Revue générale des effets du soleil

Examen complet: avr. 2026 ParJulia Benedetti, MD, Harvard Medical School | Examen par des pairs réalisé parJoseph F. Merola, MD, MMSc, UT Southwestern Medical Center
Dernière mise à jour: avr. 2026
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La peau peut réagir à la lumière du soleil par des modifications aiguës (p. ex., photosensibilité, coup de soleil) ou chroniques (p. ex., dermato-héliose [photovieillissement], kératose actinique).

Radiation ultraviolette (UV)

Le soleil émet une large gamme de rayonnements électromagnétiques. La plupart des effets dermatologiques de la lumière du soleil sont causés par le rayonnement UV, qui est divisé en 3 bandes: UVA (320 à 400 nm), UVB (280 à 320 nm) et UVC (100 à 280 nm). L'atmosphère filtrant les rayonnements, seuls les UVA et les UVB atteignent la surface de la terre.

Le caractère et l'importance des rayons provoquant des coups de soleil (principalement les longueurs d'onde < 320 nm) atteignant la surface de la terre varient considérablement selon les facteurs environnementaux suivants:

  • Conditions atmosphériques et de surface

  • Latitude

  • Saison

  • Moment de la journée

  • Altitude

  • Couche d'ozone

  • Pollution atmosphérique

  • Couverture nuageuse

  • Réflectivité de la surface (p. ex., neige, sable)

Le degré d'exposition cutanée à la lumière solaire dépend également de multiples facteurs liés au mode de vie (p. ex., vêtements, profession, activités de loisirs).

Les rayons provoquant des coups de soleil sont filtrés par le verre et dans une large mesure par les gros nuages, la fumée et le smog; cependant, ils peuvent encore passer à travers de légers nuages, le brouillard ou 30 cm d'eau claire, ce qui peut potentiellement causer de graves brûlures. La neige, le sable et l'eau augmentent l'exposition en réfléchissant les rayons. L'exposition est augmentée aux basses latitudes (plus près de l'équateur), l'été, et à la mi-journée (de 10 h à 16 h) parce que la lumière du soleil traverse l'atmosphère plus directement (c'est-à-dire selon un angle moins important) dans ces cas. L'exposition augmente également à des altitudes élevées, principalement car la couche atmosphérique est moins épaisse. L'ozone de la stratosphère, qui filtre les rayons UV, en particulier les courtes longueurs d'onde, est progressivement appauvri par les chlorofluorocarbones anthropiques (p. ex., fluides frigorigènes, aérosols). L'appauvrissement de la couche d'ozone augmente la quantité de rayons UVA et UVB qui atteignent la surface de la terre.

Les traitements médicaux par la lumière (photothérapie UVB à bande étroite [NB-UVB]) délivrent une longueur d'onde ciblée, d'environ 311 à 313 nm. Ces traitements sont efficaces dans les maladies inflammatoires de la peau et peuvent minimiser les coups de soleil, par rapport aux longueurs d'onde UVB plus courtes et plus érythémogènes. Les lits de bronzage émettent un large spectre (principalement UVA [320 à 400 nm] avec un peu d'UVB [280 à 320 nm]) à des fins de bronzage cosmétique. Bon nombre des mêmes effets néfastes à long terme peuvent survenir avec l'exposition aux UVA comme avec celle aux UVB, y compris le photovieillissement et les cancers cutanés. Les rayonnements UV émis par les lits de bronzage ont été classés comme cancérogènes pour l'homme et il a été démontré que le bronzage artificiel, ainsi que la quantité et l'exposition cumulative aux UV, augmente le risque de mélanome (1). Quite simply, there is no "safe" suntan with UV exposure.

Référence générale

  1. 1. Colantonio S, Bracken MB, Beecker J. The association of indoor tanning and melanoma in adults: systematic review and meta-analysis. J Am Acad Dermatol. 2014 May;70(5):847-57.e1-18. doi: 10.1016/j.jaad.2013.11.050.

