Déficit en hormone de croissance chez les enfants

Examen complet: juin 2026 ParAndrew Calabria, MD, The Children's Hospital of Philadelphia | Examen par des pairs réalisé parMichael SD Agus, MD, Harvard Medical School
Dernière mise à jour: juin 2026
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La carence en hormone de croissance (GH) est le déficit en hormone hypophysaire le plus fréquent chez les enfants et peut être isolée ou accompagnée d'une carence en d'autres hormones hypophysaires. Une carence en hormone de croissance entraîne généralement un ralentissement anormal de la croissance et une petite taille. Le diagnostic repose sur la mesure des taux des hormones hypophysaires et l'IRM pour détecter les anomalies structurelles de l'hypophyse ou, plus rarement, des tumeurs cérébrales. Le traitement comprend généralement une hormonothérapie de substitution spécifique et l'exérèse de toute tumeur causale.

Le déficit en hormone de croissance (GH) peut être isolé ou associé à un hypopituitarisme généralisé. Dans les deux cas, le déficit en hormone de croissance peut être acquis ou congénital (y compris des causes génétiques héréditaires). Rarement, la GH elle-même n'est pas déficitaire, mais les récepteurs de la GH sont anormaux (insensibilité à la GH).

Les patients présentant un déficit en hormone de croissance lié à un hypopituitarisme généralisé (panhypopituitarisme) ont également un déficit en une ou plusieurs autres hormones de l'antéhypophyse (p. ex., hormone folliculo-stimulante [FSH], hormone lutéinisante [LH], hormone adrénocorticotrope [ACTH], hormone thyréostimulante [TSH (Thyroid stimulating hormone)]) ainsi qu'en vasopressine (hormone antidiurétique [ADH]), qui est produite dans l'hypothalamus et stockée dans l'hypophyse postérieure.

L'hypopituitarisme peut être primaire (trouble hypophysaire) ou secondaire à la perturbation de la sécrétion hypothalamique d'hormones libératrices spécifiques qui contrôlent la production d'hormones antéhypophysaires (GH, FSH, LH, ACTH, TSH).

Étiologie du déficit en hormone de croissance

On estime que le déficit isolé en hormone de croissance touche 1/4 000 à 1/10 000 enfants (1). Il est généralement idiopathique, mais jusqu'à 30% des patients présentent une étiologie génétique, structurelle ou acquise identifiable. Les causes congénitales comprennent les anomalies du récepteur de l'hormone de libération de la GH et du gène GH1, ainsi que certaines malformations du système nerveux central. Les causes structurelles comprennent une post-hypophyse ectopique et une hypoplasie hypophysaire avec dysgenèse de la tige pituitaire. Les causes acquises comprennent la méningite, l'histiocytose, les traumatismes crâniens et l'irradiation thérapeutique du SNC (2). Bien que le déficit en hormone de croissance soit le plus fréquent, une irradiation à forte dose peut également provoquer un hypopituitarisme généralisé. L'irradiation du rachis, à visée prophylactique ou thérapeutique, peut altérer davantage le potentiel de croissance des vertèbres et compromettre encore plus le gain de taille.

L'hypopituitarisme généralisé peut avoir des causes génétiques, impliquant des mutations héréditaires ou sporadiques qui affectent les cellules de l'hypophyse. Dans de tels cas, des anomalies d'autres systèmes d'organes sont possibles, en particulier des malformations de la ligne médiane, telles qu'une fente palatine ou une dysplasie septo-optique (qui associe une absence de septum pellucidum, une atrophie du nerf optique et un hypopituitarisme). L'hypopituitarisme généralisé peut également résulter de nombreux types de lésions qui affectent l'hypothalamus (altérant la sécrétion des hormones de libération) ou l'hypophyse; par exemple, les tumeurs (p. ex., le plus souvent le craniopharyngiome), les infections (p. ex., la tuberculose, la toxoplasmose, la méningite), et les maladies infiltratives. L'association de lésions ostéolytiques des os ou du crâne à un déficit en arginine-vasopressine (diabète insipide) suggère une histiocytose à cellules de Langerhans.

