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Évaluation des douleurs cervicales et lombaires

Par

Peter J. Moley

, MD, Hospital for Special Surgery

Dernière révision totale nov. 2020| Dernière modification du contenu nov. 2020
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Physiopathologie des douleurs cervicales et lombaires

En fonction de la cause, les douleurs du cou ou dorsales ou lombaires peuvent être accompagnées de symptômes neurologiques.

Si une racine nerveuse est atteinte, la douleur peut irradier distalement dans le territoire de distribution de cette racine (douleur radiculaire). La force musculaire, la sensibilité et les réflexes de la région innervée par ces racines peuvent être altérés. ( Comment évaluer les réflexes Comment évaluer les réflexes (Voir aussi Introduction à l'examen neurologique) L'étude des réflexes tendineux (réflexe d'étirement ou réflexe myotatique) renseigne sur la voie sensitive afférente, les connexions synaptiques... en apprendre davantage .)

Tableau
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Si la moelle épinière est atteinte, la force, la sensibilité et les réflexes peuvent être altérés au niveau de la zone atteinte de la moelle épinière et touchera tous les niveaux sous-jacents (appelés déficits neurologiques systématisés).

Lorsque la queue-de-cheval est lésée, des déficits segmentaires se développent dans la région lombosacrée, généralement avec trouble de la fonction sphinctérienne anale (constipation Constipation La constipation est définie comme une évacuation difficile ou rare des selles, l'émission de selles dures ou une sensation d'évacuation incomplète. (Voir aussi Constipation chez les enfants... en apprendre davantage ou incontinence fécale Incontinence fécale L'incontinence fécale est la survenue de défécations involontaires. (Voir aussi Évaluation des troubles anorectaux.) L'incontinence fécale peut être secondaire à des blessures ou à des affections... en apprendre davantage ) et de la fonction vésicale (rétention urinaire Rétention urinaire La rétention est une évacuation incomplète de la vessie ou une suppression de la miction. La rétention urinaire peut être Aiguë Chronique Ses causes comprennent une altération de la contractilité... en apprendre davantage ou incontinence urinaire Incontinence urinaire chez l'adulte L'incontinence urinaire est l'émission involontaire d'urine; certains spécialistes considèrent qu'elle ne se manifeste que lorsqu'un patient le ressent comme un souci. Le trouble est nettement... en apprendre davantage ), troubles sensitifs de la région périanale, troubles de l'érection Troubles de l'érection Les troubles de l’érection sont une incapacité à atteindre ou à maintenir une érection satisfaisante pour accomplir l’acte sexuel. La plupart des troubles de l’érection sont liés à des troubles... en apprendre davantage et perte du tonus rectal et du contrôle sphinctérien rectal (p. ex., réflexes bulbocaverneux, et réflexe anal).

Tout phénomène douloureux de la colonne vertébrale peut également provoquer un réflexe (contracture) des muscles paravertébraux.

Étiologie des douleurs cervicales et lombaires

La plupart des douleurs du cou, des dorsalgies et des lombalgies sont provoquées par des troubles du rachis. La douleur musculaire est un symptôme fréquent et est généralement causée par une irritation des muscles profonds par les branches dorsales du nerf spinal et des muscles plus superficiels résultant d'une réaction locale à la lésion de la colonne vertébrale. Les entorses sont très rares dans la région cervicale et le rachis lombaire. Une fibromyalgie Fibromyalgie La fibromyalgie est une affection non articulaire fréquente, mal compris, caractérisée par une douleur constante (parfois sévère); des douleurs musculaires généralisées, des zones situées autour... en apprendre davantage peut coexister avec des douleurs du cou et du dos mais n'est pas plus susceptible de causer des douleurs isolées au cou ou au dos. Parfois, la douleur est due à des troubles extrarachidiens Causes graves et rares Les douleurs du cou et du dos sont parmi les causes les plus fréquentes de consultations médicales. Cette discussion couvre la douleur de l'arrière du cou (et non les douleurs limitées à la... en apprendre davantage (en particulier des troubles vasculaires, digestifs ou génito-urinaires). Certaines causes rares, spinales et extra-spinales, sont graves.

