Dyspepsie

Examen complet: avr. 2026 ParJonathan Gotfried, MD, Main Line Health, Bryn Mawr, PA | Examen par des pairs réalisé parMinhhuyen Nguyen, MD, Fox Chase Cancer Center, Temple University
Dernière mise à jour: avr. 2026
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La dyspepsie est une sensation douloureuse ou d'inconfort dans la partie supérieure de l'abdomen; elle est souvent récurrente. La gêne peut être décrite comme une indigestion, un ballonnement, une satiété précoce, une plénitude postprandiale, un tiraillement ou une brûlure.

Étiologie de la dyspepsie

Il existe plusieurs causes fréquentes de dyspepsie (voir tableau ).

Tableau
Tableau

De nombreux patients présentent des anomalies lors des explorations (p. ex., duodénite, troubles moteurs, gastrite à Helicobacter pylori, déficit en lactase, lithiase biliaire), mais la corrélation entre ces affections et les symptômes présentés n'est pas bonne (c'est-à-dire que le traitement de l'affection ne soulage pas la dyspepsie).

La dyspepsie non ulcéreuse (fonctionnelle) est définie par la présence de symptômes dyspeptiques sans anomalies à l'examen clinique et à l'endoscopie digestive haute et/ou un autre bilan (p. ex., examens de laboratoire, imagerie) (1).

Référence générale

  1. 1. Pasricha PJ, Talley NJ. Functional Dyspepsia. N Engl J Med. 2026;394(2):166-176. doi:10.1056/NEJMcp2501860

Évaluation d'une dyspepsie

Anamnèse

L'anamnèse de la maladie actuelle doit s'attacher à une description précise des symptômes, incluant leur caractère aigu ou chronique et récidivant. D'autres caractéristiques doivent être recherchées comme l'horaire et la fréquence des récidives, des difficultés à la déglutition et la corrélation des symptômes avec l'alimentation et la prise de médicaments. Les facteurs qui aggravent les symptômes (en particulier l'effort, certains aliments ou la prise d'alcool) ou les soulagent (en particulier l'ingestion d'aliments ou la prise d'antiacides) sont relevés.

La revue des systèmes recherche des symptômes digestifs concomitants tels qu'anorexie, nausées, vomissements, hématémèse, perte de poids et selles sanglantes ou noires (méléna). D'autres symptômes sont une dyspnée et des sueurs.

La recherche des antécédents médicaux doit inclure les pathologies digestives et cardiaques connues, les facteurs de risque cardiovasculaire (p. ex., HTA, hypercholestérolémie), les résultats des précédents examens réalisés et les traitements qui ont été essayés. L'anamnèse concernant les médicaments/drogues doit inclure l'utilisation de médicaments prescrits et de drogues illicites, ainsi que d'alcool.

Examen clinique

Le recueil des signes vitaux doit noter la présence d'une tachycardie ou d'un pouls irrégulier.

L'examen général doit rechercher une pâleur ou des sueurs, une cachexie ou un ictère.

L'abdomen est palpé à la recherche d'une sensibilité, d'une masse et d'une organomégalie.

Signes d'alarme

Les signes suivants sont particulièrement préoccupants:

  • Épisode aigu avec dyspnée, sueurs ou tachycardie

  • Anorexie

  • Nausées ou vomissements

  • Perte de poids

  • Sang dans les selles

  • Dysphagie ou odynophagie

  • Échec d'un traitement par anti-H2 ou par inhibiteurs de la pompe à protons

Interprétation des signes

Certains signes sont utiles sur le plan diagnostique (voir tableau ).

Un patient se présentant avec un épisode unique et aigu de dyspepsie est à prendre en considération, en particulier si les symptômes sont associés à une dyspnée, à des sueurs ou à une tachycardie; de tels patients peuvent présenter une ischémie coronarienne aiguë. Des symptômes chroniques qui surviennent à l'effort et sont soulagés par le repos peuvent traduire un angor.

Les pathologies digestives sont plus susceptibles de se manifester par des symptômes chroniques. Les symptômes sont parfois classés comme des manifestations mimant un syndrome ulcéreux, des troubles moteurs ou un reflux; ces classifications suggèrent mais ne confirment pas une étiologie. Le syndrome pseudo-ulcéreux correspond à une douleur épigastrique, qui apparaît fréquemment avant les repas et est partiellement soulagée par la prise alimentaire, les antiacides ou les anti-H2. Les symptômes semblables à ceux de la dysmotilité consistent en une satiété précoce, une sensation de plénitude postprandiale, des nausées, des vomissements, des ballonnements et des symptômes qui sont aggravés par la nourriture et qui ne sont généralement pas douloureux. Une dyspepsie de type reflux se manifeste par un pyrosis ou des régurgitations acides. Cependant, les symptômes se chevauchent souvent.

