Ehrlichiose et anaplasmose

Examen complet: janv. 2024 ParWilliam A. Petri, Jr, MD, PhD, University of Virginia School of Medicine | Examen par des pairs réalisé parBrenda L. Tesini, MD, University of Rochester School of Medicine and Dentistry
Dernière mise à jour: sept. 2025
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L'ehrlichiose et l'anaplasmose sont dues à des bactéries de type rickettsia. L'ehrlichiose est principalement causée par Ehrlichia chaffeensis; l'anaplasmose est provoquée par Anaplasma phagocytophilum. Toutes deux sont transmises aux humains par les tiques. Les symptômes ressemblent à ceux de la fièvre pourprée des Montagnes Rocheuses, mais l'éruption cutanée est beaucoup moins fréquente. Le début de la maladie est brutal avec fièvre, frissons, céphalées et une sensation de malaise.

(Voir aussi Revue générale des rickettsioses et des infections similaires.)

L'ehrlichiose et l'anaplasmose sont apparentées aux rickettsioses.

E. chaffeensis est la cause de l'ehrlichiose monocytaire humaine. La plupart des cas d'ehrlichiose monocytaire ont été identifiés dans le sud-est et le centre sud des États-Unis, où son arthropode vecteur (la tique Lone Star) est endémique. (Voir Centers for Disease Control and Prevention: Ehrlichiosis–epidemiology and statistics.)

Anaplasma phagocytophilum (anciennement appelé E. phagocytophila) provoque l'anaplasmose granulocytaire humaine, qui existe dans le Nord-Est, le mid-Atlantique, le Midwest supérieur et la Côte Ouest des États-Unis, où son arthropode vecteur (tiques ixodides) est endémique. La maladie de Lyme, la babésiose et le virus Powassan ont la même tique vectrice et la même zone endémique, et parfois les patients contractent des co-infections après avoir été mordus par une tique infectée par plus d'un type de microrganisme. Plusieurs cas d'anaplasmose ont été rapportés après des transfusions de sang provenant de donneurs asymptomatiques ou présentant une infection aiguë. (Voir Centers for Disease Control and Prevention: Anaplasmosis–epidemiology and statistics.)

Conseils et pièges à éviter

  • Comme la maladie de Lyme, la babésiose et le virus Powassan ont la même tique vectrice et la même zone endémique que l'anaplasmose, les tiques (et donc les personnes qu'elles mordent) peuvent être infectées par plus d'un type de microrganisme à la fois.

La différence de cellule cible principale (les monocytes pour l'ehrlichiose et les granulocytes pour l'anaplasmose) n'entraîne que des différences mineures dans les manifestations cliniques.

Symptomatologie de l'ehrlichiose et de l'anaplasmose

Les aspects cliniques de l'ehrlichiose et de l'anaplasmose sont similaires. Bien que certaines infections soient asymptomatiques, la plupart provoquent l'apparition brutale d'un syndrome grippal avec des symptômes non spécifiques tels que fièvre, frissons, myalgies, faiblesse, nausées, vomissements, toux, céphalées et sensation de malaise, débutant habituellement environ 12 jours après la morsure de tique.

L'éruption cutanée est rare dans l'anaplasmose. Certains patients infectés par E. chaffeensis développent une éruption cutanée maculo-papuleuse ou pétéchiale sur le tronc et les extrémités.

L'ehrlichiose et l'anaplasmose peuvent entraîner une coagulation intravasculaire disséminée, une défaillance multiviscérale, des convulsions et un coma.

L'ehrlichiose et l'anaplasmose semblent plus sévères et avoir une mortalité plus élevée chez les patients dont l'immunité est diminuée par des immunosuppresseurs (p. ex., des corticostéroïdes, une chimiothérapie du cancer, un traitement à long terme par des immunosuppresseurs après une transplantation d'organe), une infection par le VIH, ou une splénectomie.

Diagnostic de l'ehrlichiose et de l'anaplasmose

  • Polymerase Chain Reaction (PCR) d'un prélèvement de sang

Il existe des tests sérologiques diagnostiques pour l'ehrlichiose et l'anaplasmose, mais la PCR dans le sang est plus sensible et plus spécifique et peut permettre un diagnostic plus rapide que les tests sérologiques qui nécessitent une comparaison de titres sériques en série. Des inclusions cytoplasmiques dans les monocytes (ehrlichiose) ou dans les neutrophiles (anaplasmose) peuvent être détectées, mais les inclusions cytoplasmiques sont plus fréquentes dans l'anaplasmose.

Des examens sanguins et hépatiques peuvent détecter des anomalies hématologiques et hépatiques, telles que leucopénie, thrombopénie et aminotransférases élevées.