La plupart des troubles rachidiens résultent de

  • Problèmes mécaniques

Seuls quelques-uns impliquent des problèmes non mécaniques, tels qu'une infection, une inflammation, un cancer ou des fractures de fragilité dues à une ostéoporose Ostéoporose L'ostéoporose est une maladie osseuse métabolique progressive, qui diminue la densité osseuse (masse osseuse par unité de volume), avec détérioration de l'architecture osseuse. La fragilisation... en apprendre davantage  Ostéoporose ou à un cancer.

Causes habituelles

La plupart des douleurs causées par des troubles mécaniques de la colonne vertébrale sont des

Les causes les plus fréquentes de douleurs au cou et au bas du dos sont les suivantes.

Tous ces troubles peuvent également être présents sans causer de douleur.

Plusieurs anomalies anatomiques (p. ex., bombement ou dégénérescence du disque Hernie du nucléus pulposus La hernie du nucléus pulposus est un prolapsus du disque intervertébral à travers une déchirure dans l'anneau fibreux qui l'entoure. La déchirure entraîne une douleur du fait de l'irritation... en apprendre davantage Hernie du nucléus pulposus , ostéophytes, spondylolyse, anomalies des apophyses articulaires) sont fréquemment présents chez les sujets qui n'ont pas de douleurs cervicales ou dorsales et sont donc discutables comme l'étiologie de la douleur. Cependant, la cause des douleurs du dos, en particulier mécaniques, est souvent multifactorielle, avec des troubles sous-jacents exacerbés par la fatigue, les douleurs musculaires, des mauvaises postures, une faiblesse des muscles stabilisateurs, une diminution de la flexibilité et parfois des stress psychosociaux ou une anomalie psychiatrique. Ainsi, identifier une cause unique est souvent difficile ou impossible.

Causes graves et rares

Certaines sont très sérieuses et nécessitent un traitement précoce pour éviter un handicap ou le décès.

Les troubles graves extrarachidiens sont les suivants:

Les troubles graves du rachis comprennent les suivants:

Les troubles mécaniques rachidiens peuvent être graves lorsqu'ils compriment les racines nerveuses ou, en particulier, la moelle épinière. La compression de la moelle épinière Compression de la moelle épinière Des lésions diverses peuvent comprimer la moelle épinière, provoquant des atteintes segmentaires de la sensibilité, motrices, des réflexes et des sphincters. Le diagnostic repose sur l'IRM.... en apprendre davantage Compression de la moelle épinière ne se produit qu'au niveau de la colonne cervicale, thoracique et lombaire haute et peut résulter d'une sténose spinale sévère ou de tumeurs nerveuses ou osseuses ou d'un abcès épidural médullaire Abcès spinal épidural Un abcès épidural est une accumulation de pus dans l'espace épidural qui peut mécaniquement comprimer la moelle épinière. Le diagnostic est établi par IRM ou, en cas d'indisponibilité, par myélographie... en apprendre davantage ou d'un hématome. La compression nerveuse se produit souvent au niveau d'une hernie discale paracentrale ou dans le foramen, dans le recessus central ou latéral en cas de sténose, ou dans le trou de conjugaison d'un nerf sortant.

