Revue générale de l'hépatite chronique

Examen complet: juil. 2024 ParSonal Kumar, MD, MPH, Weill Cornell Medical College | Examen par des pairs réalisé parMinhhuyen Nguyen, MD, Fox Chase Cancer Center, Temple University
Dernière mise à jour: mars 2026
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L'hépatite chronique est une hépatite qui dure > 6 mois. Les causes fréquentes comprennent les virus de l'hépatite B et C, la stéatohépatite associée à un dysfonctionnement métabolique (MASH [Metabolic dysfunction–Associated SteatoHepatitis]), la maladie hépatique liée à l'alcool et les maladies auto-immunes du foie (hépatites auto-immunes). De nombreux patients n'ont pas d'antécédents d'hépatite aiguë et la première manifestation est la découverte d'une élévation asymptomatique des transaminases. Certains patients présentent d'emblée une cirrhose ou une de ses complications (p. ex., une hypertension portale). La biopsie hépatique est parfois nécessaire pour confirmer le diagnostic et pour estimer la gravité de l'atteinte. Le traitement est celui des complications et de la cause sous-jacente (p. ex., corticostéroïdes pour une hépatite auto-immune, traitement antiviral pour une hépatite virale). La transplantation hépatique est souvent indiquée en cas de cirrhose décompensée.

(Voir aussi Causes de l'hépatite, Revue générale de l'hépatite virale aiguë, et Hepatitis C Guidance 2023 Update: American Association for the Study of Liver Disease–Infectious Diseases Society of America Recommendations for Testing, Managing, and Treating Hepatitis C Virus Infection.)

Une hépatite qui dure > 6 mois est généralement considérée comme chronique, bien que cette durée soit arbitraire.

Étiologie de l'hépatite chronique

Causes habituelles

Les causes d'hépatite chronique les plus fréquentes sont

Le virus de l'hépatite B (HBV) et le virus de l'hépatite C (HCV) sont des causes fréquentes d'hépatite chronique; 5 à 10% des cas d'infection par l'HBV, avec ou sans co-infection par le virus de l'hépatite D (HDV) et environ 75 à 85% des cas d'infection par le HCV passent à la chronicité (1). Les taux de développement d'une infection chronique par le HBV sont plus élevés chez l'enfant (p. ex., jusqu'à 90% des nouveau-nés infectés et 25 à 50% des jeunes enfants). Bien que le mécanisme de chronicité reste mal connu, les lésions hépatiques sont principalement dues à la réaction immunitaire secondaire à l'infection.

Rarement, le virus de l'hépatite E du génotype 3 a été impliqué dans l'hépatite chronique.

Le virus de l'hépatite A ne provoque pas d'hépatite chronique.

Les critères diagnostiques de la maladie hépatique stéatosique associée à un dysfonctionnement métabolique (MASLD [Metabolic dysfunction–Associated Liver Disease]) comprennent la présence d'une stéatose hépatique dans le cadre d'au moins 1 des facteurs de risque suivants (2):

La stéatohépatite associée à un dysfonctionnement métabolique (MASH [Metabolic dysfunction–Associated SteatoHepatitis]) est la forme évolutive de la maladie hépatique stéatosique associée à un dysfonctionnement métabolique (MASLD [Metabolic dysfunction–Associated Liver Disease]) qui provoque une hépatite chronique.

La maladie hépatique liée à l'alcool (une association de stéatose hépatique, d'inflammation diffuse du foie et de nécrose hépatique) est le résultat d'une consommation excessive d'alcool.

