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Aménorrhée

Par

JoAnn V. Pinkerton

, MD, University of Virginia Health System

Dernière révision totale déc. 2020| Dernière modification du contenu déc. 2020
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L'aménorrhée (l'absence de menstruation) peut être primaire ou secondaire.

L'aménorrhée primaire correspond à l'absence de règles à l'âge de 15 ans chez des patientes qui ont une croissance normale et des caractères sexuels secondaires. Cependant, l'absence de tout développement mammaire à l'âge de 13 ans doit inciter à rechercher une aménorrhée primaire.

L'aménorrhée secondaire est l'absence de règles pendant ≥ 6 mois ou pour la durée de 3 cycles après l'établissement de cycles menstruels réguliers (1 Références générales L'aménorrhée (l'absence de menstruation) peut être primaire ou secondaire. L'aménorrhée primaire correspond à l'absence de règles à l'âge de 15 ans chez des patientes qui ont une croissance... en apprendre davantage , 2 Références générales L'aménorrhée (l'absence de menstruation) peut être primaire ou secondaire. L'aménorrhée primaire correspond à l'absence de règles à l'âge de 15 ans chez des patientes qui ont une croissance... en apprendre davantage ). Cependant, les patientes qui ont des cycles précédemment réguliers sont évalués à la recherche d'une aménorrhée secondaire si les règles ont été absentes pendant ≥ 3 mois, et les patientes qui ont des cycles précédemment irréguliers sont évalués à la recherche d'une aménorrhée secondaire si les règles ont été absentes pendant ≥ 6 mois.

Références générales

Physiopathologie

Normalement, l'hypothalamus produit des impulsions de l'hormone de libération des gonadotrophines (GnRH). La GnRH stimule l'hypophyse pour produire des gonadotrophines (hormone folliculo-stimulante [FSH] et hormone lutéinisante [LH], voir figure Variations cycliques idéales des gonadotrophines hypophysaires, de l'œstradiol (E2), de la progestérone (P), et de l'endomètre utérin pendant le cycle menstruel normal Variations cycliques idéales des gonadotrophines hypophysaires, de l'œstradiol (E2), de la progestérone (P), et de l'endomètre utérin pendant le cycle menstruel normal L'aménorrhée (l'absence de menstruation) peut être primaire ou secondaire. L'aménorrhée primaire correspond à l'absence de règles à l'âge de 15 ans chez des patientes qui ont une croissance... en apprendre davantage ), qui sont libérés dans la circulation sanguine. Les gonadotrophines stimulent les ovaires pour produire des œstrogènes (principalement l'œstradiol), des androgènes (principalement la testostérone) et de la progestérone. Ces hormones comprennent:

  • La FSH (follicle-stimulating hormone) active l'aromatase dans les cellules de la granulosa autour des ovocytes en développement pour convertir les androgènes en estradiol.

  • Les œstrogènes stimulent l'endomètre, qui prolifère.

  • La LH (Luteinizing hormone), quand elle a son pic au cours du cycle menstruel, favorise la maturation de l'ovocyte dominant, la libération de l'ovocyte, et la formation du corps jaune, qui produit de la progestérone.

  • La progestérone modifie l'endomètre et le transforme en une structure sécrétoire, et le prépare pour l'implantation de l'œuf (décidualisation de l'endomètre).

En l'absence de grossesse, la production d'œstrogènes et de progestérone diminue et l'endomètre desquame, ce sont les menstruations. La menstruation Cycle menstruel Le fonctionnement de l'appareil génital féminin est contrôlé par l'interaction entre l'hypothalamus, l'hypophyse antérieure et les ovaires. L'hypothalamus sécrète un peptide de petite taille... en apprendre davantage survient 14 jours après l'ovulation dans les cycles typiques.

Variations cycliques idéales des gonadotrophines hypophysaires, de l'œstradiol (E2), de la progestérone (P), et de l'endomètre utérin pendant le cycle menstruel normal

En cas de dysfonctionnement d'une partie de ce système, des troubles ovulatoires se produisent; le cycle de production des œstrogènes stimulés par les gonadotrophines ainsi que les modifications endométriales cycliques sont perturbés entraînant une aménorrhée anovulatoire et le flux menstruel ne se produit pas. La plupart des aménorrhées, en particulier les aménorrhées secondaires, sont anovulatoires.

