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Maladie

Présentation des troubles de la fonction sexuelle chez la femme

Par

Allison Conn

, MD, Baylor College of Medicine, Texas Children's Pavilion for Women;


Kelly R. Hodges

, MD, Baylor College of Medicine, Texas Children's Pavilion for Women

Examen médical août 2021
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Ressources du sujet

Les troubles de la fonction sexuelle comprennent des douleurs pendant les rapports sexuels, des contractions involontaires douloureuses (spasmes) des muscles qui entourent le vagin, ainsi qu’un manque d’intérêt (de désir) sexuel et les problèmes liés à l’excitation ou à l’orgasme. Pour qu’un trouble de la fonction sexuelle puisse être diagnostiqué, ces problèmes doivent être une source de détresse pour la femme.

  • La dépression ou l’angoisse, d’autres facteurs psychologiques, la présence de maladies et la prise de médicaments peuvent venir perturber la fonction sexuelle, de même que la situation de la femme, comprenant entre autres des difficultés dans son couple.

  • Afin d’identifier un problème, le médecin s’adresse souvent aux deux partenaires, séparément puis ensemble, et un examen pelvien est souvent nécessaire lorsque la femme déclare ressentir des douleurs ou des problèmes d’orgasme.

  • Améliorer la situation dans le couple, communiquer de façon plus claire et plus ouverte, et prendre des dispositions adéquates pour engager une activité sexuelle sont autant d’initiatives qui peuvent aider, quelle que soit la cause du dysfonctionnement sexuel.

  • La thérapie cognitivo-comportementale, la pleine conscience ou l’association des deux sont également utiles, tout comme d’autres formes de psychothérapie.

Près de 30 à 50 % des femmes présentent un trouble de la fonction sexuelle au cours de leur vie. Si les problèmes s’avèrent suffisamment graves pour donner lieu à une détresse, ils peuvent être perçus comme relevant de troubles de la fonction sexuelle.

Les troubles de la fonction sexuelle peuvent être décrits et diagnostiqués en termes de problèmes spécifiques, à savoir :

Dans le cadre de la dysfonction sexuelle induite par une substance/un médicament, la dysfonction sexuelle est liée à l’instauration, à la modification de la dose ou à l’arrêt d’une substance ou d’un médicament. Il peut s’agir d’un médicament prescrit par un médecin, d’une substance récréative ou d’une drogue dure.

Les autres dysfonctionnements sexuels incluent tous ceux qui ne rentrent pas dans les autres catégories. Ils comprennent les dysfonctionnements sexuels sans cause identifiable ou qui ne remplissent pas précisément les critères d’un trouble de la fonction sexuelle spécifique.

Le syndrome d’excitation génitale persistante Syndrome d’excitation génitale persistante est un trouble rare qui n’est pas inclus dans le Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux, cinquième édition (Diagnostic and Statistical Manual of Mental Disorders, 5th edition, DSM-5) qui fournit aux médecins des critères spécifiques permettant de diagnostiquer les troubles psychologiques. Les femmes atteintes du syndrome d’excitation génitale persistante ressentent une excitation physique excessive (qui se manifeste par une augmentation de l’afflux sanguin vers les organes génitaux et une augmentation des sécrétions vaginales) alors qu’elles ne ressentent aucun désir sexuel. Aucune cause de l’excitation n’est identifiée, et l’excitation ne disparaît généralement pas après l’orgasme.

La plupart des femmes atteintes de troubles de la fonction sexuelle présentent les caractères de plusieurs problèmes spécifiques. Par exemple, il se peut que les femmes qui ont des difficultés à être excitées apprécient moins les relations sexuelles, aient des difficultés à atteindre l’orgasme, ou même trouvent les rapports sexuels douloureux. Ces femmes et la plupart des femmes souffrant de douleurs lors de l’activité sexuelle perdent souvent, et logiquement, tout intérêt ou désir sexuel.

Fonction sexuelle normale

Les fonctions et réponses sexuelles supposent la participation de l’esprit (pensées et émotions) et du corps (dont les systèmes nerveux, circulatoire et hormonal). Les réponses sexuelles incluent les points suivants :

  • la motivation correspond à l’envie de s’engager dans une activité sexuelle ou de la continuer. Nombreuses sont les raisons de vouloir une activité sexuelle ; elles incluent notamment l’intérêt pour les relations sexuelles et le désir sexuel. L’intérêt ou le désir sexuels peuvent être suscités par des pensées, des mots, des images visuelles, des odeurs ou des sensations tactiles. La motivation peut être évidente dès le début ou apparaître lorsque la femme est excitée.