Causes moins fréquentes

L'hépatite auto-immune (lésion hépatocellulaire à médiation immunitaire) représente une proportion élevée des hépatites non causées par des virus ou des stéatohépatites; les signes d'hépatite auto-immune comprennent les éléments suivants:

  • La présence de marqueurs sérologiques auto-immuns (p. ex., anticorps antinucléaires [ANA], anticorps anti-muscle lisse, anticorps microsomiaux foie-rein)

  • Association à des haplotypes d'histocompatibilité fréquents dans les maladies auto-immunes (p. ex., HLA-B1, HLA-B8, HLA-DR3, HLA-DR4)

  • Une prédominance des lymphocytes T et des plasmocytes dans les lésions hépatiques histologiques

  • Anomalies complexes in vitro de l'immunité cellulaire et des fonctions de régulation immunitaire

  • Une association avec d'autres maladies auto-immunes (p. ex., polyarthrite rhumatoïde, anémie hémolytique auto-immune, glomérulonéphrite proliférative)

  • Une réponse au traitement par les corticostéroïdes ou les immunosuppresseurs

La cholangite biliaire primitive est un processus à médiation immunitaire entraînant des lésions des voies biliaires. Les patients ont habituellement un test aux anticorps antimitochondries positif et une élévation des phosphatases alcalines. La plupart des patients qui ont une cholangite biliaire primitive sont des femmes. Les symptômes comprennent une fatigue, des douleurs articulaires et un prurit.

Parfois, l'hépatite chronique a les caractéristiques d'une hépatite auto-immune et d'une autre maladie hépatique chronique à médiation immunitaire (p. ex., cholangite biliaire primitive, cholangite sclérosante primitive). Ces affections sont appelées syndromes de chevauchement (overlap syndrome).

Beaucoup de médicaments, dont l'isoniazide, le méthotrexate, la méthyldopa, la nitrofurantoïne, le tamoxifène, l'amiodarone et rarement le paracétamol, peuvent provoquer une hépatite chronique. Le mécanisme varie selon le médicament et peut impliquer des réponses immunitaires anormales, le développement d'une stéatohépatite, des métabolites intermédiaires cytotoxiques ou des déficits métaboliques d'origine génétique.

Plus rarement, une hépatite chronique peut résulter d'un déficit en alpha-1-antitrypsine, d'une maladie cœliaque, d'un trouble thyroïdien, d'une hémochromatose héréditaire ou de la maladie de Wilson.

Références pour l'étiologie

  1. 1. National Institutes of Diabetes and Digestive and Kidney Diseases: Hepatitis C. Accessed June 21, 2024.

  2. 2. Rinella ME, Lazarus JV, Ratziu V, et al: A multisociety Delphi consensus statement on new fatty liver disease nomenclature. Hepatology 78(6):1966-1986, 2023.  doi: 10.1097/HEP.000000000000052

Classification de l'hépatite chronique

Les cas d'hépatite chronique étaient autrefois classés sur le plan histologique comme des hépatites chroniques persistantes, chroniques lobulaires ou des hépatites chroniques actives. La classification actuelle spécifie ce qui suit:

  • L'étiologie

  • L'intensité de l'inflammation et de la nécrose histologiques (grade)

  • Le degré de fibrose histologique (stade)

L'inflammation et la nécrose sont potentiellement réversibles. La fibrose peut être réversible si la cause est complètement traitée chez les patients qui n'ont pas de cirrhose.

Symptomatologie de l'hépatite chronique

Les signes cliniques de l'hépatite chronique sont très variables. Près d'1/3 des cas se développent après une hépatite aiguë, mais la plupart ont un début insidieux de novo.

De nombreux patients sont asymptomatiques, quelle que soit l'étiologie. Cependant, une altération de l'état général, une anorexie et une asthénie sont fréquentes, parfois une fébricule et une sensation de gêne non spécifique de la partie supérieure de l'abdomen sont observées. L'ictère est habituellement absent.

Souvent, les premiers signes sont

Quelques patients atteints d'hépatite chronique présentent des symptômes de cholestase (p. ex., ictère, prurit, selles claires, stéatorrhée).

Dans les hépatites auto-immunes, en particulier chez la jeune femme, pratiquement tous les systèmes de l'organisme peuvent être touchés et le tableau peut associer une acné, une aménorrhée, des arthralgies, une rectocolite ulcéro-hémorragique, une fibrose pulmonaire, une thyroïdite, une néphropathie et une anémie hémolytique.

