Tachycardie ventriculaire catécholaminergique polymorphe

Examen complet: juin 2026 ParL. Brent Mitchell, MD, Libin Cardiovascular Institute, University of Calgary | Examen par des pairs réalisé parJonathan G. Howlett, MD, Cumming School of Medicine, University of Calgary
Dernière mise à jour: juin 2026
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La tachycardie ventriculaire catécholaminergique polymorphe est un trouble génétique affectant la régulation intracellulaire du calcium dans le tissu cardiaque. Les patients sont prédisposés aux tachyarythmies ventriculaires (moins fréquemment aux tachyarythmies auriculaires) et à la mort subite cardiaque, en particulier en cas d'activité adrénergique accrue (p. ex., à l'effort). Le diagnostic repose sur les tests d'effort. Le traitement repose sur la restriction de l'exercice, un traitement par bêta-bloquants, et parfois le flécaïnide, une dénervation sympathique cardiaque et/ou un défibrillateur automatique implantable (DAI).

La tachycardie ventriculaire catécholaminergique polymorphe résulte de mutations affectant les protéines liées à la régulation intracellulaire du calcium (en particulier la libération diastolique du calcium par le récepteur de la ryanodine du réticulum sarcoplasmique) dans le cœur. Les anomalies augmentent la libération de calcium par le réticulum sarcoplasmique en réponse à une stimulation adrénergique. La surcharge en calcium des myocytes qui en résulte entraîne des post-dépolarisations retardées et une propension aux tachyarythmies auriculaires et/ou ventriculaires. Une mort subite cardiaque peut se produire. (Voir aussi Revue générale des troubles du rythme et Revue générale des canalopathies.)

Les tachyarythmies sont habituellement déclenchées par la stimulation adrénergique d'un stress physique ou émotionnel. La tachyarythmie ventriculaire la plus caractéristique est une tachycardie ventriculaire bidirectionnelle, qui, sur l'ECG, apparaît comme 2 complexes QRS de polarité opposée selon un schéma alterné. Cependant, toute tachycardie ventriculaire (TV) polymorphe ou fibrillation ventriculaire (FV) peut survenir.

L'incidence de la tachycardie ventriculaire polymorphe catécholaminergique est inconnue, mais elle a été estimée à environ 1 pour 10 000 (1) et elle est aussi fréquente chez les hommes que chez les femmes. Elle est habituellement transmise par une mutation autosomique dominante avec gain de fonction du gène codant pour le récepteur cardiaque de la ryanodine (TVPC1) dans 55 à 65% des cas, mais elle peut être transmise par une mutation autosomique récessive avec perte de fonction de la calséquestrine cardiaque (CASQ2) dans ≤ 5% des cas (TVPC2) (1, 2). D'autres gènes sont rarement impliqués; dans les cas restants, aucun gène responsable n'est identifiable.

Références générales

  1. 1. Schneider L, Begovic M, Zhou X, Hamdani N, Akin I, El-Battrawy I. Catecholaminergic Polymorphic Ventricular Tachycardia: Advancing From Molecular Insights to Preclinical Models. J Am Heart Assoc. 2025;14(6):e038308. doi:10.1161/JAHA.124.038308

  2. 2. Luo S, Gómez AM. Catecholaminergic polymorphic ventricular tachycardia: A narrative review of recent advances in genetics, mechanisms, diagnosis, and treatment. Asian Heart J. 2025;1(2):97-110. doi:10.1097/ah9.0000000000000018

Symptomatologie de la tachycardie ventriculaire catécholaminergique polymorphe

Certains patients sont asymptomatiques et identifiés uniquement lors d'un dépistage familial. Lorsque les symptômes apparaissent, ils se développent habituellement avant l'âge de 10 ans, avec un âge moyen lors de la présentation de 7 à 9 ans (1). Les garçons ont tendance à présenter des symptômes à un âge plus jeune que les filles (1, 2). Néanmoins, environ 20% des cas ne se manifestent pas avant la troisième ou la quatrième décennie (2). Les tachyarythmies peuvent entraîner des palpitations, une syncope ou un arrêt cardiaque. Les événements sont généralement déclenchés par un stress émotionnel ou physique. Ce trouble est une cause fréquente de mort subite chez les jeunes, représentant environ 10 à 15% des cas de mort cardiaque subite dans cette population (3), avec un risque de mortalité de 30 à 50% avant l'âge de 35 à 40 ans (1, 4).