Références pour l'étiologie

  1. 1. Hage C, Gan HW, Ibba A, et al. Advances in differential diagnosis and management of growth hormone deficiency in children. Nat Rev Endocrinol. 2021;17(10):608-624. doi:10.1038/s41574-021-00539-5

  2. 2. Crowne E, Gleeson H, Benghiat H, Sanghera P, Toogood A. Effect of cancer treatment on hypothalamic-pituitary function. Lancet Diabetes Endocrinol. 2015;3(7):568-576. doi:10.1016/S2213-8587(15)00008-X

Symptomatologie du déficit en hormone de croissance

Les manifestations du déficit en hormone de croissance dépendent de l'âge du patient, de l'étiologie sous-jacente, et des carences hormonales spécifiques.

Le déficit en hormone de croissance proprement dit se manifeste généralement par un retard de croissance, parfois avec un retard du développement des dents. La taille est inférieure au 3e percentile, et la vitesse de croissance est < 6 cm/an avant l'âge de 4 ans, < 5 cm/an entre 4 et 8 ans et < 4 cm/an avant la puberté. Bien que de petite taille, un enfant ayant un hypopituitarisme conserve des proportions normales entre les segments supérieurs et inférieurs du corps. La maturation osseuse, évaluée par la détermination de l'âge osseux, est en retard de > 2 ans par rapport à l'âge chronologique.

D'autres anomalies peuvent être présentes, selon la malformation sous-jacente, et l'enfant peut voir son développement pubertaire retardé ou absent. La prise de poids peut ne pas correspondre à la croissance, ce qui provoque une obésité relative. Les nouveau-nés qui ont des malformations congénitales de l'hypophyse ou de l'hypothalamus peuvent présenter une hypoglycémie (qui peut également survenir chez des enfants plus âgés), une hyperbilirubinémie, des anomalies de la ligne médiane (p. ex., une fente palatine), ou un micropénis, ainsi que des manifestations d'autres déficits endocriniens.

Diagnostic du déficit en hormone de croissance

  • Évaluation auxologique (données de taille et de poids enregistrées sur une courbe de croissance)

  • Imagerie

  • Taux d'insulin-like growth factor 1 (IGF-1) et de l'IGF binding protein type 3 (IGFBP-3)

  • Habituellement, la confirmation nécessite des tests de stimulation

  • Évaluation d'autres hormones hypophysaires et recherche d'autres causes de retard de croissance

Les recommandations pour le diagnostic du déficit en hormone de croissance nécessitent d'intégrer les critères de croissance, les antécédents médicaux, les examens de laboratoire et les résultats d'imagerie (1).

La croissance est évaluée; les données de taille et de poids doivent être reportées sur une courbe de croissance (évaluation auxologique) chez tous les enfants. (Pour les enfants de 0 à 2 ans, voir World Health Organization [WHO] Growth Charts; pour les enfants de 2 ans et plus, voir Centers for Disease Control and Prevention [CDC] Growth Charts.)

Une exploration formelle d'un déficit en hormone de croissance peut être justifiée en fonction de la taille absolue (≥ 3 écarts-types [ET] en dessous de la moyenne, ≥ 1,5 ET en dessous de la taille mi-parentale), de la vitesse de croissance (≥ 2 ou 1,5 ET en dessous de la moyenne sur une période de 1 ou 2 ans), d'une combinaison de la taille et de la vitesse de croissance, ou de la mise en évidence de déficits en hormones hypophysaires multiples, d'une hypoglycémie néonatale (en cas de suspicion de déficit néonatal en hormone de croissance) ou de certaines lésions endocrâniennes (2).

Calculateur clinique 

La mesure des taux d'IGF-1 et d'IGFBP-3 débute l'évaluation de l'axe GH/IGF-1. Les taux d'IGF-1 reflètent l'activité de la GH, et l'IGF-1 sert de principal médiateur des effets de la GH stimulant la croissance. L'IGFBP-3 est le principal vecteur des peptides IGF. Les taux d'IGF-1 (insulin-like growth factor-1) et d'IGFBP-3 (Insulin-Like Growth Factor Binding Protein 3) sont mesurés car les taux de GH eux-mêmes sont pulsatiles, extrêmement variables et difficiles à interpréter.

