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Sélection d’actualités concernant le COVID-19

Page d’accueil des ressources concernant le COVID-19 

 

Le Manuel compile une sélection des actualités les plus importantes concernant le COVID-19, afin que tout le monde bénéficie des dernières informations.

Actualités compilées par le Dr Fred R. Himmelstein, membre du Collège américain des médecins urgentistes (Fellow of the American College of Emergency Physicians, FACEP).

                                                                  

  21 décembre 2020

Chez les patients hospitalisés atteints de COVID-19, l’association de baricitinib, un anti-inflammatoire, et de remdésivir était supérieure au remdésivir seul

 Un essai randomisé, en double aveugle et contrôlé contre placebo, publié en ligne dans la revue New England Journal of Medicine le 11 décembre 2020, a comparé le remdésivir, un antiviral, au remdésivir associé au baricitinib, un anti-inflammatoire (un inhibiteur de Janus kinase) chez 1 030 adultes hospitalisés atteints de COVID-19. Le critère d’évaluation principal, le délai médian jusqu’au rétablissement, était de 7 jours pour le traitement en association, contre 8 jours pour le remdésivir seul (P = 0,03). Dans l’analyse des sous-groupes, les patients recevant de l’oxygène à haut débit, ou une ventilation non invasive, à l’inclusion, se sont rétablis en 10 jours avec le traitement en association, contre 18 jours avec le remdésivir seul. La mortalité à 28 jours était de 5,1 % dans le groupe recevant l’association, et de 7,8 % dans le groupe témoin, cette différence n’ayant cependant pas atteint le seuil de signification statistique (risque relatif de décès de 0,65 ; IC à 95 % de 0,39 à 1,09).

lien : https://www.nejm.org/doi/10.1056/NEJMoa2031994

                                                                 

  18 décembre 2020

La transmission du COVID-19 parmi les élèves et le personnel des établissements scolaires en Italie

Une enquête épidémiologique détaillée a été menée pour déterminer le taux d’attaque secondaire des cas de COVID-19 survenant chez les enfants scolarisés et le personnel scolaire dans 41 classes de 36 écoles situées dans la province de Reggio d’Émilie, dans le nord de l’Italie, à partir de leur réouverture le 1er septembre et jusqu’au 15 octobre 2020. Il y avait 48 cas index (43 élèves, 5 membres du personnel) parmi environ 1 000 élèves et 200 membres du personnel. Pendant l’enquête épidémiologique, 1 200 contacts de ces cas index ont été étudiés et 38 cas secondaires ont été identifiés (3,8 %), tous résultant de cas recensés parmi les élèves. Cependant, le taux d’attaque secondaire variait largement entre les groupes d’âge, avec 14 cas en école maternelle et élémentaire ayant un taux d’attaque secondaire de 0,38 %, et 28 cas au collège et lycée ayant un taux d’attaque secondaire de 6,46 %. Le faible taux d’attaque secondaire dans les écoles maternelles et élémentaires correspondait aux résultats d’autres études publiées à ce jour. Cependant, les établissements du secondaire présentaient un taux de transmission considérablement plus élevé que celui rapporté dans de nombreuses études antérieures, mais pas dans toutes.

lien : https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC7730487/

                                                                

  10 décembre 2020

Document d’information de la FDA concernant le vaccin contre le COVID-19 de Pfizer-BioNTech

La FDA a mis à disposition le texte intégral du document d’information concernant le nouveau vaccin contre le COVID-19 de Pfizer-BioNTech qui est en cours d’examen aujourd’hui pour l’obtention d’une autorisation d’utilisation d’urgence (EUA).

lien : https://www.fda.gov/media/144245/download

                                                               

  8 décembre 2020

Les professionnels de la santé et les résidents des établissements de soins de longue durée se verront proposer le vaccin contre le COVID-19 dans la phase initiale du programme de vaccination

Les recommandations intermédiaires du Comité consultatif sur les pratiques d’immunisation (Advisory Committee on Immunization Practices, ACIP) concernant l’attribution du vaccin contre le COVID-19 ont été publiées dans le Rapport hebdomadaire sur la morbidité et la mortalité (Morbidity and Mortality Weekly Report) des CDC le 3 décembre 2020. Le rapport traite des recommandations concernant la phase initiale du programme national de vaccination contre le COVID-19. Le comité recommande de proposer le vaccin aux professionnels de la santé et aux résidents des établissements de soins de longue durée dans la phase initiale. Le rapport reconnaît que même si un ou plusieurs vaccins candidats obtiennent une autorisation d’utilisation d’urgence, on prévoit que la demande en vaccin dépasse les stocks disponibles pendant les premiers mois du programme national de vaccination. Le comité a indiqué que les établissements de soins de santé en général, et les établissements de soins de longue durée en particulier, peuvent être des lieux à haut risque pour l’exposition au SARS-CoV-2 et la transmission de ce dernier. Le comité considère que la protection des professionnels de la santé est essentielle pour préserver la capacité à soigner les patients atteints du COVID-19 ou d’autres maladies. Les résidents des établissements de soins de longue durée, en raison de leur âge, de leur taux élevé d’affections médicales sous-jacentes et du fait qu’ils vivent en collectivité, courent un risque élevé d’infection et de maladie grave due au COVID-19. Cela est souligné par la confirmation qu’en date du 15 novembre 2020, environ 500 000 cas de COVID-19 et 70 000 décès y étant associés avaient été signalés chez des résidents de maisons de retraite médicalisées.

Le groupe de travail sur le COVID-19 était composé d’experts dans le domaine des vaccins et de l’éthique. Ils ont tenu plus de 25 réunions pour examiner les données concernant les vaccins candidats, la surveillance et la modélisation du COVID-19, ainsi que la littérature concernant l’attribution des vaccins, publiée et incluse dans des rapports d’experts externes. En outre, sept réunions publiques de l’ACIP portant sur des sujets ayant trait au vaccin contre le COVID-19 ont eu lieu. Le comité a respecté des principes de maximisation des effets bénéfiques, de minimisation des effets préjudiciables, de promotion de la justice et d’atténuation des inégalités en matière de santé. La recommandation intermédiaire pourrait être mise à jour en fonction des données supplémentaires concernant la sécurité d’emploi et l’efficacité issues des essais cliniques de phase III et des conditions de l’autorisation d’utilisation d’urgence de la FDA.

lien : https://www.cdc.gov/mmwr/volumes/69/wr/mm6949e1.htm

                                                             

  7 décembre 2020

 Les variantes du SARS-CoV-2 sont associées à des différences en termes de résultats de la maladie

Plusieurs études ont observé des différences généralisées en termes de rapport infection/mortalité suite à l’infection par le SARS-CoV-2. La plupart des auteurs estiment que ces différences sont dues à des profils d’âge et de facteurs de risque différents, à la prévalence spécifique à l’âge du COVID-19 dans diverses populations et à l’amélioration du traitement depuis le début de la pandémie. Une étude publiée en prépublication sur le serveur medRxiv a cherché à déterminer si différentes souches du SARS-CoV-2 avaient des rapports infection/mortalité différents, permettant potentiellement d’expliquer l’hétérogénéité des rapports infection/mortalité dans plusieurs études. Les auteurs ont analysé les données concernant les génomes viraux et les résultats cliniques de 3 637 patients inclus dans la base de données de l’Initiative mondiale de partage des données concernant la grippe aviaire (Global Initiative on Sharing Avian Influenza Data, GISAID) et ont utilisé une analyse de régression logistique pour déterminer si certaines variantes étaient associées à la gravité de la maladie. Ils ont constaté qu’un grand nombre de variantes du virus étaient présentes dans l’étude. Douze variantes étaient considérées comme fréquentes et étaient présentes dans plus de 5 % de la population de l’étude. Parmi ces variantes fréquentes, seulement 2 étaient associées à une multiplication par deux ou plus du risque de résultats de maladie légère ou grave. Les chercheurs ont compté 157 variantes rares, dont 84 étaient associées à une multiplication par deux du risque de résultats de maladie légère ou grave (17 cas de maladie grave [rapport de cotes > 2] et 67 cas de maladie légère [rapport de cotes < 0,5]). L’ajout d’informations concernant les variantes génomiques virales a considérablement amélioré la précision d’un modèle de prédiction qui utilisait uniquement l’âge, le sexe et la zone géographique.

lien : https://www.medrxiv.org/content/10.1101/2020.12.01.20242149v1

                                                               

  3 décembre 2020

 Le syndrome confusionnel est fréquent au tableau clinique des patients âgés atteints du COVID-19

Le syndrome confusionnel est un stade aigu de confusion caractérisé par des troubles de l’attention, de la conscience et de la cognition. On sait que le syndrome confusionnel est un symptôme fréquent au tableau clinique des adultes âgés atteints d’une maladie grave et qu’il est associé à des résultats indésirables, y compris une hospitalisation prolongée et le décès. Une étude publiée dans la revue JAMA Network Online le 19 novembre 2020 a utilisé une cohorte de 847 patients consécutifs âgés de ≥ 65 ans s’étant présentés au service des urgences dans 7 centres aux États-Unis et ayant par la suite reçu un diagnostic de COVID-19. Un état confusionnel a notamment été observé chez 28 % des 847 patients, et constituait le symptôme principal au tableau clinique de 16 % de ces patients. Globalement, le syndrome confusionnel était le sixième en termes de fréquence parmi tous les symptômes et signes au tableau clinique des patients. De plus, 37 % des patients présentant un syndrome confusionnel ne présentaient aucun autre symptôme typique du COVID-19, comme la toux et la fièvre. La présence au tableau clinique d’un syndrome confusionnel était également liée de manière significative à une augmentation du risque de mauvais résultats d’hospitalisation, y compris du risque de séjour en unité de soins intensifs et du risque de décès. Les facteurs ayant contribué à déterminer si le tableau clinique d’un patient inclurait un syndrome confusionnel comprenaient le fait d’être âgé(e) de > 75 ans, de vivre en résidence pour personnes dépendantes ou en maison de retraite médicalisée, d’avoir précédemment pris des drogues psychoactives, de souffrir d’une déficience visuelle ou auditive, d’avoir eu un accident vasculaire cérébral et d’être atteint(e) de la maladie de Parkinson. Cette étude souligne l’importance du syndrome confusionnel comme symptôme au tableau clinique du COVID-19 chez les patients âgés.

lien : https://jamanetwork.com/journals/jamanetworkopen/fullarticle/2773106

                                                             

  2 décembre 2020

 L’hyperglycémie lors de l’hospitalisation est un facteur prédictif important de mortalité chez les patients hospitalisés atteints de COVID-19, indépendamment du diabète

Le diabète est un facteur de risque connu de forme grave du COVID-19 et de décès. Il est intéressant de noter qu’une étude publiée dans la revue Annals of Medicine a montré que la seule présence d’un taux de glucose sérique élevé, indépendamment du diagnostic de diabète, est corrélée à la gravité et à la mortalité du COVID-19. Des chercheurs espagnols ont utilisé un registre national pour analyser les données de 11 312 patients positifs au COVID-19 provenant de 109 hôpitaux espagnols et recueillies entre le 1er mars et le 31 mai 2020. Les chercheurs ont considéré que les patients étaient diabétiques lorsque leur dossier comportait un diagnostic de diabète ou des preuves de la prise d’un traitement contre le diabète lors de l’hospitalisation.

Les patients ont été caractérisés en trois groupes en fonction de leur taux de glycémie lors de l’hospitalisation : Normal (< 140 mg/dL), high (140–180 mg/dL), and very high blood glucose (> 180 mg/dl). Même après correction pour tenir compte des autres facteurs de risque (y compris un précédent diabète) dans un modèle de régression de Cox multivarié, le taux de glycémie restait un facteur prédictif significatif de décès, le groupe très élevé ayant un risque relatif (RR) de 1,50, un IC à 95 % de 1,31 à 1,73, une valeur de p < 0,001, et le groupe élevé ayant un RR de 1,48, un IC à 95 % de 1,29 à 1,70 et une valeur de p < 0,001.

lien : https://www.tandfonline.com/doi/abs/10.1080/07853890.2020.1836566

                                                            

  30 novembre 2020

 Les « orteils COVID » : une manifestation d’interféronopathie d’origine virale

Au cours de la pandémie de COVID-19, des cas de taches rouges prurigineuses et douloureuses, de gonflements et de formation de cloques affectant les orteils et, dans de rares cas, les talons et les doigts ont été signalés. Ce sont là des symptômes d’engelures, mais dans le cadre de la pandémie, cette affection a été rebaptisée « orteils COVID ». Un rapport de série de cas dans la revue JAMA Dermatology s’est intéressé à 40 patients s’étant présentés à l’unité COVID d’un hôpital de Nice avec des lésions semblables à des engelures, sur une période de moins de deux semaines. Ce tableau clinique était très inhabituel, car Nice est située dans une zone de climat tempéré. Les manifestations de lésions semblables à des engelures correspondaient à la propagation locale du SARS-CoV-2. La plupart des patients étaient jeunes, d’un âge médian de 22 ans (plage de 12 à 67 ans), et sans problèmes médicaux supplémentaires. Les chercheurs ont constaté que ces patients présentaient tous des signes de réponse immunitaire hyperactive. Il convient de noter que tous les patients de la série de cas avaient un résultat négatif au test PCR pour le COVID-19, et seulement 30 % environ d’entre eux avaient des anticorps dirigés contre le virus. Parmi les autres observations supplémentaires fréquentes, on compte une augmentation du taux de D-dimères, une inflammation lymphocytaire, des lésions vasculaires détectées par biopsie cutanée et une réponse interféron alpha significative par rapport aux patients atteints d’une infection aiguë par le COVID-19, positive au test PCR. Vingt-quatre patients (60 %) ont signalé avoir été en contact avec des cas potentiels de COVID-19, et 11 patients (27,5 %) correspondaient à la définition d’un cas potentiel de COVID-19 dans les 6 semaines précédant l’apparition des engelures.