  • L’excitation est un point subjectif, c’est-à-dire que, dans l’excitation sexuelle, il est question de ressenti et de pensées. Elle possède également un caractère physique, avec une augmentation du flux sanguin au niveau des organes sexuels. Chez la femme, cette augmentation du flux sanguin provoque un gonflement du clitoris (qui correspond au pénis chez l’homme) et des parois vaginales (processus appelé engorgement). L’afflux sanguin déclenche également une augmentation des sécrétions vaginales (qui fournissent la lubrification). Il peut également augmenter sans que la femme ne le remarque ni qu’elle ne se sente excitée.

  • L’orgasme correspond au pic ou à l’acmé de l’excitation sexuelle. Juste avant l’orgasme, la tension musculaire s’élève encore dans tout l’organisme. Au cours de l’orgasme, les muscles qui entourent le vagin subissent des contractions rythmiques. La femme peut avoir plusieurs orgasmes.

  • La phase de relaxation correspond à une sensation de bien-être et un relâchement musculaire général après l’orgasme. La phase de relaxation suit généralement l’orgasme. Toutefois, cette phase peut survenir progressivement après une activité sexuelle extrêmement excitante sans orgasme. Certaines femmes peuvent répondre à une nouvelle stimulation sexuelle presque immédiatement après la phase de relaxation.

Nombreuses sont les raisons qui poussent les personnes, aussi bien les hommes que les femmes, à avoir des relations sexuelles. Par exemple, deux personnes ressentent une attirance l’une pour l’autre ou recherchent des sensations de plaisir physique, de l’affection, de l’amour, du romantisme ou une intimité. Cependant, les femmes sont plus sujettes aux motivations émotionnelles, telles que :

  • Vivre et développer une intimité émotionnelle

  • Accroître leur sensation de bien-être

  • S’assurer de leur désirabilité

  • Faire plaisir à ou satisfaire un partenaire

Chez les femmes, le désir peut se développer après le début de l’activité sexuelle et de la stimulation. La stimulation sexuelle peut déclencher l’excitation, le plaisir et des réponses physiques (dont un afflux sanguin vers la sphère génitale). Le désir de satisfaction sexuelle s’intensifie à mesure que l’activité sexuelle et l’intimité se poursuivent, et une expérience physique et émotionnelle enrichissante satisfait et renforce les motivations originelles de la femme. Certaines femmes sont satisfaites sexuellement, qu’elles aient ou non des orgasmes. D’autres éprouvent une satisfaction sexuelle bien plus importante lorsqu’elles ont des orgasmes.

Le désir avant l’activité sexuelle s’estompe généralement au fil des années, mais augmente temporairement lorsque la femme, quel que soit son âge, a un nouveau partenaire.

Causes

Nombreux sont les facteurs qui déclenchent ou participent aux divers types de troubles de la fonction sexuelle. Habituellement, les causes sont d’ordre physique ou psychologique. Cependant, ces deux types de causes ne peuvent pas être dissociés. Les facteurs psychologiques peuvent déclencher des changements physiques au niveau du cerveau, des nerfs, des hormones et éventuellement des organes génitaux. Les changements physiques peuvent avoir des répercussions psychologiques, qui, à leur tour, ont plus d’effets physiques. Certains facteurs sont plus liés à la situation qu’à la femme elle-même. De plus, la cause du trouble de la fonction sexuelle est souvent difficile à déterminer.

Facteurs psychologiques

La dépression Dépression et l’ angoisse Présentation des troubles anxieux contribuent fréquemment à un trouble de la fonction sexuelle. Chez jusqu’à 80 % des femmes souffrant de dépression majeure et de dysfonction sexuelle, le trouble de la fonction sexuelle s’estompe lorsque les antidépresseurs traitent efficacement la dépression.

Différentes peurs, qu’il s’agisse de difficultés à se laisser aller, d’une peur du rejet ou d’une appréhension de la perte de contrôle, et une faible estime de soi peuvent contribuer à un trouble de la fonction sexuelle.

