Revue générale du diabète sucré chez l'enfant et l'adolescent

ParNeha Suresh Patel, DO, University of Pennsylvania School of Medicine
Reviewed ByMichael SD Agus, MD, Harvard Medical School
Vérifié/Révisé Modifié janv. 2026
v29300992_fr
Voir l’éducation des patients

Le diabète sucré implique une carence absolue ou relative de la sécrétion d'insuline et une résistance périphérique à l'insuline, causant une hyperglycémie. Les premiers symptômes sont liés à l'hyperglycémie et comportent polydipsie, polyphagie, polyurie et perte de poids involontaire. Le diagnostic repose sur la mesure de la glycémie et des auto-anticorps. Le traitement dépend du type, mais comprend les médicaments qui réduisent la glycémie, l'alimentation et l'exercice.

(Voir aussi Diabète sucré chez l'adulte.)

Types de diabète sucré chez les enfants et les adolescents

Le diabète de type 1 est principalement caractérisé par une production insuffisante d'insuline due à une destruction des cellules pancréatiques bêta médiée par l'autoimmunité. Le diabète de type 1 est le type le plus courant chez les enfants.

Le diabète de type 2 se caractérise principalement par une résistance à l'insuline et l'obésité. La prévalence croissante de l'obésité infantile a entraîné une augmentation de l'incidence du diabète de type 2 chez l'enfant, ainsi qu'une hausse de la proportion de diagnostics de diabète de type 2 par rapport au diabète de type 1 chez les enfants (1, 2) (voir l'obésité chez les enfants). Le diabète de type 2 est généralement diagnostiqué au début de l'adolescence lors du déclenchement de la puberté, période durant laquelle la résistance à l'insuline augmente naturellement et s'accompagnant d'une croissance rapide ainsi que de modifications pubertaires.

La plupart des patients sont classés comme diabétiques de type 1 ou 2 et cette distinction est utilisée pour guider le traitement. La classification est basée sur l'anamnèse (âge, antécédents familiaux, conformation corporelle), la présentation et les examens de laboratoire, y compris les anticorps. Cependant, ce système de classification ne saisit pas complètement l'hétérogénéité clinique des patients et certains patients ne peuvent pas être clairement classés comme ayant un diabète de type 1 ou de type 2 au moment du diagnostic. Dans les diabètes de type 1 et 2, des facteurs génétiques et environnementaux peuvent entraîner une perte progressive de la fonction des cellules bêta qui entraîne une hyperglycémie. (voir tableau ). Il existe cependant un chevauchement important entre le diabète de type 1 et le diabète de type 2. Les qualificatifs basés sur l'âge de survenue de la maladie (chez le sujet jeune ou à la maturité) ou le type de traitement (insulino- ou non–insulino-dépendant) ne sont plus utilisés, car il existe un chevauchement des classes d'âge et des traitements des deux types de diabète.

Le prédiabète est une altération de la régulation glycémique entraînant des niveaux de glucose postprandial plus élevés que la normale après les repas, mais ne répondant pas aux critères du diabète. Le prédiabète est associé au syndrome métabolique (altération de la régulation de la glycémie, dyslipidémie, hypertension, obésité). Des modifications du mode de vie, telles que l'amélioration de l'alimentation, l'augmentation de l'activité physique et la gestion du poids, sont essentielles. Une intervention précoce peut souvent prévenir ou retarder l'apparition du diabète chez l'adulte, mais chez l'enfant, les preuves sont essentiellement circonstancielles et les recommandations s'appuient sur des études menées chez l'adulte ou sur des mesures substitutives telles que la perte de poids (3, 4).

Les formes monogéniques de diabète, ne sont pas envisagées comme étant de type 1 ou de type 2 et sont peu fréquentes (5). Les formes monogéniques sont causées par des défauts génétiques affectant la fonction des cellules bêta, l'action de l'insuline ou l'ADN mitochondrial. Les formes monogéniques comprennent le diabète néonatal — apparaissant avant l'âge de 6 mois — et le diabète de l'adulte survenant chez le sujet jeune (MODY pour maturity-onset diabetes of the young) — dont l'apparition se situe généralement à l'adolescence ou au début de l'âge adulte. Elles représentent globalement environ 1 à 4% des cas de diabète pédiatrique et impliquent souvent des mutations sur un gène unique.