 

L’article a examiné le lien potentiel entre ces lésions cutanées et l’infection par le SARS-CoV-2. Les chercheurs ont observé une réponse interféron alpha significativement plus élevée chez les patients présentant des lésions semblables des engelures que chez les patients atteints d’une forme modérée ou grave du COVID-19. La production d’interféron alpha est plus importante chez les jeunes enfants et les jeunes adultes, puis diminue avec l’âge. Les auteurs soulignent qu’à leur connaissance, la littérature médicale n’a jamais signalé de lésions semblables à des engelures dans le cadre de la description des formes modérées ou graves de COVID-19. Selon eux, la réponse interféron de type I exagérée pourrait également expliquer le taux relativement faible de séropositivité chez les patients présentant des lésions semblables à des engelures, car ces patients ont pu éliminer l’infection par le SARS-CoV-2 avant l’apparition de l’immunité humorale. L’article a conclu que ces lésions étaient des manifestations d’une interféronopathie d’origine virale et a suggéré que cette interféronopathie était causée par l’infection par le SARS-CoV-2, mais a indiqué que les chercheurs ne disposaient pas de preuves définitives de l’existence d’un lien de causalité entre le COVID-19 et l’apparition de lésions semblables à des engelures.

lien : https://jamanetwork.com/journals/jamadermatology/fullarticle/2773121

                                                           

  24 novembre 2020

 La FDA accorde une AUU pour le premier kit de test de dépistage à domicile du COVID-19

Lucira Health a reçu une autorisation d’utilisation d’urgence (AUU) de la FDA pour un kit de test d’autodépistage du COVID-19. Ce kit de test de dépistage tout-en-un est destiné à détecter le virus SAR-CoV-2 responsable du COVID-19. Le test de dépistage utilise une technologie appelée réaction d’amplification isothermique à médiation par boucle (loop-mediated isothermal amplification, LAMP). La LAMP utilise une technique à tube unique pour l’amplification de l’acide nucléique. Elle peut également être utilisée pour l’ARN en ajoutant une étape supplémentaire qui nécessite une transcription inverse. Si l’ARN caractéristique du SARS-CoV-2 est présent dans l’échantillon, la LAMP amplifie à plusieurs reprises l’acide nucléique, ce qui modifie la turbidité de l’échantillon, qui peut ensuite être lu par l’unité de test. Le kit de test de dépistage tout-en-un du COVID-19 de Lucira dispose d’une autorisation d’utilisation à domicile sur ordonnance pour les personnes âgées de 14 ans et plus chez qui une maladie à COVID-19 est suspectée par un prestataire de santé. Le test de dépistage dispose également d’une autorisation d’utilisation dans les établissements de soins (p. ex., les cabinets médicaux, les hôpitaux, les centres de soins d’urgence et les services des urgences) et chez les personnes âgées de 13 ans et moins lorsque l’échantillon est recueilli par un prestataire de santé. Le test de dépistage de Lucira est parvenu à détecter avec précision 94,1 % des infections lors de sa comparaison à d’autres tests PCR à haute sensibilité. La sensibilité du test de dépistage diminue lorsque la charge virale est faible. À l’exclusion des échantillons présentant de très faibles taux de virus pouvant ne plus refléter une infection active, Lucira a obtenu une concordance positive à 100 % avec les autres tests PCR. Le test de dépistage n’a pas été évalué chez les personnes asymptomatiques.

 

La procédure de test de dépistage est la suivante : Vous placez le flacon fourni dans l’unité de test de dépistage à piles, utilisez l’écouvillon dans votre nez (comme pour les autres tests nasaux de dépistage du COVID-19), remuez l’échantillon d’un mouvement circulaire dans le liquide du flacon, puis fermez le flacon et appuyez jusqu’à ce que vous entendiez un clic et que le voyant « Ready (Prêt) » commence à clignoter. Une fois le test de dépistage terminé, une lumière s’allume pour indiquer un résultat positif ou négatif dans un délai d’environ 30 minutes.

lien vers le communiqué de presse : https://www.fda.gov/news-events/press-announcements/coronavirus-covid-19-update-fda-authorizes-first-covid-19-test-self-testing-home

lien : https://www.fda.gov/media/143810/download

                                                          

  23 novembre 2020

  Le déploiement vaccinal est un élément essentiel d’une stratégie réussie

Cette étude, « Résultats cliniques d’un vaccin contre le COVID-19 : la mise en œuvre plutôt que l’efficacité », menée par A. David Paltiel, Jason L. Schwartz, Amy Zheng et Rochelle P. Walensky, a modélisé les résultats théoriques obtenus dans la population par des vaccins ayant un degré d’efficacité variable en termes de réduction de la sensibilité à l’infection, de la progression de la maladie et de la gravité de la maladie. Les résultats d’intérêt dans la population comprenaient les infections, les hospitalisations et les décès cumulés. Les chercheurs ont également examiné la manière dont les résultats pourraient varier selon différentes hypothèses de départ, y compris la vitesse du déploiement à grande échelle, le degré d’acceptation du grand public et l’évolution de l’épidémiologie de la maladie (p. ex.,, nombre de reproduction effectif, ou Reff).

Ils ont découvert que la manière dont un vaccin est déployé au sein d’une population (c.-à-d., le rythme de fabrication, de livraison et d’administration, et l’étendue de la couverture) avait autant d’effet sur les résultats que l’efficacité biologique réelle du vaccin. Des performances élevées pour l’une des variables vaccinales ne permettaient pas de compenser de faibles performances pour les autres, et il était essentiel d’atteindre et de maintenir un Reff faible (c.-à-d., par le biais de mesures de santé publique) tout au long du déploiement de la vaccination, et pas seulement au début de celui-ci.

lien : https://www.healthaffairs.org/doi/10.1377/hlthaff.2020.02054

                                                       

  10 novembre 2020

  Une variante du virus SARS-CoV-2 peut échapper à l’immunité médiée par les anticorps

Des chercheurs du Centre de recherche virale de l’Université de Glasgow (University of Glasgow Centre for Viral Research) ont publié leurs observations concernant N439K, une variante du virus SARS-CoV-2 présentant une mutation du motif de liaison au récepteur lui permettant d’échapper à l’immunité médiée par les anticorps tout en maintenant sa virulence. La variante N439K a d’abord été identifiée en Écosse, puis est apparue dans 12 pays, y compris aux États-Unis. Elle est la deuxième variante la plus fréquemment observée à l’échelle mondiale.

Le domaine de liaison au récepteur (RBD) est la partie de la protéine Spike virale qui permet au virus de pénétrer dans les cellules. La cible principale de la réponse des anticorps neutralisants dans le RBD est une zone appelée le motif de liaison au récepteur (RBM). Les chercheurs ont observé une plus grande plasticité et une conservation moins importante du motif de liaison au récepteur par rapport au RBD ou à la protéine Spike entière. La variante de liaison au récepteur présentant la mutation N439K est associée à une maladie à spectre clinique similaire ainsi qu’à des charges virales légèrement plus élevées in vivo, par rapport aux variantes de type sauvage ne présentant pas cette mutation. En outre, les chercheurs ont constaté que la variante se liait mieux aux cellules humaines dans les cultures cellulaires et qu’elle se multipliait un peu plus rapidement. Les chercheurs ont évalué des isolats d’anticorps monoclonaux provenant de personnes s’étant rétablies d’une infection par le SARS-CoV-2 au début de la pandémie, ainsi que les anticorps monoclonaux REGN10933, REGN10987, LY-CoV555 et S309. Ils ont constaté que 15,5 % des anticorps monoclonaux présentaient une réduction de > 50 % de la liaison au domaine de liaison au récepteur de la mutation N439K. Le rapport suggère que la surveillance de l’évolution du SARS-CoV-2 sera importante. En dépit de l’évolution lente du SARS-CoV-2 et du fait qu’il soit probablement contrôlable à l’heure actuelle par un seul vaccin, une accumulation de variations dans le RBM pourrait risquer de compromettre ce contrôle, particulièrement pour les individus présentant une réponse modérée des anticorps à la vaccination ou à l’infection.

lien : https://www.biorxiv.org/content/10.1101/2020.11.04.355842v1.full.pdf

                                                        

  4 novembre 2020

  Un taux élevé de troponine prédit la mortalité à 30 jours chez les patients atteints du COVID-19

Une étude de cohorte observationnelle publiée dans la revue Journal of the American Heart Association le 30 octobre 2020 a identifié 446 patients atteints du COVID-19 chez lesquels les biomarqueurs sériques suivants ont été mesurés : troponine I (TnI), peptide natriurétique de type B, protéine C réactive, ferritine et D-dimère. Le critère d’évaluation principal de l’étude était la mortalité à l’hôpital à 30 jours. Les chercheurs ont constaté que l’élévation de ces biomarqueurs était fréquente chez les patients atteints d’une forme grave du COVID-19, mais que seule l’élévation de la troponine I prédisait indépendamment la mortalité à 30 jours. Avec les données recueillies au sujet des patients de ce groupe, ils ont établi un score de risque de mortalité à 30 jours. Ce score a été calculé pour chaque patient : 2 points pour une élévation sévère de la troponine (taux de troponine ≥ 0,34 ng/ml), 1 point pour un âge compris entre 65 et 74 ans, 2 points pour un âge supérieur à 75 ans et 1 point pour une hypoxie au tableau clinique. Les patients ayant un score de 0 étaient associés à une mortalité à 30 jours de 0 %, tandis que les patients ayant un score de 5 étaient associés à une mortalité à 30 jours de 65,5 %. De manière globale, les patients ayant un score inférieur à 3 étaient associés à une mortalité à l’hôpital à 30 jours de 5,9 %, tandis que les patients ayant un score de 3 ou plus étaient associés à une mortalité à 30 jours de 43,7 %. La validation du score de risque a été effectuée à l’aide d’une cohorte de patients indépendante (n = 440) issue de patients de la plus grande cohorte chez qui seule la troponine sérique, et non l’ensemble des biomarqueurs, avait été mesurée.

lien : https://www.ahajournals.org/doi/10.1161/JAHA.120.018477

                                               

  2 novembre 2020

  Les anticorps monoclonaux dirigés contre le COVID-19 s’avèrent prometteurs dans un essai en cours

Dans un communiqué de presse du 28 octobre 2020, Regeneron a mis à jour les résultats de l’essai en ambulatoire en cours portant sur son cocktail d’anticorps monoclonaux, le REGN-COV2 (une association de deux anticorps monoclonaux). Cette mise à jour a ajouté 524 patients supplémentaires aux 275 patients initialement mentionnés dans un précédent communiqué de presse. Il s’agit d’un essai randomisé mené en double aveugle et visant à mesurer les effets de l’ajout du REGN-COV2, par rapport à un placebo, au traitement recommandé habituel. Regeneron a annoncé que l’essai de phase 2/3 en cours portant sur son cocktail d’anticorps monoclonaux avait obtenu des résultats positifs et répondait au critère d’évaluation principal ainsi qu’à un critère d’évaluation secondaire principal. Le REGN-COV2 a en particulier réduit de manière significative la charge virale et le nombre de consultations médicales dans une cohorte de patients atteints d’une forme légère à modérée du COVID-19. Regeneron a partagé ces résultats avec la FDA américaine, qui examine actuellement une demande d’autorisation d’utilisation d’urgence du REGN-COV2 à faible dose pour le traitement des adultes atteints d’une forme légère à modérée du COVID-19 qui présentent un risque élevé de résultats défavorables.

lien vers le communiqué de presse : https://newsroom.regeneron.com/news-releases/news-release-details/regenerons-covid-19-outpatient-trial-prospectively-demonstrates

                                                   

  30 octobre 2020

  La production d’auto-anticorps est fréquente chez les patients atteints d’une forme grave du COVID-19

Une récente étude devant être revue par un comité de lecture a révélé qu’environ la moitié des patients atteints d’une forme grave du COVID-19 présentaient des auto-anticorps sériques, principalement des anticorps antinucléaires (AAN) et un facteur rhumatoïde (FR). Cette étude rétrospective a inclus 52 patients n’ayant aucun antécédent de troubles auto-immuns. Conformément à l’échelle de gravité du COVID-19 des NIH, 50 patients appartenaient à la catégorie « critique », tandis que deux d’entre eux présentaient une forme grave de la maladie. Le test de détection des anticorps antinucléaires était positif (titre ≥ 1:80) chez 44 % des patients et le test de détection du facteur rhumatoïde était positif chez 24 %. On suppose que ces auto-anticorps pourraient contribuer à la gravité de la forme aiguë du COVID-19 et, s’ils persistent dans l’organisme, pourraient également être responsables des cas de « COVID-19 persistant ». L’étude n’a pas été conçue pour démontrer l’existence d’un lien de cause à effet, et les auteurs reconnaissent qu’il est possible que les auto-anticorps soient simplement une conséquence du COVID-19 (et potentiellement d’autres maladies virales graves) plutôt qu’une cause. Cependant, ce résultat pourrait fournir davantage de preuves pour soutenir l’utilisation d’immunomodulateurs dans le cadre d’une forme grave de COVID-19, ainsi qu’un moyen d’identifier les patients candidats à cette intervention. L’un des auteurs, Matthew Woodruff, a également publié en ligne une discussion moins technique concernant l’étude et ses résultats dans la revue The Conversation, le 23 octobre 2020.

lien vers l’étude : https://www.medrxiv.org/content/10.1101/2020.10.21.20216192v2

                                                  

  27 octobre 2020

  Perspectives concernant une éventuelle autorisation d’utilisation d’urgence pour les vaccins contre le COVID-19

Une perspective publiée dans la revue New England Journal of Medicine le 16 octobre 2020 aborde certains problèmes liés à la mise à disposition d’un vaccin contre le COVID-19 dans le cadre d’une autorisation d’utilisation d’urgence. Les auteurs soulignent la nécessité de peser l’urgence d’avoir un vaccin en réponse à une grave urgence de santé publique contre la nécessité d’avoir suffisamment de données concernant sa sécurité d’emploi et son efficacité. Les auteurs abordent le raisonnement sur lequel se base leur recommandation de surveiller les participants aux essais cliniques pendant deux mois après l’administration d’un vaccin, afin de recueillir des données adéquates pour appuyer une autorisation d’utilisation d’urgence. Ils soulignent que si la plupart des événements indésirables liés aux vaccinations surviennent en général dans un délai de six semaines suivant l’administration d’un vaccin, une plus longue période de suivi est nécessaire pour effectuer des évaluations complètes de la sécurité d’emploi et de l’efficacité. Ils avertissent que toute réduction de cette période de suivi minimale compromettrait la crédibilité scientifique et la confiance du public dans la décision d’autoriser l’utilisation d’un vaccin dans le cadre d’une autorisation d’utilisation d’urgence.

lien : https://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMp2031373

                                                 