Références pour la symptomatologie

  1. 1. Abbas M, Miles C, Behr E. Catecholaminergic Polymorphic Ventricular Tachycardia. Arrhythm Electrophysiol Rev. 2022;11:e20. doi:10.15420/aer.2022.09

  2. 2. Priori SG, Napolitano C, Memmi M, et al. Clinical and molecular characterization of patients with catecholaminergic polymorphic ventricular tachycardia. Circulation. 2002;106(1):69-74. doi:10.1161/01.cir.0000020013.73106.d8

  3. 3. Wilde AAM, Semsarian C, Márquez MF, et al. European Heart Rhythm Association (EHRA)/Heart Rhythm Society (HRS)/Asia Pacific Heart Rhythm Society (APHRS)/Latin American Heart Rhythm Society (LAHRS) Expert Consensus Statement on the state of genetic testing for cardiac diseases. J Arrhythm. 2022;38(4):491-553. doi:10.1002/joa3.12717

  4. 4. Luo S, Gómez AM. Catecholaminergic polymorphic ventricular tachycardia: A narrative review of recent advances in genetics, mechanisms, diagnosis, and treatment. Asian Heart J. 2025;1(2):97-110. doi:10.1097/ah9.0000000000000018

Diagnostic de la tachycardie ventriculaire catécholaminergique polymorphe

  • Tests d'effort

  • Tests génétiques

  • Dépistage des parents au premier degré

Le diagnostic doit être envisagé chez les patients présentant un arrêt cardiaque ou une syncope inexpliqués ou des antécédents familiaux de tels événements en l'absence de maladie cardiaque structurelle.

Un ECG au repos est normal. Le diagnostic est confirmé par une tachycardie ventriculaire polymorphe induite par les tests d'effort (en particulier une tachycardie ventriculaire bidirectionnelle) qui reproduit également les symptômes du patient. Un test génétique doit alors être effectué; il a un rendement d'environ 60% (1).

Les membres de la famille au premier degré des patients ont un risque important de maladie car la pénétrance est élevée. Ils doivent subir un bilan clinique (c'est-à-dire pour détecter des symptômes évocateurs de troubles du rythme) et des tests d'effort effectués tous les 1 à 3 ans. Si le patient initial a une mutation causale identifiée, les membres de la famille non porteurs de la mutation index sont alors libérés de la nécessité des examens de suivi.

Référence pour le diagnostic

  1. 1. Wilde AAM, Semsarian C, Márquez MF, et al. European Heart Rhythm Association (EHRA)/Heart Rhythm Society (HRS)/Asia Pacific Heart Rhythm Society (APHRS)/Latin American Heart Rhythm Society (LAHRS) Expert Consensus Statement on the state of genetic testing for cardiac diseases. J Arrhythm. 2022;38(4):491-553. doi: 10.1002/joa3.12717

Traitement de la tachycardie ventriculaire catécholaminergique polymorphe

  • Restriction de l'exercice

  • Bêta-blocage

  • Flécaïnide

  • Parfois, un défibrillateur automatique implantable (DAI)

  • Parfois, dénervation sympathique cardiaque gauche

Il a traditionnellement été recommandé à tous les patients atteints de TVPC de limiter leur exposition aux exercices physiques intenses, aux sports de compétition et aux environnements stressants, compte tenu de la sensibilité aux catécholamines propre à cette maladie (1, 2). Cependant, certaines recommandations soutiennent un modèle de prise de décision partagée, la participation aux sports de compétition constituant une option envisageable pour les patients asymptomatiques ne présentant pas d'ectopie ventriculaire à l'épreuve d'effort (que ce soit en dehors de tout traitement ou sous traitement médical ou après dénervation sympathique cardiaque gauche) (3, 4). Les athlètes doivent être informés de la nécessité de précautions appropriées (p. ex., disponibilité d'un défibrillateur externe automatisé pendant l'entraînement et la compétition).