Les taux d'IGF-1 varient avec l'âge, et ils doivent être interprétés par rapport à l'âge osseux plutôt que par rapport à l'âge chronologique. Les taux d'IGF-1 sont les plus bas chez le nourrisson et dans la petite enfance (< 5 ans) et ne permettent donc pas de faire une distinction fiable entre des valeurs normales et inférieures à la normale dans ces groupes d'âge (1). À la puberté, les taux d'IGF-1 augmentent, et des taux normaux peuvent permettre d'exclure un déficit en GH. Des taux bas d'IGF-1 chez les enfants plus âgés suggèrent un déficit en GH; cependant, des valeurs basses d'IGF-1 peuvent être observées dans d'autres affections que le déficit en GH (p. ex., privation émotionnelle, dénutrition, maladie cœliaque, hypothyroïdie) et ces troubles doivent donc être exclus. Cependant, les taux d'IGFBP-3, contrairement à ceux de l'IGF-1, sont moins affectés par la dénutrition et permettent de faire une meilleure distinction entre des taux normaux et inférieurs à la normale chez les jeunes enfants (< 3 ans) (3).

Chez l'enfant qui a des taux bas d'IGF-1 et d'IGFBP-3, un déficit en GH est habituellement confirmé par un dosage de la GH. Comme les concentrations basales de GH sont généralement basses ou indétectables (sauf pendant la période qui suit l'endormissement), la mesure aléatoire des taux de GH est inutile et leur évaluation nécessite le recours à un test de stimulation. Cependant, le test de stimulation n'est pas physiologique, est sujet aux variations de laboratoire et est peu reproductible. En outre, la définition d'une réponse normale varie selon l'âge, le sexe, et le centre d'examen, et elle est basée sur des données limitées. Le traitement du déficit en GH ne doit pas être basé uniquement sur les résultats des tests de stimulation (1).

Des examens d'imagerie sont pratiqués en cas de croissance anormale; l'âge osseux doit être déterminé sur une radiographie de la main gauche (par convention). En cas de déficit en GH, le retard de la maturation osseuse est parallèle au retard de croissance (taille). En cas de déficit en GH, une évaluation de l'hypophyse et de l'hypothalamus par IRM est indiquée afin d'exclure des calcifications, des tumeurs et des anomalies structurelles; cependant, les IRM cérébrales peuvent avoir une valeur moindre chez la plupart des enfants présentant un déficit isolé en GH, car les anomalies sont rares, sauf chez ceux dont le pic de GH stimulé est < 3 ng/mL (3 mcg/L) (4).

Les examens biologiques de dépistage sont effectués pour chercher d'autres causes possibles au retard de croissance, dont:

  • Hypothyroïdie (p. ex., hormone thyréostimulante [TSH], thyroxine [T4])

  • Affections rénales (p. ex., électrolytes, taux de créatinine)

  • Pathologies inflammatoires et immunitaires (p. ex., anticorps anti-transglutaminase tissulaire, protéine C réactive)

  • Troubles hématologiques (p. ex., NFS)

Si un déficit en GH est fortement suspecté (ou confirmé), des examens complémentaires de la fonction hypophysaire sont effectués (p. ex., ACTH, concentration sérique de cortisol à 8 heures du matin, LH, FSH, TSH, thyroxine sérique libre [T4 libre] et taux de prolactine).

Des tests génétiques pour rechercher des syndromes spécifiques (p. ex., syndrome de Turner, mutation du gène SHOX) peuvent être indiqués selon les signes cliniques ou si la courbe de croissance diffère sensiblement de celle de la famille.

Conseils et pièges à éviter

  • Les taux de GH (growth hormone) mesurés aléatoirement sont de peu d'utilité dans le diagnostic du déficit en hormone de croissance.

Tests de stimulation

La réponse de la GH étant typiquement anormale chez les patients présentant une diminution de la fonction thyroïdienne, les tests de stimulation ne doivent être effectués chez ces patients qu'après une hormonothérapie substitutive adéquate.

Le test de tolérance à l'insuline est le meilleur test de stimulation de la libération de GH, mais il est rarement effectué en raison du risque d'hypoglycémie. D'autres tests de stimulation sont moins dangereux mais aussi moins fiables. Ceux-ci comprennent des tests qui utilisent une perfusion d'arginine (500 mg/kg IV administrée en 30 min), de la clonidine (0,15 mg/m2 par voie orale [maximum 0,25 mg]), de la lévodopa (10 mg/kg jusqu'à 500 mg par voie orale chez les enfants), et du glucagon (0,03 mg/kg IV [maximum 1 mg]). Les taux de GH sont mesurés à différents moments après l'administration du médicament, en fonction du médicament.