  26 octobre 2020

  Un nouveau cofacteur facilite l’infectiosité du SARS-CoV-2

Dans le but de comprendre pourquoi le SARS-CoV-2 est très infectieux et pourquoi le virus affecte un si grand nombre de systèmes d’organes, contrairement au SARS-CoV, des chercheurs ont comparé la structure des protéines Spike virales respectives de ces deux virus à l’aide d’un séquençage génomique. Ils ont constaté que le SARS-CoV-2 a acquis une petite séquence d’acides aminés qui semble imiter une séquence protéique présente dans les protéines humaines qui interagissent avec la neuropiline-1 (NRP1). Cette séquence est également présente dans les protéines S de nombreux virus humains dévastateurs, notamment le virus Ebola, le VIH-1 et certaines souches hautement pathogènes de la grippe aviaire. Les chercheurs pensent que le NRP1 est un cofacteur impliqué dans l’entrée du virus dans les cellules et qu’il améliore la capacité du virus à infecter les cellules présentant une faible expression du récepteur de l’enzyme de conversion de l’angiotensine 2 (ACE2). Le NRP1 se trouve dans l’épithélium respiratoire et olfactif. L’une des raisons pour lesquelles le SARS-CoV-2 a un taux élevé de transmission par rapport au SARS-CoV est que le virus qui cause le COVID-19 infecte les voies respiratoires à la fois supérieures et inférieures. Cela signifie par conséquent que le SARS-CoV-2 est présent dans les muqueuses nasales et qu’il est plus facilement éliminé et dispersé par la toux, les éternuements et la respiration. L’équipe de recherche a pu démontrer que ce fragment supplémentaire de protéine Spike virale sur le virus SARS-CoV-2 se lie au récepteur NRP1 à la surface des cellules humaines et que cette liaison potentialise de manière significative l’entrée du virus dans les cellules via le récepteur ACE2. Les auteurs ont expliqué que, bien que l’attention se soit jusqu’ici presque entièrement concentrée sur le rôle des récepteurs ACE2 dans l’entrée du SARS-CoV-2 dans les cellules, ces nouvelles connaissances révèlent comment le virus peut exploiter le récepteur NRP1 pour pénétrer dans les cellules. Cela pourrait expliquer pourquoi le schéma de l’expression des récepteurs ACE2 ne correspond pas au tropisme tissulaire du SARS-CoV-2. Cette découverte, publiée dans la revue Science le 20 octobre 2020, a été réalisée par une équipe d’investigateurs allemands et finlandais et il est important de noter qu’elle fournit une voie de développement précédemment inconnue pour les traitements antiviraux.

lien : https://science.sciencemag.org/content/early/2020/10/19/science.abd2985

                                                

  21 octobre 2020

  Les manifestations neurologiques sont fréquentes chez les patients hospitalisés atteints de COVID-19

Une étude rétrospective portant sur 509 patients consécutifs atteints de COVID-19 hospitalisés entre le 5 mars et le 6 avril dans 10 hôpitaux du Northwestern Medicine Healthcare System, dans la région de Chicago, a recherché la présence de symptômes neurologiques lors de l’hospitalisation de ces patients et pendant leur séjour à l’hôpital. Dans cette étude, publiée dans la revue Annals of Clinical and Translational Neurology, les manifestations neurologiques étaient des myalgies (44,8 %), des céphalées (37,7 %), une encéphalopathie (31,8 %), des étourdissements (29,7 %), une dysgueusie (15,9 %) et une anosmie (11,4 %). Les accidents vasculaires cérébraux, les troubles du mouvement, les déficits moteurs et sensoriels, l’ataxie et les crises convulsives étaient peu fréquents (0,2 à 1,4 % des patients chacun). L’encéphalopathie était associée à une durée d’hospitalisation trois fois plus longue et à de moins bons résultats cliniques après la sortie de l’hôpital. Lorsque cet éventail de symptômes neurologiques est pris en compte, y compris les céphalées, les myalgies, l’encéphalopathie, les étourdissements, la dysgueusie et l’anosmie, il s’avère que 82 % des patients en ont présenté ou manifesté un certain type. L’étude a montré que des manifestations neurologiques surviennent chez la plupart des patients hospitalisés atteints de COVID-19 et que l’encéphalopathie était indépendamment associée à une augmentation de la morbidité et de la mortalité.

lien : https://onlinelibrary.wiley.com/doi/full/10.1002/acn3.51210

                                        

  20 octobre 2020

  La probabilité que les femmes enceintes infectées par le SARS-CoV-2 transmettent le virus à leurs nouveau-nés est faible

Une étude publiée en ligne dans la revue JAMA Pediatrics le 12 octobre 2020 révèle qu’il ne serait pas nécessaire de séparer les mères positives au COVID-19 de leurs nouveau-nés et que l’allaitement direct semble sûr. L’analyse d’une cohorte rétrospective des 101 premiers nouveau-nés de 100 mères atteintes d’une infection périnatale par le SARS-CoV-2 dans deux grands hôpitaux affiliés au Centre médical Irving de l’Université Columbia (Columbia University Irving Medical Center), entre le 13 mars et le 24 avril 2020, a révélé que l’incidence globale de transmission du virus était de 2,0 % (IC à 95 % : entre 0,2 et 7,0 % ; 2 nouveau-nés) et aucune preuve d’infection clinique n’a été observée parmi la cohorte de nourrissons.En outre, 55 nourrissons ont été suivis au cours des 2 premières semaines de vie dans une nouvelle clinique de suivi du COVID-19 chez les nouveau-nés, qui sont tous restés en bonne santé. À la connaissance de l’auteur, il s’agit de la plus grande série de nouveau-nés de mères atteintes d’une infection par le SARS-CoV-2 confirmée ou suspectée à ce jour.Dans l’ensemble, aucune preuve clinique d’infection néonatale par le COVID-19 n’a été observée. L’étude préconise de maintenir les pratiques de soins aux nouveau-nés fondées sur des données probantes, telles que la cohabitation de la mère et du nouveau-né, l’établissement de l’allaitement et le report du bain, et suggère qu’il ne serait pas nécessaire de séparer les mères positives au SARS-CoV-2 et leurs nouveau-nés et d’éviter l’allaitement direct.

lien : https://jamanetwork.com/journals/jamapediatrics/fullarticle/2771636

                                              

  19 octobre 2020

  Une étude menée par l’Organisation mondiale de la Santé révèle que le remdésivir et d’autres médicaments repositionnés sont inefficaces contre le COVID-19 

L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) a récemment mené un essai randomisé à grande échelle, mais sans aveugle et non contrôlé par placebo, afin d’évaluer l’efficacité de quatre médicaments antiviraux repositionnés dans le cadre du traitement du COVID-19. Les médicaments antiviraux comprenaient le remdésivir, l’hydroxychloroquine, le lopinavir (association à dose fixe avec le ritonavir) et l’interféron. L’essai a inclus 11 266 patients adultes atteints du COVID-19, admis dans 405 hôpitaux répartis dans 30 pays. Les patients ont été randomisés pour recevoir différents groupes de médicaments et ont reçu les médicaments à l’étude qui étaient disponibles localement ou le témoin en ouvert. Dans le cadre de cette étude, 2 750 patients ont reçu du remdésivir, 954 ont reçu de l’hydroxychloroquine, 1 411 ont reçu du lopinavir, 651 ont reçu de l’interféron et du lopinavir, 1 412 n’ont reçu que de l’interféron, et 4 088, le groupe témoin, n’ont reçu aucun des médicaments à l’étude. L’étude a révélé qu’aucun de ces médicaments ne réduisait l’instauration de la ventilation, la mortalité ou la durée de l’hospitalisation comparativement au groupe témoin. Les données non soumises à un comité de lecture ont été publiées sur le serveur de prépublication medRxiv par les investigateurs de l’essai SOLIDARITY.

lien : https://www.medrxiv.org/content/10.1101/2020.10.15.20209817v1

                                              

  15 octobre 2020

  Décès excédentaires et effets de la pandémie de COVID-19 

Un éditorial publié dans le numéro du 12 octobre 2020 de la revue Journal of the American Medical Association a résumé et commenté plusieurs rapports publiés dans ce même numéro de la revue concernant la mortalité, le coût économique et le coût émotionnel de la pandémie de COVID-19 aux États-Unis. Entre le 1er mars et le 1er août 2020, 1 336 561 décès au total sont survenus aux États-Unis, soit une augmentation de 20 % comparativement aux prévisions, ce qui représente 225 530 décès excédentaires, dont 67 % étaient directement attribuables au COVID-19. Les autres décès excédentaires peuvent raisonnablement être attribués à d’autres facteurs liés à la pandémie. La projection de cette période de 5 mois sur le reste de l’année 2020 suggère que plus de 400 000 décès excédentaires surviendront cette année, ce qui s’approcherait du nombre de décès dus à la Seconde Guerre mondiale recensés aux États-Unis. Un autre article souligne les autres conséquences de la pandémie, suggérant que pour chaque décès, on estime que neuf membres de la famille sont affectés par un deuil prolongé ou des symptômes de trouble de stress post-traumatique. Enfin, un autre article estime le coût financier de la pandémie.

lien : https://jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/2771758

                                            

  13 octobre 2020

  Le SARS-CoV-2 désactive les freins du système immunitaire, ce qui entraîne des lésions des tissus sains par l’intermédiaire de la cascade de la voie alterne du complément

Le virus SARS-CoV-2 a la capacité de provoquer l’attaque des cellules saines par le système immunitaire. Des chercheurs de la Faculté de médecine de l’Université Johns Hopkins (Johns Hopkins University School of Medicine) ont identifié un mécanisme par lequel le virus permet à une série en cascade de réactions biologiques appelée la voie alterne du complément (VAC) d’attaquer et d’endommager des organes sains. Le rôle de l’activation du complément et sa contribution à la gravité de la maladie sont de plus en plus reconnus dans le cadre du COVID-19, mais le mécanisme d’activation du complément restait jusqu’ici inconnu. En se basant sur des recherches antérieures, des recherches ont découvert que le virus se lie à l’héparane sulfate, un glucide complexe présent à la surface des cellules, afin de se lier ensuite au récepteur ACE2, ce qui lui permet de pénétrer dans la cellule en question. Outre l’interaction avec le virus, l’héparane sulfate présent à la surface des cellules joue également un rôle important dans la liaison au facteur H, un régulateur négatif de la VAC. Lorsque le virus SARS-CoV-2 se lie à l’héparane sulfate présent à la surface des cellules, il empêche la liaison du facteur H, l’empêchant également de réguler la voie alterne du système du complément. Cette perte de régulation inhibitrice libère la VAC, ce qui entraîne des lésions des tissus et organes sains provoquées par le système immunitaire. L’équipe de recherche a observé qu’en bloquant une autre protéine appelée facteur D, qui agit en amont du facteur H dans la voie, elle a pu arrêter la suite d’événements dévastatrice déclenchée par le SARS-CoV-2. L’observation que les protéines Spike du SARS-CoV-2 activent la VAC a de profondes implications pour la compréhension du dysfonctionnement multi-organique, de la coagulopathie et des lésions endothéliales caractéristiques du COVID-19. Ces résultats ont des implications thérapeutiques pour le COVID-19 et laissent entrevoir la possibilité d’un traitement ciblé à l’aide d’inhibiteurs du complément se liant en amont du facteur H, ce qui pourrait être efficace pour arrêter l’activation de la cascade du complément par le SARS-CoV-2.

lien : https://ashpublications.org/blood/article/doi/10.1182/blood.2020008248/463611/Direct-activation-of-the-alternative-complement

                                           

  9 octobre 2020

  Les anticorps anti-COVID-19 présents dans les dons de plasma convalescent déclinent dans un délai de 3 à 4 mois

Une étude longitudinale réalisée au Québec (Canada) ayant fait l’objet d’un article dans Healio News et publiée sous forme de lettre dans la revue Blood le 1er octobre 2020, portait sur 15 donneurs de plasma convalescents ayant fait plusieurs fois don de leur plasma. Leur premier don a eu lieu 33 à 77 jours et leur dernier don 66 à 114 jours après l’apparition des symptômes.  Des anticorps anti-domaine de liaison au récepteur (DLR) étaient présents chez tous les donneurs lors du premier don, et leur quantité a diminué entre le premier et le dernier don chez tous les donneurs. Les chercheurs ont divisé le calendrier des dons en quatre intervalles de quatre quartiles (de 33 à 53, de 54 à 69, de 70 à 84 et de 85 à 114 jours). Les taux d’anticorps sont restés stables entre le premier, le deuxième et le troisième quartile, avec un faible déclin qui n’était cependant pas statistiquement significatif. En revanche, entre le 3e et le 4e quartile, une diminution marquée (36,8 % ; p = 0,0052) des taux d’anticorps a été observée. Cette observation indique aux personnes en cours de rétablissement après avoir eu le COVID-19 et qui souhaitent faire don de plasma sanguin qu’elles ne doivent pas attendre trop longtemps une fois qu’elles sont admissibles à le faire, et indique aux cliniciens qu’ils doivent vérifier la présence d’anticorps dans le plasma donné avant de l’administrer aux patients.

liens : https://www.healio.com/news/hematology-oncology/20201001/covid19-antibodies-in-convalescent-plasma-donations-wane-by-3-to-4-months?ecp%20=%207e47bd7b-fe8e-4fe6-aa89-4526a98357d5&M_BT=3679670404669

     https://ashpublications.org/blood/article/doi/10.1182/blood.2020008367/463996/Waning-of-SARS-CoV-2-RBD-antibodies-in

                                          

  8 octobre 2020

  Une étude montre que les contacts à haut risque jouent un rôle important dans la transmission du COVID-19 en Inde

Dans l’une des plus grandes études à ce jour sur la transmission du COVID-19, les efforts de suivi des contacts ont permis d’atteindre 3 084 885 personnes exposées à 84 965 patients positifs au coronavirus testés dans deux États en Inde. Les chercheurs ont examiné 575 071 contacts disposant de données épidémiologiques individuelles ainsi que de résultats de test de laboratoire. L’étude a été publiée dans la revue Science le 30 septembre 2020. Des chercheurs de l’Institut environnemental de Princeton (Princeton Environmental Institute), de l’Université Johns Hopkins et de l’Université de Californie à Berkeley ont collaboré avec des responsables de santé publique dans deux États du sud-est de l’Inde, le Tamil Nadu et l’Andhra Pradesh. Les données ont montré que les patients infectés sont entrés en contact avec environ 7 personnes, en moyenne, et que 71 % des patients positifs n’ont infecté aucun contact. Pour les contacts à haut risque (qui avaient eu un contact social étroit ou un contact physique direct avec des cas de référence sans mesures de protection), le taux de transmission (d’un cas de référence à un contact exposé) était d’environ 10,7 %. Pour les contacts à faible risque (proximité des cas de référence, mais ne répondant pas aux critères d’exposition à haut risque), le taux de transmission était d’environ 4,7 %. Dans l’étude, les enfants et les jeunes adultes étaient les principaux groupes démographiques à propager le virus, et le propageaient le plus souvent en le transmettant à une autre personne de leur âge. Ce groupe démographique pourrait être plus important en termes de transmission du virus que ce qui avait été identifié dans de précédentes études. L’étude souligne le rôle de la transmission par contact à haut risque.