Traitement de l'ehrlichiose et de l'anaplasmose

  • Doxycycline

Pour une plus grande efficacité, il est préférable de débuter le traitement de l'ehrlichiose et de l'anaplasmose avant le résultat des examens. Lorsque le traitement est précoce, les patients répondent vite et bien. Un retard dans le traitement peut entraîner de graves complications, y compris des surinfections virales et mycosiques, ainsi que le décès dans 2 à 5% des cas.

Le traitement principal est la doxycycline jusqu'à ce que le patient s'améliore et soit afébrile pendant 24 à 48 heures, mais il est poursuivi pendant au moins 7 jours. Chez les patients qui ne tolèrent pas la doxycycline, la désensibilisation est recommandée.

Bien que certaines tétracyclines puissent provoquer une coloration des dents chez les enfants de < 8 ans, les Centers for Disease Control and Prevention (CDC) conseillent d'administrer de la doxycycline (1). La recherche indique que des cycles courts de doxycycline (5 à 10 jours, comme pour la maladie rickettsienne) peuvent être utilisés chez les enfants sans provoquer de coloration des dents ou d'affaiblissement de l'émail dentaire (2; voir aussi CDC: Research on doxycycline and tooth staining).

Le chloramphénicol n'est pas efficace.

Certains patients continuent d'éprouver des céphalées, une faiblesse et une sensation de malaise pendant des semaines après un traitement adéquat.

Références pour le traitement

  1. 1. Centers for Disease Control and Prevention: Ehrlichiosis

  2. 2. Todd SR, Dahlgren FS, Traeger MS, et al: No visible dental staining in children treated with doxycycline for suspected Rocky Mountain Spotted Fever. J Pediatr 166(5):1246-51, 2015. doi: 10.1016/j.jpeds.2015.02.015

Prévention de l'ehrlichiose et de l'anaplasmose

Aucun vaccin n'est disponible pour prévenir l'ehrlichiose ou l'anaplasmose. Des mesures peuvent être prises pour éviter les morsures de tiques. (Voir aussi Centers for Disease Control and Prevention: Preventing tick bites.)

Tiques

Les mesures de prévention pour empêcher que les tiques atteignent la peau comprennent

  • Rester sur les chemins et les sentiers

  • Glisser son pantalon dans ses bottes ou ses chaussettes

  • Porter des chemises à manches longues

  • Appliquer un insectifuge avec du diéthyltoluamide (DEET) sur les surfaces cutanées

Le DEET doit être utilisé avec prudence chez les très jeunes enfants car des réactions toxiques ont été signalées. La perméthrine sur les vêtements tue efficacement les tiques. Les recherches fréquentes de tiques, en particulier dans les zones poilues et chez l'enfant, sont essentielles dans les zones d'endémie.

Les tiques gorgées de sang doivent être enlevées avec précaution et non écrasées entre les doigts du fait du danger de transmission de la maladie. Le corps de la tique ne doit pas être saisi ou écrasé. Une traction progressive sur la partie céphalique de la tique avec une petite pince permet de la déloger. Le point de fixation doit être tamponné avec de l'alcool. La vaseline, les allumettes enflammées et autres irritants ne sont pas efficaces pour retirer les tiques et ne doivent pas être utilisés.

Il n'existe aucun moyen pratique disponible pour débarrasser des régions entières des tiques, mais les populations de tiques peuvent être réduites dans les régions d'endémie en contrôlant les populations de petits animaux.

Points clés

  • L'ehrlichiose et l'anaplasmose sont des infections transmises par les tiques apparentées aux rickettsioses.

  • Les aspects cliniques de l'ehrlichiose et de l'anaplasmose sont similaires, habituellement avec l'apparition soudaine d'une maladie de type grippal; l'éruption cutanée est rare dans l'anaplasmose.

  • L'ehrlichiose et l'anaplasmose peuvent entraîner une coagulation intravasculaire disséminée, une défaillance multiviscérale, des convulsions et un coma.

  • Effectuer un test PCR sur le sang, qui est plus sensible et spécifique que les tests sérologiques et peut permettre un diagnostic précoce.

  • Traiter par la doxycycline, qu'il est préférable de débuter avant le résultat des examens.

Plus d'information

Les sources d'information suivantes en anglais peuvent être utiles. Veuillez noter que LE MANUEL n'est pas responsable du contenu de ces ressources.

  1. Centers for Disease Control and Prevention: informations sur la prévention des morsures de tiques 

  2. Centers for Disease Control and Prevention: Informations et statistiques concernant l'épidémiologie de ehrlichiosis et anaplasmosis

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