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Ménopause

Par

JoAnn V. Pinkerton

, MD, University of Virginia Health System

Dernière révision totale févr. 2018| Dernière modification du contenu févr. 2018
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La ménopause est la cessation physiologique ou iatrogène des menstruations (aménorrhée) due à la diminution de la fonction ovarienne. Les manifestations peuvent comprendre des bouffées de chaleur, des sueurs nocturnes, une perturbation du sommeil et un syndrome génito-urinaire de la ménopause (symptômes et signes dus à une carence en œstrogènes, telle qu'une atrophie vulvo-vaginale). Le diagnostic est clinique: absence de règles pendant 1 an. Les manifestations peuvent être traitées (p. ex., par la modification du style de vie, les médecines complémentaires et alternatives et/ou l'hormonothérapie).

Aux États-Unis, la moyenne d'âge de la ménopause physiologique est de 52 ans. Des facteurs comme le tabagisme, le fait de vivre en altitude et la dénutrition peuvent abaisser cet âge.

La périménopause correspond aux quelques années précédant (la durée varie beaucoup) et à la 1ère année suivant les dernières règles. C'est généralement la phase la plus symptomatique parce que les hormones sont fluctuantes.

La transition ménopausique (les années correspondant à la périménopause qui débouchent sur la dernière menstruation) est caractérisée par des changements dans le cycle menstruel et est subdivisé en étapes précoces et tardives ( Etapes de la ménopause).

Le concept de post-ménopause se réfère à la période de temps débutant après la dernière menstruation; il est également divisé en stades précoces et tardifs.

Tableau
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Etapes de la ménopause

Signe

Transition ménopausique précoce

Transition ménopausique tardive

Postménopause précoce

Postménopause tardive

Durée

Variable

1-3 ans

2 ans

3-6 ans

Jusqu'à la mort

Cycle menstruel

Longueur variable (différence persistante ≥ 7 jours dans la durée des cycles consécutifs)

Intervalle d'aménorrhée qui dure ≥ 60 jours

Taux de FSH les jours 2-5 du cycle

Élevé mais variable

Élevé (> 25 UI/L)

Élevé mais variable

Stabilise*

Symptômes

Symptômes vasomoteurs susceptibles de se produire

Symptômes vasomoteurs les plus susceptibles de se produire

Symptômes du syndrome génito-urinaire de la ménopause

*Les taux de FSH augmentent jusqu'à environ 2 ans après la dernière période menstruelle, puis se stabilisent.

Adapté d'après Harlow SD, Gass M, Hall JE, et al: For the STRAW 10 Collaborative Group: Executive summary of the Stages of Reproductive Aging Workshop + 10: Addressing the unfinished agenda of staging reproductive aging. Menopause 19 (4):387–395, 2012.

Physiologie

Avec le vieillissement des ovaires, leur réponse aux hormones gonadotrophine folliculo-stimulantes (FSH) et hormone lutéinisante (LH) pituitaires baisse, entraînant au début ce qui suit:

La double ovulation et les événements hors de phase (LOOP, luteal out-of-phase, c'est-à-dire, la formation prématurée d'un follicule en raison de l'importante hausse de la FSH durant la phase lutéale) se produit et parfois induit des taux d' œstradiol supérieurs à la normale. Le nombre de follicules viables diminue; finalement, les follicules restants ne répondent pas, et les ovaires produisent très peu d' œstradiol. Les œstrogènes sont également produits par les tissus périphériques (p. ex., graisse, peau) à partir des androgènes (p. ex., androstènedione, testostérone). Cependant, le taux d' œstrogènes diminue progressivement au cours des 5 ans suivant la ménopause, et l'œstrone remplace l'œstradiol comme l' œstrogène le plus fréquent.

Autour de la ménopause, les taux de l'androstènedione diminuent de moitié.

La diminution des taux de testostérone, qui débute chez l'adulte jeune, ne s'accélère pas pendant la ménopause car le stroma de l'ovaire et la glande surrénale continuent à en sécréter des quantités substantielles.