Aucun test n'étant efficace à 100% pour stimuler la libération de GH (5), 2 tests de stimulation de GH sont effectués (généralement le même jour). Le pic de GH survient généralement 30 à 90 min après l'administration d'insuline ou après le début de la perfusion d'arginine, 30 à 120 min après l'absorption de la lévodopa, 60 à 90 min après la clonidine et 120 à 180 min après le glucagon.

La réponse de la GH considérée comme normale l'est de manière plutôt arbitraire. En général, tout taux de GH après stimulation > 10 ng/mL (> 10 mcg/L) est suffisant pour exclure un déficit classique en GH. Un déficit en GH peut être envisagé en cas de réponses < 10 ng/mL (< 10 mcg/L; certains centres utilisent un seuil inférieur, p. ex., 7 ng/mL [7 mcg/L]) à 2 stimuli pharmacologiques quelconques, mais les résultats doivent être interprétés dans le contexte des données auxologiques (2). En raison du caractère arbitraire des seuils de normalité des tests de stimulation de la GH, les enfants présentant une petite taille inexpliquée par ailleurs et des résultats normaux aux tests de stimulation de la GH peuvent être considérés comme ayant un déficit en GH s'ils répondent à la plupart des critères suivants (6):

  • Taille inférieure de plus de 2,25 écarts-types à la moyenne pour l'âge ou de plus de 2 écarts-types à la taille parentale moyenne

  • Vitesse de croissance < 25e percentile pour l'âge osseux

  • Âge osseux > 2 écarts-types en dessous de la moyenne pour l'âge

  • Taux sériques bas d'insulin-like growth factor 1 (IGF-1) et/ou d'IGF binding protein type 3 (IGFBP-3)

  • Autres signes cliniques suggérant un déficit en hormone de croissance (GH)

Les taux de GH augmentant pendant la puberté, de nombreux enfants chez qui les tests de stimulation de la GH échouent (c'est-à-dire avec une augmentation inadéquate du taux de GH après stimulation) avant la puberté peuvent présenter des résultats normaux après la puberté ou après imprégnation par des stéroïdes gonadiques. Pour éviter un traitement inutile des enfants présentant un retard constitutionnel chez lesquels les résultats seraient normaux après la puberté, une imprégnation par les stéroïdes sexuels avant le test de stimulation par la GH peut être envisagée chez les garçons prépubères de plus de 11 ans et chez les filles prépubères de plus de 10 ans ayant un pronostic de taille adulte situé dans les -2 écarts-types de la moyenne de la population de référence. Les protocoles d'amorçage pour les garçons et les filles suggèrent le bêta-œstradiol 2 mg (1 mg pour un poids corporel < 20 kg) par voie orale chacune des deux nuits avant le test ou, pour les garçons, une formulation de testostérone de dépôt de 50 à 100 mg IM 1 semaine avant le test (3).

Les tests de stimulation peuvent cependant ne pas mettre en évidence des anomalies modérées de la régulation de la libération de GH. Par exemple, chez l'enfant qui a une petite taille secondaire à une insuffisance somatotrope, les résultats des tests de stimulation de la libération de GH sont habituellement normaux. Cependant, les mesures en série des taux de GH sur 12 à 24 heures montrent une sécrétion intégrée anormalement basse de la GH sur 12 ou 24 heures. Cependant, ce test est coûteux et désagréable et ne constitue pas le test de choix pour rechercher un déficit en GH.

Si la diminution de la libération de GH est confirmée, des tests de sécrétion des autres hormones hypophysaires et (si anormaux) des hormones de leurs glandes endocrines périphériques cibles, ainsi que des examens d'imagerie de l'hypophyse doivent être effectués si cela n'a pas déjà été fait.