L'hépatite C chronique est parfois associée à un lichen plan, à une vascularite cutanée, à une glomérulonéphrite, à une porphyrie cutanée tardive, à une cryoglobulinémie mixte et, peut-être, à un lymphome à cellules B non hodgkinien. Les symptômes de la cryoglobulinémie se traduisent par une fatigue, des myalgies, des arthralgies, une neuropathie, une glomérulonéphrite et des éruptions cutanées (urticaire, purpura, vascularite leucocytoclasique); la cryoglobulinémie asymptomatique est plus fréquente. 

Diagnostic de l'hépatite chronique

  • Bilan hépatique compatible avec une hépatite

  • Tests sérologiques viraux

  • Éventuellement auto-anticorps, Ig, taux d'alpha-1-antitrypsine et autres examens

  • Parfois, biopsie

  • Albumine sérique, numération plaquettaire et temps de prothrombine/rapport normalisé international (TQ/INR)

(Voir aussi la recommandation de pratique clinique Hepatitis C Guidance 2023 Update: American Association for the Study of Liver Diseases–Infectious Diseases Society of America Recommendations for Testing, Managing, and Treating Hepatitis C Virus Infection et la recommandation clinique de l'U.S. Preventive Services Task Force Hepatitis C Virus Infection in Adolescents and Adults: Screening.)

Une hépatite chronique est suspectée chez les patients qui présentent l'un des éléments suivants:

  • Symptomatologie évocatrice

  • Élévations des transaminases notées de manière inattendue

  • Hépatite aiguë déjà diagnostiquée

En outre, pour identifier les patients asymptomatiques, l'U.S. Preventive Services Task Force (USPSTF) recommande de tester tous les adultes de 18 ans au moins une fois pour l'hépatite C. (Voir la recommandation finale, Hepatitis C Virus Infection in Adolescents and Adults: Screening.)

Tests hépatiques

Des tests hépatiques sont nécessaires s'ils n'ont pas été effectués antérieurement et comprennent l'alanine aminotransférase (ALAT) sérique, l'aspartate aminotransférase (ASAT), la phosphatase alcaline et la bilirubine.

Les élévations des aminotransférases sont les anomalies de laboratoire les plus caractéristiques (valeurs normales des ALAT: 29 à 33 UI/L [0,48 à 55 microkat/L] pour les hommes et 19 à 25 UI/L [0,32 à 0,42 microkat/L] pour les femmes [1]). Les ALAT sont habituellement plus élevées que les ASAT. Le taux des transaminases peut être normal au cours d'une hépatite chronique si la maladie est quiescente, en particulier en cas d'infection par le VHC et de maladie hépatique stéatosique associée à un dysfonctionnement métabolique (MASLD).

La phosphatase alcaline est habituellement normale ou seulement légèrement élevée, mais est parfois très élevée, en particulier dans la cholangite biliaire primitive.

La bilirubinémie est habituellement normale sauf en cas de maladie sévère ou avancée.

Autres examens de laboratoire

Si les résultats de laboratoire évoquent l'existence d'une hépatite, les sérologies virales sont effectuées pour éliminer une infection par le VHB ou le VHC (voir tableaux et ). À moins que ces tests n'indiquent une cause virale, d'autres tests sont nécessaires.

Les tests qui sont ensuite effectués comprennent les suivants

  • Auto-anticorps (anticorps anti-nucléaires, anticorps anti-muscle lisse, anticorps anti-mitochondries, anticorps microsomaux foie et rein)

  • Immunoglobulines

  • Saturation de la transferrine sérique et ferritine

  • Examens de la thyroïde (TSH)

  • Examens pour la maladie cœliaque (anticorps transglutaminase tissulaire)

  • Taux d'alpha-1-antitrypsine

  • Céruléoplasmine

La maladie de Wilson est recherchée chez l'enfant et le jeune adulte en dosant la céruléoplasminémie.