Les taux diminués d'inhibine et d'œstrogènes ovariens, inhibent la libération hypophysaire de LH et de FSH, entraînant une augmentation substantielle des taux de LH et de FSH circulants.

L'insuffisance ovarienne primaire (insuffisance ovarienne prématurée) est l'arrêt des règles dû à une insuffisance ovarienne non iatrogène avant 40 ans. Les facteurs contributifs sont censés être principalement génétiques ou auto-immuns.

Symptomatologie

Les modifications du cycle menstruel commencent habituellement à la quarantaine, par une variation de la longueur du cycle. Une différence persistante de ≥ 7 jours sur plusieurs cycles menstruels consécutifs définit le début de la transition ménopausique. Un saut de ≥ 2 cycles définit la période de fin de la transition ménopausique.

Les fluctuations marquées des taux d' œstrogène peuvent contribuer à d'autres symptômes et signes de la périménopause comme

  • Sensibilité des seins

  • Modifications du flux menstruel

  • Humeur maussade

  • Aggravation des migraines menstruelles

Les symptômes peuvent durer de 6 mois à > 10 ans et sont d'intensité variable, de nulle à sévère.

Vasomoteurs

Les bouffées de chaleur et les sudations nocturnes dues à l'instabilité vasomotrice concernent 75 à 85% des femmes et débutent habituellement avant que les menstruations ne cessent. Les symptômes vasomoteurs durent en moyenne 7,4 ans et peuvent persister pendant > 10 ans dans certains groupes de femmes (1).

La patiente a une sensation de chaleur, parfois intense et peut même transpirer, parfois abondamment; la température de base augmente. La peau, en particulier au niveau du visage, de la tête et du cou, peut devenir rouge et chaude. La bouffée de chaleur dure de 30 s à 5 min et peut être suivie de frissons. Les bouffées peuvent se manifester pendant la nuit sous la forme de sudations nocturnes.

Le mécanisme des bouffées de chaleur est inconnu, mais on suppose qu'elles proviennent de modifications du centre thermorégulateur situé dans l'hypothalamus. La gamme de températures de base du corps pour lesquelles la femme est confortable diminue; en conséquence, une très faible augmentation de la température centrale du corps peut déclencher la libération de chaleur sous forme de bouffées de chaleur.

Vaginal

Les symptômes vaginaux comprennent une sécheresse, une dyspareunie, et parfois une irritation et un prurit. Avec la diminution de la production d' œstrogène, les muqueuses de la vulve et du vagin deviennent plus minces, plus sèches, plus friables et moins élastiques, et les plis vaginaux disparaissent.

Le syndrome génito-urinaire de la ménopause comprend la symptomatologie liée à une carence en œstrogènes telle que

  • Atrophie vulvovaginale

  • Urgenturie

  • Dysurie

  • Infections urinaires fréquentes

Neuropsychiatriques

Des modifications neuropsychiatriques (p. ex., difficultés de concentration, pertes de mémoire, symptômes dépressifs, anxiété) peuvent accompagner la ménopause de façon transitoire.

Des sudations nocturnes récidivantes peuvent contribuer à l'insomnie, la fatigue, l'irritabilité et aux difficultés de concentration car elles perturbent le sommeil.

Cardiovasculaire

Après la ménopause, les taux de cholestérol des lipoprotéines de basse densité (LDL) augmentent chez les femmes. Les taux de cholestérol des lipoprotéines de haute densité (HDL) demeurent à peu près les mêmes qu'avant la ménopause. La modification des taux de LDL peut expliquer en partie pourquoi l'athérosclérose et donc les coronaropathies deviennent plus fréquentes chez les femmes après la ménopause. Cependant, que ces changements résultent du vieillissement ou de la diminution des taux d'œstrogènes après la ménopause n'est pas clairement déterminé. Jusqu'à la ménopause, les taux élevés d'œstrogènes peuvent protéger contre la maladie coronarienne.