lien : https://science.sciencemag.org/content/early/2020/09/29/science.abd7672

 

  2 octobre 2020

  Des anomalies immunologiques pourraient expliquer pourquoi certains patients par ailleurs en bonne santé développent une forme grave du COVID-19

Deux études récemment publiées dans la revue Science mettent en lumière certaines raisons pour lesquelles une personne pourrait développer une forme grave du COVID-19. Les chercheurs ont découvert que certains patients présentent des anticorps contre les protéines de l’interféron et que certains autres présentent des erreurs innées ou des mutations génétiques qui entravent la production et la fonction de l’interféron. En recherchant des anticorps anti-interféron chez des patients atteints d’une pneumonie grave due au COVID-19, ils ont constaté que parmi les 987 patients atteints d’une pneumonie grave due au COVID-19 testés, 101 présentaient des auto-anticorps neutralisants contre les interférons de type I. En comparaison, parmi les 663 personnes ayant développé une forme asymptomatique ou légère du COVID-19, aucune ne présentait ces anticorps anti-interféron. Les chercheurs ont également constaté que les patients âgés de plus de 65 ans étaient plus susceptibles de développer des anticorps anti-interféron. Les interférons sont un groupe de 17 protéines essentielles qui protègent les cellules de l’organisme contre les virus. Les personnes qui manquent d’interférons de type I sont incapables de développer une réponse immunitaire efficace. Les chercheurs ont précédemment montré qu’un nombre significatif de patients atteints d’une forme grave du COVID-19 étaient porteurs d’une variante génétique rare dans 13 gènes essentiels à la défense immunitaire de l’organisme contre la grippe, et dans cette étude, ils ont observé des mutations similaires chez (3,5 %) 23 des 659 patients atteints de pneumonie grave due au COVID-19. Ces résultats pourraient permettre de mieux comprendre pourquoi certaines personnes développent une forme grave de la maladie, alors que ce n’est pas le cas pour les autres. Les patients ayant développé une pneumonie grave due au COVID-19 présentaient une absence totale de gène fonctionnel et ne produisaient pas d’interférons de type I détectables en réponse à l’infection par le SARS-CoV-2. Dans l’ensemble, il semble que les erreurs innées et les anomalies immunologiques provoquant l’absence d’interférons de type 1 pourraient jouer un rôle dans jusqu’à 14 % des cas les plus graves d’infection à COVID-19. Ces deux publications soulignent le rôle crucial des interférons de type I dans l’immunité protectrice contre le SARS-CoV-2.  

liens: https://science.sciencemag.org/content/early/2020/09/23/science.abd4585

         https://science.sciencemag.org/content/early/2020/09/28/science.abd4570

                                       

  28 septembre 2020

 L’oxygénation par membrane extracorporelle chez les patients atteints du COVID-19

Une étude publiée en ligne dans la revue The Lancet le 25 septembre 2020, portant sur l’utilisation de l’oxygénation par membrane extracorporelle (ECMO) chez 1 035 patients atteints d’insuffisance respiratoire aiguë hypoxémique due au COVID-19, a constaté que le taux de décès était inférieur à 40 %. Les données ont été tirées d’un registre international de 230 hôpitaux situés dans 36 pays.Des patients ayant reçu un diagnostic de COVID-19, âgés de 16 ans ou plus, chez qui un soutien par ECMO a été mis en place tel qu’enregistré dans le registre de l’Organisation d’assistance vitale extracorporelle (Extracorporeal Life Support Organization, ELSO) entre le 16 janvier et le 1er mai 2020, ont été inclus dans l’analyse. L’étude a utilisé la mortalité à l’hôpital à 90 jours comme critère d’évaluation principal dans son analyse. L’ECMO est utilisée dans l’étape finale de l’algorithme de prise en charge de l’insuffisance respiratoire potentiellement mortelle chez les patients qui font face à un risque extrêmement élevé de décès lorsque ni les respirateurs ni les autres soins ne sont parvenus à faire fonctionner leurs poumons. Ces résultats correspondent au taux de survie précédemment rapporté avec l’ECMO dans les cas d’insuffisance respiratoire aiguë hypoxémique, ce qui vient appuyer les recommandations actuelles selon lesquelles les centres expérimentés dans l’utilisation de l’ECMO doivent envisager son utilisation dans l’insuffisance respiratoire réfractaire liée au COVID-19.

lien : https://www.thelancet.com/journals/lancet/article/PIIS0140-6736(20)32008-0/fulltext

                        

  23 septembre 2020

  La réponse immunitaire à l’infection par le SARS-CoV-2 des patients pédiatriques hospitalisés est différente de celle des patients adultes hospitalisés

Une étude menée à l’hôpital pédiatrique Montefiore de la Faculté de médecine Albert Einstein (Albert Einstein College of Medicine Children’s Hospital Montefiore) et à l’Université de Yale a comparé la réponse immunitaire des adultes et celle des patients plus jeunes atteints du COVID-19 pour tenter de déterminer pourquoi les enfants présentent généralement une forme moins grave de la maladie que les adultes. L’étude a comparé la réponse immunitaire en termes de cytokines, ainsi que la réponse immunitaire humorale et cellulaire chez des patients jeunes (âgés de < 24 ans, n = 65) et adultes (n = 60) atteints du COVID-19. Comme prévu, l’étude a constaté que les enfants présentaient une bien meilleure réponse clinique que les adultes.

Les données ont également montré que les patients plus jeunes présentaient une immunité innée plus robuste que les adultes, comme démontré par un taux plus élevé de cytokine interleukine-17 (IL-17), qui est associée au système immunitaire inné. En revanche, les adultes présentaient une réponse plus robuste des lymphocytes T à la protéine Spike virale, des titres d’anticorps neutralisants sériques plus élevés et une phagocytose cellulaire dépendante des anticorps plus robuste que les patients plus jeunes. Les chercheurs ont également constaté que le taux d’anticorps neutralisants était plus élevé chez les patients adultes atteints du COVID-19 qui étaient décédés ou avaient nécessité une ventilation mécanique que chez ceux qui s’étaient rétablis, et significativement plus élevé que le taux détecté chez les patients plus jeunes.

Ces résultats suggèrent qu’il est possible que la réponse innée plus robuste des jeunes patients contribue à les protéger contre le développement d’une forme grave de la maladie et de résultats souvent fatals, et, par conséquent, que la stimulation de la réponse des lymphocytes T et des anticorps, en particulier à un stade tardif de l’évolution de la maladie, pourrait ne pas être utile.

lien : https://stm.sciencemag.org/content/early/2020/09/21/scitranslmed.abd5487

                           

  22 septembre 2020

  Des chercheurs de l’Université du Connecticut publient leurs observations concernant le dépistage du COVID-19 basé sur la technologie CRISPR sur le lieu de soins

Les méthodes de dépistage actuelles basées sur la PCR/RT-PCR sont considérées comme étant les plus précises pour le diagnostic de l’infection par le SARS-CoV-2, mais elles sont compliquées et ne se prêtent pas facilement à une utilisation diagnostique sur le lieu de soins. Des chercheurs du Centre de santé de l’Université du Connecticut (University of Connecticut Health Center) ont développé un test de détection des acides nucléiques basé sur la technologie CRISPR pour détecter les ARN viraux extraits du virus SARS-CoV-2. Le nouveau test basé sur la technologie CRISPR, contrairement aux méthodes basées sur la PCR, permet à tous les composants d’être incubés dans un seul tube, éliminant ainsi la nécessité de procéder à des opérations manuelles distinctes et complexes. En outre, les résultats du test AIOD-CRISPR sont indiqués par la fluorescence de l’échantillon directement visible à l’œil nu, bien que l’instrument, similaire à une puce de diagnostic microfluidique, puisse à terme permettre l’automatisation et, potentiellement, la détermination semi-quantitative des résultats.

Le test basé sur la technologie CRISPR a été testé sur 28 échantillons d’écouvillonnage cliniques de dépistage du COVID-19, qui comprenaient huit échantillons positifs au COVID-19. Chaque échantillon a été évalué à l’aide du nouveau test et de la méthodologie RT-PCR standard. Les huit échantillons positifs au COVID-19 ont tous été identifiés comme positifs dans un délai de 40 minutes. Le nouveau test n’a pas réagi avec les échantillons de SARS-CoV ou de MERS-CoV. Cette preuve de concept nécessitera naturellement un important processus de développement avant de pouvoir être utilisée dans un contexte clinique ou commercial.

lien : https://www.nature.com/articles/s41467-020-18575-6

                       

  18 septembre 2020

  L’héparane sulfate cellulaire permet au SARS-CoV-2 de pénétrer dans les cellules

Une équipe de chercheurs a découvert que l’héparane sulfate cellulaire agissait comme un corécepteur du SARS-CoV-2, permettant au virus de se lier au récepteur de l’enzyme de conversion de l’angiotensine (ECA) et de pénétrer dans la cellule. L’héparane sulfate cellulaire se trouve à la surface des cellules, et cette découverte a conduit à une nouvelle approche potentielle de prévention et de traitement du COVID-19. L’étude, qui a été publiée le 14 septembre 2020 dans la revue Cell, décrit la manière dont l’entrée du SARS-CoV-2 dans les cellules est facilitée lorsque l’héparane sulfate cellulaire se lie à la protéine Spike du coronavirus et en modifie la conformation, renforçant ainsi la liaison du virus à l’ECA2 et sa liaison ultérieure aux cellules humaines. Les chercheurs ont découvert que le virus devait se lier à la fois à l’héparane sulfate à la surface de la cellule et à la protéine ECA2 afin de pénétrer dans les cellules pulmonaires humaines. Des recherches supplémentaires réalisées par les investigateurs ont révélé que l’utilisation d’enzymes éliminant l’héparane sulfate de la surface des cellules empêchait le SARS-CoV-2 de pénétrer dans les cellules. De même, le traitement par héparine et par ses dérivés non anticoagulants bloque également l’infection en se liant de manière compétitive au coronavirus, l’empêchant ainsi de se lier aux cellules humaines.

lien : https://www.cell.com/action/showPdf?pii=S0092-8674%2820%2931230-7

                           

  17 septembre 2020

  Un nouveau nanocorps synthétique neutralise le SARS-CoV-2 et peut être aérosolisé pour une administration par inhalation

Des chercheurs de l’Université de Californie à San Francisco (University of California San Francisco), inspirés par de minuscules médiateurs immunitaires semblables à des anticorps qu’on appelle des nanocorps et que l’on observe chez le chameau, l’alpaga et le lama, ont conçu une molécule qui se lie étroitement à la protéine Spike du coronavirus SARS-CoV-2. Il s’agit d’anticorps fonctionnels dépourvus de chaînes légères dont le seul domaine N-terminal est entièrement capable de se lier aux antigènes. Ces fragments d’anticorps à domaine unique (VHH ou Nanobodies®) présentent plusieurs avantages pour les applications biotechnologiques. Ces « nanocorps » ont une structure moins complexe et sont de plus petite taille que les anticorps humains. Ces caractéristiques rendent les nanocorps très stables et faciles à modifier en laboratoire. Après avoir passé en revue leur importante bibliothèque de nanocorps, les chercheurs ont identifié ceux capables de se lier à la protéine Spike du SARS-CoV-2. Les expériences menées sur les trois nanocorps les plus puissants ont montré qu’ils étaient efficaces pour empêcher le virus SARS-CoV-2 d’infecter les cellules humaines. Cette efficacité a été observée même à de très faibles doses. Les chercheurs ont pu améliorer la puissance d’un nanocorps sélectionné à l’aide d’une mutation séquentielle de tous ses acides aminés responsables de la liaison à la protéine Spike. L’incorporation de deux de ces mutations a permis de multiplier par 500 l’affinité de liaison à la protéine Spike. Les scientifiques ont ensuite lié trois de ces anticorps ensemble pour former une chaîne moléculaire. Ils ont observé que ce triplet avait une affinité de liaison à la protéine Spike 200 000 fois supérieure à celle d’un seul anticorps. Les chercheurs ont été en mesure de fabriquer une poudre sèche du triplet de nanocorps et ont démontré qu’il avait conservé sa puissance antivirale. Ces anticorps présentent des avantages significatifs en termes de production et de facilité d’administration. Ils peuvent être produits à faible coût à grande échelle dans des bactéries ou des levures, sont très stables et peuvent être transformés en poudre sèche pour administration par aérosol. L’objectif est d’utiliser une préparation aérosolisée comme agent thérapeutique ou prophylactique dans le traitement du COVID-19. Seule une petite fraction des anticorps circulants de manière systémique traverse les cellules épithéliales qui tapissent les voies respiratoires ; cependant, les nanocorps aérosolisés peuvent être administrés directement dans l’épithélium nasal et pulmonaire par inhalation auto-administrée.