Cependant, une aménorrhée peut être observée lorsque l'ovulation est normale, comme en cas d'anomalies anatomiques génitales (p. ex., anomalies congénitales de l'utérus avec obstruction ou adhérences intra-utérines [syndrome d'Asherman]) qui bloquent le flux menstruel malgré une stimulation hormonale normale.

Étiologie

L'aménorrhée peut être classée en fonction d'un certain nombre de critères différents, tels que

  • Primaire ou secondaire

  • Causes anatomiques (dont la grossesse), anovulation chronique ou insuffisance ovarienne

Les causes anatomiques peuvent généralement être identifiées par l'examen clinique.

Pour l'évaluation clinique générale, il est utile de classer l'aménorrhée comme suit:

Les causes d'aménorrhée sont nombreuses, mais globalement, les plus fréquentes causes d'aménorrhée sont

Certains contraceptifs peuvent entraîner une atrophie de l'endomètre et une aménorrhée; les menstruations reprennent généralement environ 3 mois après l'arrêt des contraceptifs oraux.

Les antidépresseurs et les antipsychotiques peuvent entraîner une élévation de la prolactine, qui stimule la production de lait par les seins et provoquer une aménorrhée.

Certains troubles peuvent provoquer une aménorrhée anovulatoire ou ovulatoire. Des anomalies anatomiques congénitales entraînent une aménorrhée primitive. Tous les troubles provoquant une aménorrhée secondaire peuvent provoquer une aménorrhée primaire.

Aménorrhée anovulatoire

Les femmes qui présentent une aménorrhée due à un dysfonctionnement hypothalamique ont des taux de leptine sérique inférieurs (une hormone anorectique produite par les cellules adipeuses); des taux plus faibles peuvent contribuer à la diminution de la production de gonadotrophines.

L'aménorrhée anovulatoire est habituellement secondaire mais peut être primaire si l'ovulation ne commence jamais, p. ex., en raison d'un trouble génétique. Si l'ovulation n'a jamais eu lieu, la puberté et le développement des caractères sexuels secondaires sont anormaux. Les anomalies génétiques qui comportent un chromosome Y augmentent le risque de cancer de l'ovaire.

Axe du système nerveux central, hypothalamo-hypophyso-gonadique

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Aménorrhées ovulatoires

  • Les anomalies chromosomiques

  • Des anomalies anatomiques congénitales génitales qui obstruent le flux menstruel

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Les anomalies obstructives sont habituellement associées à une fonction hormonale normale. Une telle obstruction peut entraîner

  • Hématocolpos (accumulation de sang menstruel dans le vagin), qui peut faire gonfler le vagin

  • Un hématomètre (accumulation de sang dans l'utérus), qui peut causer une distension utérine, une masse ou une bosse du col de l'utérus

Puisque la fonction ovarienne est normale, les organes génitaux externes et d'autres caractéristiques sexuelles secondaires se développent normalement. Certains troubles congénitaux (p. ex., ceux qui sont accompagnés par une aplasie vaginale ou un septum vaginal) sont également associés à des anomalies urinaires et squelettiques.

Certaines anomalies anatomiques acquises, comme des adhésions intra-utérines (synéchies) après manœuvres instrumentales ou les hémorragies ou infections du post-partum (syndrome d'Asherman), provoquent une aménorrhée secondaire ovulatoire.

Référence pour l'étiologie

Bilan

Les filles sont évaluées à la recherche d'une aménorrhée primaire si

  • Elles n'ont aucun signe de puberté (p. ex., développement du sein, poussée de croissance) à l'âge de 13 ans.

  • La ménarche ne s'est pas produite avant l'âge de 15 ans chez les patientes qui ont une croissance normale et le développement de caractères sexuels secondaires.

Les filles et les femmes en âge de procréer doivent être évaluées à la recherche d'une aménorrhée secondaire si elles ont déjà eu leurs règles et ont

Le bilan de l'aménorrhée secondaire doit toujours comprendre un test de grossesse.

Référence pour l'évaluation

  • 1. Rebar R: Evaluation of amenorrhea, anovulation, and abnormal bleeding [updated, 2018]. In Endotext [Internet], edited by KR Feingold, B Anawalt, A Boyce, et al. South Dartmouth (MA), MDText.com Inc, 2000.