Chez les patients qui ont présenté des symptômes (p. ex., syncope, arrêt cardiaque) ou qui ont présenté une fibrillation ventriculaire ou une tachycardie ventriculaire soutenue, le traitement principal consiste en des doses élevées d'un bêtabloquant à longue durée d'action, de préférence non sélectif et sans activité sympathomimétique intrinsèque (p. ex., nadolol, propranolol à libération prolongée) (2).

Pour les patients asymptomatiques porteurs d'un gène causal connu de TVPC, un traitement par bêtabloquant doit être envisagé (2).

Pour les patients atteints de TVPC ayant survécu à un arrêt cardiaque récupéré, un DAI, un bêtabloquant et un traitement par flécaïnide sont recommandés (2).

Pour les patients n'ayant pas subi d'arrêt cardiaque récupéré chez qui surviennent des extrasystoles ventriculaires à l'effort, une syncope présumée d'origine arythmogène et/ou une tachycardie ventriculaire polymorphe/bidirectionnelle malgré un traitement bêtabloquant maximal, l'adjonction de flécaïnide (pour ses effets bloqueurs des canaux sodiques et des récepteurs à la ryanodine) doit être envisagée (2). Chez ces patients, si la syncope présumée d'origine arythmogène et/ou la tachycardie ventriculaire polymorphe/bidirectionnelle persiste, l'implantation d'un DAI doit également être envisagée. Par la suite, il reste incertain de savoir si la dénervation sympathique cardiaque gauche doit être envisagée comme traitement complémentaire ou réservée aux patients présentant des chocs fréquents du DAI.

Le traitement par DAI est complexe chez ces jeunes patients, qui ont tendance à présenter des chocs inappropriés plus fréquents et davantage de complications liées au DAI que les patients nécessitant un tel traitement dans d'autres contextes (5). De plus, les thérapies de choc du DAI, en raison de la décharge sympathique qu'elles entraînent, peuvent induire des épisodes récurrents de TV/FV (orages électriques) chez les patients atteints de TVPC. Ces complications surviennent chez jusqu'à 40% des patients atteints de TVPC après un suivi moyen de 8 ans.

Les cas réfractaires peuvent être traités par ablation des extrasystoles ventriculaires polymorphes qui induisent la TV/FV (6).

Le suivi implique généralement des tests d'effort répétés, mais la valeur prédictive n'est que modérée.

Références pour le traitement

  1. 1. Priori SG, Wilde AA, Horie M, et al. Executive summary: HRS/EHRA/APHRS expert consensus statement on the diagnosis and management of patients with inherited primary arrhythmia syndromes. Europace. 2013;15(10):1389-1406. doi:10.1093/europace/eut272

  2. 2. Zeppenfeld K, Tfelt-Hansen J, de Riva M, et al. 2022 ESC Guidelines for the management of patients with ventricular arrhythmias and the prevention of sudden cardiac death. Eur Heart J. 2022;43(40):3997-4126. doi:10.1093/eurheartj/ehac262

  3. 3. Kim JH, Baggish AL, Levine BD, et al. Clinical Considerations for Competitive Sports Participation for Athletes With Cardiovascular Abnormalities: A Scientific Statement From the American Heart Association and American College of Cardiology. J Am Coll Cardiol. 2025;85(10):1059-1108. doi:10.1016/j.jacc.2024.12.025

  4. 4. Lampert R, Chung EH, Ackerman MJ, et al. 2024 HRS expert consensus statement on arrhythmias in the athlete: Evaluation, treatment, and return to play. Heart Rhythm. 2024;21(10):e151-e252. doi:10.1016/j.hrthm.2024.05.018

  5. 5. Lamba A, Roston TM, Peltenburg PJ, et al. An international multicenter cohort study on implantable cardioverter-defibrillators for the treatment of symptomatic children with catecholaminergic polymorphic ventricular tachycardia. Heart Rhythm. 2024;21(10):1767-1776. doi:10.1016/j.hrthm.2024.04.006

  6. 6. Shen L, Liu S, Hu F, et al. Electrophysiological Characteristics and Ablation Outcomes in Patients With Catecholaminergic Polymorphic Ventricular Tachycardia. J Am Heart Assoc. 2023;12(24):e031768. doi:10.1161/JAHA.123.031768

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