Autres causes peu fréquentes

Les douleurs du cou ou du dos peuvent résulter de nombreux autres troubles, tels que

Évaluation des douleurs cervicales et lombaires

Généralités

La cause des douleurs du cou ou du dos étant souvent multifactorielle, un diagnostic de certitude ne peut être établi chez de nombreux patients. Cependant, les médecins doivent déterminer les éléments suivants si possible:

  • La douleur a une cause rachidienne ou extrarachidienne

  • La cause est un trouble grave

Si des causes graves ont été exclues, le mal de dos est parfois classé comme suit:

  • Lombalgie ou cervicalgie non spécifique

  • Cervicalgie ou lombalgie avec symptômes radiculaires

  • Sténose rachidienne lombaire avec claudication (neurogène) ou sténose cervicale avec myélopathie

  • Lombalgie ou cervicalgie associée à une autre cause rachidienne

Anamnèse

La revue des systèmes doit rechercher des symptômes suggérant une cause dont une fièvre, des sueurs et des frissons (infection); un amaigrissement et un mauvais appétit (infection ou cancer); une aggravation des douleurs du cou lors de la déglutition (troubles œsophagiens); une anorexie, des nausées, des vomissements, un méléna ou des rectorragies, et des troubles du transit ou des selles (troubles gastro-intestinaux); des symptômes urinaires et des douleurs de l'hypochondre (troubles des voies urinaires), en particulier en cas de coliques intermittentes et récurrentes (néphrolithiase Calculs urinaires Les calculs urinaires sont des particules solides dans l'appareil urinaire. Ils peuvent causer des douleurs, des nausées, des vomissements, une hématurie et, éventuellement, des frissons avec... en apprendre davantage ); une toux, une dyspnée s'aggravant pendant l'inspiration (maladies pulmonaires); un saignement ou une sécrétion vaginale et des douleurs liées au cycle menstruel (pathologies pelviennes); une fatigue, des symptômes dépressifs et des céphalées (douleurs dorsales ou cervicales mécaniques multifactorielles).

La recherche des antécédents médicaux comprend des troubles connus du cou ou du dos (dont une ostéoporose Ostéoporose L'ostéoporose est une maladie osseuse métabolique progressive, qui diminue la densité osseuse (masse osseuse par unité de volume), avec détérioration de l'architecture osseuse. La fragilisation... en apprendre davantage  Ostéoporose , une arthrose Arthrose L'arthrose est une arthropathie chronique, caractérisée par la destruction, voire la disparition, du cartilage articulaire ainsi que d'autres modifications articulaires, dont une hypertrophie... en apprendre davantage Arthrose , des troubles discaux, des blessures récentes ou anciennes) et des interventions chirurgicales, des facteurs de risque de troubles du dos (p. ex., cancers, dont ceux du sein, de la prostate, des reins, des poumons et du côlon, ainsi que les leucémies), facteurs de risque d'anévrisme (p. ex., tabagisme, HTA), et des facteurs de risque d'infections (p. ex., immunosuppression; toxicomanie IV; intervention chirurgicale récente, hémodialyse, plaie pénétrante ou infection bactérienne); et les signes extra-articulaires d'un trouble systémique sous-jacent (p. ex., diarrhée ou douleur abdominale, uvéite, psoriasis).

Examen clinique

La température et l'état général sont notés. Si possible, les patients doivent être observés lorsqu'ils se déplacent dans la salle d'examen, déshabillés et qu'ils grimpent sur la table, pour une évaluation de la marche et de l'équilibre.

L'examen se concentre sur le rachis et l'examen neurologique. Si aucune source mécanique rachidienne de la douleur n'est évidente, on doit rechercher des sources de douleur projetée.

Lors de l'examen du rachis, le dos et le cou sont inspectés à la recherche de toute déformation visible, de toute zone cutanée érythémateuse ou vésiculaire. La colonne vertébrale et les muscles paravertébraux sont palpés pour une sensibilité accrue et un changement du tonus musculaire. L'amplitude des mouvements est mesurée. Chez les patients souffrant de douleurs au cou, les épaules sont examinées. Chez les patients souffrant de lombalgie, les hanches sont examinées.