Les autres types de diabète comprennent le diabète lié à la mucoviscidose, le diabète d'origine médicamenteuse (glucocorticoïdes, antipsychotiques, immunosuppresseurs), les endocrinopathies avec excès d'hormones de contre-régulation et le diabète causé par des troubles du pancréas exocrine (p. ex., pancréatite chronique, pancréatectomie).

Références pour les types de diabète

  1. 1. Gesuita R, Eckert AJ, Besançon S, et al. Frequency and clinical characteristics of children and young people with type 2 diabetes at diagnosis from five world regions between 2012 and 2021: data from the SWEET Registry. Diabetologia. 2025;68(1):82-93. doi:10.1007/s00125-024-06283-5

  2. 2. Wagenknecht LE, Lawrence JM, Isom S, et al. Trends in incidence of youth-onset type 1 and type 2 diabetes in the USA, 2002-18: results from the population-based SEARCH for Diabetes in Youth study. Lancet Diabetes Endocrinol. 2023;11(4):242-250. doi:10.1016/S2213-8587(23)00025-6

  3. 3. Neyman A, Hannon TS; COMMITTEE ON NUTRITION. Low-Carbohydrate Diets in Children and Adolescents With or at Risk for Diabetes. Pediatrics. 2023;152(4):e2023063755. doi:10.1542/peds.2023-063755

  4. 4. US Preventive Services Task Force, Mangione CM, Barry MJ, et al. Screening for Prediabetes and Type 2 Diabetes in Children and Adolescents: US Preventive Services Task Force Recommendation Statement. JAMA. 2022;328(10):963-967. doi:10.1001/jama.2022.14543

  5. 5. American Diabetes Association Professional Practice Committee. 2. Diagnosis and Classification of Diabetes: Standards of Care in Diabetes-2025. Diabetes Care. 2025;48(1 Suppl 1):S27-S49. doi:10.2337/dc25-S002

Épidémiologie du diabète chez l'enfant et l'adolescent

La prévalence du diabète de type 1 et de type 2 est en augmentation. Aux États-Unis, entre 2001 et 2017, la prévalence du diabète de type 1 chez les enfants jusqu'à l'âge de 19 ans est passée de 1,48 à 2,15 pour 1 000, et celle du diabète de type 2 de 0,34 à 0,67 pour 1 000 (1). Dans le monde, le taux d'incidence estimé du diabète (tous types confondus) chez les enfants jusqu'à l'âge de 15 ans a augmenté, passant de 9,3 à 11,6 pour 100 000 habitants entre 1990 et 2019, ce qui correspond à environ 227 000 nouveaux cas de diabète chez l'enfant en 2019 (2).

Malgré les technologies du diabète qui améliorent la qualité des soins et le contrôle glycémique, des disparités existent. La race, l'origine ethnique et les déterminants sociaux de la santé (p. ex., le statut socio-économique, le voisinage et l'environnement physique, l'environnement alimentaire, l'accès aux soins, le contexte social) sont associés au degré de contrôle glycémique chez les enfants diabétiques (3, 4). Aux États-Unis, les enfants blancs ou non hispaniques ont un taux plus faible de complications et d'effets indésirables causés par un mauvais contrôle glycémique.

Références épidémiologiques

  1. 1. Lawrence JM, Divers J, Isom S, et al. Trends in Prevalence of Type 1 and Type 2 Diabetes in Children and Adolescents in the US, 2001-2017. JAMA. 2021;326(8):717-727. doi:10.1001/jama.2021.11165

  2. 2. Zhang K, Kan C, Han F, et al. Global, Regional, and National Epidemiology of Diabetes in Children From 1990 to 2019. JAMA Pediatr. 2023;177(8):837-846. doi:10.1001/jamapediatrics.2023.2029

  3. 3. Kahkoska AR, Pokaprakarn T, Alexander GR, et al: The Impact of Racial and Ethnic Health Disparities in Diabetes Management on Clinical Outcomes: A Reinforcement Learning Analysis of Health Inequity Among Youth and Young Adults in the SEARCH for Diabetes in Youth Study. Diabetes Care. 45(1):108-118, 2022. doi: 10.2337/dc21-0496