Les expériences antérieures peuvent avoir une incidence sur le développement psychologique et sexuel de la femme, et être source de problèmes, comme dans les cas suivants :

  • Des expériences sexuelles, ou autres, négatives peuvent mener à une mauvaise estime de soi, ou à un sentiment de honte ou de culpabilité.

  • Les abus sexuels, physiques ou émotionnels au cours de l’enfance ou de l’adolescence peuvent amener l’enfant à contrôler et dissimuler ses émotions, un mécanisme de défense utile. Cependant, la femme qui contrôle et cache ses émotions éprouve parfois des difficultés à exprimer ses pensées sexuelles.

  • Si la femme perd un parent ou toute personne proche au cours de son enfance, elle peut éprouver des difficultés à créer une relation d’intimité avec un partenaire sexuel, car elle redoute une nouvelle perte, et ce, parfois sans en avoir vraiment conscience.

La fonction sexuelle peut également être altérée par diverses inquiétudes sexuelles. Par exemple, la femme peut être préoccupée par les conséquences non souhaitées d’une relation sexuelle (telles qu’une grossesse ou une infection sexuellement transmissible), ou par ses performances sexuelles ou celles de son partenaire.

Tableau

Facteurs contextuels

Les facteurs liés à la situation impliquent les points suivants :

  • La propre situation de la femme : par exemple, la femme peut avoir une mauvaise image d’elle-même sur le plan sexuel si elle souffre de problèmes de fertilité ou a subi une ablation chirurgicale d’un sein, de l’utérus ou de toute autre partie du corps se rapportant au sexe.

  • La relation : il est possible que la femme n’ait pas confiance ou ressente des émotions négatives à propos de son partenaire sexuel. Elle peut se sentir moins attirée par son partenaire qu’au début de leur relation.

  • L’environnement : le cadre peut ne pas être érotique, intime ou suffisamment sûr pour laisser libre cours à toute activité sexuelle désinhibée.

  • La culture : la culture dont est originaire la femme peut restreindre l’expression ou l’activité sexuelle. Les cultures tendent parfois à rendre les femmes honteuses ou coupables à l’égard de la sexualité. La femme et son partenaire peuvent provenir de cultures qui perçoivent différemment certaines pratiques sexuelles.

  • Les distractions ou le stress émotionnel : la famille, le travail, les finances ou d’autres éléments préoccupent la femme et, par conséquent, se répercutent sur l’excitation sexuelle.

Facteurs physiques

Plusieurs conditions physiques et la prise de médicaments aboutissent ou contribuent aux troubles de la fonction sexuelle. Les modifications hormonales, qui surviennent avec l’âge ou du fait d’une maladie, peuvent avoir un impact.

Après la ménopause Ménopause Ménopause , des modifications du vagin et des voies urinaires (syndrome génito-urinaire de la ménopause Symptômes après la ménopause Symptômes après la ménopause ) peuvent altérer la fonction sexuelle. Par exemple, les tissus du vagin s’affinent, s’assèchent et perdent de leur élasticité après la ménopause du fait de la diminution des taux d’œstrogènes. Cette affection, appelée atrophie vulvovaginale (ou vaginite atrophique), peut rendre les rapports sexuels douloureux. Les symptômes urinaires qui peuvent apparaître à la ménopause comprennent un besoin impérieux d’uriner (urgence urinaire) et des infections des voies urinaires fréquentes.

Des symptômes similaires peuvent également survenir en cas d’ablation des deux ovaires ou dans le cadre des changements hormonaux après l’accouchement (post-partum Présentation des soins du post-partum ).

L’ alcool Alcool peut également provoquer des troubles de la fonction sexuelle.

Le saviez-vous ?

  • La prise d’un inhibiteur sélectif de la recapture de la sérotonine (type d’antidépresseurs) a une incidence sur la fonction sexuelle, mais il en est de même de la dépression.

Diagnostic

  • Un entretien avec la femme et son partenaire, si possible séparément et ensemble

  • Examen pelvien

Un trouble sexuel est généralement diagnostiqué lorsque les symptômes sont présents depuis au moins six mois et entraînent une détresse importante. La diminution ou l’absence de désir sexuel, d’intérêt pour les rapports sexuels, d’excitation ou d’orgasme peut ne provoquer ni détresse ni gêne chez certaines femmes. Dans de tels cas, aucun trouble n’est diagnostiqué.

