Kinésithérapie

ParZacharia Isaac, MD, Brigham and Women's Hospital
Reviewed ByBrian F. Mandell, MD, PhD, Cleveland Clinic Lerner College of Medicine at Case Western Reserve University
Vérifié/Révisé Modifié déc. 2025
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Voir l’éducation des patients

La kinésithérapie vise à améliorer les fonctions articulaires ou musculaires (p. ex., amplitude des mouvements) et à améliorer ainsi la capacité du patient à se tenir debout, à garder l'équilibre, à marcher et à monter les escaliers. Par exemple, on a habituellement recours à la kinésithérapie pour entraîner les patients amputés des membres inférieurs. D'autre part, l'ergothérapie concerne les activités de soins personnels et l'amélioration de la coordination motrice fine des muscles et des articulations, en particulier pour les membres supérieurs.

(Voir aussi Revue générale de la rééducation.)

Amplitude des mouvements

Une limitation d'amplitude des mouvements altère la fonction, a tendance à provoquer des douleurs et peut prédisposer les patients aux escarres. L'amplitude du mouvement doit être évaluée avec un goniomètre avant le traitement et régulièrement par la suite.

Les exercices de mobilisation articulaire assouplissent les articulations raides. Les étirements sont généralement plus efficaces et moins douloureux lorsque la chaleur est appliquée de manière adjuvante (voir Chaleur) (1). Il en existe plusieurs types d'exercices d'amplitude des mouvements.

  • Actif: ce type est utilisé lorsque les patients peuvent s’exercer sans assistance; les patients doivent déplacer eux-mêmes leurs membres.

  • Actif assistif: ce type est utilisé lorsque les muscles sont faibles ou lorsque le mouvement des articulations provoque une gêne; les patients doivent bouger leurs membres, mais avec l’aide d’un thérapeute.

  • Passif: ce type est utilisé lorsque les patients ne peuvent pas participer activement à l’exercice; aucun effort n’est nécessaire de leur part.

Force et conditionnement

De nombreux exercices visent à améliorer la force musculaire. Le système de classification du Medical Research Council est l'un des outils cliniques les plus largement utilisés pour évaluer la force musculaire (voir tableau ). La force musculaire peut être augmentée par des exercices de résistance progressive. Lorsqu'un muscle est très faible, la gravité apporte une résistance suffisante. Lorsque la force musculaire devient suffisante, une résistance supplémentaire manuelle ou mécanique (p. ex., poids, tension par un ressort, bandes de résistance) est ajoutée.

Les exercices de reconditionnement général combinent différents exercices afin de traiter les effets de l'affaiblissement, du repos prolongé au lit ou de l'immobilisation. Les objectifs sont de rétablir l'équilibre hémodynamique, d'augmenter la capacité cardiorespiratoire et de maintenir l'amplitude des mouvements articulaires et la force musculaire.

Dans le cas des personnes âgées, l'objectif de ces exercices est à la fois de suffisamment renforcer les muscles pour fonctionner normalement et, éventuellement, pour retrouver une force normale pour leur âge.

Tableau
Tableau

Facilitation neuromusculaire proprioceptive

La facilitation proprioceptive neuromusculaire permet de promouvoir l’activité neuromusculaire chez les patients présentant une lésion des motoneurones supérieurs associée à une spasticité; elle leur permet de ressentir la contraction des muscles et aide à maintenir l'amplitude des mouvements des articulations touchées.

La facilitation neuromusculaire proprioceptive (PNF) a été proposée comme traitement efficace pour améliorer les activités de base de la vie quotidienne (AVQ) et la qualité de vie chez les patients atteints de lésions du motoneurone supérieur et de spasticité, comme celle due à un accident vasculaire cérébral ou à une paralysie cérébrale (2). La facilitation neuromusculaire proprioceptive comprend des cycles d'étirement passif, de contractions isométriques et d'étirement passif supplémentaire. La facilitation neuromusculaire proprioceptive est effectuée sur des muscles spécifiques pour maintenir l'amplitude de mouvement et/ou la flexibilité (p. ex., sur le biceps droit chez un patient présentant une spasticité ou des contractures résultant d'un infarctus de l'artère cérébrale moyenne gauche) (2).