L'hépatite auto-immune est habituellement diagnostiquée sur la présence d'anticorps antinucléaires (AAN), d'anti–muscle lisse ou d'anti-microsome de foie/rein type 1 (anti-LKM 1) à des titres de 1:80 (chez l'adulte) ou 1:20 (chez l'enfant) et habituellement avec des élévations des immunoglobulines sériques. Des anticorps anti-mitochondriaux sont le plus souvent présents dans la cholangite biliaire primitive. (Voir aussi Diagnosis and Management of Autoimmune Hepatitis in Adults and Children: 2019 Practice Guidance and Guidelines from the American Association for the Study of Liver Diseases.)

Une saturation sérique de la transferrine > 45% et une ferritine sérique élevée suggèrent une hémochromatose héréditaire et doivent être suivies par des tests génétiques pour le gène de l'hémochromatose (HFE).

L'albumine sérique, la numération plaquettaire, et le temps de prothrombine (temps de Quick [TQ]) doivent être mesurés afin d'évaluer la fonction hépatique et la gravité de la maladie; un taux d'albumine sérique bas, une numération plaquettaire basse, ou un temps de prothrombine (temps de Quick [TQ]) prolongé peuvent faire évoquer une cirrhose et même une hypertension portale.

Si la cause de l'hépatite est identifiée, des tests non invasifs (p. ex., élastographie échographique, marqueurs sériques) peuvent être effectués pour évaluer le degré de fibrose hépatique.

Calculateur clinique 

Biopsie

Contrairement à l'hépatite aiguë, une biopsie peut être nécessaire pour confirmer le diagnostic ou l'étiologie de l'hépatite chronique.

Dans les cas peu sévères, on peut ne trouver qu'une nécrose hépatocellulaire minime et un infiltrat cellulaire inflammatoire, habituellement au niveau des espaces portes, avec une architecture acinaire normale et peu ou pas de fibrose. De telles formes évoluent rarement vers une maladie du foie cliniquement significative ou vers une cirrhose.

Dans les atteintes plus graves, la biopsie montre une nécrose périportale caractéristique avec des infiltrats de cellules mononucléées (nécrose parcellaire), accompagnée d'une fibrose périportale d'importance variable et d'une prolifération des ductules biliaires. L'architecture acineuse peut être altérée par les zones de nécrose et de fibrose, et des signes de cirrhose constituée sont parfois accompagnés de manifestations d'hépatite active.

La biopsie est également utilisée pour classer la maladie par stade et par grade, bien que des tests non invasifs (marqueurs sériques ou élastographie) soient maintenant souvent utilisés en lieu et place de la biopsie hépatique pour classer la fibrose selon son stade. L'un des marqueurs les plus simples du stade de la fibrose est l'indice FIB4, qui utilise l'aspartate aminotransférase (AST), l'alanine aminotransférase (ALT), les plaquettes et l'âge pour évaluer le risque de fibrose avancée. D'autres modalités comprennent l'élastographie impulsionnelle ou l'élastographie IRM

Dépistage des complications

Si des symptômes ou des signes de cryoglobulinémie se développent au cours d'une hépatite chronique, en particulier avec le VHC, les taux de cryoglobulines et le facteur rhumatoïde doivent être mesurés; des taux élevés de facteur rhumatoïde et des taux faibles de complément suggèrent une cryoglobulinémie.

Les patients qui ont une infection chronique due au VHB ou une cirrhose due à une maladie hépatique sous-jacente doivent faire l'objet d'un dépistage tous les 6 mois du carcinome hépatocellulaire par échographie et parfois par mesure de l'alpha-fœtoprotéine sérique, bien que le rapport coût/efficacité de cette pratique, en particulier la mesure de l'alpha-fœtoprotéine, soit débattu (2).