Musculosquelettiques

Jusqu'à 20% de la perte de densité osseuse se produit au cours des 5 premières années après la ménopause. Après cette période de perte osseuse rapide, le taux de perte osseuse lié à l'âge est similaire chez l'homme et la femme.

Autres symptômes

La ménopause est une phase normale et de bonne santé de la vie d'une femme, mais chaque femme la vit différemment.

La qualité de vie peut se dégrader si les symptômes sont sévères ou si des symptômes moins courants de la ménopause, tels que des douleurs articulaires, se développent. Pour certaines femmes (p. ex., celles qui ont des antécédents d'endométriose, de dysménorrhée, de ménorragie, de syndrome prémenstruel, ou de migraine menstruelle), améliorent la qualité de vie après la ménopause.

Référence pour la symptomatologie

  • 1. Avis NE, Crawford SL, Greendale G, et al: Duration of menopausal vasomotor symptoms over the menopause transition (Study of Women's Health Across the Nation). JAMA Intern Med 175 (4):531–539, 2015. doi: 10.1001/jamainternmed.2014.8063.

Diagnostic

  • Bilan clinique

  • Rarement taux de FSH

Le diagnostic de la ménopause est clinique. La périménopause est probable si la femme est dans la tranche d'âge concernée et a une symptomatologie de périménopause. Cependant, la grossesse doit être envisagée. La ménopause est confirmée quand une femme n'a pas eu de règles pendant 12 mois.

Un examen pelvien est effectué; la présence d'une atrophie vulvo-vaginale confirme le diagnostic. Tout signe anormal est exploré ( Masse pelvienne : Bilan).

Les taux de FSH peuvent être mesurés, mais ce test est rarement nécessaire, sauf peut-être chez les femmes qui ont subi une hystérectomie et chez les femmes dont l'âge est inférieur à l'âge habituel de la ménopause. Des taux constamment élevés confirment la ménopause.

Les femmes ménopausées suivantes doivent subir une recherche d'ostéoporose:

Traitement

  • Modification du style de vie

  • Médecines complémentaires et alternatives

  • Hormonothérapie

  • Autres médicaments neuroactifs

Le traitement de la ménopause est symptomatique (p. ex., en vue de soulager les bouffées de chaleur et les symptômes dus à l'atrophie vulvo-vaginale). Le traitement peut également comprendre un traitement de prévention de la perte osseuse.

Il est important de discuter avec la patiente des causes physiologiques ainsi que de la symptomatologie possible de la ménopause, ce qui lui permet de mieux gérer les troubles.

L'hormonothérapie (p. ex., œstrogènes, progestatifs ou les deux) est le traitement le plus efficace des symptômes de la ménopause.

Les options non hormonales qui se sont avérées efficaces dans les essais randomisés de traitement des symptômes vasomoteurs comprennent la thérapie cognitivo-comportementale et l'hypnose (1).

Modification du style de vie

Les conseils suivants sont utiles en cas de bouffées de chaleur:

  • Éviter les déclencheurs (p. ex., lumières vives, édredons, réactions émotionnelles prévisibles)

  • Refroidir l'environnement (p. ex., abaisser le thermostat, utiliser des ventilateurs)

  • Porter des vêtements en couches susceptibles d'être enlevés selon les besoins peut être utile

Les lubrifiants vaginaux et hydratants en vente libre améliorent la sécheresse vaginale. Des rapports sexuels réguliers ou d'autres stimulations vaginales permettent de préserver la fonction vaginale.

Médecines complémentaires et alternatives

La simicaire (Actée à grappes noires), d'autres préparations à base de plantes et les produits en vente libre ne semblent pas efficaces. La protéine de soja a été étudiée et a donné des résultats mitigés; cependant, un produit de soja, le S-équol, s'est avéré soulager les bouffées de chaleur.