L'examen neurologique doit évaluer la fonction de la moelle épinière dans sa globalité. La force, la sensibilité et les réflexes ostéotendineux Réflexes ostéotendineux (Voir aussi Introduction à l'examen neurologique) L'étude des réflexes tendineux (réflexe d'étirement ou réflexe myotatique) renseigne sur la voie sensitive afférente, les connexions synaptiques... en apprendre davantage sont testés. Ces tests des réflexes sont parmi les plus fiables qui permettent de confirmer une fonction normale de la moelle épinière. Un dysfonctionnement de la voie corticospinale est indiqué par une élévation des gros orteils en réponse à une stimulation plantaire et par le signe de Hoffman, le plus souvent par une hyperréflexie.

Pour rechercher le signe de Hoffman, on donne un petit coup sur l'ongle ou une chiquenaude sur la face palmaire du 3e doigt; lorsque la phalange distale du pouce fléchit, le test est positif, témoignant habituellement d'un dysfonctionnement de la voie corticospinale provoqué par une sténose de la moelle cervicale ou une lésion cérébrale. Les troubles de la sensibilité sont subjectifs et peuvent être peu fiables.

Le test de l'élévation de la jambe tendue (test de Lasègue) permet de confirmer la sciatique Sciatique La sciatique consiste en une douleur située le long du nerf sciatique. Elle est habituellement le résultat de la compression des racines nerveuses lombaires dans la région lombaire. Les causes... en apprendre davantage . Le patient est couché avec deux genoux en extension et des chevilles dorsifléchies. Le médecin soulève lentement la jambe atteinte, conservant le genou en extension. En cas de sciatique, 10 à 60° d'élévation déclenchent typiquement les symptômes douloureux. Bien que le genou soit souvent palpé par l'arrière lors de la recherche d'une sciatique, il ne s'agit probablement pas d'un test valable dans ce but.

Dans le test de Lasègue croisé, on soulève d'abord la jambe en extension du côté sain; le test est positif si la sciatique se produit du côté atteint. Un test positif est sensible mais n'est pas spécifique d'une hernie discale Hernie du nucléus pulposus La hernie du nucléus pulposus est un prolapsus du disque intervertébral à travers une déchirure dans l'anneau fibreux qui l'entoure. La déchirure entraîne une douleur du fait de l'irritation... en apprendre davantage Hernie du nucléus pulposus ; un test croisé est moins sensible mais spécifique à 90%.

Le test de Lasègue est effectué alors que le patient est assis avec l'articulation de la hanche fléchie à 90°; la partie inférieure de la jambe est lentement relevée jusqu'à ce que le genou soit en extension complète. En cas de sciatique, la douleur rachidienne (et souvent des symptômes radiculaires) se manifeste lorsque la jambe est en extension. Le slump test est similaire au test de levée de la jambe en extension (Lasègue [appliquer une traction sur les racines nerveuses spinales]), mais il est effectué lorsque le patient "se laisse aller" (avec le rachis thoracique et lombaire fléchis) et le cou fléchi lorsque le patient est assis. Le slump test est plus sensible, mais moins spécifique, de la hernie discale que le test de levée de la jambe en extension (Lasègue).

Le toucher rectal et l'examen des selles rechercheront la présence de sang et, chez l'homme, un examen de la prostate, sera effectué. Le tonus et les réflexes rectaux sont évalués. Chez la femme qui présente des symptômes évoquant une affection pelvienne ou une fièvre inexpliquée, un examen pelvien Examen clinique La plupart des femmes, en particulier celles qui consultent pour des soins préventifs, nécessitent une anamnèse complète, un examen clinique et un bilan gynécologique complet. Ce bilan gynécologique... en apprendre davantage Examen clinique doit être effectué.

Les pouls des membres inférieurs sont palpés.