La plupart des troubles de la fonction sexuelle sont diagnostiqués à partir des critères décrits par le DSM-5. Ces troubles comprennent : douleur génitopelvienne/trouble de la pénétration Douleur génitopelvienne/trouble de la pénétration , trouble de l’orgasme féminin Trouble de l’orgasme chez la femme , trouble de l’intérêt/de l’excitation sexuels de la femme Trouble de l’intérêt/de l’excitation sexuels , et la dysfonction sexuelle induite par une substance/un médicament.

Chez la femme, un trouble de la fonction sexuelle est caractérisé par au moins l’un des éléments suivants :

  • Douleurs pendant les activités sexuelles

  • Perte de désir sexuel

  • Altération de l’excitation

  • Incapacité à atteindre l’orgasme

Un trouble de la fonction sexuelle est diagnostiqué lorsque l’un de ces symptômes entraîne une détresse personnelle chez la femme.

Le diagnostic des troubles de la fonction sexuelle implique souvent des questions détaillées posées aux deux partenaires, séparément, puis ensemble. Le médecin demande d’abord à la femme de décrire le problème avec ses propres mots. Ensuite, le médecin lui pose des questions sur les sujets suivants :

  • Symptômes

  • Autres affections :

  • Interventions gynécologiques et obstétriques réalisées

  • Lésions de la région pelvienne

  • Abus sexuels

  • Consommation de médicaments/drogues

  • La relation avec son partenaire

  • Humeur

  • Estime de soi

  • Relations pendant l’enfance

  • Expériences sexuelles passées

  • Traits de personnalité (par exemple, sa capacité à accorder sa confiance, sa tendance à l’anxiété et son besoin de garder le contrôle)

Le médecin réalise un examen pelvien Examen pelvien Pour ce qui est du suivi gynécologique, la patiente doit choisir un spécialiste avec lequel elle se sent à l’aise pour discuter de sujets délicats, comme le sexe, la contraception, la grossesse... en apprendre davantage afin de détecter d’éventuelles anomalies des organes génitaux externes et internes, notamment au niveau du vagin et du col de l’utérus. Souvent, le médecin peut identifier la source physique de la douleur. Le médecin essaie d’effectuer cet examen le plus délicatement possible. Il fait des gestes lents et, souvent, explique en détail les procédures de l’examen, ce qui peut aider la femme à se détendre. Si la femme le souhaite, le médecin peut lui fournir un miroir pour qu’elle observe ses organes génitaux, ce qui peut l’aider à se sentir plus à l’aise. Si elle craint une quelconque intrusion dans son vagin, elle peut mettre sa main sur celle du médecin pour conduire l’examen gynécologique. Pour diagnostiquer les problèmes sexuels, le médecin n’a généralement pas besoin d’instrument, comme un spéculum, pour l’examen gynécologique.

Cependant, si le médecin suspecte une infection sexuellement transmissible ou une autre infection (telle qu’une infection à levures Infection vaginale à levures (candidose) ou une vaginose bactérienne Vaginose bactérienne (VB) ), il est possible qu’il insère un spéculum dans le vagin afin d’écarter les parois vaginales (comme pour réaliser un frottis) et qu’il prélève un échantillon de fluides au niveau du vagin. L’échantillon est ensuite analysé à la recherche d’organismes qui peuvent provoquer des infections sexuellement transmissibles ou d’autres infections, puis il peut être envoyé à un laboratoire où les organismes sont mis en culture pour faciliter leur identification.

Traitement

  • Mesures générales visant à corriger les facteurs qui contribuent au trouble de la fonction sexuelle

  • Thérapies psychologiques

  • Médicaments, notamment hormonothérapie

  • Kinésithérapie

Certains traitements dépendent de la cause du trouble de la fonction sexuelle. Toutefois, des mesures d’ordre général peuvent s’avérer utiles, quelle que soit la cause :

  • Pour les deux partenaires, apprendre à mieux connaître l’anatomie de la femme et les façons de l’exciter

  • Prendre le temps d’avoir des rapports sexuels : la femme, qui s’occupe généralement de plusieurs tâches à la fois, peut être préoccupée ou distraite par d’autres activités (impliquant son travail, les tâches ménagères, les enfants et l’entourage). Il peut s’avérer utile de considérer l’activité sexuelle comme une priorité et de percevoir tout autre élément comme une distraction contre-productive.