Exercice de coordination

Les exercices de coordination sont des mouvements axés sur des tâches qui entraînent plusieurs articulations et muscles à travailler ensemble de manière fluide et efficace. Les exemples incluent le fait d'atteindre et de saisir des objets à diverses distances, les exercices doigt-nez, le fait de toucher différentes parties du corps sur commande, le glissement talon-tibia ou les activités de manipulation de ballon telles que lancer et attraper.

Exercice de déambulation (marche)

Avant de passer aux exercices de déambulation, les patients doivent être capables de rester en équilibre debout (3). Les exercices d'équilibre sont habituellement effectués en utilisant des barres parallèles, le thérapeute se tenant en face du patient ou directement derrière lui. Tout en tenant les barres, les patients déplacent leur poids d'un côté à l'autre et d'avant en arrière. Une fois que le patient retrouve un équilibre sûr, il peut passer aux exercices de marche.

Soutien du patient pendant la marche

L'aidant doit placer un bras sous celui du patient, saisir doucement son avant-bras et bloquer le sien fermement sous son aisselle. Ainsi, si le patient est sur le point de tomber, l'aide peut le soutenir au niveau des épaules. Si un patient porte une ceinture, l'aidant saisit la ceinture de sa main libre.

La marche est souvent l'objectif principal de la rééducation. Si certains muscles sont faibles ou spastiques, une orthèse (p. ex., une attelle) peut être utilisée. Les exercices de marche sont habituellement commencés après avoir utilisé des barres parallèles; à mesure que les patients progressent, ils utilisent un déambulateur, des béquilles ou une canne, puis ils marcheront sans aide. Certains patients portent une ceinture d'assistance utilisée par le thérapeute pour prévenir les chutes. Les aidants qui assistent les patients dans la déambulation doivent savoir comment les soutenir correctement (voir figure ).

Dès que les patients peuvent marcher en toute sécurité sur des surfaces planes, ils peuvent s'entraîner à monter les escaliers ou monter sur le bord d'un trottoir si l'une de ces deux capacités est nécessaire. Les patients utilisant des déambulateurs doivent apprendre les techniques spéciales pour monter les escaliers et sur le rebord des trottoirs. Pour monter des escaliers, la montée commence par la meilleure jambe et la descente par la jambe malade (c'est-à-dire, la bonne pour monter; la mauvaise pour descendre). Avant la sortie du patient, l'assistant social ou le kinésithérapeute doit s'assurer que des balustrades sont installées le long des escaliers au domicile du patient.

Exercices de déplacement

Les patients qui ne peuvent passer seuls du lit au fauteuil, du fauteuil à la chaise percée ou du fauteuil à la position debout, ont habituellement besoin d'une assistance permanente 24 heures/24. Ajuster la hauteur des chaises percées et des fauteuils peut être utile. Parfois, des appareils d’assistance sont utiles (c'est-à-dire, les sujets qui ont des difficultés à se lever d'une position assise peuvent tirer profit d'une chaise avec un siège surélevé ou une chaise auto-élévatrice).

Références

  1. 1. Nakano J, Yamabayashi C, Scott A, et al. The effect of heat applied with stretch to increase range of motion: A systematic review. Phys Ther Sport. 2012;13(3):180-188.

  2. 2. Guiu-Tula FX, Cabanas-Valdés R, Sitjà-Rabert M, Urrútia G, Gómara-Toldrà N. The Efficacy of the proprioceptive neuromuscular facilitation (PNF) approach in stroke rehabilitation to improve basic activities of daily living and quality of life: a systematic review and meta-analysis protocol. BMJ Open. 2017;7(12):e016739. Published 2017 Dec 12. doi:10.1136/bmjopen-2017-016739

  3. 3. Hornby TG, Reisman DS, Ward IG, et al. Clinical Practice Guideline to Improve Locomotor Function Following Chronic Stroke, Incomplete Spinal Cord Injury, and Brain Injury. J Neurol Phys Ther. 2020;44(1):49-100. doi:10.1097/NPT.0000000000000303

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