 

lien : https://www.biorxiv.org/content/10.1101/2020.08.08.238469v2

                        

  16 septembre 2020

  Comment évaluer le risque lié au fait de se rendre à un événement pendant la pandémie

En pleine pandémie, le fait de savoir quel est le risque de rencontrer un patient positif au COVID-19 lors d’un événement aurait une influence importante sur la décision de se rendre ou non à l’événement concerné. Alors que de nombreuses régions des États-Unis commencent à s’ouvrir, il est crucial d’être en mesure d’estimer les risques liés à la reprise des activités non essentielles. Georgia Tech a mis au point un outil de planification de l’évaluation des risques liés aux événements dans le cadre du COVID-19 (« COVID-19 Event Risk Assessment Planning Tool ») qui intègre les données du New York Times concernant le nombre de cas et celles du tableau de bord du site Covidtracking.com, et est mis à jour quotidiennement. Cette carte interactive vous montrera comté par comté la probabilité que vous rencontriez une personne atteinte du COVID-19 lors d’un événement d’une taille donnée. L’outil exprime le niveau de risque en pourcentage qu’au moins une personne atteinte du COVID-19 soit présente lors d’un événement dans un comté donné en fonction de la taille de l’événement. Le calculateur suppose que chaque personne présente lors d’un événement a la même probabilité d’être infectée que toute autre personne dans une zone donnée. Le calculateur peut être ajusté pour le biais d’échantillonnage, qui prend en compte un multiple du nombre de cas en plus de ceux qui ont été signalés. Sur la base de ces hypothèses, les résultats du calcul peuvent être considérés comme une approximation. Par exemple, si vous assistez à un mariage dans le comté de Los Angeles avec 100 personnes présentes, en utilisant un biais d’échantillonnage de 10, il y a 74 % de chances qu’au moins une personne soit infectée par le COVID-19. Le risque serait de 61 % à Philadelphie, mais de moins de 1 % dans le comté de Wetzel, en Virginie-Occidentale.

 

lien : https://covid19risk.biosci.gatech.edu/

                     

  15 septembre 2020

  Une étude conteste l’idée que le « choc cytokinique » est responsable des résultats graves dans le cadre du COVID-19

De nouvelles recherches suggèrent que la gravité de la maladie chez les patients atteints de COVID-19 pourrait ne pas être due au choc cytokinique. Dans une étude publiée dans la revue JAMA, des chercheurs du Centre médical universitaire de Radboud aux Pays-Bas ont mesuré la concentration de trois cytokines pro-inflammatoires (facteur de nécrose tumorale [TNF], interleukine 6 [IL-6] et interleukine 8 [IL-8]) dans le sang de patients hospitalisés en unité de soins intensifs alors qu’ils étaient atteints du COVID-19 avec syndrome de détresse respiratoire aiguë (SDRA), de patients atteints de choc septique bactérien (avec ou sans SDRA) et de patients hospitalisés en unité de soins intensifs après un arrêt cardiaque ou un traumatisme grave. Les patients étaient exclus s’ils présentaient des insuffisances immunologiques telles que la prise d’immunosuppresseurs ou un cancer. Ils ont constaté que le taux des trois cytokines était significativement plus faible chez les patients atteints du COVID-19 que chez les patients atteints de choc septique bactérien avec SDRA. Les concentrations de cytokines chez les patients atteints du COVID-19 étaient similaires à celles observées chez les patients en USI ayant subi un traumatisme ou un arrêt cardiaque. Les résultats de cette étude ont montré que le COVID-19 ne se caractérise pas par le choc cytokinique, ce qui remet en cause les précédents rapports et hypothèses selon lesquels le choc cytokinique joue un rôle majeur dans les résultats plus graves chez les patients atteints du COVID-19. Il reste à déterminer si les traitements par anti-cytokines seront bénéfiques pour les patients atteints du COVID-19.

lien : https://jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/2770484?guestAccessKey=ca659b2f-6a60-4204-8ef6-f89f746f0693&utm_source=twitter&utm_medium=social_jama&utm_term=3649792285&utm_campaign=article_alert&linkId=98774464

                      

  10 septembre 2020

  Le COVID-19 peut imiter la cholécystite aiguë

On sait que le SARS-CoV-2 affecte plusieurs systèmes d’organes et peut initialement se présenter sous forme de manifestations cliniques n’impliquant pas le système respiratoire. Les cliniciens doivent être conscients du potentiel du COVID-19 à imiter d’autres entités pathologiques et ne pas négliger la possibilité d’une infection par le COVID-19 lors de l’évaluation de patients présentant des symptômes non respiratoires impliquant d’autres systèmes d’organes. Une lettre adressée à l’éditeur publiée dans la revue Journal of Hepatology le 2 septembre 2020 a rapporté une série de cas de deux patients atteints de COVID-19 qui présentaient une cholécystite aiguë alithiasique. Le premier cas concernait une patiente âgée de 84 ans s’étant présentée au service des urgences avec des signes et des symptômes d’infection urinaire et de la fièvre depuis 24 heures. La patiente a été traitée pour une septicémie due à une pyélonéphrite. Au jour trois, la patiente a développé une douleur dans le quadrant supérieur droit et s’est ensuite avérée présenter un épaississement de la paroi de la vésicule biliaire accompagné de la présence de liquide périvésiculaire. Une TDM du thorax et de l’abdomen a écarté la possibilité d’une perforation de la vésicule biliaire et a révélé un parenchyme pulmonaire normal. Du métronidazole a été ajouté au traitement de la patiente, et cette dernière a fait l’objet d’une cholécystectomie laparoscopique. Après son extubation, la patiente a développé des symptômes respiratoires et un syndrome de détresse respiratoire aiguë. Les écouvillons naso-pharyngés ont confirmé la présence d’ARN du SARS-CoV-2. La patiente est décédée au jour postopératoire cinq, d’insuffisance multi-organique. L’analyse histologique de la vésicule biliaire n’a pas démontré d’inflammation, mais le tissu de la paroi de la vésicule biliaire était positif pour la présence d’ARN du SARS-CoV-2 dans les trois zones ayant été échantillonnées. Le deuxième cas concernait un homme de 83 ans sous dialyse atteint d’insuffisance rénale terminale. Le patient a été hospitalisé avec de la fièvre. Lors de sa présentation à l’hôpital, aucun symptôme abdominal ou respiratoire n’a été identifié, et la radiographie thoracique du patient était normale. Au jour cinq, le patient a développé une douleur dans le quadrant supérieur droit et un signe de Murphy positif. L’échographie abdominale a révélé un épaississement de la paroi de la vésicule biliaire, la présence de liquide périvésiculaire et l’absence de calculs biliaires. Le patient a reçu un traitement conservateur par ceftriaxone et métronidazole, et s’est lentement rétabli. Au jour six, le patient a développé des symptômes respiratoires et une infection par le COVID-19 a été confirmée. Ces cas démontrent que l’infection par le SARS-CoV-2 peut imiter la cholécystite alithiasique aiguë.

lien vers l’étude : https://www.journal-of-hepatology.eu/article/S0168-8278(20)30550-X/fulltext

                      

  8 septembre 2020

  Corticoïdes systémiques et mortalité chez les patients gravement malades atteints du COVID-19 

Il a été clairement démontré que les corticoïdes réduisent la mortalité chez les patients gravement malades atteints du COVID-19. Il s’agit des résultats d’une méta-analyse réalisée à partir de sept essais prospectifs randomisés ayant inclus 1 703 patients, publiée dans la revue JAMA le 2 septembre 2020. La méta-analyse s’appuie sur un nombre relativement important de patients gravement malades atteints du COVID-19, provenant de diverses régions géographiques. Sur les 1 703 patients de l’essai, 647 étaient décédés 28 jours après la randomisation. Le taux de mortalité chez les patients recevant des soins standards était de 40 %, et ce taux descendait à 32 % chez ceux traités par corticoïdes. Il s’agissait d’une différence hautement significative sur le plan statistique (p < 0,001). Ce résultat s’appliquait aux patients nécessitant une ventilation mécanique ainsi qu’à ceux qui avaient besoin d’une supplémentation en oxygène, mais pas d’un respirateur. La méta-analyse a également révélé des différences minimes au niveau des événements indésirables graves entre les patients ayant reçu des corticoïdes et ceux n’en ayant pas reçu. Sur la base du bénéfice évident conféré par les corticoïdes aux patients gravement malades, l’Organisation mondiale de la Santé a mis à jour ses recommandations pour préconiser l’administration de corticoïdes systémiques pour le traitement des patients atteints d’une forme grave du COVID-19 dans un état critique.

lien vers l’étude : https://jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/2770279

lien vers l’OMS : https://www.who.int/news-room/feature-stories/detail/who-updates-clinical-care-guidance-with-corticosteroid-recommendations

                    

  4 septembre 2020

  Une voie cellulaire récemment découverte protège les cellules contre l’infection par les virus Ebola et SARS-CoV-2 

Des scientifiques qui étudient les mécanismes permettant aux cellules de se protéger contre les infections virales ont découvert une nouvelle voie qui pourrait conduire à la découverte de nouveaux traitements contre plusieurs virus. Les résultats ont été publiés dans la revue Science le 27 août 2020. Les chercheurs ont utilisé une technique de dépistage innovante, le dépistage par activation génétique médiée par transposons, afin de rechercher les gènes qui peuvent prévenir l’infection des cellules humaines par le virus Ebola. Ils ont découvert que les gènes transactivateur de la classe II du complexe majeur d’histocompatibilité (CIITA) et CD74 ont une activité antivirale et peuvent inhiber le virus Ebola en bloquant le clivage des glycoprotéines virales médié par les cathepsines, empêchant ainsi la fusion virale. De nombreux virus, y compris les coronavirus et les filovirus (virus Ebola et Marburg), utilisent des protéases cathepsines pour les aider à infecter les cellules. Les chercheurs ont démontré que ces gènes peuvent bloquer la voie d’entrée endosomale des coronavirus, y compris le SARS-CoV-2. Ce mécanisme de protection cellulaire nouvellement découvert pourrait être efficace contre de nombreux virus, y compris ceux qui pourraient émerger à l’avenir.

lien : https://science.sciencemag.org/content/early/2020/08/26/science.abb3753

                       

  28 août 2020

  Un nouveau vaccin intranasal contre le COVID-19 induit une réponse immunitaire forte et généralisée, et prévient l’infection chez la souris

La faculté de médecine de l’Université de Washington (Washington University) a annoncé le développement d’un nouveau vaccin contre le COVID-19. Contrairement aux autres vaccins contre le COVID-19 en cours de développement, ce vaccin est administré par voie intranasale. Les souris ayant reçu ce vaccin ont développé une réponse immunitaire forte, en particulier dans la muqueuse du nez et dans les voies respiratoires supérieures. L’auteur principal de l’article, Michael S. Diamond, docteur en médecine et PhD, a déclaré que « ces souris étaient bien protégées contre la maladie, et chez certaines, nous avons vu des signes d’immunité stérilisante, c’est-à-dire qu’aucun signe d’infection n’est présent après une inoculation du virus ». Le vaccin utilise comme vecteur un adénovirus qui a été rendu inoffensif et dans lequel a été insérée la protéine Spike du coronavirus. Le nouveau vaccin incorpore également deux mutations dans la protéine Spike. Ces mutations la stabilisent dans une forme spécifique qui est la plus favorable à la formation d’anticorps qui la ciblent. En comparant l’administration nasale à l’injection intramusculaire, les chercheurs ont découvert que l’administration intranasale prévenait les infections des voies respiratoires supérieures et inférieures. Bien que l’injection intramusculaire ait induit une réponse immunitaire ayant empêché toute pneumonie, elle n’a pas empêché les infections du nez ou des poumons. Autre découverte prometteuse, une dose unique de vaccin intranasal a produit une réponse immunitaire si forte qu’une deuxième dose ne devrait pas être nécessaire. Les chercheurs commenceront bientôt à évaluer le vaccin intranasal chez des primates non humains et prévoient de passer à des essais cliniques chez l’homme aussi vite que possible. Cette étude a été publiée en ligne dans la revue Cell le 19 août 2020.

lien vers le communiqué de presse : https://medicine.wustl.edu/news/nasal-vaccine-against-covid-19-prevents-infection-in-mice/

lien vers l’étude : https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0092867420310680
                                        

  20 août 2020

  Les virologues identifient des traitements potentiels du COVID-19

Les scientifiques développant des inhibiteurs d’une enzyme virale essentielle appelée protéase 3C-like ont conçu et étudié des composés qui inhibent cette enzyme virale. La protéase 3C-like est une enzyme essentielle à la réplication et à la survie des coronavirus. Les chercheurs ont testé l’effet des composés antiviraux sur le SARS-CoV-2 dans des cellules de voies respiratoires humaines mises en culture et les ont évalués dans un modèle murin pour le MERS. Les résultats ont été publiés dans la revue Science Translational Medicine le 3 août 2020. Les chercheurs ont découvert que deux des 22 composés ayant été évalués présentaient un intérêt. Des cellules épithéliales des voies respiratoires humaines mises en culture, prélevées chez 3 personnes infectées par le SARS-CoV-2, ont été traitées avec deux des composés antiviraux, 6e et 6j, et les résultats ont révélé que la charge virale était inférieure à celle des cellules traitées par véhicule seul, ce qui indique que la capacité des virus à se répliquer était inhibée par les composés. Ils ont ensuite réalisé une évaluation supplémentaire de 6j à l’aide d’un modèle murin pour le MERS, car aucun modèle murin pertinent pour le SARS-CoV-2 n’a encore été développé. Dans le cadre des tests réalisés avec ce modèle, les chercheurs ont découvert que les souris traitées le jour suivant l’infection ont toutes survécu, tandis que toutes celles du groupe non traité sont décédées. En raison de la pandémie actuelle de COVID-19 et du peu d’options thérapeutiques disponibles, le besoin en traitements efficaces est urgent. Cette étude est importante, car elle identifie à la fois une cible thérapeutique permettant d’inhiber la réplication virale et quels composés utiliser pour la cibler. 

lien : https://stm.sciencemag.org/content/early/2020/08/03/scitranslmed.abc5332/tab-article-info

                    

  19 août 2020

  Le calendrier des symptômes peut permettre de différencier le COVID-19 d’autres maladies respiratoires