Une alternance diarrhée-constipation avec dyspepsie est en faveur d'un syndrome du côlon irritable ou de l'utilisation excessive de laxatifs en vente libre ou d'antidiarrhéiques.

Examens complémentaires

Les patients qui présentent des symptômes suggérant une ischémie coronarienne aiguë, en particulier ceux avec des facteurs de risque, doivent être envoyés au service d'urgence pour une évaluation urgente, incluant un ECG et le dosage des marqueurs cardiaques sériques. Les examens cardiaques doivent précéder les tests pour les troubles gastro-intestinaux tels que l'endoscopie.

En cas de symptômes chroniques non spécifiques, les tests pratiqués sont une NFS (pour éliminer une anémie par perte sanguine digestive), des examens chimiques sanguins habituels et éventuellement des tests de recherche de la maladie cœliaque et de H. pylori. Si les résultats sont anormaux, des explorations supplémentaires (p. ex., imagerie, endoscopie) doivent être envisagées. En raison du risque de cancer, les patients de > 60 ans doivent avoir une endoscopie digestive haute (1). Chez les patients de < 60 ans, la nécessité d'une endoscopie doit être évaluée au cas par cas en se basant sur un jugement clinique. Chez les patients de < 60 ans, certains experts recommandent le dépistage de l'infection à H. pylori par un test respiratoire à l'urée marquée au 13C ou au 14C ou un test sur les selles (voir Tests non invasifs) (1). S'ils sont H. pylori-négatifs ou restent symptomatiques après un traitement d'éradication de H. pylori, un traitement empirique pendant 4 à 8 semaines par des agents antisécrétoires (p. ex., Inhibiteurs de la pompe à protons) est recommandé (1). Cependant, la prudence est requise avant d'affirmer qu'H. pylori ou toute autre anomalie non spécifique explique la symptomatologie.

Référence pour l'évaluation

  1. 1. Moayyedi P, Lacy BE, Andrews CN, Enns RA, Howden CW, Vakil N. ACG and CAG Clinical Guideline: Management of Dyspepsia [published correction appears in Am J Gastroenterol. 2017 Sep;112(9):1484]. Am J Gastroenterol. 2017;112(7):988-1013. doi:10.1038/ajg.2017.154

Traitement de la dyspepsie

Les pathologies spécifiques sont traitées.

Les patients qui n'ont pas d'anomalie objective peuvent être traités symptomatiquement. Les symptômes sont traités par les inhibiteurs de la pompe à protons, les anti-H2 ou par un agent cytoprotecteur (1) (voir tableau ). Si les symptômes persistent, des antidépresseurs tricycliques ou des médicaments prokinétiques (p. ex., métoclopramide, érythromycine) administrés sous forme de suspension liquide peuvent également être essayés. Il n'existe pas de preuve claire démontrant que le fait de cibler la classe thérapeutique proposée au patient en fonction du profil symptomatique (p. ex., reflux versus dyspepsie motrice) est efficace. Le misoprostol et les anticholinergiques ne sont pas efficaces dans la dyspepsie fonctionnelle.

Tableau

Référence pour le traitement

  1. 1. Moayyedi P, Lacy BE, Andrews CN, Enns RA, Howden CW, Vakil N. ACG and CAG Clinical Guideline: Management of Dyspepsia [published correction appears in Am J Gastroenterol. 2017 Sep;112(9):1484]. Am J Gastroenterol. 2017;112(7):988-1013. doi:10.1038/ajg.2017.154

Points clés

  • Une ischémie coronarienne doit être envisagée chez un patient présentant des symptômes gastro-intestinaux supérieurs aigus tels que des brûlures d'estomac ou des douleurs liées aux "gaz".

  • L'endoscopie est indiquée chez les patients de > 60 ans présentant de nouveaux symptômes inexpliqués.

  • Chez les patients de < 60 ans, la nécessité d'une endoscopie doit être évaluée au cas par cas en se basant sur un jugement clinique.

  • Chez les patients qui sont H. pylori négatifs ou qui restent symptomatiques après un traitement d'éradication de H. pylori, un traitement empirique pendant 4 à 8 semaines par des agents antisécrétoires (p. ex., inhibiteurs de la pompe à protons) est recommandé.

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