  • Pratiquer la pleine conscience : la pleine conscience implique d’apprendre à se concentrer sur ce qui se passe sur le moment, sans émettre de jugements ou surveiller ce qui est en train de se dérouler. Être pleinement consciente aide la femme à se libérer de toute distraction et de faire attention aux sensations durant l’activité sexuelle, en restant dans l’instant présent. Des ressources pour apprendre à maîtriser la pleine conscience sont disponibles sur Internet.

  • Améliorer la communication, notamment à propos du sexe, entre la femme et son partenaire.

  • Choisir le moment opportun et le lieu propice à l’activité sexuelle : par exemple, tard le soir, lorsque la femme est sur le point de s’endormir, n’est probablement pas le moment idéal. S’assurer de l’intimité du lieu si la femme craint toute intrusion ou interruption. Il convient de disposer de suffisamment de temps et d’être dans un cadre propice aux sensations sexuelles.

  • S’engager dans différentes sortes d’activités sexuelles : par exemple, caresser et embrasser les zones sensibles du corps, et se caresser mutuellement les parties génitales avec le partenaire, avant de passer à l’acte sexuel, peuvent accroître l’intimité et diminuer la sensation d’angoisse.

  • Passer du temps ensemble sans pour autant avoir une activité sexuelle : les couples qui se parlent régulièrement sont plus enclins à vouloir une activité sexuelle et à apprécier ces instants d’intimité.

  • Encourager la confiance, le respect et l’intimité émotionnelle entre les partenaires : ces qualités doivent être cultivées avec ou sans l’aide d’un professionnel. Elles sont nécessaires à la femme pour susciter une réponse sexuelle. Les couples doivent apprendre à régler les conflits, qui peuvent avoir un impact sur leur relation.

  • Prendre des mesures pour éviter des conséquences non désirées : de telles mesures sont particulièrement utiles lorsque la crainte d’une grossesse ou la peur des infections sexuellement transmissibles inhibe le désir.

Le simple fait de savoir quoi faire pour avoir une vie sexuelle saine peut s’avérer suffisant pour aider la femme à changer sa façon de penser et son comportement. Toutefois, il est souvent nécessaire de mettre en pratique plusieurs traitements, car les femmes ont souvent plusieurs types de troubles de la fonction sexuelle. Parfois, une équipe pluridisciplinaire, comprenant des sexologues, des spécialistes de la douleur, des psychothérapeutes et/ou des kinésithérapeutes, est nécessaire.

Thérapies psychologiques

Les thérapies psychologiques aident de nombreuses femmes. Par exemple, la thérapie cognitivo-comportementale aide la femme à reconnaître une image de soi négative qui résulte d’une maladie ou d’une stérilité. La thérapie cognitive basée sur la pleine conscience (Mindfulness-Based Cognitive Therapy, MBCT) associe la thérapie cognitivo-comportementale et la pratique de la pleine conscience. Tout comme dans la thérapie cognitivo-comportementale, la femme est encouragée à identifier ses pensées négatives. Il est recommandé à la femme de simplement se pencher sur ses pensées et de reconnaître qu’il ne s’agit que de pensées et qu’elles ne reflètent pas la réalité. Cette approche rend ces pensées moins distrayantes et moins perturbantes. La MBCT peut être utilisée pour traiter le trouble de l’intérêt/de l’excitation sexuels et les douleurs qui surviennent chaque fois qu’une pression est exercée au niveau de l’orifice vaginal (appelées vestibulodynie provoquée, un type de douleur génitopelvienne/trouble de la pénétration Douleur superficielle : La douleur génitopelvienne/le trouble de la pénétration comprend des douleurs pendant les rapports sexuels ou toute autre activité sexuelle impliquant une pénétration et des contractions involontaires... en apprendre davantage ).

Une psychothérapie plus approfondie peut s’avérer nécessaire lorsque des problèmes remontant à l’enfance (par exemple, des abus sexuels) ont un impact sur la fonction sexuelle.