Anamnèse

L'anamnèse de la maladie actuelle comprend les éléments suivants:

  • Les règles ont-elles déjà été présentes (ce qui permet de distinguer l'aménorrhée secondaire et primaire) et, si oui, quel était l'âge de la patiente aux premières règles

  • La régularité des cycles

  • De quand date les dernières règles normales

  • La durée et l'importance des menstruations

  • Si les règles sont accompagnées d'une gêne importante (ce qui peut être le signe d'anomalies structurelles)

  • Les patientes présentent-elles une sensibilité mammaire et des changements d'humeur cycliques

  • Lorsqu'elles ont atteint un certain stade de la croissance et du développement, y compris à l'âge de la thélarche (développement des seins à la puberté)

La revue des systèmes doit rechercher des symptômes évoquant de possibles causes dont:

Les patientes qui présentent une aménorrhée primaire sont interrogées sur leurs signes de puberté (p. ex., développement des seins, croissance staturale, présence isolée de pilosité pubienne et/ou axillaire) afin de déterminer si une ovulation a pu avoir lieu.

La recherche des antécédents médicaux doit noter les facteurs de risque des éléments suivants:

  • Anovulation fonctionnelle hypothalamique, tels que pathologie de stress; maladie chronique; nouveaux médicaments; une modification récente du poids, de l'alimentation ou de l'intensité des activités sportives; et des antécédents de troubles du comportement alimentaire (parce que beaucoup de femmes sont plus susceptibles d'admettre un épisode passé qu'une histoire actuelle)

  • Chez les patientes présentant une aménorrhée secondaire, le syndrome Asherman (p. ex., dilatation curetage, ablation de l'endomètre, endométrite, lésions obstétricales, la chirurgie de l'utérus)

L'anamnèse médicamenteuse doit comprendre des questions spécifiques concernant la prise de médicaments telles que:

  • Médicaments qui affectent la dopamine (p. ex., les antihypertenseurs, les antipsychotiques, les opiacés, les antidépresseurs tricycliques)

  • Médicaments de chimiothérapie anticancéreuse (p. ex., médicaments alkylants tels que la bendamustine, le cyclophosphamide et l'ifosfamide; busulfan; chlorambucil)

  • Hormones sexuelles qui peuvent causer une virilisation (p. ex., androgènes, œstrogènes, progestatifs à dose élevée, stéroïdes anabolisants en vente libre)

  • Contraceptifs, en particulier utilisation récente

  • Corticostéroïdes systémiques

  • Produits et suppléments en vente libre, dont certains contiennent des hormones bovines ou interagissent avec d'autres médicaments

  • Abus de substances

Examen clinique

Les médecins doivent noter les fonctions vitales et l'aspect corporel, dont la taille et le poids et doivent calculer l'index de masse corporelle (IMC). Les caractères sexuels secondaires sont évalués; le stade du développement mammaire et des poils pubiens est évalué en utilisant la méthode de Tanner. Si les pilosités axillaire et pubienne sont présentes, on parle d'adrénarche.

La patiente étant assise, le médecin doit vérifier la présence ou l'absence de sécrétion mammaire après expression des seins, en commençant à la base et en allant vers le mamelon. Une galactorrhée Galactorrhée La galactorrhée se définie par la sécrétion et l'écoulement de lait par la glande mammaire chez un homme ou chez une femme qui n'allaite pas. Elle est généralement due à un adénome hypophysaire... en apprendre davantage (sécrétion de lait hors post-partum) peut être observée; elle peut être différenciée des autres écoulements mamelonnaires par la découverte de globules de graisse dans le liquide au microscope à faible grossissement.

Un examen pelvien est effectué pour détecter des anomalies génitales anatomiques (p. ex., imperforation de l'hymen, du septum vaginal, de l'aplasie vaginale, cervicale ou utérine). Un hématocolpos peut entraîner un bombement hyménéal, qui évoque une obstruction au flux génital. L'examen clinique vulvaire et pelvien permet également de juger si l'imprégnation œstrogénique est suffisante. En période post-pubertaire les femmes qui présentent une muqueuse vaginale pâle et fine associée à un pH > 6,0 présentent certainement une carence en œstrogènes. La présence d'une glaire cervicale filante et extensible indique habituellement une imprégnation suffisante en œstrogènes. Les médecins doivent rechercher une hypertrophie de l'utérus, des ovaires et du clitoris.