Références pour le diagnostic

  1. 1. Grimberg A, DiVall SA, Polychronakos C, et al: Guidelines for Growth Hormone and Insulin-Like Growth Factor-I Treatment in Children and Adolescents: Growth Hormone Deficiency, Idiopathic Short Stature, and Primary Insulin-Like Growth Factor-I Deficiency. Horm Res Paediatr 86(6):361-397, 2016. doi: 10.1159/000452150

  2. 2. Hage C, Gan HW, Ibba A, et al. Advances in differential diagnosis and management of growth hormone deficiency in children. Nat Rev Endocrinol. 2021;17(10):608-624. doi:10.1038/s41574-021-00539-5

  3. 3. Inoue-Lima TH, Vasques GA, Nakaguma M, et al. A Bayesian Approach to Diagnose Growth Hormone Deficiency in Children: Insulin-Like Growth Factor Type 1 Is Valuable for Screening and IGF-Binding Protein Type 3 for Confirmation. Horm Res Paediatr. 2020;93(3):197-205. doi:10.1159/000509840

  4. 4. Schmitt J, Thornton P, Shah AN, et al. Brain MRIs may be of low value in most children diagnosed with isolated growth hormone deficiency. J Pediatr Endocrinol Metab. 2021;34(3):333-340. doi:10.1515/jpem-2020-0579

  5. 5. Kamoun C, Hawkes CP, Grimberg A. Provocative growth hormone testing in children: How did we get here and where do we go now? J Pediatr Endocrinol Metab. 2021;34(6):679-696. doi: 10.1515/jpem-2021-0045

  6. 6. Wilson TA, Rose SR, Cohen P, et al. Update of guidelines for the use of growth hormone in children: the Lawson Wilkins Pediatric Endocrinology Society Drug and Therapeutics Committee. J Pediatr. 2003;143(4):415-421. doi: 10.1067/s0022-3476(03)00246-4

Traitement du déficit en hormone de croissance

  • Substitution par la GH recombinante

  • Parfois, traitement substitutif d'autres hormones hypophysaires

La GH recombinante est indiquée chez tous les enfants de petite taille qui ont un déficit documenté en hormone de croissance (1).

La posologie de la GH recombinante débute à une dose de 0,16 à 0,24 mg/kg/semaine, fractionnée et administrée par voie sous-cutanée 1 fois/jour (1). Avec ce traitement, la vitesse de croissance augmente souvent jusqu'à 10 à 12 cm/an pendant la première année et, bien que par la suite l'augmentation soit plus lente, elle reste supérieure à ce qu'elle aurait été sans traitement. Le traitement est poursuivi jusqu'à l'atteinte d'une taille acceptable ou jusqu'à ce que la vitesse de croissance diminue à moins de 2 à 2,5 cm/an. Les taux d'insulin-like growth factor 1 (IGF-1) peuvent être utilisés pour ajuster la vitesse de croissance chez les enfants présentant un déficit en GH (ils peuvent être contrôlés 4 à 6 semaines après le début du traitement par GH ou la modification de la dose), avec des taux cibles d'IGF-1 se situant souvent dans la moitié supérieure de la normale (entre 0 et +2 écarts-types). Si l'IGF-1 est en dessous de ce niveau, les doses de GH peuvent être augmentées de 10 à 20% pour favoriser la croissance.

Plusieurs préparations d'hormone de croissance à longue durée d'action sont disponibles pour les patients présentant un déficit en GH (2). Les formulations qui peuvent être administrées de façon hebdomadaire sont modifiées pour prolonger la demi-vie des agents à longue durée d'action par rapport à la GH recombinante quotidienne et ont des doses initiales différentes. Les formulations à action prolongée comprennent la lonapegsomatropine, le somapacitan et le somatrogon. Des essais sur des préparations de GH à longue durée d'action suggèrent que les effets du traitement sur la vitesse de croissance sont similaires à ceux obtenus avec la GH recombinante quotidienne (3, 4, 5). Les taux d'IGF-1 peuvent être plus difficiles à surveiller qu'avec la GH quotidienne et dépendent de la formulation et du moment de la dernière injection par rapport à la mesure des taux d'IGF-1, qui sont cruciaux pour une évaluation précise de l'efficacité et de la sécurité du traitement (6). Les effets indésirables des préparations de GH à longue durée d'action sont supposés similaires à ceux de la GH quotidienne, mais ils doivent faire l'objet d'études complémentaires en raison de leurs mécanismes différents.