Physiopathologie des effets cutanés de l'exposition au soleil

Les effets indésirables de l'exposition aux UV comprennent les coups de soleil aigus et plusieurs modifications chroniques. Le rayonnement ultraviolet lèse la peau par une combinaison de lésions directes de l'ADN, de lésions oxydatives et d'inflammation, entraînant des modifications cutanées et augmentant le risque de mélanome en favorisant les mutations de gènes clés (1, 2). L'exposition aux UV mène également à une inactivation et une perte de cellules de Langerhans épidermiques, qui sont une partie importante du système immunitaire cutané.

Les changements chroniques comprennent un épaississement de la peau, des rides et des lésions comme la kératose actinique et le cancer. A titre de mesure de protection, après une exposition à la lumière solaire, l'épiderme s'épaissit et les mélanocytes produisent plus rapidement de la mélanine, assurant ce qui est communément appelé un "bronzage". Le bronzage fournit une certaine protection naturelle contre les rayons UV, mais n'a par ailleurs aucun avantage pour la santé.

La sensibilité et la réponse aux rayons du soleil varient fortement selon les personnes en fonction principalement de la quantité de mélanine contenue dans leur peau. La peau légèrement pigmentée est plus sensible aux rayonnements UV que la peau foncée, qui est mieux protégée des UV. Cependant, les personnes à peau foncée ne sont pas à l'abri des effets du soleil, et la peau fortement pigmentée peut subir des dommages solaires en cas d'exposition forte ou prolongée. Les effets à long terme de l'exposition aux UV chez les personnes à peau foncée sont les mêmes que chez les personnes à peau claire, mais sont souvent retardés et moins sévères car la mélanine de leur peau offre une protection inhérente contre les UV.

Les personnes blondes et rousses sont particulièrement sensibles aux effets aigus et chroniques de l'exposition aux UV. Une activation irrégulière des mélanocytes se produit chez beaucoup de ces personnes aux cheveux clairs, ce qui entraîne des taches de rousseur. Les polymorphismes du gène du récepteur de la mélanocortine 1 (MC1R) (3) peuvent prédisposer à ce phénotype en altérant la capacité des mélanocytes à produire de l'eumélanine protectrice et en favorisant plutôt la synthèse de phéomélanine (4). La phéomélanine est un pigment ayant un faible pouvoir protecteur contre les UV et des propriétés pro-oxydantes. Certaines données suggèrent également que les personnes porteuses de variants de MC1R pourraient présenter un risque accru de mélanome indépendamment de l'exposition aux rayonnements UV (5).

Aucune pigmentation de la peau n'est produite dans l'albinisme du fait d'une anomalie du métabolisme de la mélanine. Des zones éparses de dépigmentation sont présentes en cas de vitiligo par destruction immunologique des mélanocytes. Ce groupe et tout autre groupe de sujets qui ne produisent pas de mélanine à un rythme rapide et complet sont particulièrement sensibles aux lésions provoquées par le soleil.

Références pour la physiopathologie

  1. 1. Halliday GM. Inflammation, gene mutation and photoimmunosuppression in response to UVR-induced oxidative damage contributes to photocarcinogenesis. Mutat Res. 2005 Apr 1;571(1-2):107-20. doi: 10.1016/j.mrfmmm.2004.09.013

  2. 2. Long GV, Swetter SM, Menzies AM, et al. Cutaneous melanoma. Lancet. 2023 Aug 5;402(10400):485-502. doi: 10.1016/S0140-6736(23)00821-8. Epub 2023 Jul 24. Erratum in: Lancet. 2023 Aug 5;402(10400):450. doi: 10.1016/S0140-6736(23)01581-7

  3. 3. Medline Plus. MC1R gene: genemelanocortin 1 receptor. Accessed November 19, 2025.