Signes d'alarme

Les signes suivants doivent alerter:

  • Aorte abdominale de diamètre > 5 cm (en particulier si elle est douloureuse) ou en cas d'anomalies ou d'abolition des pouls des membres inférieurs

  • Douleur aiguë, à type de déchirure supérieure et au milieu du dos

  • Cancer, diagnostiqué ou suspecté

  • Déficit neurologique

  • Fièvre ou frissons

  • Des troubles gastro-intestinaux tels qu'une sensibilité abdominale localisée, des signes péritonéaux, un méléna ou une rectorragie

  • Facteurs de risque d'infection (p. ex., immunosuppression; toxicomanie IV; intervention récente, plaie pénétrante ou infection bactérienne)

  • Méningisme

  • Douleur majeure nocturne ou invalidante

  • Perte de poids inexpliquée

Interprétation des signes

Tableau
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Les autres signes sont également utiles. Des douleurs s'aggravant au cours de la flexion évoquent une lésion du disque intervertébral; l'aggravation lors de l'extension suggère une sténose canalaire Sténose rachidienne lombaire La sténose rachidienne lombaire est un rétrécissement du canal rachidien lombaire qui comprime les radicelles et les racines nerveuses de la queue de cheval avant leur sortie du trou de conjuguaison... en apprendre davantage Sténose rachidienne lombaire , une arthrose affectant les facettes articulaires ou une inflammation. La sensibilité de certaines zones spécifiques (les zones gâchettes) évoque une douleur musculaire causée par un trouble de la colonne vertébrale.

Examens complémentaires

Habituellement, si la durée de la douleur est courte (< 4 à 6 semaines), aucun test n'est nécessaire sauf si des signes d'alarme sont présents, en cas de lésion grave (p. ex., accident de la route, chute de hauteur, plaie pénétrante) et si le bilan évoquer une cause spécifique non mécanique (p. ex., une pyélonéphrite Pyélonéphrite chronique La pyélonéphrite chronique est une infection à pyogène continue du rein qui ne se manifeste presque exclusivement que chez le patient présentant des anomalies anatomiques importantes. Les symptômes... en apprendre davantage ).

Les radiographies standards permettent d'identifier la plupart des pertes de hauteur de disque, les spondylolisthésis antérieurs, les désalignements, les fractures (ou les fragilités) ostéoporotiques Fractures de fragilité L'ostéoporose est une maladie osseuse métabolique progressive, qui diminue la densité osseuse (masse osseuse par unité de volume), avec détérioration de l'architecture osseuse. La fragilisation... en apprendre davantage  Fractures de fragilité , l'arthrose Arthrose L'arthrose est une arthropathie chronique, caractérisée par la destruction, voire la disparition, du cartilage articulaire ainsi que d'autres modifications articulaires, dont une hypertrophie... en apprendre davantage Arthrose et d'autres anomalies osseuses graves (p. ex., dues à une infection ou à une tumeur); elles peuvent être utiles pour indiquer d'autres imagerie telles qu'une IRM ou une TDM. Cependant, elles n'identifient pas les anomalies des tissus mous (les disques) ou du tissu nerveux (comme dans nombre de troubles sévères).

Les examens complémentaires sont guidés par les examens cliniques et les causes suspectées. Des examens complémentaires sont également indiqués en cas d'échec du traitement initial ou si les symptômes se sont modifiés. Les tests de causes suspectes spécifiques comprennent les éléments suivants:

Traitement des douleurs du cou et du dos

Les troubles sous-jacents sont traités.

La douleur musculosquelettique aiguë (avec ou sans radiculopathie) est traitée par

  • Antalgiques

  • Stabilisation et exercices lombaires

  • Chaleur et froid

  • Modification de l'activité et repos (jusqu'à 48 heures) selon les besoins

  • Réconfort

Chez les patients qui ont une douleur dorsale aiguë non spécifique (non radiculaire), douleur du cou ou du bas du dos, le traitement peut être démarré sans évaluation approfondie pour identifier une étiologie spécifique.

Pièges à éviter

  • Traiter symptomatiquement les patients qui ont des douleurs dorsales non spécifiques et non radiculaires qui ne présentent aucun symptôme inquiétant, sans nécessiter une évaluation initiale.

