement (p. ex., refroidissement avec de l'eau tiède par brumisation, couvertures froides) doivent également être effectuées.

Bases de gériatrie: fièvre

Chez les personnes âgées fragiles, l'infection est moins susceptible de provoquer de la fièvre et même lorsque celle-ci devrait être élevée, la température peut être plus basse que ce qui devrait être habituellement observé. De même, d'autres symptômes, comme une douleur focalisée, peuvent être moins importants. Souvent, la modification de l'état mental ou le déclin des fonctions supérieures peut être l'une des premières manifestations d'une pneumopathie Revue générale des pneumonies La pneumonie est une inflammation aiguë des poumons provoquée par une infection. Le diagnostic initial repose généralement sur la rx thorax et les signes cliniques. L'... en apprendre davantage ou d'une infection urinaire Introduction aux infections des voies urinaires Les infections urinaires peuvent être classées en deux catégories, les infections urinaires hautes, qui concernent les reins (pyélonéphrite) et les infections urinaires basses, qui... en apprendre davantage .

En dépit d'un tableau apparemment moins sévère, les personnes âgées fébriles sont significativement plus susceptibles d'avoir une infection bactérienne grave que ce qui est observé chez les jeunes adultes fébriles. Comme chez les jeunes adultes, la cause est souvent une infection respiratoire ou une infection des voies urinaires, mais chez les personnes âgées, les infections cutanées et des tissus mous sont parmi les principales causes. Les personnes âgées présentant des infections virales respiratoires telles que la grippe Grippe La grippe est une infection respiratoire virale provoquant une fièvre, un coryza, une toux, des céphalées et une sensation de malaise. Le décès est possible pendant... en apprendre davantage et el COVID-19 COVID-19 Le COVID-19 est une maladie respiratoire aiguë, parfois grave, provoquée par le nouveau coronavirus, le SRAS-CoV-2. COVID-19 a été signalé pour la première fois à la fin de l'année... en apprendre davantage sont également plus susceptibles d'avoir des manifestations graves.

Les éléments d'orientation sont évalués comme chez les patients jeunes. Mais contrairement aux jeunes, un ECBU et une rx thorax doivent être systématiquement réalisés chez les patients âgés. Des hémocultures doivent être effectuées afin d'éliminer une bactériémie Bactériémie La bactériémie est définie par la présence de bactéries dans le sang. Elle peut apparaître spontanément, au cours de certaines infections, à partir de... en apprendre davantage ; si une bactériémie est suspectée ou en cas de signes vitaux graves, les patients doivent être hospitalisés.

Points clés

  • La plupart des fièvres observées chez les personnes en bonne santé sont dues à des virus respiratoires ou digestifs.

  • Les éléments de localisation guident le bilan.

  • En l'absence de symptômes localisés, le fait de limiter les tests aux patients présentant une maladie grave ou une maladie chronique peut permettre d'éviter de nombreux bilans inutiles.

  • Les maladies chroniques sous-jacentes, en particulier celles perturbant le système immunitaire, doivent être évoquées.

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