Les effets indésirables du traitement par la GH sont peu nombreux et comprennent l'hypertension endocrânienne idiopathique (pseudotumor cerebri), l'épiphysiolyse de la tête fémorale, et des œdèmes périphériques modérés et transitoires. Avant l'avènement de la GH recombinante, la GH d'origine hypophysaire entraînait rarement la maladie de Creutzfeldt-Jakob 20 à 40 ans après le traitement (7). La GH extraite de l'hypophyse a été utilisée pour la dernière fois dans les années 1980.

Outre le déficit en hormone de croissance de l'enfant, les autres indications des préparations d'hormone de croissance comprennent le syndrome de Noonan, le syndrome de Prader-Willi, le syndrome de Turner, les enfants nés petits pour l'âge gestationnel pour le rattrapage de croissance, l'insuffisance rénale et le déficit en hormone de croissance de l'adulte.

Il n'est pas établi si les enfants présentant un retard statural idiopathique (RSI) doivent être traités par GH. La petite taille idiopathique est définie par une taille inférieure de 2 écarts-types (ET) à la moyenne pour l'âge, une vitesse de croissance normale (proche ou à la limite inférieure de la normale), l'absence de signe biochimique d'une pathologie limitant la croissance et une sécrétion suffisante de GH (nécessitant parfois un test de stimulation de la GH pour être démontrée) (8). La GH recombinante peut être utilisée pour traiter les enfants qui ont une petite taille idiopathique qui ont une taille de 2,25 écart-types inférieure à la moyenne pour l'âge et une taille adulte prévue en dessous de la normale (c'est-à-dire < 150 cm pour les femmes et < 160 cm pour les hommes). Les recommandations déconseillent l'utilisation systématique de la GH chez tous les enfants présentant une petite taille idiopathique, et la décision de traiter doit être prise au cas par cas (1). Les réponses au traitement sont très variables. Après 5 ans de traitement, certains enfants peuvent avoir une augmentation moyenne d'environ 5 cm de leur taille adulte, alors que d'autres enfants peuvent ne pas avoir d'augmentation de leur taille adulte. Une réponse plus importante au traitement par la GH peut être attendue chez les enfants qui ont une petite taille idiopathique en fonction de la réponse en taille au cours de la première année de traitement, de l'âge au début du traitement (meilleure réponse si le traitement est commencé avant 9 ans chez les filles et avant 10 ans chez les garçons), et de la modification du taux d'IGF-1 par rapport à la valeur initiale. Certains recommandent de tenter un traitement par GH pendant 6 à 12 mois, en ne le poursuivant qu'en cas de doublement de la vitesse de croissance avant le traitement ou d'une augmentation de 3 cm/an par rapport à celle-ci. Cette approche est controversée parce qu'elle est coûteuse, expérimentale, peut entraîner des effets indésirables, qualifie d'anormaux des enfants par ailleurs en bonne santé et soulève des préoccupations éthiques et psychosociales qui alimentent les préjugés liés à la taille.

Lorsque d'autres déficits hormonaux hypophysaires accompagnent le déficit en GH, un traitement hormonal substitutif supplémentaire est nécessaire. Le cortisol (voir Traitement de l'insuffisance surrénale primitive) et les hormones thyroïdiennes (voir Traitement de l'hypothyroïdie) doivent faire l'objet d'un traitement substitutif tout au long de l'enfance, de l'adolescence et de l'âge adulte quand les taux circulants de ces hormones sont bas. Le déficit en argininevasopressine nécessite généralement un traitement à vie par la desmopressine en comprimé ou sous forme intranasale (voir Traitement du déficit en arginine-vasopressine). Quand la puberté ne survient pas normalement, un traitement par des stéroïdes sexuels gonadiques est indiqué (voir Traitement de la puberté retardée).

Une intervention chirurgicale est réalisée sur les tumeurs hypophysaires (généralement des adénomes) à l'origine d'un déficit en hormone de croissance, mais comporte un risque de lésion hypophysaire.

Le traitement par GH chez l'enfant dont la petite taille est secondaire à une irradiation thérapeutique de la glande hypophysaire pour tumeur maligne comporte un risque théorique de récidive néoplasique. Cependant, les études n'ont pas montré une incidence de nouveaux cancers supérieure à celle attendue ou un taux de récidive plus élevé (9, 10). Le traitement substitutif par la GH peut probablement être instauré en toute sécurité au moins 1 an après l'achèvement avec succès du traitement anticancéreux.