L'exercice régulier, la respiration rythmée (un type de respiration lente et profonde), ou des techniques de relaxation pour réduire les bouffées de chaleur ont eu des résultats mitigés, bien que les techniques d'exercice et de relaxation puissent améliorer le sommeil. L'acupuncture a également donné des résultats mitigés.

Médicaments neuroactifs

Dans des essais contrôlés randomisés bien conçus, les inhibiteurs sélectifs de la recapture de la sérotonine (ISRS), les inhibiteurs de la recapture de la sérotonine-noradrénaline (IRSN), et la gabapentine ont été démontrés être modérément efficaces pour réduire les bouffées de chaleur. Une faible dose de paroxétine peut être utilisée spécifiquement en cas de bouffées de chaleur. Cependant, tous ces médicaments sont moins efficaces que le traitement hormonal.

Références pour le traitement

Hormonothérapie

L'hormonothérapie ( œstrogènes, progestatifs ou les deux) est le traitement le plus efficace des symptômes de la ménopause (1). Elle est utilisée pour soulager les bouffées de chaleur modérées à sévères et, quand un œstrogène est ajouté pour soulager les symptômes dus à l'atrophie vulvovaginale.

L'hormonothérapie améliore la qualité de vie de nombreuses femmes en soulageant leurs symptômes, mais n'améliore pas la qualité de vie des femmes asymptomatiques et n'est donc pas administrée systématiquement aux femmes ménopausées.

Si un traitement hormonal est nécessaire pour contrôler les symptômes de la ménopause, il faut déterminer son type, sa dose, sa voie d'administration et sa durée les plus appropriés, en fonction des objectifs et des risques du traitement. Les avantages et les inconvénients potentiels de l'hormonothérapie doivent être périodiquement réévalués.

Chez les femmes de < 60 ans ou à < 10 ans après l'apparition de la ménopause, les avantages potentiels de l'hormonothérapie sont supérieurs à ces risques potentiels. Si ces femmes sont à risque de perte osseuse ou de fracture, l'hormonothérapie réduit la perte osseuse et l'incidence des fractures et peut être utilisée chez les femmes qui ne sont pas candidates à l'ostéoporose de première intention.

L'hormonothérapie de départ chez les femmes de > 60 ans ou > 10 à 20 ans après l'apparition de la ménopause n'est pas recommandée. Chez ces femmes, les effets néfastes potentiels de l'hormonothérapie (p. ex., coronaropathie, accident vasculaire cérébral, thromboembolie veineuse, démence) sont susceptibles de dépasser les avantages potentiels.

À moins que la recommandation clinique ne soit claire, une décision partagée est recommandée pour les raisons suivantes:

  • Les avantages potentiels et les inconvénients de l'hormonothérapie peuvent être compliqués.

  • Le bénéfice net et les lésions peuvent être marginaux.

  • Les risques pour la santé peuvent changer au fil du temps.

Choix du traitement hormonal

Chez la femme qui a subi une hystérectomie, les œstrogènes doivent être utilisés seuls. Les formes par voie orale, transdermique (patch, lotion, spray, gel ou), ou vaginale peuvent être utilisées. Le traitement doit commencer à la dose la plus faible; la dose est augmentée toutes les 2 à 4 semaines en fonction des besoins. Les doses varient selon la préparation. Les faibles doses comprennent

  • 0,3 mg par voie orale 1 fois/jour ( œstrogènes conjugués équins ou synthétiques)

  • 0,5 mg par voie orale 1 fois/jour (œstradiol oral)

  • 0,05 à 0,10 mg 1 fois/jour (patch d'œstradiol)

Les femmes qui ont un utérus doivent recevoir un progestatif en plus de l' œstrogène, car sans opposition l' œstrogène augmente le risque de cancer de l'endomètre. Le progestatif est pris en continu avec un œstrogène (c'est-à-dire, tous les jours) ou de manière séquentielle (12 à 14 jours consécutifs toutes les 4 semaines). La dose est

  • Acétate de médroxyprogestérone: 2,5 mg pour une prise quotidienne et 5 mg pour une prise séquentielle

  • Progestérone micronisée (une progestérone naturelle plutôt que synthétique): 100 mg pour une utilisation quotidienne et 200 mg pour une utilisation séquentielle

Un saignement dû à l'arrêt des progestatifs est moins fréquent en cas de traitement continu.