  4. 4. Redondo MJ, Libman I, Cheng P, et al: Racial/Ethnic Minority Youth With Recent-Onset Type 1 Diabetes Have Poor Prognostic Factors. Diabetes Care. 41(5):1017-1024, 2018. doi: 10.2337/dc17-2335

Symptomatologie du diabète chez l'enfant et l'adolescent

Dans le diabète de type 1, les premières manifestations vont d'une hyperglycémie asymptomatique à une acidocétose diabétique qui met en jeu le pronostic vital. Le plus souvent, les enfants se présentent avec une hyperglycémie symptomatique sans acidose, avec plusieurs jours à plusieurs semaines de pollakiurie accrue, de polyurie, de polydipsie, et d'énurésie. Les enfants peuvent également présenter une perte de poids involontaire. Pour plus de détails, voir Diabète de type 1 chez les enfants et les adolescents.

La présentation clinique initiale du diabète de type 2 est très variable. Les enfants sont souvent asymptomatiques ou peu symptomatiques, et leur état ne peut être détecté que par des tests de routine. Cependant, certains enfants peuvent présenter une hyperglycémie symptomatique, un état hyperosmolaire hyperglycémique ou une acidocétose diabétique. Pour plus de détails, voir Diabète de type 2 chez les enfants et les adolescents.

Diagnostic du diabète chez l'enfant et l'adolescent

  • Glycémie à jeun ≥ 126 mg/dL (≥ 7,0 mmol/L)

  • Glycémie aléatoire ≥ 200 mg/dL (≥ 11,1 mmol/L)

  • Hémoglobine glycosylée (HbA1C) ≥ 6,5% (≥ 48 mmol/mol)

  • Test de tolérance au glucose oral de 2 h ≥ 200 mg/dL (≥ 11,1 mmol/L)

  • Détermination du type de diabète (p. ex., type 1, type 2, monogénique)

Critères diagnostiques du diabète

Le diagnostic du diabète et du prédiabète est similaire à celui chez l'adulte, utilisant généralement des seuils spécifiques pour les niveaux de glucose plasmatique à jeun ou aléatoires et/ou le niveau d'HbA1c (voir tableau ). Le diabète sucré est suggéré par une symptomatologie typique d'hyperglycémie et est confirmé par la mesure de la glycémie plasmatique ≥ 200 mg/dL (≥ 11,1 mmol/L). Il est souvent détecté par le dépistage. Tout résultat anormal doit être confirmé par un second test.

Le diabète est diagnostiqué lorsque l'un des éléments suivants est présent (1, 2):

  • Hémoglobine glycosylée (HbA1C) ≥ 6,5% (≥ 48 mmol/mol)

  • Glycémie à jeun ≥ 126 mg/dL (≥ 7,0 mmol/L)

  • Test de tolérance au glucose de 2 h (OGTT) ≥ 200 mg/dL (≥ 11,1 mmol/L)

  • Glycémie aléatoire ≥ 200 mg/dL (≥ 11,1 mmol/L) avec symptômes d'hyperglycémie

Le test de tolérance au glucose (hyperglycémie provoquée) par voie orale n'est pas nécessaire et ne doit pas être effectué si le diabète peut être diagnostiqué par d'autres critères. Si nécessaire, le test doit être effectué en utilisant 1,75 g/kg (maximum 75 g) de glucose dissous dans l'eau; un résultat positif est une glycémie à 2 heures ≥ 200 mg/dL (11,1 mmol/L). Le test peut être utile chez les enfants asymptomatiques ou qui n'ont que des symptômes légers ou atypiques et peut être utile dans les cas suspects de diabète de type 2 ou monogénique.

L'hyperglycémie suggérée par une HbA1C élevée doit être confirmée par une glycémie plasmatique à jeun ou aléatoire. Bien que le test de dépistage de l'HbA1C soit couramment utilisé, et qu'il soit recommandé spécifiquement pour le diagnostic du diabète de type 2 chez l'enfant (3), les résultats doivent être interprétés avec prudence car il peut être affecté par des affections entraînant une altération du renouvellement des globules rouges (p. ex., des hémoglobinopathies telles que la drépanocytose) (4). Par exemple, chez les enfants atteints de mucoviscidose, l'HbA1C peut être faussement basse en raison d'une inflammation chronique et d'un renouvellement anormal des globules rouges (1); de même, une augmentation du renouvellement des globules rouges due à une anémie hémolytique peut abaisser faussement l'HbA1C, tandis qu'une anémie ferriprive peut l'élever faussement.