Antalgiques

Le paracétamol ou les anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) sont le choix initial des antalgiques. Rarement des opiacés Antalgiques opiacés Les antalgiques opiacés et non opiacés sont les principaux médicaments utilisés pour traiter la douleur. Les antidépresseurs, les antiépileptiques et d'autres médicaments actifs sur le système... en apprendre davantage peuvent être nécessaires avec les précautions appropriées pour les douleurs sévères et aiguës. Une analgésie adéquate est importante immédiatement après une lésion aiguë, pour permettre de limiter le cycle douleur-spasme. Les preuves des bénéfices de l'utilisation chronique sont faibles ou absents, ainsi la durée d'utilisation d'opiacés doit être limitée.

Stabilisation et exercices lombaires et cervicaux

Lorsque la douleur aiguë aura diminué suffisamment et que le mouvement sera possible, un programme de stabilisation cervicale ou lombaire est débuté sous la supervision d'un kinésithérapeute. Ce programme doit être débuté dès que possible et comprend la restauration des mouvements, des exercices de renforcement des muscles paraspinaux et en association avec une formation aux postures de travail; l'objectif est de renforcer les structures de soutien du dos et de réduire le risque que le trouble ne devienne chronique ou récidivant. En cas de douleur du bas du dos, le renforcement des muscles «essentiels» (abdominaux et du bas du dos) est important et commence souvent par une progression allant du travail sur une table en décubitus ou couché sur le ventre, en quadrupède (à quatre pattes) et enfin en position debout.

Chaleur et froid

Les spasmes ou contractures aiguës d'origine musculaire, peuvent également être soulagés par le froid ou chaleur. Le froid est habituellement préféré à la chaleur pendant les 2 premiers jours après une blessure. La glace et les compresses froides ne doivent pas être directement appliquées sur la peau. Elles doivent être emballées dans des sacs (p. ex., en plastique) et placées sur une serviette ou des vêtements. La glace est retirée après 20 min, puis ultérieurement réappliquée pendant 20 min sur une période de 60 à 90 min. Ce processus peut être répété plusieurs fois pendant les 24 premières heures. La chaleur, en utilisant un coussin chauffant, peut être appliquée pendant la même période de temps. Puisque la peau du dos peut être insensible à la chaleur, le chauffage par des pansements chauds doit être effectué avec précautions pour éviter les brûlures. Il est recommandé aux malades de ne pas utiliser un coussin chauffant au coucher afin d'éviter une exposition prolongée due à l'endormissement avec le pansement chauffant encore sur leur dos. La diathermie permet de réduire la contracture musculaire et la douleur après la phase aiguë.

Corticostéroïdes

Chez les patients présentant des symptômes radiculaires sévères et des douleurs du bas du dos, certains recommandent un traitement par corticostéroïdes oraux ou un adressage précoce à un spécialiste pour un traitement par injection péridurale. Cependant, les preuves en faveur l'utilisation systémique et épidurale de corticostéroïdes sont controversées. Si une injection épidurale de corticostéroïde est prévue, il convient de pratiquer une IRM avant l'injection afin que la pathologie puisse être identifiée, localisée et traitée de façon optimale.

Myorelaxants

Les relaxants musculaires par voie orale (p. ex., cyclobenzaprine, méthocarbamol, métaxalone, benzodiazépines) sont controversés. Les bénéfices de ces médicaments doivent être mis en balance avec leurs effets sur le système nerveux central et d'autres effets indésirables, en particulier chez les patients âgés, qui ont de plus sévères effets négatifs. Les myorelaxants doivent être réservés aux patients présentant des spasmes musculaires visibles et palpables et ne pas être utilisés pendant plus de 72 heures sauf chez certains patients qui ont un syndrome douloureux central (p. ex., fibromyalgie Fibromyalgie La fibromyalgie est une affection non articulaire fréquente, mal compris, caractérisée par une douleur constante (parfois sévère); des douleurs musculaires généralisées, des zones situées autour... en apprendre davantage ;) chez lesquels la cyclobenzaprine nocturne peut faciliter le sommeil et réduire la douleur.