Des chercheurs du Centre Michelson pour la convergence des biosciences de l’USC (USC Michelson Center for Convergent Bioscience) ont analysé des milliers de cas de COVID-19 et ont identifié l’ordre le plus probable des symptômes du COVID-19. D’après l’étude publiée dans la revue médicale Frontier Public Health, l’ordre le plus probable des symptômes est le suivant : fièvre, puis toux, puis douleurs musculaires, puis nausées et vomissements, puis diarrhée. Les chercheurs ont analysé des ensembles de données concernant plus de 55 000 cas de COVID-19 en Chine, enregistrés à la mi-février par l’Organisation mondiale de la Santé, ainsi que des données provenant de près de 1 100 cas du 11 décembre au 29 janvier, recueillies par le Groupe d’experts en traitement médical de Chine. En comparant la progression des symptômes chez des patients atteints du COVID-19 à celle de la grippe, du SARS (syndrome respiratoire aigu sévère) et du MERS (syndrome respiratoire du Moyen-Orient), les chercheurs ont découvert que l’ordre de présentation des symptômes peut permettre de différencier le COVID-19 des autres maladies respiratoires. Le COVID-19 se manifeste plus probablement d’abord par de la fièvre, puis par une toux, par opposition à la grippe, dont le premier symptôme est plus probablement une toux, suivie de la fièvre. Dans le cadre du COVID-19, les symptômes des voies gastro-intestinales supérieures, c’est-à-dire nausées et vomissements, précèdent plus probablement la diarrhée, à la différence du SARS et du MERS, dans lesquels la diarrhée précède plus probablement les nausées et les vomissements. L’analyse suggérait également que le patient était plus susceptible de présenter une forme plus sévère de la maladie lorsque la diarrhée faisait partie du tableau clinique du COVID-19. Ces informations pourraient être utiles aux professionnels de la santé pour permettre de distinguer les patients atteints du COVID-19 des autres. Les patients qui sont sensibilisés à la progression des symptômes du COVID-19 sont plus susceptibles de consulter un médecin plus tôt qu’ils ne l’auraient fait, et ils peuvent donc être mis en quarantaine plus tôt pour éviter de propager la maladie.

lien : https://www.frontiersin.org/articles/10.3389/fpubh.2020.00473/full#SM1

                   

  18 août 2020

  L’association entre les AVC liés à l’occlusion de grands vaisseaux et le COVID-19 à New York

Publiée en ligne dans la revue Stroke, une étude rétrospective et observationnelle a été menée dans la ville de New York, dans le cadre du système de santé Mount Sinai (Mount Sinai Health System), afin d’analyser les AVC liés à l’occlusion émergente de grands vaisseaux (Emergent Large Vessel Occlusion, ELVO) pendant la période du 21 mars au 12 avril 2020 de la pandémie, comparativement aux données historiques de l’année précédente. Les chercheurs ont analysé les 45 patients consécutifs hospitalisés pendant un pic de 3 semaines au cours de la flambée des cas de COVID-19. Parmi ces patients, 24 (53 %) étaient positifs au virus. Ce pourcentage était significativement plus élevé que le taux d’infection de 19,9 % observé dans la population générale de la ville de New York.Les patients atteints du COVID-19 étaient plus jeunes que les patients non infectés (âge moyen : 59 ans contre 74 ; P = 0,004), plus susceptibles d’être de sexe masculin (75 % contre 43 % ; P = 0,032) et moins susceptibles d’être d’origine ethnique blanche (8 % contre 38 % ; P = 0,027). De plus, une absence de facteurs de risque cardiovasculaire a été observée chez 46 % des patients atteints du COVID-19 qui présentaient une ELVO, contre 24 % des patients sans COVID-19 qui présentaient une ELVO. Dans la cohorte de patients atteints du COVID-19, seuls 50 % manifestaient des symptômes typiquement associés au COVID-19 à la présentation ; cependant, au cours de l’hospitalisation, 60 % des patients précédemment asymptomatiques ont développé des symptômes typiques du COVID-19, ce qui montre que chez certains patients, l’AVC pourrait être la première manifestation du COVID-19. Comparativement aux données historiques, le nombre d’AVC ischémiques liés à une occlusion émergente de grands vaisseaux apparus au cours de la période de l’étude était environ deux fois plus important. Les auteurs ont conclu qu’il existe une association entre l’AVC ischémique des grands vaisseaux et le COVID-19, et que les cliniciens doivent envisager le dépistage du COVID-19 lors du bilan de l’AVC ischémique aigu, en particulier chez les patients sans facteurs de risque cardiovasculaire typiques.

lien : https://www.ahajournals.org/doi/pdf/10.1161/STROKEAHA.120.030397

                  

  12 août 2020

  L’IRM cardiovasculaire démontre la présence d’effets cardiaques résiduels chez les patients ayant guéri récemment du COVID-19

Une étude publiée en ligne dans la revue JAMA Cardiology le 27 juillet 2020, menée par des chercheurs de l’hôpital universitaire de Francfort, en Allemagne, a étudié les effets cardiovasculaires du COVID-19 sur 100 patients présentant une infection documentée.

Dans le cadre d’une étude de cohorte observationnelle prospective menée auprès de 100 patients ayant récemment guéri du COVID-19, il est apparu que 78 % présentaient une atteinte cardiaque révélée par une imagerie par résonance magnétique cardiaque (Cardiac Magnetic Resonance, CMR) et par le taux de troponine de haute sensibilité. Les résultats ont été comparés à ceux d’un nombre similaire de témoins appariés selon l’âge et le sexe. Les tests ont été réalisés chez les patients après la guérison clinique, une médiane de 71 jours après le diagnostic initial. Sur l’ensemble de la cohorte, 67 % avaient récupéré à domicile, tandis que 33 % avaient nécessité une hospitalisation. 60 % des patients atteints du COVID-19 présentaient des signes d’inflammation myocardique continue et ce, indépendamment des affections préexistantes, de la gravité et de l’évolution globale de la maladie.  Au moment de la CMR, le taux de troponine de haute sensibilité était détectable chez 71 % des patients ayant récemment guéri, et il présentait une élévation significative chez 5 %. L’anomalie la plus prévalente à la CMR était l’inflammation myocardique. Comparativement aux témoins, les patients atteints du COVID-19 présentaient une fraction d’éjection ventriculaire gauche inférieure et des volumes ventriculaires gauches plus élevés.

Il s’agit de la première étude à montrer une atteinte cardiaque significative, indépendamment de la gravité de la maladie et persistant au-delà de la phase aiguë de la maladie. Les conséquences cardiovasculaires à long terme du COVID-19 doivent être étudiées de manière plus approfondie.

lien : https://jamanetwork.com/journals/jamacardiology/fullarticle/2768916

                  

  10 août 2020

  Le nombre de cas de cancer nouvellement identifiés a diminué de 46,4 % pendant la pandémie

Dans une lettre de recherche publiée dans la revue JAMA Network le 4 août 2020, l’analyse du nombre de nouveaux diagnostics de cancer indique une chute de 46,4 % de ce nombre pendant la période de pandémie allant du 1er mars au 18 avril 2020, par rapport aux données historiques de référence. L’étude incluait des patients vivant aux États-Unis ayant passé un test pour quelque raison que ce soit chez Quest Diagnostics, pour lequel le médecin prescripteur a attribué un code ICD-10 associé à l’un des six types de cancers courants (cancer du sein, colorectal, du poumon, du pancréas, de l’estomac et de l’œsophage). La diminution du nombre de nouveaux diagnostics de cancer concernait en majorité le cancer du sein et le cancer colorectal, qui sont des diagnostics le plus souvent posés suite à un dépistage. Les résultats reflètent les résultats obtenus dans d’autres pays, qui ont également connu une baisse de jusqu’à 40 % de l’incidence hebdomadaire de cancer et une baisse de 75 % des envois vers un spécialiste pour un cancer suspecté depuis la mise en place des restrictions dues au COVID-19. La lettre souligne le fait que le cancer ne prend pas de pause, et que le retard de diagnostic conduira probablement à une présentation à un stade plus avancé de ces cancers, avec des résultats cliniques potentiellement moins bons. L’article s’est basé sur une étude ayant suggéré une augmentation potentielle de 33 890 décès excessifs dus au cancer aux États-Unis et demande la mise en place d’une planification d’urgence afin de répondre aux conséquences des retards de diagnostic.

lien : https://jamanetwork.com/journals/jamanetworkopen/fullarticle/2768946

       

  7 août 2020

  Le NIH se prépare à lancer un nouvel essai clinique visant à déterminer si les anticorps monoclonaux peuvent raccourcir la période symptomatique chez les patients ambulatoires atteints du COVID-19

Le NIH a annoncé le 4 août 2020 le lancement d’un essai clinique (ACTIV-2) visant à déterminer si les anticorps monoclonaux peuvent raccourcir la période symptomatique chez les patients ambulatoires atteints du COVID-19. Cet essai clinique de phase 2 évaluera l’efficacité et la sécurité d’emploi d’un traitement expérimental à base d’anticorps monoclonaux dans le traitement de la maladie. Des volontaires actuellement infectés par le SARS-CoV-2 et présentant une maladie légère à modérée ne nécessitant pas l’hospitalisation seront affectés de manière aléatoire à recevoir le traitement expérimental ou un placebo. Le traitement testé est une perfusion intraveineuse de LY-CoV555, un anticorps monoclonal expérimental produit par Eli Lilly and Company. L’étape initiale de l’essai inclura environ 220 volontaires. Les chercheurs suivront les symptômes de COVID-19 de chaque participant et rechercheront la présence d’ARN du SARS-CoV-2 dans le nez et la salive de chaque participant. L’objectif principal de l’essai est de déterminer si le traitement expérimental peut réduire en toute sécurité la durée des symptômes jusqu’au jour 28 de l’étude. Les chercheurs veulent également déterminer si le traitement expérimental peut augmenter la proportion de participants présentant un virus indétectable dans les écouvillons naso-pharyngés et la salive à des moments spécifiques.

lien : https://www.niaid.nih.gov/news-events/nih-clinical-trial-test-antibodies-and-other-experimental-therapeutics-mild-and

              

  4 août 2020

  Une exposition antérieure aux coronavirus responsables du rhume pourrait affecter la gravité des symptômes provoqués par le SARS-CoV-2

Un article publié en ligne dans la revue Science Magazine le 29 juillet 2020 a rapporté les résultats d’une étude publiée en prépublication dans la revue Nature et qui a montré que les individus en bonne santé possédaient des cellules immunitaires capables de reconnaître le nouveau coronavirus SARS-CoV-2. Les chercheurs ont suggéré que cette réactivité croisée était due à une exposition antérieure aux coronavirus responsables du rhume et pourrait jouer un rôle au niveau du spectre de gravité des symptômes dans le cadre de la pandémie. Les lymphocytes T auxiliaires des individus en bonne santé sans exposition connue au COVID-19 ont été exposés à des fragments de la protéine Spike du SARS-CoV-2. Chez 35 % des individus en bonne santé, les lymphocytes T auxiliaires étaient capables de reconnaître les fragments de SARS-CoV-2. L’article comprend des informations générales concernant la réponse immunitaire de l’organisme, les implications des résultats de l’étude, ainsi que l’intention des chercheurs d’étudier de manière plus approfondie à l’avenir les corrélations existant entre toute une gamme de facteurs immunologiques et les symptômes.

lien vers la revue Science Magazine : https://scienmag.com/could-prior-exposure-to-common-cold-viruses-affect-the-severity-of-sars-cov-2-symptoms/

lien vers la revue Nature : https://www.nature.com/articles/s41586-020-2598-9

          

  30 juillet 2020

  Dégradation rapide des anticorps anti-SARS-CoV-2

Dans une correspondance publiée dans la revue The New England Journal of Medicine, des chercheurs de la Faculté de médecine David Geffen (David Geffen School of Medicine) de l’Université de Californie (University of California) ont rapporté les résultats d’une étude de petite taille menée auprès de 31 participants s’étant rétablis d’une forme légère du COVID-19 et dont les taux d’anticorps dirigés contre le virus SARS-CoV-2 ont été quantifiés. Ces mesures ont révélé une dégradation rapide des anticorps anti-SARS-CoV-2. Les auteurs ont noté qu’une étude récente avait suggéré une dégradation rapide de ces anticorps, sans pour autant décrire de manière détaillée la vitesse de dégradation.Dans la présente étude, le premier taux d’anticorps a été obtenu 37 jours après l’apparition des symptômes (intervalle : de 18 à 65 jours) et la dernière mesure a été obtenue 86 jours après l’apparition des symptômes (intervalle : de 44 à 119 jours).La diminution moyenne du taux d’anticorps suggérait une demi-vie d’environ 36 jours au cours de la période d’observation. Les auteurs ont conclu que la dégradation précoce des anticorps après une exposition virale aiguë soulève une inquiétude concernant le fait que l’immunité humorale contre le SARS-CoV-2 pourrait ne pas être durable chez les personnes ayant présenté une forme légère de la maladie. Ils ont également soulevé des préoccupations concernant les passeports immunitaires basés sur les anticorps, l’immunité collective, voire potentiellement la durabilité d’un vaccin, sur la base de leurs résultats et des connaissances existantes concernant les coronavirus humains courants.

lien :https://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMc2025179

        

  29 juillet 2020

  La FDA avertit les consommateurs et les professionnels de la santé de ne pas utiliser certains désinfectants pour les mains à base d’alcool

Dans un communiqué de presse paru le 27 juillet 2020, l’Agence américaine des produits alimentaires et médicamenteux (US Food and Drug Administration, FDA) a réitéré son avertissement de ne pas utiliser certains désinfectants pour les mains contenant du méthanol. Un nombre croissant d’événements indésirables a été observé, notamment des cas de cécité, d’effets cardiaques et d’effets sur le système nerveux central, ainsi que des hospitalisations et des décès. Le communiqué de presse rapportait également les derniers efforts en date de mise en application de la loi par la FDA, en vue d’empêcher l’importation de certains désinfectants pour les mains. La FDA insiste sur le fait que les consommateurs doivent être vigilants quant aux désinfectants pour les mains qu’ils utilisent et leur recommande fortement d’arrêter immédiatement d’utiliser tous les désinfectants pour les mains qui figurent sur la liste des produits désinfectants pour les mains dangereux de la FDA. Le méthanol, mieux connu sous le nom d’alcool de bois, est une substance dangereuse. L’exposition au méthanol peut entraîner des nausées, des vomissements, des maux de tête, une vision trouble, une cécité permanente, des crises convulsives, un coma, des lésions permanentes du système nerveux ou le décès. Les personnes qui utilisent ces produits sur leurs mains courent un risque d’intoxication au méthanol ; cependant, les jeunes enfants qui ingèrent ces produits, ainsi que les adolescents et les adultes qui boivent ces produits en tant que substitut à l’alcool, sont les personnes les plus à risque.

lien : https://www.fda.gov/drugs/drug-safety-and-availability/fda-updates-hand-sanitizers-methanol#products

         