L'examen général recherchera des signes de virilisation qui comprennent un hirsutisme Hirsutisme et hypertrichose L'hirsutisme est le développement excessif d'une pilosité foncée et épaisse chez la femme dans les endroits qui sont plus typiques de la pilosité masculine (p. ex., moustache, barbe, thorax... en apprendre davantage  Hirsutisme et hypertrichose , une calvitie temporale, une modification de la voix, une augmentation de la masse musculaire, une clitoromégalie (une augmentation de volume du clitoris) et une déféminisation (diminution des caractères sexuels secondaires précédemment développés dont une réduction de la taille des seins et une atrophie vaginale). La virilisation résulte d'une augmentation de la production d'androgènes par les glandes surrénales et les ovaires. L'hypertrichose (développement excessif de poils sur les membres, la tête et le dos), qui est fréquente dans certaines familles, est différente du vrai hirsutisme, qui est caractérisé par un excès de poils sur la lèvre supérieure et le menton et entre les seins.

Toute anomalie de coloration de la peau (p. ex., jaune à cause de l'ictère ou de la caroténémie, noir à cause des plaques de l'acanthosis nigricans) doit être notée.

Les médecins doivent rechercher une hypothermie, une bradycardie, une hypotension et une réduction de la graisse sous-cutanée, qui suggèrent une anorexie mentale et une érosion dentaire, des lésions palatines, une réduction du réflexe nauséeux, une hémorragie sous-conjonctivale et des modifications subtiles de la main avec des callosités sur le dos de la main (dues à vomissements fréquents), qui suggèrent une boulimie.

Signes d'alarme

Les signes suivants doivent alerter:

  • Retard de la puberté

  • Virilisation

  • Anomalies du champ visuel

  • Altération de l'odorat

  • Un écoulement laiteux spontané

  • Une augmentation ou une diminution significative du poids

Interprétation des signes

Pièges à éviter

  • Si une aménorrhée se produit chez les filles qui ont des caractéristiques sexuelles secondaires ou chez les femmes en âge de procréer, il convient d'effectuer un test de grossesse quelle que soit l'anamnèse sexuelle et menstruelle.

En cas d'aménorrhée primaire, la présence de caractères sexuels secondaires normaux reflète habituellement une fonction hormonale normale; l'aménorrhée s'accompagne habituellement d'une ovulation et est typiquement due à une obstruction anatomique congénitale de l'appareil génital. Une aménorrhée primaire accompagnée par des anomalies des caractères sexuels secondaires est habituellement anovulatoire (p. ex., due à un trouble génétique).

  • Une galactorrhée suggère une hyperprolactinémie (p. ex., dysfonctionnement hypophysaire, utilisation de certains médicaments); lorsque des anomalies du champ visuel et des céphalées sont également présentes, une tumeur hypophysaire doit être envisagée.

  • Une symptomatologie de carence en œstrogènes (p. ex., bouffées de chaleur, sueurs nocturnes, sécheresse ou atrophie vaginale) peut suggérer une insuffisance ovarienne prématurée ou une anovulation hypothalamique fonctionnelle (p. ex., due à un exercice excessif, à un poids corporel ou à des graisses corporelles bas).

  • Une virilisation et l'augmentation de volume du clitoris suggère un excès d'androgènes (p. ex., un syndrome des ovaires polykystiques, des tumeurs secrétant des androgènes, un syndrome de Cushing, l'utilisation de certains médicaments). En cas d'IMC élevé et/ou d'acanthosis nigricans, un syndrome des ovaires polykystiques est probable.

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Examens complémentaires

L'anamnèse et l'examen clinique facilitent l'examen direct.

La grossesse ne doit pas être éliminée par l'anamnèse; un test de grossesse est nécessaire. Des tests urinaires à haute sensibilité doivent être effectués, et parfois, un test sanguin peut être nécessaire. Les résultats sont habituellement fiables plusieurs jours avant un retard de règles et souvent très tôt, quelques jours après la conception. Certains tests en vente libre sont moins sensibles et précis.

Si les filles ont des caractères sexuels secondaires, un test de grossesse doit être effectué pour éliminer une grossesse et une maladie trophoblastique gestationnelle comme cause de l'aménorrhée. La femme en âge de procréer doit effectuer un test de grossesse si elle a un retard de règles.

En cas d'aménorrhée primaire et de caractères sexuels secondaires normaux, le bilan doit commencer par une échographie pelvienne pour vérifier l'absence d'une obstruction anatomique congénitale de l'appareil génital. L'IRM peut être nécessaire si des anomalies sont identifiées.