La sexothérapie aide souvent les femmes et leur partenaire à faire face aux problèmes qui affectent leur vie sexuelle, tels que des problèmes sexuels spécifiques et la relation qu’ils partagent.

Médicaments

Une œstrogénothérapie Traitement hormonal pour la ménopause La ménopause correspond à l’arrêt définitif des règles et donc de la fertilité. Pendant plusieurs années avant et juste après la ménopause, les taux d’œstrogènes varient grandement, les règles... en apprendre davantage Traitement hormonal pour la ménopause peut être utilisée pour traiter les troubles de la fonction sexuelle chez les femmes atteintes d’un syndrome génito-urinaire de la ménopause. Lorsqu’une femme ne présente que des symptômes vaginaux et urinaires, les médecins prescrivent généralement des formulations d’œstrogènes à insérer dans le vagin sous forme de crème (à l’aide d’un applicateur en plastique), de comprimés ou d’anneau similaire à un diaphragme (voie vaginale). Ces formulations peuvent traiter efficacement les symptômes au niveau du vagin (comme la sécheresse et l’amincissement des parois du vagin, le besoin urgent d’uriner et les infections fréquentes des voies urinaires), mais elles n’ont aucun effet sur les sautes d’humeur, les bouffées de chaleur ou les troubles du sommeil.

Les œstrogènes peuvent également être appliqués localement sur la peau (formes topiques).

Si la femme présente également des bouffées de chaleur gênantes, le médecin peut lui prescrire des œstrogènes par voie orale ou sous forme de patch à appliquer sur la peau. Ces formulations d’œstrogènes ont un impact sur tout le corps et permettent ainsi d’améliorer l’humeur, de réduire les bouffées de chaleur et les troubles du sommeil, de maintenir l’hygiène du vagin et de conserver une lubrification adéquate pour les rapports sexuels.

Si la femme possède un utérus (et n’a donc pas fait l’objet d’une hystérectomie), on lui prescrit des œstrogènes associés à un progestatif (une version de la progestérone), car l’administration d’œstrogènes seuls augmente le risque de cancer de la muqueuse utérine Cancer de l’utérus Cancer de l’utérus (cancer de l’endomètre). De faibles doses d’œstrogènes sont utilisées.

Une œstrogénothérapie peut être instaurée au moment de la ménopause ou quelques années plus tard. Les œstrogènes présentent certains risques (notamment un risque légèrement accru de cancer du sein), mais aussi des bénéfices. Chaque femme doit donc discuter avec son médecin des risques et des bénéfices d’un tel traitement avant de commencer à le prendre.

Chez les femmes ménopausées, une forme synthétique de la déhydroépiandrostérone Déhydroépiandrostérone (DHEA) (DHEA) à insérer dans le vagin, appelée prastérone, peut également soulager la sécheresse vaginale et rendre les rapports sexuels moins douloureux.

Dans la mesure où les inhibiteurs sélectifs de la recapture de la sérotonine (ISRS) contribuent à plusieurs types de les troubles de la fonction sexuelle, il peut être utile de passer à un autre antidépresseur ayant moins d’impact sur les réponses sexuelles. Parmi ces médicaments, on compte le bupropion, le moclobémide, la mirtazapine et la duloxétine. De plus, la prise de bupropion en association avec des ISRS s’avère plus bénéfique au niveau des réponses sexuelles que la prise d’ISRS seuls. Certaines données probantes suggèrent que si la femme a arrêté d’avoir des orgasmes en prenant des ISRS, le sildénafil (généralement utilisé pour traiter la dysfonction érectile) peut lui permettre d’avoir à nouveau des orgasmes. Cependant, ce médicament n’est généralement pas recommandé, car son efficacité chez la femme n’est pas prouvée.

La testostérone, administrée par patch, peut aider les femmes ménopausées atteintes d’un trouble de l’intérêt/de l’excitation sexuels. Cependant, les médecins doivent régulièrement vérifier la présence d’effets secondaires chez les femmes qui en prennent, notamment l’acné, une pilosité excessive (hirsutisme Pilosité excessive Pilosité excessive ) et le développement de caractéristiques masculines (virilisation Virilisation ).

Autres traitements

Plusieurs types de kinésithérapies peuvent être utiles chez les femmes atteintes de douleurs génitopelviennes/d’un trouble de la pénétration.