Tableau
Tableau

Bilan initial

En cas de suspicion de diabète, chez des patients qui ne semblent pas malades, le test initial pour établir le diagnostic doit comprendre un panel métabolique de base, comprenant un ionogramme et une glycémie, et une analyse d'urine pour rechercher les cétones.

Chez les patients chez qui on suspecte un diabète et qui sont malades, le test comprend également une mesure des gaz du sang veineux ou artériel, des tests hépatiques et les taux de calcium, de magnésium, de phosphore et d'hématocrite. L'acidocétose diabétique peut provoquer un stress métabolique et une hypoperfusion susceptibles d'altérer la fonction hépatique. L'hématocrite reflète l'hémoconcentration due à la déshydratation, laquelle est fréquente dans l'acidocétose diabétique; une élévation de l'hématocrite suggère une perte liquidienne sévère et oriente la rééquilibration liquidienne.

Évaluation du type du diabète

Une évaluation complète des caractéristiques cliniques doit être effectuée pour distinguer le diabète de type 1 du diabète de type 2 (ou d'autres types) et elle doit être interprétée dans le contexte d'examens de laboratoire complémentaires. Le diabète de type 1 est suggéré par des caractéristiques telles qu'un âge précoce au diagnostic (< 35 ans), un indice de masse corporelle (IMC) faible (< 25 kg/m²), une perte de poids involontaire, la présence d'une acidocétose et une hyperglycémie marquée lors de la présentation initiale. Le diabète de type 2 est suggéré par la présence d'un IMC élevé, l'absence de perte de poids et une hyperglycémie plus modérée.

Les examens complémentaires qui doivent être pratiqués comprennent:

  • Taux d'insuline, de peptide-C (si non encore traité par insuline)

  • Recherche des 5 auto-anticorps dirigés contre les protéines des cellules d'îlots pancréatiques

Le peptide C est un marqueur de la production endogène d'insuline; des taux de peptide C faibles ou absents indiquent un déficit insulinique sévère, caractéristique du diabète de type 1. Des taux de peptide C plus élevés sont fortement évocateurs d'un diabète de type 2, pour lequel la production endogène d'insuline est préservée. Chez les enfants atteints de diabète de type 1, les taux d'insuline à jeun sont anormalement bas par rapport à la glycémie plasmatique, tandis qu'une insuline à jeun élevée suggère un diabète de type 2. Les bilans d'auto-anticorps étant coûteux, dans les pays à ressources limitées, le diagnostic repose souvent sur la présentation clinique et les taux de peptide C plutôt que sur une confirmation immunologique.

Les auto-anticorps comprennent l'anticorps anti-glutamate décarboxylase (GAD65A), l'auto-anticorps anti-insuline (IAA), l'anticorps anti-transporteur du zinc 8 (ZnT8A), l'anticorps anti-îlots de Langerhans (ICA) et l'anticorps anti-tyrosine phosphatase d'îlots 2 (IA-2A). Au moins 90% des patients chez qui a été nouvellement diagnostiqué un diabète de type 1 ont ≥ 1 de ces auto-anticorps, alors que l'absence d'anticorps suggère fortement un diabète de type 2 (5, 6).

Cependant, environ 10 à 20 % des enfants et jeunes adultes présentant le phénotype du diabète de type 2 ont des auto-anticorps et sont reclassés comme ayant un diabète de type 1; ces patients sont plus susceptibles de présenter une progression rapide vers un traitement par l'insuline et présentent un risque plus élevé de développer d'autres troubles auto-immuns (7, 8, 9) que les patients qui ont un phénotype de type 2 sans anticorps.

La différenciation phénotypique complémentaire entre le diabète de type 1 et de type 2 chez l'enfant joue un rôle essentiel, car la présentation clinique seule peut être trompeuse. Bien que la recherche d'auto-anticorps et la mesure du peptide C soient les méthodes de référence, le phénotype aide à orienter la prise en charge initiale lorsque ces tests sont indisponibles ou différés (voir tableau ). Les principales caractéristiques de différenciation comprennent l'âge, le stade pubertaire, la gravité lors de l'apparition, l'habitus, les signes d'insulinorésistance et les pathologies associées. Cette évaluation phénotypique aide les cliniciens à choisir le traitement initial approprié (p. ex., insuline en cas de suspicion de type 1 contre metformine pour le type 2) et à prioriser les tests de confirmation.