Évaluation d'une aménorrhée primitive[a]

[a] Les valeurs normales sont

  • DHEAS: 250-300 ng/dL (0,7-0,8 micromoles/L)

  • FSH: 5-20 UI/L

  • LH: 5-40 UI/L

  • Caryotype (femme): 46,XX

  • Prolactine: 50 ng/mL (voir plus loin)

  • Testosterone: 20–80 ng/dL (0.7–2.8 nmol/L)

Bien que ces valeurs soient représentatives, les plages normales peuvent varier en fonction des laboratoires.

Une prolactine à 50-100 ng/mL est considérée comme légèrement élevé et est généralement due à la prise d'un médicament. Une prolactine > 100 ng/mL est considérée comme élevée et est plus susceptible d'être due à une tumeur.

[b]Certains mesurent les taux de LH lorsqu'ils mesurent les taux de FSH ou lorsque les taux de FSH sont équivoques.

[c]En cas d'aménorrhée primaire et de caractères sexuels secondaires normaux, effectuer une échographie pelvienne pour vérifier l'absence d'une obstruction anatomique congénitale de l'appareil génital.

[d] Un retard constitutionnel de croissance et de la puberté est possible.

[e] Les diagnostics possibles comprennent l'anovulation chronique hypothalamique fonctionnelle et des maladies génétiques (p. ex., déficit congénital en gonadotropin-releasing hormone [gonadolibérine], syndrome de Prader-Willi).

[f] Les diagnostics possibles comprennent le syndrome de Cushing, les androgènes exogènes, le virilisme congénital des surrénales, et le syndrome des ovaires polykystiques.

[g] Les diagnostics possibles comprennent le syndrome de Turner et les troubles caractérisés par un matériel chromosomique Y.

[h] Les poils pubiens peuvent être clairsemés.

DHEAS = sulfate de déhydroépiandrostérone; FSH = hormone folliculo-stimulante (follicle-stimulating hormone); LH = hormone lutéinisante.

Évaluation d'une aménorrhée secondaire*

*Les valeurs normales sont

  • DHEAS: 250-300 ng/dL (0,7-0,8 micromoles/L)

  • FSH: 5-20 UI/L

  • Caryotype (femme): 46,XX

  • Prolactine: 50 ng/mL (voir plus loin)

  • Testosterone: 20–80 ng/dL (0.7–2.8 nmol/L)

Bien que ces valeurs soient représentatives, les plages normales peuvent varier en fonction des laboratoires.

La prolactine à 50-100 ng/mL est considérée comme légèrement élevée et est habituellement due à un effet indésirable du médicament. Une prolactine > 100 ng/mL est considérée comme élevée et est plus susceptible d'être due à une tumeur.

†Certains mesurent simultanément les taux de FSH et de LH.

‡Les médecins doivent rechercher la présence du chromosome Y et du syndrome de l'X fragile.

DHEAS = sulfate de déhydroépiandrostérone; FSH = hormone folliculo-stimulante (follicle-stimulating hormone); LH = hormone lutéinisante; TSH = thyroid-stimulating hormone (thyréostimuline).

Lorsque des symptômes suggèrent une affection spécifique, des tests spécifiques peuvent être indiqués indépendamment de ce qu'un algorithme préconise. Par exemple, les patientes qui présentent des vergetures abdominales, un faciès lunaire, un buffalo neck, une obésité tronculaire et des membres amincis doivent être testés à la recherche d'un syndrome de Cushing Syndrome de Cushing Le syndrome de Cushing est constitué par les anomalies cliniques secondaires à l'élévation chronique du cortisol ou autres corticostéroïdes. La maladie de Cushing est un syndrome de Cushing... en apprendre davantage Syndrome de Cushing . Les patientes qui présentent des céphalées et des anomalies du champ visuel ou des signes de dysfonctionnement hypophysaire doivent bénéficier d'une IRM cérébrale.

Si le bilan clinique évoque une maladie chronique, des tests des fonctions hépatique et rénale seront effectués et la vitesse de sédimentation érythrocytaire mesurée.

Les examens comprennent souvent la mesure des taux d'hormones; testostérone ou sulfate de déhydroépiandrostérone sérique totales (DHEAS) dont les niveaux sont mesurés uniquement si des signes de virilisation sont présents. Certains taux d'hormones doivent être réévalués pour confirmer les résultats. Par exemple, si la prolactinémie est élevée, elle doit être remesurée; si la FSH (follicle-stimulating hormone) est élevée, elle doit être remesurée un mois après au moins à deux reprises. L'aménorrhée avec des taux de FSH haute (hypogonadisme hypergonadotrope) suggère un dysfonctionnement ovarien; l'aménorrhée avec des taux faibles de FSH (hypogonadisme hypogonadotrophique) suggère une dysfonction hypothalamique ou hypophysaire.