  4. 4. Cerdido S, Sánchez-Beltrán J, Lambertos A, et al. A Side-by-Side Comparison of Wildtype and Variant Melanocortin 1 Receptor Signaling with Emphasis on Protection against Oxidative Damage to DNA. Int J Mol Sci. 2023;24(18):14381. Published 2023 Sep 21. doi:10.3390/ijms241814381

  5. 5. Wendt J, Rauscher S, Burgstaller-Muehlbacher S, et al. Human Determinants and the Role of Melanocortin-1 Receptor Variants in Melanoma Risk Independent of UV Radiation Exposure. JAMA Dermatol. 2016 Jul 1;152(7):776-82. doi: 10.1001/jamadermatol.2016.0050

Prévention des effets de l'exposition au soleil

Des précautions simples permettent d'éviter les modifications aiguës (c'est-à-dire les coups de soleil) et les effets chroniques de la lumière du soleil. Ces précautions sont recommandées pour les personnes de tous les types de peau, et en particulier pour celles qui ont la peau claire et qui brûlent facilement. Éviter le soleil, porter des vêtements de protection et appliquer un écran solaire permet de réduire l'exposition aux UV. Deux suppléments oraux — le Polypodium leucotomos et le nicotinamide — peuvent également fournir une certaine protection contre les lésions solaires (p. ex., épaississement de la peau, rides).

Éviter le soleil

L'exposition au soleil en milieu de journée et à d'autres environnements à forte intensité UV (voir Radiation ultraviolette) doit être minimisée (30 minutes ou moins), même pour les personnes à peau foncée. Dans les zones tempérées, l'intensité des UV est moindre avant 10 h et après 16 h car davantage de longueurs d'onde produisant des coups de soleil sont filtrées. Le brouillard et les nuages ne réduisent pas significativement le risque. Le risque est également augmenté à haute altitude et à de basses latitudes (p. ex., à l'équateur ou à proximité).

Bien que l'exposition au soleil permette de générer de la vitamine D, de nombreux experts recommandent le maintien de taux adéquats de vitamine D par la consommation de suppléments si nécessaire plutôt que par une exposition excessive au soleil.

Vêtements de protection solaire

L'exposition de la peau au rayonnement UV peut être minimisée par l'utilisation de vêtements de protection tels que des chapeaux, chemises à manches longues et pantalons, et des lunettes de soleil. Les tissus avec un tissage serré bloquent le soleil mieux que ceux qui présentent un tissage lâche. Des vêtements spéciaux qui fournissent une protection solaire élevée sont disponibles dans le commerce. Ce type de vêtement est étiqueté avec un facteur de protection contre les ultraviolets (UPF) suivi d'un nombre qui indique le taux de protection (similaire à l'étiquetage de protection solaire). Les chapeaux à larges bords permettent de se protéger le visage, les oreilles et le cou, mais ces zones nécessitent tout de même une protection supplémentaire avec un écran solaire topique. L'emploi régulier de lunettes de soleil enveloppantes protégeant des UV protège les yeux et les paupières.

Écrans solaires

Les écrans solaires sont des agents topiques qui permettent de protéger la peau contre les coups de soleil et les lésions chroniques liées au soleil en absorbant ou en reflétant les rayons UV du soleil (1). La plupart des écrans solaires actuellement disponibles filtrent efficacement à la fois la lumière UVA et UVB et sont étiquetés « large spectre ». Aux États-Unis, la FDA (Food and Drug Administration) classe les écrans solaires selon un indice de protection solaire (SPF): plus l'indice est élevé, plus la protection est importante. L'indice de protection solaire ne quantifie que la protection contre les UVB; il n'y a pas d'échelle approuvée par la FDA aux États-Unis pour la protection contre les UVA; cependant, le niveau de protection contre les UVA (indice PA) peut être indiqué sur certains écrans solaires fabriqués dans plusieurs pays à travers le monde. Les sujets doivent généralement utiliser un écran solaire à large spectre avec un indice de protection solaire de 30 ou plus. De plus, la résistance à l'eau est une caractéristique importante de nombreux écrans solaires.