Un diabète monogénique doit être envisagé chez tous les nourrissons de 6 mois diagnostiqués avec un diabète, ainsi que chez les enfants et les jeunes adultes (≤ 25 ans) ayant des antécédents familiaux importants de diabète et ne présentant qu'une hyperglycémie légère et stable (HbA1C < 7,5% [58 mmol/mol]) en l'absence d'obésité, de signes de résistance à l'insuline ou d'auto-anticorps. Le diagnostic de certitude est obtenu au moyen d'un test génétique.

Tableau
Tableau

Références pour le diagnostic

  1. 1. American Diabetes Association Professional Practice Committee. 2. Diagnosis and Classification of Diabetes: Standards of Care in Diabetes-2025. Diabetes Care. 2025;48(1 Suppl 1):S27-S49. doi:10.2337/dc25-S002

  2. 2. Libman I, Haynes A, Lyons S, et al. ISPAD Clinical Practice Consensus Guidelines 2022: Definition, epidemiology, and classification of diabetes in children and adolescents. Pediatr Diabetes. 2022;23(8):1160-1174. doi: 10.1111/pedi.13454

  3. 3. Wallace AS, Wang D, Shin JI, Selvin E. Screening and Diagnosis of Prediabetes and Diabetes in US Children and Adolescents. Pediatrics. 2020;146(3):e20200265. doi: 10.1542/peds.2020-0265

  4. 4. Sacks DB, Arnold M, Bakris GL, et al. Guidelines and Recommendations for Laboratory Analysis in the Diagnosis and Management of Diabetes Mellitus. Diabetes Care. 2023;46(10):e151-e199. doi:10.2337/dci23-0036

  5. 5. Cheng BW, Lo FS, Wang AM, et al. Autoantibodies against islet cell antigens in children with type 1 diabetes mellitus. Oncotarget. 2018;9(23):16275-16283. doi:10.18632/oncotarget.24527

  6. 6. Kawasaki E. Anti-Islet Autoantibodies in Type 1 Diabetes. Int J Mol Sci. 2023;24(12):10012. doi:10.3390/ijms241210012

  7. 7. Turner R, Stratton I, Horton V, et al. UKPDS 25: autoantibodies to islet-cell cytoplasm and glutamic acid decarboxylase for prediction of insulin requirement in type 2 diabetes. UK Prospective Diabetes Study Group. Lancet. 1997;350(9087):1288-1293. doi: 10.1016/s0140-6736(97)03062-6

  8. 8. Klingensmith GJ, Pyle L, Arslanian S, et al. The presence of GAD and IA-2 antibodies in youth with a type 2 diabetes phenotype: results from the TODAY study. Diabetes Care. 2010;33(9):1970-1975. doi: 10.2337/dc10-0373

  9. 9. Shah AS, Barrientos-Pérez M, Chang N, et al. ISPAD Clinical Practice Consensus Guidelines 2024: Type 2 Diabetes in Children and Adolescents. Horm Res Paediatr. 2024;97(6):555-583. doi:10.1159/000543033

Traitement du diabète sucré chez les enfants et les adolescents

  • Éducation sur le diabète

  • Des choix alimentaires sains et de l'exercice

  • Pour le diabète de type 1, insuline

  • Dans le diabète de type 2, metformine et parfois insuline, agonistes des récepteurs du glucagon-like peptide 1 (GLP-1) ou inhibiteurs du cotransporteur sodium-glucose de type 2 (SGLT2)

Éducation sur le diabète

Un traitement et une éducation intensive au cours de l'enfance et de l'adolescence peuvent permettre d'atteindre les objectifs thérapeutiques, qui consistent à normaliser la glycémie tout en minimisant le nombre d'épisodes hypoglycémiques et à prévenir ou retarder l'apparition et la progression des complications. L'American Diabetes Association recommande une éducation et un soutien formels et multidisciplinaires à l'autogestion du diabète pour tous les jeunes atteints de diabète de type 1 ou de type 2 (1).