Produits d'association d'un œstrogène et d'un progestatif sont disponibles en tant que

  • Pilules (p. ex., 0,3 mg d' œstrogènes équins conjugués plus 1,5 mg d'acétate de médroxyprogestérone 1 fois/jour ou 0,1 mg d'acétate de noréthindrone + estradiol 0,5 mg ou 1 mg 1 fois/jour)

  • Des patchs (p. ex., 0,045 mg d'estradiol plus 0,015 mg de lévonorgestrel 1 fois/jour).

Une alternative est l'association œstrogène conjugué/bazédoxifène (un modulateur sélectif des récepteurs des œstrogènes [SERM] qui protège l'utérus sans avoir besoin d'un progestatif). Les avantages des conjugués œstrogène/bazédoxifène comprennent une incidence plus faible de sensibilité des seins et de saignements que les autres formes d'hormonothérapie; leur incidence est similaire à celle d'un placebo. La densité mammaire et l'incidence du cancer du sein n'ont pas augmenté chez les femmes suivies pendant 2 ans (2). L'œstrogène/bazédoxifène conjugué peut soulager les bouffées de chaleur, améliorer le sommeil, prévenir la perte osseuse et atténuer les symptômes de l'atrophie vaginale. Le risque de thromboembolie veineuse est similaire à celui des œstrogènes, mais l'œstrogène/bazédoxifène conjugués semble protéger l'endomètre et potentiellement le sein. Le bazédoxifène en médicament unique n'est pas disponible aux États-Unis.

Lorsque les symptômes sont uniquement vaginaux, un traitement par œstrogènes à faible dose par voie vaginale est préférable. Les formes topiques (p. ex., crèmes, comprimés ou anneaux vaginaux) peuvent être plus efficaces sur les symptômes vaginaux que les formes orales. Le comprimés et les anneaux vaginaux qui contiennent de l'œstradiol à faibles doses (p. ex., 10 mcg pour les comprimés, 7,5 mcg pour les anneaux) délivrent moins d' œstrogène dans la circulation systémique. Quand les œstrogènes vaginaux sont utilisés aux doses les plus basses recommandées, aucun progestatif n'est nécessaire. Des doses plus élevées d' œstrogènes vaginaux peuvent délivrer autant d' œstrogènes qu'un traitement par voie orale ou transdermique et, si administrés aux femmes qui ont encore un utérus, nécessitent l'ajout d'un progestatif.

Les nouvelles thérapies contre la dyspareunie comprennent

  • Un SERM (Selective Estrogen Receptor Modulator) (p. ex., ospémifène orale)

  • Déhydroépiandrostérone intravaginale (DHEA)

La DHEA peut soulager la sécheresse vaginale et d'autres symptômes d'atrophie vaginale; elle est disponible et efficace pour soulager la dyspareunie de la ménopause et est à l'étude comme traitement des dysfonctions sexuelle chez les femmes (3).

Les progestatifs (p. ex., l'acétate de médroxyprogestérone 10 mg par voie orale, 1 fois/jour ou 150 mg IM dépôt 1 fois/mois, l'acétate de mégestrol 10 à 20 mg par voie orale 1 fois/jour, progestérone 300 mg le soir) sont parfois utilisés seuls pour soulager les bouffées de chaleur lorsque les œstrogènes sont contre-indiqués, mais ils ne sont pas aussi efficaces que les œstrogènes pour les bouffées de chaleur et n'améliorent pas la sécheresse vaginale. La progestérone micronisée peut être prise à des doses de 100 à 300 mg au coucher. Une somnolence peut se produire. La progestérone micronisée est contre-indiquée chez la femme allergique aux arachides.