Les écrans solaires sont disponibles sous des formes très variées, dont des crèmes, des gels, des mousses, des vaporisateurs, des poudres et des sticks. Les ingrédients des écrans solaires fonctionnent en absorbant et/ou en réfléchissant la lumière. Les produits autobronzants ne fournissent pas de protection significative contre l'exposition aux UV.

Les écrans solaires chimiques comprennent des ingrédients qui absorbent les rayons UV. Les cinnamates, les salicylates et les dérivés de l'acide para-aminobenzoïque (PABA) fournissent une protection contre les UVB. Les benzophénones sont fréquemment utilisées pour fournir une protection contre les UVB et les UVA à ondes courtes. L'avobenzone et l'ecamsule filtrent dans la plage des UVA et peuvent être ajoutés pour fournir une protection supplémentaire contre les UVA.

Les écrans physiques (écrans solaires minéraux) réfléchissent ou diffusent la lumière et contiennent comme composants de l'oxyde de zinc et du dioxyde de titane, qui reflètent physiquement les rayons UVB et UVA. Les formulations de ces produits étaient auparavant très blanches et pâteuses lors de l'application, la micronisation et les nanotechnologies leur ont permis de former une couche plus transparente tout en assurant une protection à large spectre.

Tous les ingrédients des écrans solaires chimiques sont supposés être absorbés systémiquement dans une certaine mesure. Bien que la plupart des ingrédients aient des effets indésirables minimes, certains représentent un risque potentiel et d'autres sont actuellement à l'étude. Pour les sujets préoccupés par l'absorption systémique, les écrans solaires minéraux qui n'ont pas été micronisés peuvent être préférés, car leurs molécules sont trop grosses pour être absorbées par la peau.

L'inefficacité d'un écran solaire est fréquente et est habituellement due à un retard d'application (idéalement, les écrans solaires doivent être appliqués 30 min avant l'exposition) ou à la non réapplication du produit après s'être baigné ou après avoir transpiré, ou au fait de ne pas réappliquer le produit toutes les 2 à 3 heures au cours de l'exposition au soleil ou à une application insuffisante du produit. Environ 30 mL doivent être utilisés pour couvrir toute la surface du corps d'une personne de taille moyenne; la plupart des sujets appliquent moins de la moitié de la quantité recommandée.

Des allergies ou des réactions photoallergiques aux écrans solaires contenant des filtres chimiques peuvent survenir et doivent être distinguées des autres éruptions cutanées photosensibles. Un patch test (test épicutané) ou un photopatch test avec des composants d'écrans solaires peut être nécessaire afin d'établir le diagnostic. Ce test est habituellement effectué par des dermatologues ou des allergologues ayant une expérience des dermatites allergiques de contact.

Suppléments protecteurs

Le Polypodium leucotomos (extrait naturel de fougère tropicale; 2) et le nicotinamide (niacine) sont des suppléments oraux qui fournissent une certaine protection contre les effets nocifs de la lumière solaire, mais ne doivent pas être considérés comme un substitut aux autres méthodes de protection solaire. La prudence est de rigueur avec des doses plus élevées de nicotinamide (niacine) car elles peuvent provoquer des lésions hépatiques et élever la glycémie.

Références pour la prévention

  1. 1. Glaser KS, Tomecki KJ. Sunscreens in the United States: Current Status and Future Outlook. Adv Exp Med Biol. 2020;1268:355-379. doi: 10.1007/978-3-030-46227-7_18

  2. 2. Nestor MS, Berman B, Swenson N. Safety and efficacy of oral Polypodium leucotomos extract in healthy adult subjects. J Clin Aesthet Dermatol 8(2):19–23, 2015

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