  27 juillet 2020

  L’inflammation associée au vieillissement et le COVID-19

Dans un article qui fait réfléchir, publié dans la revue Science, des professeurs d’immunologie de l’University College de Londres suggèrent que l’augmentation associée au vieillissement du taux d’inflammation de base, qu’on appelle l’« inflammaging », pourrait être impliquée dans l’inflammation accablante qui est souvent responsable des décès dus à l’infection à COVID-19. Chez les personnes âgées, on pense que l’inflammaging est causée, au moins partiellement, par la détérioration des cellules vieillies (sénescence) dans les tissus du corps qui libèrent des molécules inflammatoires. Les auteurs soulignent que des études ont montré qu’une inflammation excessive causée par le phénomène d’inflammaging, associée à un système immunitaire vieillissant, peut inhiber l’immunité globale. Selon les auteurs, la réduction du nombre de cellules sénescentes à l’aide de médicaments sénolytiques ou la réduction de l’inflammation à l’aide d’anti-inflammatoires pourrait représenter une stratégie bénéfique pour améliorer les résultats des patients âgés suite à une infection à COVID-19.

lien : https://science.sciencemag.org/content/369/6501/256/tab-pdf

        

  23 juillet 2020

  Les arguments en faveur d’une transmission par aérosols du SARS-CoV-2

En vue de présenter les arguments prouvant que le SARS-CoV-2 peut se transmettre par aérosols, Kimberly Prather, présidente du Département de chimie atmosphérique du Scripps Institute of Oceanography de l’Université de Californie à San Diego, et ses collègues ont rédigé un article publié dans la revue Science, expliquant les données scientifiques et le raisonnement qui justifient pourquoi la transmission par aérosols peut se produire, et se produit actuellement. Selon Dr Prather, en raison du manque d’informations concernant la production et le comportement une fois dans l’air des gouttelettes respiratoires infectieuses, il est difficile de définir une distance sûre pour la distanciation sociale. Elle indique que si l’on suppose que les virions de SARS-CoV-2 sont présents dans les aérosols submicroniques, comme c’est le cas pour les virus grippaux, il est utile d’employer la comparaison avec la fumée de cigarette exhalée, qui contient également des particules submicroniques et suit probablement des schémas de circulation et de dilution comparables. « La distance à laquelle on peut sentir la fumée de cigarette d’un fumeur indique la distance à laquelle il serait possible d’inhaler des aérosols infectieux. » Selon elle, les masques sont efficaces, et il est important de porter un masque bien ajusté à l’intérieur, même à 2 mètres de distance des autres personnes. 

lien : https://science.sciencemag.org/content/368/6498/1422

      

  22 juillet 2020

  Positivité récurrente au SARS-CoV-2 après une infection à COVID-19

Une méta-analyse d’études ayant décrit une positivité récurrente à l’ARN du SARS-CoV-2 a été publiée en prépublication sur le serveur medRxiv le 21 juillet 2020. La méta-analyse comprenait 14 études, dont 13 menées en Chine et une menée au Brunei. Un total de 2 568 participants issus des 14 études combinées ont été étudiés, dont 318 ont présenté une positivité récurrente au SARS-CoV-2. L’estimation groupée de la positivité récurrente à l’ARN du SARS-CoV-2 était de 14,8 %, ce qui confirme que la positivité récurrente parmi les patients qui se sont rétablis et ont quitté l’hôpital est relativement fréquente. Le délai moyen de récurrence était de 35,44 jours à compter de l’apparition de la maladie et de 9,76 jours à compter du dernier test négatif. Les auteurs ont noté qu’il s’agissait du premier examen systématique portant sur la positivité récurrente à l’ARN du SARS-CoV-2 parmi les individus s’étant rétablis du COVID-19. La méta-analyse a caractérisé les caractéristiques et les facteurs de risque liés à la positivité récurrente à l’ARN du SARS-CoV-2 chez les patients s’étant rétablis du COVID-19. 

lien :https://www.medrxiv.org/content/10.1101/2020.07.19.20157453v1.full.pdf+html

        

  20 juillet 2020

  Transmission du SARS-CoV-2 : un résumé de l’Organisation mondiale de la Santé

L’Organisation mondiale de la Santé a publié un résumé scientifique le 9 juillet 2020, pour mettre à jour les connaissances actuelles concernant la transmission du COVID-19. Le résumé a été rédigé par l’Organisation mondiale de la Santé et ses partenaires en vue de consolider les informations issues d’examens de la littérature médicale et de publications dans des revues à comité de lecture, ainsi que de manuscrits sans comité de lecture disponibles sur des serveurs de prépublication. Le document traite des différents modes de transmission potentiels du virus, et de la période pendant laquelle les individus infectés par le SARS-CoV-2 peuvent infecter d’autres personnes. Le résumé explore également la question de savoir si une transmission asymptomatique ou présymptomatique se produit. Le résumé de l’Organisation mondiale de la Santé souligne qu’il est très important, pour la mise au point de stratégies de prévention de la maladie, de comprendre comment l’infection se propage, et à quel moment et dans quelles conditions le virus peut se transmettre.

lien :https://www.who.int/news-room/commentaries/detail/transmission-of-sars-vitycov-2-implications-for-infection-prevention-precautions

    

  17 juillet 2020

  Transmission transplacentaire de l’infection par le SARS-CoV-2

Certains cas de transmission périnatale de l’infection par le SARS-CoV-2 ont été décrits, mais on ignore si ces cas sont dus à une transmission par voie transplacentaire ou voie transcervicale, ou par exposition environnementale. Un rapport de cas publié dans le numéro du 14 juillet 2020 de la revue Nature Communications a partagé des preuves complètes d’une transmission transplacentaire du virus SARS-CoV-2. La virémie maternelle a été confirmée. L’infection et l’inflammation placentaires ont été mises en évidence par un examen histologique, un examen immunohistochimique et une charge virale élevée. La virémie néonatale a été détectée après l’infection placentaire. Il est important de noter que, dans ce rapport de cas, le nouveau-né présentait des manifestations cliniques, notamment des signes et symptômes neurologiques considérés par les auteurs comme indiquant une vascularite cérébrale due au COVID-19.

lien : https://www.nature.com/articles/s41467-020-17436-6

     

  15 juillet 2020

  Une étude italienne révèle que 81,9 % des individus âgés de 20 ans ou moins ne présentent aucun symptôme après l’infection par le coronavirus

Les estimations spécifiques à l’âge de la probabilité de développer des symptômes après l’infection par le SARS-CoV-2 sont rares. Les stratégies de contrôle de la propagation de l’infection qui s’appuient sur le fait de tester les contacts proches des individus infectés et d’isoler les individus dont le résultat est positif sont ralenties par des infections asymptomatiques, qui sont facilement omises par les équipes de surveillance. La transmission de l’infection par les enfants est particulièrement pertinente, car ils sont beaucoup moins susceptibles de présenter des symptômes. Dans une étude menée en Lombardie, en Italie, des observations cliniques ont été réalisées sur les contacts proches de 64 252 personnes atteintes d’une infection par le SARS-CoV-2 confirmée en laboratoire. Dans l’étude, un groupe de 3 420 individus infectés a été identifié, et tous les contacts proches des membres de ce groupe ont reçu un test de dépistage du COVID-19, par écouvillonnage nasal ou test sérologique, ce qui a permis d’obtenir une taille d’échantillon globale de 5 484 contacts proches. Parmi les 5 484 contacts proches sélectionnés, 51,5 %, soit 2 824, ont eu un résultat de test positif. Parmi les 2 824 individus chez qui une infection par le SARS-CoV-2 a été confirmée, 876, soit 31 %, étaient symptomatiques. Les cas symptomatiques étaient définis comme présentant des symptômes affectant les voies respiratoires supérieures ou inférieures (p. ex., toux, essoufflement) ou une fièvre ≥ 37,5 °C. Les données étaient stratifiées par âge, et les chercheurs ont constaté que la probabilité de développer des symptômes augmentait avec l’âge :

  • Âge < 20 ans : 18,1 % ont développé des symptômes
  • Âge compris entre 20 et 39 ans : 22,4 % ont développé des symptômes
  • Âge compris entre 40 et 59 ans : 30,5 % ont développé des symptômes
  • Âge compris entre 60 et 79 ans : 35,5 % ont développé des symptômes
  • Âge > 80 ans : 64,6 % ont développé des symptômes

Les auteurs ont noté que la contribution des infections asymptomatiques à la transmission du SARS-CoV-2 est mal quantifiée, et que les estimations de la proportion d’infections par le SARS-CoV-2 qui sont asymptomatiques vont de 17 à 87 %, selon les symptômes inclus dans la définition et le moment auquel ils ont été confirmés. Cette étude montre que la probabilité de présenter des symptômes d’infection par le SARS-CoV-2 augmente avec l’âge. Elle représente un élément d’information utile qui pourrait nous permettre de mieux comprendre le rôle que jouent les enfants et les jeunes adultes dans l’épidémiologie du COVID-19.  Cette étude préliminaire n’est pas encore parue dans une revue à comité de lecture, mais ses auteurs ont rendu leurs résultats disponibles en ligne sur la plateforme de prépublication arXiv.

lien : https://arxiv.org/ftp/arxiv/papers/2006/2006.08471.pdf

  

  14 juillet 2020

  Un grand nombre de patients atteints du COVID-19 présentaient des symptômes persistants après s’être rétablis de l’infection aiguë

Une étude réalisée par des chercheurs italiens et publiée dans la revue Journal of the American Medical Association a constaté qu’un grand nombre de patients atteints du COVID-19 présentaient des symptômes persistants. L’étude a inclus 143 patients sortis de l’hôpital après s’être rétablis du COVID-19. Tous les patients avaient rempli les critères d’arrêt de la quarantaine (absence de fièvre pendant 3 jours consécutifs, amélioration des autres symptômes et 2 résultats de tests pour le COVID-19 négatifs à 24 heures d’intervalle). Les patients ont été inclus dans l’étude en moyenne 36 jours après leur sortie de l’hôpital et avaient un autre test PCR négatif pour le COVID-19 au moment de leur inclusion. La majorité des patients a signalé présenter des symptômes persistants de fatigue et d’essoufflement. Au moment de l’évaluation, seuls 12,6 % d’entre eux ne présentaient plus aucun symptôme associé au COVID-19, alors que 30 % présentaient un ou deux symptômes et 55 % présentaient trois symptômes ou plus. Aucun patient ne présentait de fièvre ni de signes de maladie aiguë. Une moins bonne qualité de vie a été observée chez 44,1 % des patients. Une grande proportion de patients ont signalé de la fatigue (53,1 %), de la dyspnée (43,4 %), des douleurs articulaires (27,3 %) et des douleurs thoraciques (21,7 %). Les chercheurs soulignent qu’en dépit de l’attention qui a été accordée en majorité à la phase aiguë du COVID-19, une surveillance continue visant à détecter les effets de longue durée après la sortie de l’hôpital est nécessaire. Les auteurs notent que l’étude comporte des limitations, notamment du fait d’être une étude monocentrique et de ne pas comprendre d’informations sur les symptômes présentés par les patients avant l’infection. En outre, elle ne comportait pas de groupe témoin pour comparaison.

lien :https://jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/2768351


  8 juillet 2020

  Une meilleure compréhension de la physiologie respiratoire permet de démystifier l’hypoxie silencieuse (dite « heureuse »)

Un nouvel article publié dans la revue American Journal of Respiratory and Clinical Care Medicine concerne une affection déconcertante présente chez les patients atteints du COVID-19 : l’hypoxie silencieuse (dite « heureuse »). L’hypoxie silencieuse fait référence aux patients présentant un faible taux d’oxygène (PaO2) sans dyspnée. Les auteurs présentent des informations concernant 16 patients atteints du COVID-19 présentant une hypoxie silencieuse, et expliquent que plusieurs mécanismes physiopathologiques peuvent en grande partie expliquer ce phénomène, même s’ils ne l’expliquent pas complètement. Ils mettent également en évidence les facteurs de confusion qui affectent ce phénomène.

Les mécanismes pouvant expliquer l’hypoxie silencieuse comprennent les suivants :

  • La ventilation répond plus rapidement aux changements du PaCO2 que du PaO2, et le PaCO2 est souvent faible ou dans une plage normale.
  • Les patients diabétiques et les personnes âgées (une partie significative des patients gravement malades) présentent une diminution de la réponse ventilatoire à l’hypoxie.
  • Le glomus carotidien présente des récepteurs à l’enzyme de conversion de l’angiotensine 2 (ACE2) et pourrait être directement affecté par le virus.

Les facteurs de confusion comprennent les suivants :

  • L’oxymétrie de pouls est précise en présence d’un haut degré d’oxygénation, mais peut exagérer la gravité d’une faible saturation en oxygène.
  • La fièvre déplace la courbe de dissociation de l’oxyhémoglobine vers la droite, entraînant une désaturation, mais les chimiorécepteurs du glomus carotidien répondent uniquement au PaO2 plutôt qu’à la saturation en oxygène.
  • La réponse à l’hypercapnie ou à l’hypoxie peut varier considérablement d’un patient à l’autre.

lien : https://www.atsjournals.org/doi/abs/10.1164/rccm.202006-2157CP


  6 juillet 2020

 Un examen de l’impact du COVID-19 sur le système digestif

Un examen publié dans la revue American Journal of Gastroenterology (AJG) le 4 juillet 2020 portant sur le lien entre le COVID-19 et le système digestif s’est intéressé à la fois aux résultats cliniques et aux mécanismes sous-jacents potentiels de la pathogenèse gastro-intestinale du COVID-19. Une précédente étude portant sur l’incidence de symptômes gastro-intestinaux pendant l’épidémie de COVID-19 à Wuhan, en Chine (AJG, mai 2020) a indiqué que si le COVID-19 se caractérisait principalement par des symptômes respiratoires, 18,6 % des patients présentaient cependant des symptômes gastro-intestinaux tels que de nausées, des vomissements et de la diarrhée. Ces symptômes gastro-intestinaux étaient parfois les premiers symptômes présentés par un patient, sans aucun symptôme respiratoire. En outre, la présence de symptômes gastro-intestinaux a été étroitement associée à une forme plus grave de la maladie. Le présent examen a également indiqué que l’infection par le SARS-CoV-2 peut entraîner des lésions hépatiques et que les anomalies des enzymes hépatiques sont associées à la gravité du COVID-19.