Le traitement par les œstrogènes a des effets bénéfiques sur la densité osseuse et réduit l'incidence des fractures chez les femmes ménopausées (pas particulièrement celles atteintes d'ostéoporose). Dans une grande étude, l'hormonothérapie a réduit l'incidence des fractures de 24% (4). Néanmoins, la thérapie par œstrogènes (avec ou sans progestatif) n'est généralement pas recommandée comme traitement de première ligne ou en prophylaxie de l'ostéoporose. Lorsque l'ostéoporose ou la prévention de l'ostéoporose est la seule préoccupation, on doit envisager de commencer un traitement hormonal si les conditions suivantes s'appliquent:

Risques et effets indésirables

Les risques des traitements par les œstrogènes ou des associations œstrogènes/progestatifs comprennent

Le risque de cancer du sein commence à augmenter après 3 à 5 ans de traitement combiné lorsque la dose standard (p. ex., œstrogène conjugué 0,625 mg et acétate de médroxyprogestérone à 2,5 mg 1 fois/jour) est utilisée. Quand l' œstrogène est utilisé seul, le risque de cancer du sein était légèrement plus faible à 7 ans dans le Women's Health Initiative study, mais cet avantage semble disparaître après 10 à 15 ans d'utilisation. L'incidence de la maladie de la vésicule biliaire et l'incontinence urinaire peuvent être augmentées. Le risque de tous ces troubles est très faible chez les femmes en bonne santé qui prennent un traitement hormonal pendant une courte période après la ménopause. Les femmes ménopausées âgées (> 10 ans après la ménopause) ou > 60 ans lorsqu'elles débutent l'hormonothérapie) sont à risque plus élevé de maladies coronariennes lorsqu'on leur prescrit une thérapie d'association. Le risque thrombo-embolique veineux peut être inférieur avec les œstrogènes à faible dose par voie transdermique.

Le traitement par des œstrogènes peut être contre-indiqué chez la femme qui ont été ou sont à risque élevé de cancer du sein, d'accident vasculaire cérébral, de maladie coronarienne ou de thrombose.

Ces progestatifs peuvent avoir des effets indésirables (p. ex., météorisme abdominal, mastodynies, augmentation de la densité du sein, céphalées, augmentation des LDL); la progestérone micronisée semble avoir moins d'effets indésirables. Les progestatifs peuvent augmenter le risque de thrombose. Il n'existe aucune donnée à long terme de sécurité concernant l'utilisation des progestatifs.

Avant de prescrire un traitement hormonal, il convient de discuter de ses risques et de ses avantages avec les femmes.

Modulateurs sélectifs des récepteurs des œstrogènes (SERMS).

Les modulateurs sélectifs des récepteurs des œstrogènes (SERM) tamoxifène et le raloxifène ont été utilisés principalement pour leurs propriétés anti-œstrogéniques et non pour soulager les symptômes de la ménopause. Cependant, l'ospémifène, un modulateur sélectif des récepteurs des œstrogènes, peut être utilisé pour traiter la dyspareunie due à une atrophie vaginale si les patientes ne peuvent utiliser des œstrogènes ou un médicament par voie vaginale (p. ex., si elles ont une arthrite sévère) ou si elles préfèrent utiliser un médicament oral autre que des œstrogènes; la dose est de 60 mg par voie orale 1 fois/jour (5). Chez les femmes qui ont récemment pris un traitement hormonal, les bouffées de chaleur peuvent augmenter temporairement, mais chez la plupart des femmes, les bouffées de chaleur se résorbent après environ 6 semaines.

Le bazédoxifène est administré avec des œstrogènes; il peut soulager les bouffées de chaleur, améliorer le sommeil, prévenir la perte osseuse et atténuer les symptômes d'atrophie vaginale. Le risque de thromboembolie veineuse est similaire à celui des œstrogènes, mais le œstrogène/bazédoxifène conjugués semble protéger l'endomètre et potentiellement le sein. Le bazédoxifène en médicament unique n'est pas disponible aux États-Unis.