Nutrition et exercice

Les modifications du mode de vie présentant un intérêt pour tous les patients comprennent:

  • Manger régulièrement et en quantités constantes

  • Limiter la consommation de glucides raffinés et de graisses saturées

  • Augmenter l'activité physique

En général, le terme régime doit être évité en faveur de plan de repas ou de choix alimentaires sains. L'objectif principal est d'encourager les enfants à consommer des repas sains pour le cœur qui sont pauvres en cholestérol et en graisses saturées et qui sont adaptés à tous les jeunes et à leurs familles. L'objectif est d'améliorer l'évolution du diabète et de réduire le risque cardiovasculaire. La thérapie nutritionnelle, incluant les services d'un diététicien lorsque possible, doit être proposée à tous les patients, et les cliniciens doivent collaborer avec les enfants diabétiques et leurs soignants pour créer un plan de repas individualisé (1, 2). Pour optimiser le contrôle glycémique, les patients utilisant de l'insuline doivent être éduqués sur la manière d'ajuster de manière appropriée les doses d'insuline prandiale. L'établissement de routines aux heures des repas est également important pour atteindre les objectifs glycémiques.

Pharmacothérapie

Le traitement pharmacologique fondamental du diabète de type 1 est l'insuline. Pour une discussion plus approfondie, voir Traitement du diabète de type 1 chez l'enfant et l'adolescent.

Les médicaments antihyperglycémiants oraux et injectables (tels que la metformine et les agonistes des récepteurs du GLP-1), ainsi que l'insuline, sont utilisés pour le contrôle glycémique chez les enfants atteints de diabète de type 2. Les patients présentant une hypertension, une maladie rénale chronique ou d'autres comorbidités augmentant le risque cardiovasculaire peuvent également être traités par d'autres médicaments tels que des inhibiteurs de l'enzyme de conversion de l'angiotensine ou des antagonistes des récepteurs de l'angiotensine II. Pour une discussion plus approfondie, voir Traitement du diabète de type 2 chez l'enfant et l'adolescent.

Méthodes de surveillance du contrôle glycémique

La surveillance de routine implique 1 ou plusieurs des éléments suivants:

  • Plusieurs vérifications quotidiennes de la glycémie au doigt.

  • Surveillance continue de la glycémie

  • HbA1C tous les 3 mois

Auto-surveillance de la glycémie

L'autosurveillance de la glycémie consiste à mesurer la glycémie capillaire à l'aide d'un glucomètre.

L'auto-surveillance est l'approche traditionnelle. La glycémie est vérifiée avant tous les repas, avant une collation au coucher et si les enfants présentent des symptômes d'hypoglycémie (3). Les taux doivent également être vérifiés la nuit (vers 2 à 3 heures du matin) si on craint une hypoglycémie nocturne (p. ex., à cause d'une hypoglycémie ou d'un exercice vigoureux pendant la journée, ou quand une dose d'insuline est augmentée). Il peut être nécessaire d'effectuer 6 à 10 mesures par jour lors de l'optimisation du contrôle glycémique.

Des ajustements temporaires sont effectués si des modifications de la régulation de la glycémie sont prévues du fait d'exercices ou d'une maladie. L'exercice peut réduire la glycémie pendant jusqu'à 24 heures après l'activité, les taux doivent donc être contrôlés plus fréquemment les jours où les enfants font de l'exercice ou sont plus actifs. Pour prévenir l'hypoglycémie, les enfants peuvent augmenter leur apport de glucides ou diminuer les doses d'insuline quand ils anticipent une activité accrue. La prise en charge des jours de maladie (mesure des cétones et administration de liquide et d'insuline supplémentaires si nécessaire) doit être utilisée en cas d'hyperglycémie ou de maladie.

Les parents doivent utiliser un journal, une application, une feuille de calcul, un compteur intelligent ou un programme sur cloud pour tenir des registres quotidiens détaillés de tous les facteurs qui peuvent influer sur le contrôle glycémique, y compris la glycémie; le calendrier et le montant des doses d'insuline, l'apport en glucides, et l'activité physique, tous les autres facteurs pertinents (p. ex., maladie, collation tardive, dose d'insuline manquée). Le passage à l'autosurveillance glycémique par l'enfant ou l'adolescent, initialement sous supervision puis de manière autonome, doit être guidé par sa maturité développementale et son niveau de compétence.

