Le Manuel MSD

Please confirm that you are a health care professional

Chargement

Revue générale des maladies parodontales

(Parodontite; pyorrhée)

Par

James T. Ubertalli

, DMD,

  • Hingham, MA

Dernière révision totale mai 2019| Dernière modification du contenu mai 2019
Cliquez ici pour l’éducation des patients
Ressources du sujet

La parodontite est une maladie chronique inflammatoire buccale qui détruit progressivement l'appareil de support des dents. Elle se présente généralement comme une aggravation de la gingivite puis, si elle n'est pas traitée, un déchaussement et la perte des dents. D'autres symptômes sont rares, sauf chez le patient présentant une infection au VIH ou chez qui des abcès se développent, ce qui entraîne souvent douleur et œdème. Le diagnostic repose sur l'examen clinique, le sondage parodontal et l'examen rx. Le traitement impose un curetage dentaire sous-gingival professionnel et un programme d'hygiène dentaire personnel très scrupuleux. Les cas les plus évolués peuvent nécessiter une antibiothérapie associée à un traitement chirurgical.

Physiopathologie

La parodontite se développe généralement suite à une gingivite qui n'a pas été correctement traitée avec une accumulation de plaque et de tartre sous-gingival (une concrétion de bactéries, de résidus alimentaires, de salive et de mucus avec des sels de calcium et de phosphate). Dans les parodontites, les poches parodontales profondes se forment dans le tissu parodontal et abritent des microrganismes anaérobies, plus virulents que ceux habituellement présents dans le cas de simples gingivites. Les microrganismes colonisateurs comprennent Aggregatibacter actinomycetemcomitans, Porphyromonas gingivalis, Eikenella corrodens, et de nombreux bacilles Gram négatifs.

Les microrganismes déclenchent la libération des médiateurs inflammatoires, dont des cytokines, des prostaglandines et des enzymes provenant des neutrophiles et des monocytes. L'inflammation affecte alors le ligament parodontal, la gencive, le cément et l'os alvéolaire. La gencive perd progressivement son adhérence à la dent, la perte osseuse débute et la profondeur des poches parodontales augmente. Avec la perte osseuse, les dents vont devenir mobiles, et les gencives se rétracter. Aux stades plus tardifs, on observe des migrations dentaires et une perte de dents peut survenir.

Facteurs de risque

Les facteurs de risque modifiables qui contribuent à la parodontite comprennent

La résolution de ces pathologies peut améliorer les résultats du traitement de la parodontite.

Classification

La reclassification des maladies et affections parodontales de l'American Academy of Periodontology (AAP) 2017 distingue à présent 3 formes de parodontite:

  • Parodontite nécrosante

  • La parodontite comme manifestation directe d'une maladie systémique

  • Parodontite

Les autres désignations établies par l'AAP sont les abcès du parodonte, la parodontite associée à des lésions endodontales et les déformations et les pathologies ou les déformations du développement ou acquises.

Les abcès parodontaux sont des accumulations de pus qui se produisent habituellement dans des poches préexistantes, parfois liées à des corps étrangers impactés. Les tissus peuvent être rapidement détruits, ce qui peut provoquer une perte des dents.

La parodontite associée à des lésions endodontiques implique une communication entre la pulpe et les tissus parodontaux.

Dans les difformités et les troubles du développement ou acquis, le problème occlusal qui provoque une surcharge dentaire excessive, plus la plaque et la gingivite déjà présentes, peuvent favoriser le développement d'un type particulier de parodontite caractérisée par des lésions osseuses angulaires.

Parodontite nécrosante

La parodontite nécrosante est une maladie particulièrement virulente et d'évolution rapide caractérisée par

  • Nécrose ou ulcération des papilles interdentaires

  • Saignement des gencives

  • Douleur

Chez certains patients, l'inflammation implique également la cavité buccale, entraînant une stomatite nécrosante.

La parodontite nécrosante est généralement observée en cas de déficit immunitaire et est donc souvent appelée parodontite associée au VIH parce que le VIH en est une cause fréquente. Cliniquement, elle ressemble à une gingivite ulcéronécrotique aiguë associée à une parodontite généralisée agressive. Les patients peuvent perdre de 9 à 12 mm d'attache en moins de 6 mois.

La parodontite comme manifestation directe d'une maladie systémique

La parodontite en tant que manifestation directe de la maladie systémique est envisagée chez les patients présentant une inflammation disproportionnée par rapport à la plaque ou d'autres facteurs locaux et également une maladie systémique. Cependant, il est souvent difficile de distinguer si une maladie est à l'origine de la parodontite ou si elle contribue à la parodontite induite par la plaque.

Les maladies systémiques associées à la maladie hématologique susceptibles de se manifester sous la forme de parodontite comprennent

Les maladies systémiques associées à des troubles génétiques qui peuvent se manifester sous la forme de parodontite comprennent

Parodontite

La classification précédente (1999) faisait la disctinction entre parodontite chronique et agressive. Cependant, bien que l'âge, la vitesse d'apparition et la gravité de la parodontite varient considérablement, la physiopathologie sous-jacente est à présent reconnue comme étant similaire et les données actuelles ne sont pas en faveur d'une telle distinction. La gravité de la maladie est à présent classée entre les stades I à IV et la vitesse de progression du grade A à C.