Références pour le diagnostic

  1. 1. Kwo PY, Cohen SM, Lim JK: ACG Clinical Guideline: Evaluation of abnormal liver chemistries. Am J Gastroenterol 112 (1):18-35, 2017. doi: 10.1038/ajg.2016.517. 

  2. 2. Aghoram R, Cai P, Dickinson JA: Alpha-foetoprotein and/or liver ultrasonography for screening of hepatocellular carcinoma in patients with chronic hepatitis B. Cochrane Database Syst Rev 2012(9):CD002799, 20212 doi: 10.1002/14651858.CD002799.pub2

Traitement de l'hépatite chronique

  • Soins de support

  • Traitement de la cause (p. ex., corticostéroïdes pour l'hépatite auto-immune, antiviraux contre l'HBV et l'infection par l'HCV)

Traitement général

Les objectifs thérapeutiques dans l’hépatite chronique comprennent le traitement de la cause et, si une cirrhose et une hypertension portale se sont développées, la prise en charge des complications (p. ex., ascite, encéphalopathie).

Les médicaments causes de l'hépatite doivent être arrêtés. Le paracétamol est contre-indiqué en cas d'insuffisance hépatique sévère ou de maladie hépatique active sévère. Les AINS doivent également être évités en cas d'insuffisance hépatique sévère.

Les pathologies sous-jacentes doivent être traitées. Des modifications du mode de vie doivent être recommandées en cas de maladie hépatique stéatosique associée à un dysfonctionnement métabolique (MASLD [Metabolic dysfunction–Associated Liver Disease]) ou de maladie hépatique liée à l'alcool.

La transplantation hépatique peut être nécessaire en cas de cirrhose décompensée.

Hépatites chroniques B et C

Il existe des traitements antiviraux de l'hépatite B chronique spécifiques (p. ex., l'entécavir et le ténofovir comme traitement de première intention) et des traitements antiviraux de l'hépatite C chronique (p. ex., régimes sans interféron d'antiviraux à action directe).

Dans l'hépatite chronique due au HBV, la prophylaxie (y compris l'immunoprophylaxie) pour les contacts des patients peut être utile. Aucune vaccination n'est disponible pour les sujets contacts de patients HCV positifs.

Les corticostéroïdes et les immunosuppresseurs doivent être évités dans l'hépatite B et C chronique parce que ces médicaments augmentent la réplication virale. Si les patients qui ont une hépatite chronique B ont d'autres maladies qui nécessitent un traitement corticostéroïde, un traitement immunosuppresseur ou une chimiothérapie cytotoxique, ils doivent être traités par des médicaments antiviraux en même temps pour éviter une flambée ou une réactivation d'une hépatite B ou une insuffisance hépatique aiguë due à l'hépatite B. Une situation similaire dans laquelle l'hépatite C est activée ou cause une insuffisance hépatique aiguë n'a pas été décrite.

Stéatohépatite associée à un dysfonctionnement métabolique (MASH [Metabolic dysfunction–Associated SteatoHepatitis])

(Voir aussi The Diagnosis and Management of Nonalcoholic Fatty Liver Disease: Practice Guidance from the American Association for the Study of Liver Disease.)

Le traitement de la MASH vise à

  • Réduire le poids

  • Contrôler les facteurs de risque et les comorbidités

Cela peut impliquer ce qui suit

  • Recommander une perte de poids de 7 à 10% du poids corporel par des changements alimentaires et de l'exercice

  • Traiter les facteurs de risque métaboliques concomitants tels que les hyperlipidémies et la résistance à l'insuline

  • L'arrêt des médicaments associés à la stéatohépatite associée à un dysfonctionnement métabolique (MASH [Metabolic dysfunction–Associated SteatoHepatitis]) (p. ex., l'amiodarone, le tamoxifène, le méthotrexate, les corticostéroïdes tels que la prednisone ou l'hydrocortisone, les œstrogènes de synthèse).