Références pour le traitement

  1. 1. Grimberg A, DiVall SA, Polychronakos C, et al. Guidelines for Growth Hormone and Insulin-Like Growth Factor-I Treatment in Children and Adolescents: Growth Hormone Deficiency, Idiopathic Short Stature, and Primary Insulin-Like Growth Factor-I Deficiency. Horm Res Paediatr. 2016;86(6):361-397. doi:10.1159/000452150

  2. 2. Yuen KCJ, Boguszewski MCS. Long-acting Growth Hormone Preparations. Endocrinol Metab Clin North Am. 2025;54(4):665-684. doi:10.1016/j.ecl.2025.06.005

  3. 3. Deal CL, Steelman J, Vlachopapadopoulou E, et al. Efficacy and Safety of Weekly Somatrogon vs Daily Somatropin in Children With Growth Hormone Deficiency: A Phase 3 Study. J Clin Endocrinol Metab. 2022;107(7):e2717-e2728. doi:10.1210/clinem/dgac220

  4. 4. Mameli C, Orso M, Calcaterra V, et al. Efficacy, safety, quality of life, adherence and cost-effectiveness of long-acting growth hormone replacement therapy compared to daily growth hormone in children with growth hormone deficiency: A systematic review and meta-analysis. Pharmacol Res. 2023;193:106805. doi:10.1016/j.phrs.2023.106805

  5. 5. Thornton PS, Maniatis AK, Aghajanova E, et al. Weekly Lonapegsomatropin in Treatment-Naïve Children With Growth Hormone Deficiency: The Phase 3 heiGHt Trial. J Clin Endocrinol Metab. 2021;106(11):3184-3195. doi:10.1210/clinem/dgab529

  6. 6. Yuen KCJ, Biller BMK, Radovick S, et al. AMERICAN ASSOCIATION OF CLINICAL ENDOCRINOLOGISTS AND AMERICAN COLLEGE OF ENDOCRINOLOGY GUIDELINES FOR MANAGEMENT OF GROWTH HORMONE DEFICIENCY IN ADULTS AND PATIENTS TRANSITIONING FROM PEDIATRIC TO ADULT CARE. Endocr Pract. 2019;25(11):1191-1232. doi:10.4158/GL-2019-0405

  7. 7. Uttley L, Carroll C, Wong R, Hilton DA, Stevenson M. Creutzfeldt-Jakob disease: a systematic review of global incidence, prevalence, infectivity, and incubation. Lancet Infect Dis. 2020;20(1):e2-e10. doi:10.1016/S1473-3099(19)30615-2

  8. 8. Cohen P, Rogol AD, Deal CL, et al. Consensus statement on the diagnosis and treatment of children with idiopathic short stature: a summary of the Growth Hormone Research Society, the Lawson Wilkins Pediatric Endocrine Society, and the European Society for Paediatric Endocrinology Workshop. J Clin Endocrinol Metab. 2008;93(11):4210-4217. doi:10.1210/jc.2008-0509

  9. 9. Sklar CA, Mertens AC, Mitby P, et al. Risk of disease recurrence and second neoplasms in survivors of childhood cancer treated with growth hormone: a report from the Childhood Cancer Survivor Study. J Clin Endocrinol Metab. 2002;87(7):3136-3141. doi:10.1210/jcem.87.7.8606

  10. 10. Tamhane S, Sfeir JG, Kittah NEN, et al. GH Therapy in Childhood Cancer Survivors: A Systematic Review and Meta-Analysis. J Clin Endocrinol Metab. 2018;103(8):2794-2801. doi:10.1210/jc.2018-01205

Points clés

  • Le déficit en hormone de croissance (GH) peut être isolé ou associé à un hypopituitarisme généralisé.

  • Les causes comprennent des troubles congénitaux (y compris génétiques) et un certain nombre de troubles hypothalamiques et/ou hypophysaires acquis.

  • Le déficit en GH provoque une petite taille; de nombreuses autres manifestations peuvent être présentes en fonction de la cause.

  • Le diagnostic se base sur une association de données cliniques, d'examens d'imagerie et d'examens de laboratoire, comprenant généralement des tests de provocation de la production de GH.

  • Les enfants de petite taille et qui ont un déficit en GH documenté doivent recevoir de la GH; d'autres manifestations d'hypopituitarisme sont traitées selon les besoins.

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