Systèmes de surveillance continue de la glycémie

Les systèmes de surveillance glycémique continue (SGC) sont également une méthode courante de surveillance de la glycémie et remplacent l'autosurveillance systématique de la glycémie par piqûre au doigt chez de nombreux enfants (3).

Les systèmes de surveillance continue de la glycémie (SCG) constituent une approche de surveillance glycémique plus sophistiquée et plus efficace. Ils utilisent un capteur sous-cutané pour mesurer la glycémie interstitielle toutes les 1 à 5 minutes, puis ils traduisent les mesures en glycémie, détectant ainsi plus précisément les fluctuations de la glycémie qui peuvent ensuite être traitées en temps réel. Les résultats sont transmis sans fil à un dispositif de surveillance et d'affichage qui peut être intégré dans une pompe à insuline ou bien constituer un dispositif autonome (c'est-à-dire, récepteur, téléphone). En identifiant les moments où se produisent les épisodes d'hyperglycémie et les périodes de risque accru d'hypoglycémie, les systèmes de surveillance continue de la glycémie peuvent aider les patients qui ont un diabète de type 1 à atteindre de manière plus sûre les objectifs glycémiques.

Étant donné le poids important des exigences de surveillance, le système de contrôle continu de la glycémie doit être proposé s'il est disponible et si le patient et/ou la famille peuvent utiliser le dispositif en toute sécurité. La plupart des systèmes de surveillance continue de la glycémie (SCG) fournissent à présent une rétroaction en temps réel sur les mesures et les tendances actuelles de la glycémie avec des alarmes pour les seuils hauts et bas et peuvent remplacer l'autosurveillance de la glycémie. Par rapport à la surveillance intermittente au doigt, les systèmes de surveillance continue peuvent abaisser les taux d'HbA1C, augmenter le pourcentage de temps passé dans la cible (TIR – time in range) et réduire le risque d'hypoglycémie (3).

Les enfants qui utilisent un système de surveillance continue de la glycémie (SCG) doivent être en mesure de mesurer la glycémie au doigt pour calibrer leur moniteur et/ou pour vérifier les lectures si elles sont discordantes par rapport aux symptômes, mais, après une brève période de préchauffage (30 minutes à 2 heures), de nombreux systèmes ne nécessitent plus de calibrage régulier par la glycémie au doigt.

Deux types de systèmes de surveillance continue de la glycémie sont actuellement disponibles: la surveillance continue de la glycémie en temps réel et la surveillance continue de la glycémie à balayage intermittent.

La surveillance continue du glucose en temps réel (approuvée aux États-Unis pour une utilisation chez les enfants ≥ 2 ans) transmet automatiquement un flux continu de données de glucose à l'utilisateur en temps réel, fournit des alertes et des alarmes actives, et transmet également les données de glucose à un récepteur, une montre intelligente ou un smartphone. Les systèmes de surveillance continue de la glycémie (SCG) en temps réel doit être utilisée aussi régulièrement que possible pour un bénéfice maximal.

Les systèmes de surveillance continue de la glycémie avec scan intermittent (approuvés aux États-Unis pour une utilisation chez les enfants ≥ 4 ans) fournissent le même type de données glycémiques que les systèmes de surveillance continue de la glycémie en temps réel, mais ils nécessitent que l'utilisateur scanne volontairement le capteur avec un lecteur ou un smartphone activé pour obtenir des informations. Comme dans le cas des systèmes de surveillance continue de la glycémie (SCG) en temps réel, les données glycémiques peuvent être transférées à distance pour examen par les parents ou les professionnels de santé. De nombreux systèmes de surveillance continue de la glycémie avec scan intermittent ont des alertes et alarmes optionnelles. Les systèmes de surveillance de la glycémie (SCG) intermittents doivent être utilisés fréquemment, au moins 1 fois toutes les 8 heures. Les enfants qui utilisent des systèmes de surveillance continue de la glycémie (SCG) doivent être en mesure de mesurer la glycémie au doigt pour calibrer leur moniteur et vérifier les mesures de glycémie si elle ne correspondent pas à leurs symptômes.