  • Éviter l'exposition aux toxines (p. ex., pesticides)

  • Resmetirom pour la stéatohépatite associée à un dysfonctionnement métabolique (MASH [Metabolic dysfunction–Associated SteatoHepatitis]) et la fibrose modérée à sévère

Le resmétirom, un agoniste des récepteurs bêta de l'hormone thyroïdienne (THR-bêta), peut être utilisé en association avec l'alimentation et l'exercice pour le traitement des adultes atteints de MASH qui ont une fibrose hépatique modérée à avancée. Il ne doit pas être utilisé en cas de cirrhose décompensée.

Hépatite auto-immune

(Voir aussi les lignes directrices pratiques de l'American Association for the Study of Liver Diseases, Diagnosis and Management of Autoimmune Hepatitis.)

Les corticostéroïdes, avec ou sans azathioprine, prolongent la survie. La prednisone est habituellement débutée à 30 à 60 mg par voie orale 1 fois/jour, puis diminuée progressivement jusqu'à atteindre la posologie la plus faible qui permette un maintien des transaminases à des taux normaux ou proches de la normale. Pour éviter un traitement corticoïde à long terme, on peut passer à l'azathioprine 1 à 1,5 mg/kg par voie orale 1 fois/jour ou au mycophénolate mofétil 1000 mg 2 fois/jour après l'induction par les corticostéroïdes, puis progressivement diminuer les corticostéroïdes. Un traitement d'entretien à faible dose, au long cours et sans corticostéroïde est nécessaire chez la plupart des patients.

Hémochromatose héréditaire

L'hémochromatose héréditaire est traitée par phlébotomie.

Pronostic de l'hépatite chronique

Le pronostic en cas d'hépatite chronique est très variable et dépend souvent de la cause et de la disponibilité du traitement.

Une hépatite chronique médicamenteuse régresse souvent de façon complète lorsque le médicament en cause est arrêté.

Sans traitement, une atteinte par le VHB peut soit guérir (peu fréquent), soit progresser rapidement, soit évoluer lentement vers une cirrhose sur plusieurs décennies. La résolution commence souvent par une aggravation transitoire de la sévérité de la maladie et aboutit à une séroconversion de l'antigène e de l'hépatite B (AgHBe) en anticorps anti-antigène e de l'hépatite B (anti-HBe), suivie de la perte de l'antigène de surface de l'hépatite B (AgHBs). La co-infection par l'HDV est responsable de la forme la plus sévère de l'infection chronique par l'HBV; sans traitement, une cirrhose se développe dans une proportion allant jusqu'à 70% des patients qui ont une co-infection.

Une hépatite chronique à HCV non traitée entraîne une cirrhose chez certains patients, bien qu'elle puisse n'apparaître qu'au bout de plusieurs décennies et son développement est variable car souvent lié aux autres facteurs de risques de maladie hépatique chronique présentés par un patient, dont la consommation d'alcool et l'obésité.

L'hépatite chronique auto-immune répond habituellement au traitement, mais elle est parfois responsable de l'apparition d'une fibrose et finalement d'une cirrhose.

L'infection chronique par l'HBV, même en l'absence de cirrhose, augmente le risque de carcinome hépatocellulaire. Le risque est également augmenté dans d'autres troubles hépatiques (p. ex., infection par le HCV, maladie hépatique stéatosique associée à un dysfonctionnement métabolique [MASLD, Metabolic dysfunction–Associated Liver Disease]), mais habituellement lorsque la cirrhose ou une fibrose avancée se sont développées.

Points clés

  • L'hépatite chronique n'est généralement pas précédée d'une hépatite aiguë et est souvent asymptomatique.

  • Si les résultats du bilan hépatique (p. ex., une augmentation inexpliquée des transaminases) sont compatibles avec une hépatite chronique, il convient de pratiquer des tests sérologiques pour dépister une hépatite B et C.

