Étiologie
L'étiologie est essentiellement auto-immunitaire. Les facteurs de risque de développement d'une auto-immunité comprennent
Les facteurs génétiques comprennent la mutation AIRE d'un gène, qui est responsable du type 1, et certains sous-types HLA (human leukocyte antigen), qui sont importants dans le développement des types 2 et 3.
Les déclencheurs environnementaux comprennent des infections virales, des facteurs alimentaires, et d'autres expositions encore inconnues.
Les inhibiteurs des points de contrôle immunitaire (check-point inhibitors) Immunothérapie et ciblage des inhibiteurs des réponses immunitaires Un grand nombre de traitements immunologiques, d'immunothérapie active et passive, sont dirigés contre les cellules tumorales. (Voir aussi Immunothérapies.) Dans l'immunothérapie passive, les... en apprendre davantage , qui sont utilisés pour traiter certains types de cancer et qui sont associés à une maladie endocrinienne auto-immune, dont une hypophysite, une maladie thyroïdienne, une insuffisance surrénalienne primitive et un diabète de type 1, sont des déclencheurs.
Physiopathologie
La réaction auto-immunitaire sous-jacente associe la production d'auto-Ac dirigés contre les tissus endocriniens à une auto-immunité à médiation cellulaire Composantes cellulaires du système immunitaire Le système immunitaire est constitué d'éléments cellulaires et éléments moléculaires qui agissent ensemble pour détruire les antigènes. (Voir aussi Revue générale du système immunitaire.) Bien... en apprendre davantage qui entraînent une inflammation, une infiltration lymphocytaire et une destruction partielle ou complète de la glande. Bien que plus d'une glande endocrine soit impliquée, les manifestations cliniques ne sont pas toujours simultanées. Le processus auto-immun et la dysfonction du système endocrinien peuvent affecter les tissus non endocriniens.
Classification
Trois types d'atteintes polyendocriniennes auto-immunes ont été décrits dans le syndrome de déficience polyglandulaire (voir tableau Caractéristiques des syndromes de déficit polyglandulaires Caractéristiques des syndromes de déficit polyglandulaires Les syndromes déficitaires polyendocriniens sont caractérisés par la perte progressive, séquentielle ou simultanée, de la fonction de plusieurs glandes endocrines d'origine auto-immunitaire... en apprendre davantage ), qui correspondent probablement des troubles immunitaires différents. Certains experts associent les types 2 et 3 en un seul groupe. La prévalence du type 2 est d'environ 1 pour 1000 alors que celle du type 1 est d'environ 1 pour 100 000 (1 Référence pour la classification Les syndromes déficitaires polyendocriniens sont caractérisés par la perte progressive, séquentielle ou simultanée, de la fonction de plusieurs glandes endocrines d'origine auto-immunitaire... en apprendre davantage ).
Déficit polyglandulaire de type 1
Le déficit polyglandulaire de type 1, également connu sous le nom d'autoimmune polyendocrinopathy candidiasis ectodermal dystrophy (APECED), commence habituellement dans l'enfance. Il est causé par des mutations du gène AIRE et est hérité selon un modèle autosomique récessif. Il est défini par la présence de ≥ 2 des pathologies suivantes:
La candidose est habituellement la manifestation clinique initiale, survenant le plus souvent chez des enfants de < 5 ans. L'hypoparathyroïdie survient habituellement comme 2e manifestation, habituellement chez les patients de < 10 ans. Enfin, l'insuffisance surrénalienne survient chez les patients de < 15 ans. Troubles endocriniens et non endocriniens associés (voir tableau Caractéristiques des syndromes de déficit polyglandulaire Caractéristiques des syndromes de déficit polyglandulaires Les syndromes déficitaires polyendocriniens sont caractérisés par la perte progressive, séquentielle ou simultanée, de la fonction de plusieurs glandes endocrines d'origine auto-immunitaire... en apprendre davantage ) continuent d'apparaître au moins jusqu'à l'âge de 40 ans.