Si les patientes ont une aménorrhée secondaire sans virilisation et ont un taux normal de prolactine, de FSH et une fonction thyroïdienne normale, un test aux œstrogènes et aux progestatifs peut être effectué pour stimuler une hémorragie de privation (test de stimulation par la progestérone).

Le test de stimulation par la progestérone commence en administrant de la médroxyprogestérone 5 à 10 mg par voie orale 1 fois/jour ou un autre progestatif pendant 7 à 10 jours.

  • Si une hémorragie survient, l'aménorrhée n'est probablement pas causée par une lésion endométriale (p. ex., syndrome d'Asherman) ou un reflux obstructif du tractus et la cause en est probablement un dysfonctionnement hypothalamo-hypophysaire, une insuffisance ovarienne ou un excès œstrogénique.

  • En l'absence de saignement, un œstrogène (p. ex., des œstrogènes conjugués équins 1,25 mg, de l'œstradiol 2 mg) 1 fois/jour est administré pendant 21 jours, suivi par de la médroxyprogestérone 10 mg par voie orale 1 fois/jour ou un autre progestatif pendant 7 à 10 jours. L'absence d'hémorragies après administration d'œstrogènes suggère une lésion de l'endomètre ou une obstruction du conduit d'évacuation. Cependant, le saignement peut ne pas survenir chez les patientes qui ne présentent pas ces anomalies (p. ex., parce que l'utérus est insensible aux œstrogènes); ainsi, un essai d'œstrogène et de progestatif peut être répété pour confirmation.

Cependant, cet essai prend des semaines et les résultats peuvent être imprécis, le diagnostic de certaines pathologies sévères peut être retardé de manière significative; ainsi une IRM cérébrale doit être envisagée avant ou pendant l'essai.

Des taux légèrement élevés de testostérone ou de DHEAS suggèrent un syndrome des ovaires polykystiques, mais ces taux peuvent être élevés chez la femme qui a un dysfonctionnement hypothalamique ou hypophysaire et sont parfois normaux chez la femme hirsute malgré un syndrome des ovaires polykystiques. La cause des concentrations élevées peut parfois être déterminée en mesurant la LH (luteinizing hormone) sérique. Dans le syndrome des ovaires polykystiques, les taux circulants de LH sont souvent accrus, augmentant par conséquent le rapport LH/FSH.

Traitement

Le traitement est celui du trouble sous-jacent; avec un tel traitement, les menstruations reprennent parfois. Par exemple, la plupart des anomalies par obstruction à l'évacuation du flux génital sont réparées chirurgicalement.

Lorsqu'un chromosome Y est présent, l'ovariectomie bilatérale est recommandée parce que le risque d'évolution vers un cancer ovarien à cellules germinales est augmenté.

Les troubles associés avec l'aménorrhée peuvent également nécessiter un traitement, dont

Points clés

  • L'aménorrhée primitive sans caractères sexuels secondaires normaux est généralement anovulatoire (p. ex., due à un trouble génétique).

  • Toujours exclure une grossesse par un test plutôt que par l'anamnèse.

  • L'aménorrhée primaire est évaluée différemment d'une aménorrhée secondaire.

  • En cas d'aménorrhée primaire et de caractères sexuels secondaires normaux, commencer par effectuer une échographie pelvienne pour vérifier l'absence d'une obstruction anatomique congénitale de l'appareil génital.

  • En cas de signes de virilisation, rechercher les pathologies qui provoquent un excès d'androgènes (p. ex., à cause d'un syndrome des ovaires polykystiques, de tumeurs sécrétant des androgènes, un syndrome de Cushing, la prise de certains médicaments).

  • En cas de symptomatologie de carence en œstrogènes (p. ex., bouffées de chaleur, sueurs nocturnes, sécheresse ou atrophie vaginales), rechercher une insuffisance ovarienne primaire et des pathologies qui provoquent une anovulation fonctionnelle hypothalamique.

  • En cas de galactorrhée, vérifier l'absence de pathologies causes d'hyperprolactinémie (p. ex., dysfonctionnement hypophysaire, utilisation de certains médicaments).

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