La parodontite peut commencer n'importe quand entre la petite enfance et l'âge adulte. Environ 85% de la population est affectée à un faible degré, mais les cas les plus avancés sont vus chez < 5% de la population.

Les facteurs de gravité importants comprennent

  • Importance de la perte des tissus de soutien (des tissus mous vers les dents)

  • Profondeur des poches

  • Quantité de perte osseuse vue sur la rx

Symptomatologie

Cette pathologie est habituellement indolore sauf en cas de surinfection aiguë d'une ou plusieurs poches parodontales ou de parodontite associée au virus VIH. L'impaction de nourriture dans les poches peut causer des douleurs pendant les repas. Une plaque dentaire abondante avec rougeur, tuméfaction et exsudat inflammatoire est un signe caractéristique. Les gencives sont en général douloureuses avec des saignements spontanés, la fétidité de l'haleine est également un signe évocateur. Les dents devenant mobiles, en particulier lorsque seul un tiers de la racine est dans l'os, la mastication devient douloureuse.

Diagnostic

  • Bilan clinique

  • Parfois, rx dentaires

L'examen clinique dentaire et parodontal associé au sondage mesurant les profondeurs des poches suffit généralement à établir le diagnostic. Des poches parodontales de profondeur supérieure à 4 mm révèlent l'existence d'une parodontite.

La rx montre une perte d'os alvéolaire en regard de ces poches parodontales.

Traitement

  • Traitement des facteurs de risque

  • Détartrage et surfaçage radiculaire

  • Parfois, antibiotiques appliqués localement et/ou antibiotiques par voie générale

  • Chirurgie ou extraction

Le traitement des facteurs de risque modifiables tels que la mauvaise hygiène bucco-dentaire, le diabète et le tabagisme améliore les résultats.

Pour toutes les formes de parodontite, la première phase de traitement consiste en un détartrage (nettoyage professionnel avec des instruments manuels ou à ultrasons) et un surfaçage (élimination du cément et de la dentine malades ou infiltrés par des toxines suivie d'un polissage de la racine). Une hygiène bucco-dentaire minutieuse est nécessaire et comprend un brossage approfondi, l'utilisation du fil interdentaire pour favoriser le nettoyage. Elle peut comprendre des tampons de chlorhexidine ou des rinçages. Un thérapeute doit apprendre au patient à effectuer ces procédures. Un contrôle est effectué à 3 semaines. Lorsque les poches parodontales se limitent à 4 mm de profondeur, le seul traitement préconisé consiste en des nettoyages réguliers. Parfois, un lambeau de tissu gingival est effectué pour permettre l'accès au détartrage et au surfaçage de parties plus profondes de la racine.

Lorsque des poches plus profondes persistent, on peut utiliser des antibiotiques par voie systémique. Le protocole fréquemment utilisé est l'amoxicilline 500 mg par voie orale 3 fois/jour pendant 10 jours. En outre, un gel de doxycycline ou des microsphères de minocycline peuvent être insérés dans les poches lors de parodontites réfractaires. Ces médicaments sont résorbés dans les 2 semaines.

Une autre approche consiste à éliminer chirurgicalement la poche parodontale et à remodeler l'os (chirurgie de réduction/d'élimination des poches) pour faciliter le nettoyage en profondeur du sillon normal existant entre la dent et la gencive (sulcus) par le patient. Chez certains patients, une chirurgie régénératrice et une greffe osseuse sont effectuées pour favoriser la régénération de l'os alvéolaire. La mise en place d'une contention pour maintenir les dents mobiles et un meulage sélectif des surfaces dentaires pour éliminer une malocclusion traumatique peuvent être envisagés. Des extractions sont souvent nécessaires pour les formes de parodontite les plus évoluées. Des facteurs systémiques favorisants doivent être maîtrisés avant de débuter la thérapeutique parodontale.

Quatre-vingt-dix pour cent des patients qui présentent une parodontite ulcéreuse nécrosante due au VIH (parodontite associée au VIH) répondent au traitement combiné de la plaque et associé au polissage, avec irrigation des poches à la povidone-iodée (appliquée par le dentiste au moyen d'une seringue adaptée), l'emploi régulier de chlorhexidine en bain de bouche avec une antibiothérapie systémique, généralement par le métronidazole 250 mg par voie orale 3 fois/jour pendant 14 jours.

La parodontite localisée agressive nécessite une chirurgie parodontale plus des antibiotiques oraux (p. ex., amoxicilline 500 mg 4 fois/jour ou métronidazole 250 mg 3 fois/jour pendant 14 jours).

Points clés

  • La parodontite est une réaction inflammatoire déclenchée par des bactéries de la plaque dentaire.

  • On observe une perte d'os alvéolaire, la formation de poches gingivales profondes, et finalement le déchaussement des dents.

  • Le traitement consiste en un détartrage et un surfaçage radiculaire, et parfois des antibiotiques et/ou une chirurgie.

Cliquez ici pour l’éducation des patients
REMARQUE : Il s’agit de la version professionnelle. GRAND PUBLIC : Cliquez ici pour la version grand public
Voir les

Également intéressant

RÉSEAUX SOCIAUX

HAUT