Déficience polyglandulaire de type 2
La déficience polyglandulaire de type 2, également connu sous le nom de syndrome de Schmidt, est habituellement observée chez l'adulte; le pic d'incidence est à 30 ans. Il est 3 fois plus fréquent chez la femme. Il est associé à certains génotypes de l'antigène leucocytaire humain (HLA) et a une hérédité polygénique. Il se manifeste typiquement par:
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Une hypothyroïdie Hypothyroïdie L'hypothyroïdie est un déficit en hormones thyroïdiennes. Elle est diagnostiquée par des signes cliniques tels qu'un faciès typique, une raucité et une lenteur de la voie, une peau sèche et... en apprendre davantage
ou une hyperthyroïdie Hyperthyroïdie L'hyperthyroïdie est caractérisée par un hypermétabolisme et une élévation des concentrations sériques d'hormones thyroïdiennes libres. Les symptômes sont nombreux, avec en particulier tachycardie... en apprendre davantage
Des signes plus rares peuvent également être présents (voir tableau Caractéristiques des syndromes de déficit polyglandulaire Caractéristiques des syndromes de déficit polyglandulaires Les syndromes déficitaires polyendocriniens sont caractérisés par la perte progressive, séquentielle ou simultanée, de la fonction de plusieurs glandes endocrines d'origine auto-immunitaire... en apprendre davantage ).
Déficit polyglandulaire de type 3
Le type 3 est une insuffisance glandulaire qui survient habituellement chez les adultes, en particulier chez les femmes d'âge moyen. Il est également associé à certains génotypes HLA et a une hérédité polygénique. Il est caractérisé par
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Au moins l'un d'une variété d'autres troubles (voir tableau Caractéristiques des syndromes de déficit polyglandulaire Caractéristiques des syndromes de déficit polyglandulaires Les syndromes déficitaires polyendocriniens sont caractérisés par la perte progressive, séquentielle ou simultanée, de la fonction de plusieurs glandes endocrines d'origine auto-immunitaire... en apprendre davantage )
Le type 3 n'implique pas le cortex surrénalien.
Référence pour la classification
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1. Husebye ES, Anderson MS, Kampe O: Autoimmune polyendocrine syndromes. New England Journal of Medicine 378:1132–1141, 2018. doi: 10.1056/NEJMra1713301
Symptomatologie
Le tableau clinique du syndrome déficitaire polyendocrinien combine les manifestations de chaque déficit endocrinien et celles des atteintes non endocriniennes; leur symptomatologie clinique est traitée ailleurs dans LE MANUEL. Les déficits n'apparaissent pas toujours simultanément et peuvent nécessiter plusieurs années pour se manifester; dans de tels cas, ils ne suivent pas une séquence particulière.
Diagnostic
Le diagnostic des syndromes de déficience polyglandulaire est évoqué cliniquement et confirmé par les déficits hormonaux. D'autres causes de déficit poly-endocrinien sont représentées par l'insuffisance hypothalamo-hypophysaire ou la coïncidence d'atteintes endocriniennes de causes différentes (p. ex., insuffisance surrénalienne tuberculeuse et hypothyroïdie non auto-immune chez le même patient).
Le déficit polyglandulaire de type 1 est associé à des auto-anticorps dirigés contre les interférons de type 1 et la présence de ces anticorps évoque le diagnostic, qui peut être confirmé par l'analyse mutationnelle du gène AIRE. La présence d'auto-anticorps dirigés contre les glandes endocrines atteintes permet de différencier les syndromes de déficit polyglandulaires d'autres causes, de même que l'augmentation des hormones hypophysaires trophiques (p. ex., la TSH) démontre la normalité de l'axe hypothalamo-hypophysaire (cependant, certains patients atteints de syndrome de déficit polyglandulaire de type 2 peuvent avoir une insuffisance hypothalamo-hypophysaire).