Bien que les systèmes de surveillance continue de la glycémie (SCG) puissent être utilisés avec n'importe quel protocole, ils sont généralement portés par des utilisateurs de pompe à insuline. Lorsqu'elle est utilisée en association avec une pompe à insuline, l'association est connue sous le nom de thérapie par pompe augmentée par capteur.

D'autres systèmes de surveillance continue de la glycémie sont intégrés à une pompe et peuvent également suspendre le débit de base jusque pendant 2 heures lorsque la glycémie chute en dessous d'un seuil défini (systèmes de suspension en cas de glycémie basse) ou quand on s'attend à ce qu'elle chute en dessous d'un seuil prédéfini (systèmes de suspension prédictifs en cas de glycémie basse). Cette intégration peut réduire le nombre d'événements hypoglycémiques, même par rapport à la thérapie par pompe augmentée par capteur.

Les pompes à insuline en boucle fermée peuvent être utilisées chez les enfants de ≥ 2 ans. Ces systèmes de surveillance continue de la glycémie (SCG) hybrides en boucle fermée automatisent la gestion de la glycémie grâce à des algorithmes informatiques sophistiqués qui se trouvent sur un smartphone ou un appareil similaire; ils sont reliés à un capteur de surveillance continue de la glycémie et à une pompe à insuline pour déterminer les glycémies et contrôler l'administration d'insuline. Le débit est contrôlé par la suspension, l'augmentation ou la diminution du débit d'insuline de base en réponse aux valeurs des systèmes de surveillance continue de la glycémie (SCG). Certains systèmes hybrides à boucle fermée permettent une plus grande automatisation, mais nécessitent toujours une saisie d'information par l'utilisateur pour les bolus à l'heure du repas. Ces systèmes permettent de contrôler plus étroitement le dosage de l'insuline, de limiter les épisodes hyperglycémiques et hypoglycémiques, et disposent des paramètres optionnels pour le sommeil et l'exercice. Un système à boucle fermée entièrement automatisé, parfois appelé pancréas artificiel bihormonal (insuline et glucagon), n'est pas encore disponible dans le commerce.

Prise en charge du diabète monogénique

La prise en charge du diabète monogénique est individualisée, basée sur le sous-type et le risque de complications ou de progression. Pour plus de détails, voir Formes monogéniques de diabète.

Références pour le traitement

  1. 1. American Diabetes Association Professional Practice Committee. 14. Children and Adolescents: Standards of Care in Diabetes-2025. Diabetes Care. 2025;48(1 Suppl 1):S283-S305. doi:10.2337/dc25-S014

  2. 2. Annan SF, Higgins LA, Jelleryd E, et al. ISPAD Clinical Practice Consensus Guidelines 2022: Nutritional management in children and adolescents with diabetes. Pediatr Diabetes. 2022;23(8):1297-1321. doi: 10.1111/pedi.13429

  3. 3. Tauschmann M, Cardona-Hernandez R, DeSalvo DJ, et al. International Society for Pediatric and Adolescent Diabetes Clinical Practice Consensus Guidelines 2024 Diabetes Technologies: Glucose Monitoring. Horm Res Paediatr. 2024;97(6):615-635. doi:10.1159/000543156

Points clés

  • La plupart des enfants ont une hyperglycémie symptomatique sans acidose, avec plusieurs jours à quelques semaines de pollakiurie, de polydipsie, et de polyurie; les enfants qui ont un diabète de type 1 et rarement de diabète de type 2 peuvent présenter une acidocétose diabétique.

  • Tous les enfants diabétiques de type 1 ont besoin d'un traitement par l'insuline; un contrôle glycémique intensif aide à prévenir les complications à long terme, mais augmente le risque d'épisodes hypoglycémiques.

  • Les enfants qui ont un diabète de type 2 peuvent être traités par des antihyperglycémiants oraux (metformine), de l'insuline et/ou des antihyperglycémiants injectables non insuliniques.

  • Les progrès de la technologie du diabète, tels que la surveillance glycémique continue, visent à améliorer le contrôle glycémique tout en réduisant les épisodes hypoglycémiques.

quizzes_lightbulb_red
TESTEZ VOS CONNAISSANCESTake a Quiz!
iOS ANDROID
iOS ANDROID
iOS ANDROID