Les kinésithérapeutes peuvent utiliser plusieurs techniques pour étirer et relâcher les muscles pelviens contractés :

  • Mobilisation des tissus mous et libération myofasciale : Utilisation de divers mouvements (poussées rythmiques ou massages) pour exercer une pression sur et étirer les muscles affectés ou les tissus qui recouvrent les muscles (fascias)

  • Pression sur les points gâchettes : Pression sur des zones très sensibles des muscles affectés, qui peuvent être la source de la douleur (points gâchettes)

  • Électrostimulation : Application d’un courant électrique léger au moyen d’un dispositif placé au niveau de l’orifice vaginal

  • Rééducation de la vessie Consignes générales Consignes générales et rééducation intestinale Traitement : Programme strict pour la miction et exercices recommandés pour renforcer les muscles autour de l’urètre et de l’anus, parfois avec une rétroaction biologique

  • Thérapie par ultrasons : Application d’énergie (produite par des ondes sonores à haute fréquence) sur les muscles affectés (ce qui augmente l’afflux de sang vers cette zone, améliore la cicatrisation et détend les muscles)

Si la contraction des muscles pelviens rend les activités sexuelles douloureuses, la femme peut s’insérer dans le vagin des dispositifs d’autodilatation, disponibles sur ordonnance et en vente libre, qui permettent d’étirer le vagin et de réduire la sensibilité. Les activités sexuelles peuvent ensuite être moins inconfortables.

Les lubrifiants et les hydratants vaginaux peuvent réduire la sécheresse vaginale, qui peut provoquer des douleurs pendant les rapports sexuels. Ceux-ci comprennent les huiles végétales (comme l’huile de coco), les lubrifiants à base de silicone et les produits à base d’eau. Les lubrifiants à base d’eau s’assèchent rapidement et peuvent nécessiter plusieurs applications, mais ils sont préférables à la vaseline et aux autres lubrifiants à base d’huile. Les huiles végétales peuvent endommager les moyens de contraception à base de latex tels que les préservatifs ou les diaphragmes. Ils ne doivent pas être utilisés avec les préservatifs. Les lubrifiants à base de silicone peuvent être utilisés avec les préservatifs et les diaphragmes, tout comme les lubrifiants à base d’eau. Les femmes peuvent demander à leur médecin le type de lubrifiant le plus adapté à leur cas.

Selon le type de trouble, une formation aux compétences sexuelles (par exemple, des instructions pour la masturbation) et des exercices visant à faciliter la communication avec le partenaire concernant les besoins et les préférences sexuels peuvent être mis en place.

Des dispositifs tels que des vibromasseurs ou des stimulateurs clitoridiens peuvent être utilisés par les femmes qui présentent un trouble de l’intérêt/l’excitation sexuels ou un trouble de l’orgasme, mais peu de données probantes étayent leur efficacité. Certains de ces produits sont disponibles en vente libre et peuvent être essayés.

Focus sur le vieillissement : les troubles de la fonction sexuelle chez la femme plus âgée

La raison principale qui pousse la femme plus âgée à mettre de côté le sexe réside dans l’absence d’un partenaire sexuel actif. Cependant, du fait de changements imputables à l’âge, notamment ceux découlant de la ménopause, la femme est plus susceptible de connaître un trouble de la fonction sexuelle. De plus, des maladies pouvant interférer avec la fonction sexuelle, comme le diabète Diabète sucré (DS) , l’ athérosclérose Athérosclérose Athérosclérose , les infections des voies urinaires Présentation des infections des voies urinaires (IVU) et l’ arthrite Arthrose Arthrose , deviennent plus courantes avec l’âge. Néanmoins, ces changements ne signifient pas la fin de l’activité sexuelle et du plaisir, et les troubles de la fonction sexuelle chez les femmes plus âgées ne proviennent pas tous de changements imputables à l’âge.

Chez les femmes plus âgées, tout comme chez les femmes plus jeunes, le problème le plus courant reste le manque d’intérêt pour les relations sexuelles.

Plus la femme vieillit, moins elle produit d’œstrogènes.

  • Les tissus qui entourent l’orifice vaginal (lèvres) et les parois du vagin perdent en élasticité et s’affinent (atrophie vulvo-vaginale). Les tissus peuvent également s’enflammer et s’irriter, car la production d’œstrogènes est réduite (vaginite atrophique). Ces deux types de changements peuvent provoquer des douleurs pendant les activités sexuelles impliquant une pénétration.