Il peut se passer des décennies jusqu'à ce que toutes les manifestations apparaissent, de sorte que le suivi à long terme est recommandé; la méconnaissance d'une hypoparathyroïdie ou une insuffisance surrénalienne peut menacer le pronostic vital.
La famille doit être informée du diagnostic et bénéficier d'un dépistage si cela apparaît pertinent. Un essai sur des parents de patients atteints de diabète de type 1 par développement d'une auto-immunité a observé chez eux des anticorps associés au diabète de type 1, à la maladie cœliaque et/ou à une maladie de la thyroïde chez 21,5% des sujets (1 Référence pour le diagnostic Les syndromes déficitaires polyendocriniens sont caractérisés par la perte progressive, séquentielle ou simultanée, de la fonction de plusieurs glandes endocrines d'origine auto-immunitaire... en apprendre davantage ).
Référence pour le diagnostic
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1. Winkler C, Jolink M, Knopff A, et al: Age, HLA, and sex define a marked risk of organ-specific autoimmunity in first-degree relatives of patients with type 1 diabetes. Diabetes Care 42:1684–1691, 2019. doi: 10.2337/dc19-0315
Traitement
Le traitement des différents déficits endocriniens est présenté ailleurs dans LE MANUEL; le traitement des déficits multiples peut être plus complexe que le traitement d'un déficit endocrinien isolé. Par exemple, le traitement de l'hypothyroïdie avec le remplacement de l'hormone thyroïdienne peut déclencher une crise surrénale chez les patients souffrant d'insuffisance surrénale non diagnostiquée.
La candidose cutanéomuqueuse chronique nécessite habituellement un traitement antifongique Traitement La candidose cutanéomuqueuse chronique est une infection candidosique persistante ou récidivante due à des défauts héréditaires des lymphocytes T. Des troubles auto-immuns et endocriniens peuvent... en apprendre davantage
permanent (p. ex., fluconazole ou kétoconazole).
Les essais cliniques d'interventions visant à ralentir le processus auto-immun dans le diabète de type 1 se sont montrés assez prometteurs en retardant la destruction complète des cellules bêta productrices d'insuline. Les traitements ayant été évalués comprennent l'immunothérapie et la transplantation de sang du cordon ombilical. Les autres traitements sont encore expérimentaux (1–3 Références pour le traitement Les syndromes déficitaires polyendocriniens sont caractérisés par la perte progressive, séquentielle ou simultanée, de la fonction de plusieurs glandes endocrines d'origine auto-immunitaire... en apprendre davantage ).
Références pour le traitement
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1. Cai J, Wu Z, Xu X, et al: Umbilical cord mesenchymal stromal cell with autologous bone marrow cell transplantation in established type 1 diabetes: A pilot randomized controlled open-label clinical study to assess safety and impact on insulin secretion. Diabetes Care 39:149–157, 2016.
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2. Haller MJ, Gitelman SE, Gottlieb PA, et al: Anti-thymocyte globulin/G-CSF treatment preserves bêta cell function in patients with established type 1 diabetes. J Clin Invest 125(1):448–455, 2015.
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3. Kroger CJ, Clark M, Ke Q, and Tisch RM: Therapies to suppress bêta cell autoimmunity in type 1 diabetes. Front Immunol 9:1891, 2018. doi: 10.3389/fimmu.2018.01891
Points clés
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Les syndromes déficitaires polyendocriniens comprennent des déficiences au niveau du fonctionnement de plusieurs glandes endocrines, ce qui peut se produire de façon simultanée ou séquentielle.
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Les organes non endocriniens peuvent également être touchés.
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La plupart des cas sont auto-immuns; les déclencheurs sont souvent inconnus, mais peuvent impliquer des virus, des substances alimentaires ou des médicaments.
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Les syndromes de déficit polyglandulaire se distinguent par les glandes affectées.
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Le traitement comprend le remplacement des hormones déficitaires.