  • Si les résultats sérologiques sont négatifs, effectuer des analyses (p. ex., auto-anticorps, Ig, taux d'alpha-1-antitrypsine) pour rechercher d'autres formes d'hépatite.

  • Envisager une biopsie du foie pour confirmer le diagnostic et évaluer la gravité de l'hépatite chronique si les tests non invasifs ne sont pas diagnostiques.

  • Des tests non invasifs (p. ex., élastographie, marqueurs sériques) peuvent être utilisés pour évaluer le degré de fibrose hépatique.

  • Envisager d'utiliser l'entécavir ou le ténofovir comme traitement de première intention de l'hépatite chronique B.

  • Traiter l'hépatite C chronique de tous les génotypes avec des protocoles sans interféron d'antiviraux à action directe.

  • Traiter l'hépatite auto-immune par des corticostéroïdes et effectuer une transition vers un traitement d'entretien avec de l'azathioprine ou du mycophénolate mofétil.

  • Encourager un régime alimentaire et l'exercice physique pour perdre du poids (10% si possible) en cas de maladie hépatique stéatosique associée à un dysfonctionnement métabolique (MASLD [Metabolic dysfunction–Associated Liver Disease]).

  • Traiter l'hémochromatose héréditaire par saignée.

Plus d'information

Les sources d'information suivantes en anglais peuvent être utiles. Veuillez noter que LE MANUEL n'est pas responsable du contenu de ces ressources.

  1. American Association for the Study of Liver Diseases (AASLD) Practice Guidelines: un comité multidisciplinaire d'experts a élaboré des lignes directrices pour le diagnostic et la prise en charge de divers troubles hépatiques en se basant sur des questions cliniquement pertinentes, auxquelles il est répondu par des revues systématiques de la littérature, suivies de recommandations étayées par des données. Le groupe d'experts a évalué la qualité (niveau) des preuves et la force de chaque recommandation. Accessed May 8, 2024.

  2. U.S. Preventive Services Task Force’s Hepatitis C Virus Infection in Adolescents and Adults: Screening: ce site Web récapitule les recommandations de dépistage de l'hépatite C et fournit des liens vers les recommandations complètes. Il discute de l'évaluation du risque et de l'utilisation des tests de dépistage, y compris les intervalles de dépistage. Accessed May 8, 2024.

  3. AASLD Practice Guidelines: Diagnosis and Management of Autoimmune Hepatitis in Adults and Children: ces lignes directrices de 2019 abordent des questions cliniquement pertinentes, en utilisant les preuves actuelles, l'opinion des experts, les revues systématiques de la littérature et la qualité des preuves. Ces lignes directrices mettent à jour l'épidémiologie, le diagnostic, la prise en charge et l'évolution de l'hépatite auto-immune chez l'adulte et l'enfant par rapport aux lignes directrices de 2010. Accessed May 8, 2024.

  4. Alpha-Foetoprotein and/or Liver Ultrasonography for Liver Cancer Screening in Patients With Chronic Hepatitis B: cette étude évalue les effets bénéfiques et nocifs de l'utilisation de l'alpha-fœtoprotéine, de l'échographie, ou des deux, pour dépister le carcinome hépatocellulaire chez les patients atteints d'hépatite B chronique. Accessed May 8, 2024.

  5. AASLD Practice Guidelines: The Diagnosis and Management of Nonalcoholic Fatty Liver Disease: cet article fournit des conseils pour le diagnostic et la prise en charge de la stéatose hépatique non alcoolique (à présent appelée maladie hépatique stéatosique associée à un dysfonctionnement métabolique, MASLD [Metabolic dysfunction–Associated Liver Disease]), plutôt que des lignes directrices. Ces conseils, élaborés par un groupe d'experts, visent à aider les cliniciens à comprendre et à mettre en œuvre les données les plus récentes. Il comprend des conseils pour le dépistage, l'évaluation initiale, l'évaluation de la fibrose, l'utilisation de la biopsie et le traitement spécifique. Accessed May 8, 2024.

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