Références en hormonothérapie

  • 1. The NAMS 2017 Hormone Therapy Position Statement Advisory Panel: The 2017 hormone therapy position statement of The North American Menopause Society. Menopause 24 (7):728–753, 2017. doi: 10.1097/GME.0000000000000921.

  • 2. Pinkerton JV, Pickar JH, Racketa J, et al: Bazedoxifene/conjugated estrogens for menopausal symptom treatment and osteoporosis prevention. Climacteric 15 (5):411–418, 2012. doi: 10.3109/13697137.2012.696289.

  • 3. Labrie F, Archer DF, Koltun W, et al: Efficacy of intravaginal dehydroepiandrosterone (DHEA) on moderate to severe dyspareunia and vaginal dryness, symptoms of vulvovaginal atrophy, and of the genitourinary syndrome of menopause. Ménopause 23 (3): 243-256, 2016. doi: 10.1097/GME.0000000000000571.

  • 4. Rossouw JE, Anderson GL, Prentice RL, et al: Risks and benefits of estrogen plus progestin in healthy postmenopausal women: Principal results from the Women's Health Initiative randomized controlled trial. JAMA 288 (3):321–333, 2002.

  • 5. Constantine G, Graham S, Portman DJ, et al: Female sexual function improved with ospemifene in postmenopausal women with vulvar and vaginal atrophy: Results of a randomized, placebo-controlled trial. Climacteric 18 (2): 226-232, 2015.

Points clés

  • Aux États-Unis, la ménopause survient à un âge moyen de 52 ans.

  • Les symptômes de la ménopause ont tendance à être maximaux au cours des quelques années précédant et l'année qui suit la ménopause (pendant la périménopause), sauf dans le cas de l'atrophie valvulovaginale, qui peut s'aggraver avec le temps.

  • Jusqu'à 20% de la perte de densité osseuse se produit au cours des 5 premières années suivant la ménopause, suivie par un taux de perte osseuse lié à l'âge similaire à celui observé chez les hommes.

  • Envisager de confirmer une ménopause si une femme d'un âge approprié et qui n'est pas enceinte n'a pas eu de règles pendant 12 mois.

  • Pour la sécheresse vaginale ou la dyspareunie dues à la ménopause, recommander la stimulation vaginale et des hydratants et lubrifiants vaginaux en vente libre, et si inefficaces, envisager des crèmes, des comprimés, ou des anneaux vaginaux à base d' œstrogène à faible dose; d'autres options comprennent l'ospémifène oral ou les suppositoires intravaginaux de DHEA.

  • Avant de prescrire un traitement hormonal, parler aux femmes des avantages et des inconvénients potentiels (p. ex., thrombose veineuse profonde, embolie pulmonaire, accident vasculaire cérébral, cancer du sein, faible risque de maladie de la vésicule biliaire et incontinence urinaire d'effort); les effets nocifs potentiels sont plus importants chez les femmes qui commencent un traitement hormonal après l'âge de 60 ans ou > 10 à 20 ans après le début de la ménopause.

  • Si les femmes choisissent l'hormonothérapie pour soulager les bouffées de chaleur, prescrire un œstrogène et, chez la femme qui a son utérus, un progestatif ou prescrire un œstrogène/bazédoxifène conjugué.

  • Individualiser le traitement par l'hormonothérapie pour maximiser les bénéfices et minimiser les lésions et réévaluer périodiquement les avantages et les inconvénients.

  • Envisager les inhibiteurs sélectifs de la recapture de la sérotonine, les inhibiteurs de la recapture de la sérotonine-noradrénaline et la gabapentine comme des alternatives moins efficaces à l'hormonothérapie pour soulager les bouffées de chaleur.

  • Les options non hormonales efficaces comprennent la thérapie cognitivo-comportementale et l'hypnose.

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