Repos et immobilisation

Bien qu'une brève période initiale (p. ex., 1 à 2 jours) de diminution de l'activité soit parfois nécessaire pour améliorer le confort, l'alitement prolongé, les tractions rachidiennes et des corsets sont inutiles. Les patients souffrant de douleur cervicale peuvent tirer profit d'une minerve cervicale et d'un collier cervical en mousse jusqu'à ce que la douleur disparaisse et qu'ils puissent participer à un programme de rééducation.

Manipulation rachidienne

Réconfort

Les médecins doivent rassurer les patients qui présentent une douleur musculosquelettique non spécifique aiguë car le pronostic est favorable et parce que l'activité et l'exercice sont sans danger même lorsqu'ils provoquent une certaine gêne. Les médecins doivent être méticuleux, convaincants, aimables, fermes et neutres. Si une dépression persiste pendant plusieurs mois, ou qu'un bénéfice secondaire est suspecté, une évaluation psychologique doit être envisagée.

Bases de gériatrie

Les douleurs lombaires touchent 50% des adultes de > 60 ans.

L'anévrisme de l'aorte abdominale Anévrismes de l'aorte abdominale Un diamètre de l'aorte abdominale ≥ 3 cm constitue généralement un anévrisme aortique abdominal. La cause est multifactorielle, mais l'athérosclérose est souvent en cause. La plupart des anévrismes... en apprendre davantage Anévrismes de l'aorte abdominale (et la TDM ou l'échographie pour le détecter) doit être envisagé chez le patient âgé présentant une douleur dorsale basse, sans traumatisme, en particulier celui qui fume ou présente une HTA, même si aucun signe clinique n'est en faveur de ce diagnostic.

L'imagerie de la colonne peut être utile chez les personnes âgées (p. ex., pour éliminer un cancer) même lorsque la cause semble en être des douleurs musculosquelettiques non compliquées.

L'utilisation des relaxants musculaires oraux (p. ex., cyclobenzaprine, méthocarbamol, métaxalone) et d'opiacés sont controversés; les effets anticholinergiques, sur le système nerveux central et d'autres effets indésirables peuvent surpasser les bénéfices potentiels chez les patients âgés.

Points clés des douleurs cervicales et lombaires

  • Les douleurs lombaires touchent 50% des adultes de > 60 ans.

  • La plupart des douleurs du cou et des régions lombaires sont provoquées par des pathologies mécaniques du rachis, habituellement non spécifiques, trouble musculosquelettique autolimité.

  • Le mal de dos est souvent multifactoriel, rendant difficile l'identification d'une étiologie spécifique.

  • La plupart des troubles mécaniques sont traités par des antalgiques, une mobilisation précoce et des exercices de renforcement musculaire; l'alitement prolongé et l'immobilisation sont à éviter.

  • En cas de lombalgie aiguë non radiculaire, le traitement peut être entrepris sans recherche approfondie d'une étiologie spécifique.

  • Bien que les troubles rachidiens ou extrarachidiens graves soient des causes inhabituelles, des signes d'alarme indiquent souvent la nécessité de pratiquer des tests.

  • L'évaluation de la fonction de la moelle épinière lors de l'examen clinique comprend des tests de la fonction du nerf sacré (p. ex., tonus rectal, réflexe anal, réflexe bulbocaverneux), des réflexes du genou et de la cheville et de la force motrice.

  • Les patients présentant des déficits neurologiques systématisés qui suggèrent une compression de la moelle épinière doivent subir une IRM ou une myélo-TDM dès que possible.

  • L'anévrisme de l'aorte abdominale doit être évoqué chez tout patient âgé présentant une douleur du dos qui n'est pas clairement mécanique, même si aucun signe clinique ne suggère ce diagnostic.

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