  • Les sécrétions vaginales diminuent, induisant une lubrification moindre lors des rapports sexuels.

  • Dès la trentaine, la production de testostérone diminue chez la femme, et elle s’arrête totalement aux alentours de l’âge de 70 ans. On ignore si cette baisse provoque une diminution de l’intérêt sexuel et de la réponse sexuelle.

  • Le pH du vagin diminue, rendant les organes génitaux plus sujets aux irritations et aux infections.

  • L’absence d’œstrogènes contribue à un affaiblissement lié à l’âge des muscles et autres tissus de soutien au niveau du pelvis, aboutissant parfois à une protrusion d’un organe pelvien (vessie, intestin, utérus ou rectum) à l’intérieur du vagin (prolapsus génital Prolapsus génital Prolapsus génital ). Comme conséquence, des fuites urinaires se produisent involontairement, induisant une certaine gêne.

  • Avec le vieillissement, le flux sanguin vers le vagin est diminué, provoquant un raccourcissement, un rétrécissement et une sécheresse du vagin. Les maladies vasculaires (comme l’ athérosclérose Athérosclérose Athérosclérose ) peuvent réduire encore davantage le flux sanguin.

D’autres problèmes ont une incidence sur la fonction sexuelle. Par exemple, la femme âgée peut être perturbée face aux changements de son corps du fait de maladies, d’opérations ou tout simplement du vieillissement. Elle pense que le désir sexuel et les fantasmes sont inappropriés ou honteux à partir d’un certain âge. Elle peut être préoccupée par la santé générale ou la fonction sexuelle de son partenaire ou par ses propres performances sexuelles. Nombreuses sont les femmes plus âgées toujours intéressées par les relations sexuelles, mais si elles ne trouvent pas de réponse chez leur partenaire, cet intérêt risque de s’étioler au fil du temps.

La femme plus âgée ne doit pas considérer que le trouble de la fonction sexuelle est une chose normale chez les personnes âgées. Si ce trouble la perturbe, il lui est recommandé d’en parler avec son médecin. Dans de nombreux cas, le fait de traiter une maladie (dont la dépression), d’arrêter un médicament ou de prendre un substitutif, d’en apprendre plus sur la fonction sexuelle ou de parler avec un médecin ou un conseiller peut se révéler très utile.

Si l’atrophie vulvovaginale et/ou la vaginite atrophique posent problème, des œstrogènes ou de la testostérone peuvent être insérés dans le vagin sous forme de crème (à l’aide d’un applicateur en plastique), de comprimé ou d’anneau (similaire à un diaphragme). Les œstrogènes peuvent être pris par voie orale ou appliqués sous forme de patch ou de gel sur le bras ou la jambe, mais uniquement si la ménopause vient de commencer ou n’a commencé que quelques années auparavant. Ces formulations d’œstrogènes ont un impact sur tout le corps et permettent ainsi d’améliorer l’humeur, de réduire les bouffées de chaleur et les troubles du sommeil associés, de maintenir l’hygiène du vagin et de conserver une lubrification adéquate pour les rapports sexuels. Les œstrogènes sous forme de patch ou de gel sont préférés aux comprimés par voie orale chez les femmes ménopausées. Si la femme possède un utérus, on lui prescrit également un progestatif (une version de la progestérone), car l’administration d’œstrogènes seuls augmente le risque de cancer de la muqueuse utérine Cancer de l’utérus Cancer de l’utérus (cancer de l’endomètre). Les œstrogènes présentent certains risques (notamment un risque légèrement accru de cancer du sein), mais aussi des bénéfices. Chaque femme doit donc discuter avec son médecin des risques et des bénéfices d’un tel traitement avant de commencer à le prendre.

Occasionnellement, de la testostérone par voie orale est prescrite en complément du traitement par œstrogène si toutes les autres mesures sont inefficaces, mais cette combinaison thérapeutique n’est pas recommandée. Elle est toujours considérée comme expérimentale et sa sécurité d’emploi à long terme n’est pas encore avérée.

REMARQUE : Il s’agit de la version grand public. MÉDECINS : AFFICHER LA VERSION PROFESSIONNELLE
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