Les auteurs soulignent que l’enzyme de conversion de l’angiotensine-2, qui est le récepteur fonctionnel du SARS-CoV-2, est présente dans de nombreux organes du corps humain, mais que l’expression du récepteur est environ 100 fois plus élevée dans le tractus gastro-intestinal que dans le système respiratoire. L’examen aborde les preuves cliniques et pathologiques venant appuyer l’existence d’une forme du COVID-19 impliquant le système digestif, les mécanismes des lésions interstitielles et les lésions hépatiques. Les auteurs de cet article d’examen concluent que les symptômes digestifs doivent être traités avec prudence au stade précoce de COVID-19, et que la surveillance de la fonction hépatique et des cytokines est importante dans le cadre de la pratique clinique.

lien : https://journals.lww.com/ajg/FullText/2020/07000/COVID_19_and_the_Digestive_System.11.aspx


  2 juillet 2020

 Selon les CDC, les femmes enceintes présentent un risque accru de développer une forme grave du COVID-19

Selon un nouveau rapport publié dans la revue Morbidity and Mortality Weekly Report (MMWR) le 26 juin 2020, les femmes enceintes pourraient présenter un risque accru de développer une forme grave du COVID-19. Chez les femmes en âge de procréer (âgées de 15 à 44 ans) ayant été infectées par le SARS-CoV-2 (le virus qui cause le COVID-19), la grossesse était associée à une plus grande probabilité d’hospitalisation, d’admission en unité de soins intensifs et de nécessité d’une ventilation mécanique. Cependant, la grossesse n’était pas associée à un risque accru de décès. En date du 7 juin, 8 207 cas de femmes enceintes ayant un résultat de test positif pour le COVID-19 avaient été signalés aux CDC. Ces femmes ont été comparées aux 83 205 femmes en âge de procréer ayant un résultat de test positif pour le COVID-19 et chez qui l’absence de grossesse était confirmée. Les hospitalisations sont survenues en nombre considérablement plus important chez les femmes enceintes (31,5 %) que chez les femmes non enceintes (5,8 %). Une admission en USI a été signalée chez 1,5 % des femmes enceintes, contre 0,9 % pour les femmes non enceintes, et une ventilation mécanique s’est avérée nécessaire pour 0,5 % des femmes enceintes, contre 0,3 % pour les femmes non enceintes. Les femmes hispaniques et afro-américaines semblent plus susceptibles d’être infectées par le SARS-CoV-2 pendant la grossesse. Les auteurs soulignent que pendant la grossesse, les femmes présentent des changements physiologiques et immunologiques qui pourraient augmenter le risque de développer une forme plus grave de maladies résultant d’une infection respiratoire. Bien que l’étude ait plusieurs limites, les auteurs de ce rapport des CDC indiquent que «… les femmes enceintes doivent être informées de leur risque possible de développer une forme grave du COVID-19. Les femmes enceintes et leur famille doivent prendre des mesures visant à protéger leur santé et prévenir la propagation de l’infection par le SARS-CoV-2. Les mesures spécifiques que peuvent prendre les femmes enceintes peuvent comprendre ce qui suit : ne pas manquer les rendez-vous médicaux prénataux, limiter le plus possible les interactions avec d’autres personnes, prendre des précautions pour éviter de contracter le COVID-19 lors de toute interaction avec d’autres personnes, avoir un stock de médicaments suffisant pour durer 30 jours et consulter leur prestataire de soins de santé pour savoir comment rester en bonne santé pendant la pandémie de COVID-19. Pour réduire les résultats graves liés au COVID-19 chez les femmes enceintes, on doit souligner l’importance des mesures de prévention de l’infection par le SARS-CoV-2 et trouver des moyens de surmonter les obstacles s’opposant au respect de ces mesures. »

lien : https://www.cdc.gov/mmwr/volumes/69/wr/mm6925a1.htm?s_cid=mm6925a1_w

                                                                                                             

  30 juin 2020

 Cinq techniques pour réduire la dépression et l’anxiété

Les prestataires de santé, en particulier les équipes des urgences, courent un risque élevé de subir des conséquences en termes de santé mentale pendant la pandémie de COVID-19. En réponse à ce risque, le Département de médecine d’urgence de l’Université d’Ottawa, au Canada, a fourni à ses membres des informations concernant 5 techniques factuelles s’étant avérées efficaces pour réduire les symptômes de dépression et d’anxiété. Ces techniques ont été décrites en détail dans un article accepté pour publication dans la revue Canadian Journal of Emergency Medicine (voir le lien ci-dessous). Les 5 techniques sont les suivantes :

  • Méditation de pleine conscience : un terme général désignant une variété de pratiques méditatives visant à aider les individus à s’ancrer dans le moment présent. Par exemple : pendant les situations stressantes, utilisez la technique de respiration suivante : inspirez pendant 4 secondes, retenez votre respiration pendant 4 secondes, expirez pendant 4 secondes, puis retenez de nouveau votre respiration pendant 4 secondes.
  • Activité physique : augmentez progressivement votre activité physique jusqu’à faire 150 min d’activité physique modérée à vigoureuse par semaine.
  • Limitez votre utilisation des réseaux sociaux (< 30 min par jour) : passez un appel vidéo ou téléphonique à un proche à la place.
  • Adoptez une alimentation saine, comme le régime méditerranéen : mettez-vous à cuisiner.
  • Thérapie et conseils : utilisez des ressources de santé mentale par le biais d’un groupe de soutien communautaire ou d’un professionnel de la santé mentale.

L’article se termine par un graphique captivant illustrant les techniques ci-dessus.

lien : https://www.cambridge.org/core/services/aop-cambridge-core/content/view/E43093692F0A21B512AA4111A0365B24/S1481803520004339a.pdf/beyond_survival_practical_wellness_tips_during_the_covid19_pandemic.pdf

 

                                                                                                     

  29 juin 2020

 Réduction des émissions quotidiennes de CO2 pendant le confinement dû au COVID-19

La quantité de dioxyde de carbone (CO2) générée chaque jour par l’activité humaine a chuté de jusqu’à 17 % au pic de la crise du coronavirus au début du mois d’avril, selon une étude publiée le 17 mai 2020 dans la revue Nature Climate Change. Les politiques gouvernementales de confinement (quarantaine ou isolation à la maison) visant à réduire la transmission du virus pendant la pandémie de COVID-19 ont profondément affecté les schémas de demande énergétique dans le monde entier. Les émissions quotidiennes ont temporairement chuté jusqu’à un niveau observé pour la dernière fois en 2006. L’analyse a été réalisée par une équipe internationale de chercheurs travaillant sur un projet de Future Earth appelé le « Global Carbon Project » (projet sur les émissions mondiales de dioxyde de carbone), une initiative visant à suivre les impacts des gaz à effet de serre générés par l’homme sur la planète. Le déclin de 17 % des émissions de CO2 est survenu au début du mois d’avril, lors du pic des mesures de confinement dans le monde entier. L’impact global sur les émissions annuelles de 2020 dépend de la durée du confinement, la réduction minimale estimée étant d’environ 4 % si le monde revient aux conditions d’avant la pandémie d’ici juin et la réduction maximale estimée d’environ 7 % si certaines restrictions restent en place dans le monde entier jusqu’à la fin de l’année 2020. Les auteurs soulignent que la réduction annuelle de 4,2 à 7,5 % des émissions de CO2 est comparable au taux de diminution nécessaire d’une année sur l’autre au cours des dix prochaines années pour limiter le changement climatique à 1,5 °C, mettant en évidence le défi auquel le monde est confronté pour limiter le changement climatique conformément à l’Accord de Paris sur le climat.

lien : https://www.nature.com/articles/s41558-020-0797-x


  25 juin 2020

 Recommandations cliniques de l’American College of Rheumatology concernant les maladies rhumatologiques pédiatriques pendant la pandémie de COVID-19 et les patients atteints d’un syndrome inflammatoire multisystémique

L’American College of Rheumatology a publié deux nouveaux documents contenant des recommandations cliniques factuelles (voir les liens ci-dessous pour ces recommandations). Le premier document de recommandations sur la prise en charge des enfants souffrant d’une maladie rhumatologique pendant la pandémie de COVID-19 comprend des recommandations pour la prévention du COVID-19 chez les enfants souffrant d’une maladie rhumatologique ainsi que des recommandations pour le traitement d’une maladie rhumatologique pédiatrique dans diverses situations associées au COVID-19, notamment en l’absence d’exposition, en cas d’exposition par l’intermédiaire de proches/de membres du foyer et pour les infections par COVID-19 asymptomatiques et symptomatiques.

Le deuxième document de recommandations comprend des recommandations détaillées concernant le diagnostic et le traitement du syndrome inflammatoire multisystémique chez les enfants (MIS-C) associé au COVID-19. Les versions préliminaires résumées ont été approuvées par le Conseil d’administration de l’ACR le 17 juin 2020 et publiées en ligne.

lien : https://www.rheumatology.org/Portals/0/Files/COVID-19-Clinical-Guidance-Summary-for-Pediatric-Patients-with-Rheumatic-Disease.pdf

lien : https://www.rheumatology.org/Portals/0/Files/ACR-COVID-19-Clinical-Guidance-Summary-MIS-C-Hyperinflammation.pdf

 

 

                                                                                                      

  24 juin 2020

 Positionnement en décubitus ventral des patients non intubés souffrant d’insuffisance respiratoire due au COVID-19

Le positionnement en décubitus ventral des patients intubés s’est avéré réduire la mortalité dans les cas de syndrome de détresse respiratoire aiguë modéré à sévère. Une étude prospective portant sur l’acceptabilité et les effets sur l’échange gazeux du positionnement en décubitus ventral des patients non intubés atteints du COVID-19 a été menée chez 56 patients hospitalisés atteints d’une pneumonie due au COVID-19 confirmée entre le 20 mars et le 9 avril 2020 à Monza, en Italie. Les patients recevaient une supplémentation en oxygène ou une ventilation en pression positive continue non invasive. Une fois les données de référence recueillies, les patients ont été placés en décubitus ventral et maintenus dans cette position pendant au moins 3 heures. Les données ont été recueillies de nouveau à la référence en décubitus dorsal, 10 minutes après le positionnement en décubitus ventral et 1 heure après le retour en décubitus dorsal chez les 49 patients ayant réussi le positionnement en décubitus ventral. L’étude a constaté que le positionnement en décubitus ventral plutôt qu’en décubitus dorsal améliorait considérablement l’oxygénation (rapport PaO2/FiO2 de 180·5 mmHg [ET de 76·6] en décubitus dorsal contre 285·5 mmHg [112·9] en décubitus ventral ; p < 0·0001). Après le retour en décubitus dorsal, l’amélioration de l’oxygénation s’est maintenue chez la moitié des patients. Globalement, l’amélioration 1 heure après le retour en décubitus dorsal n’était pas statistiquement significative. L’étude soutient les précédents rapports concernant l’effet bénéfique du positionnement en décubitus ventral chez les patients éveillés souffrant d’insuffisance respiratoire due à une pneumonie interstitielle. L’étude a démontré l’acceptabilité de cette technique chez les patients affectés par le COVID-19. Des études supplémentaires sont nécessaires pour évaluer la sécurité d’emploi et les résultats à moyen et long terme du positionnement en décubitus ventral en termes de paramètres respiratoires et de survie.

lien :https://www.thelancet.com/journals/lanres/article/PIIS2213-2600(20)30268-X/fulltext

                                                                                       

  23 juin 2020

 Le groupe sanguin est associé à la gravité du COVID-19

Une étude publiée dans la revue New England Journal of Medicine le 17 juin 2020 concernait une analyse génétique menée sur plus des échantillons provenant de plus de 1 900 patients gravement malades en Espagne et en Italie. Les patients souffraient d’insuffisance respiratoire due au COVID-19 confirmée par test ARN. Les échantillons de ces patients gravement malades ont été comparés à ceux de plus de 2 000 témoins en bonne santé, certains d’entre eux pouvant avoir été atteints du COVID-19, mais sans symptômes ou avec des symptômes légers uniquement. Les chercheurs ont constaté que les locus génétiques 3p21.31 et 9q34.2 étaient associés de manière significative à l’insuffisance respiratoire due au COVID-19. Au locus 9q34.2, l’association coïncidait avec le locus du groupe sanguin ABO. Des études plus poussées ont révélé que les patients de groupe sanguin A présentaient un risque significativement plus élevé d’insuffisance respiratoire due au COVID-19 que les personnes d’autres groupes sanguins, et le groupe sanguin O avait un effet protecteur. En résumé, l’étude a identifié un cluster de gènes 3p21.31 comme locus de prédisposition génétique chez les patients atteints du COVID-19 avec insuffisance respiratoire et a confirmé la possibilité d’une implication du système ABO des groupes sanguins.. Des études non génétiques ont précédemment indiqué l’implication des groupes sanguins ABO dans la prédisposition au COVID-19. Si les résultats ne prouvent pas l’existence d’un lien avec le groupe sanguin, ils semblent constituer un signal significatif indiquant un groupe à risque plus élevé.

lien : https://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMoa2020283?query=featured_coronavirus#article_references

                                                                                                      

  22 juin 2020

 Des leurres composés de nanoparticules absorbent le SARS-CoV-2 

Dans une nouvelle approche de lutte contre l’infection, des chercheurs de l’Université de Californie à San Diego ont utilisé des nanoparticules enrobées de membranes cellulaires extraites de cellules épithéliales pulmonaires et de macrophages au lieu de cibler le virus. Ces recherches ont été publiées dans la revue à comité de lecture Nano Letters le 17 juin 2020. Ces nanoparticules, ou nanoéponges, agissent comme des imitateurs ou leurres biologiques auxquels le virus se fixerait plutôt que de se fixer sur une cellule hôte. Les nanoéponges sont mille fois plus petites que l’épaisseur d’un cheveu humain et sont enrobées de membranes cellulaires comportant les mêmes récepteurs protéiques que les cellules qu’elles imitent. Les chercheurs ont constaté qu’après incubation avec les nanoéponges, l’infectiosité du virus SARS-CoV-2 dans une culture cellulaire était réduite de 90 % de manière dépendante de la dose. L’un des avantages significatifs de cette stratégie est qu’elle n’est pas liée à la capacité de mutation du virus. En présentant un leurre composé de nanoparticules, cette plateforme serait efficace contre toute mutation ou tout virus ciblant la même cellule hôte. Les chercheurs prévoient d’évaluer l’efficacité de ces nanoéponges dans des plateformes animales au cours des mois à venir. L’efficacité et la sécurité d’emploi chez l’homme de ce traitement futuriste n’ont pas été démontrées.

lien :https://pubs.acs.org/doi/full/10.1021/acs.nanolett.0c02278

                                                                                                    

  19 juin 2020

 Un cocktail d’anticorps anti-SARS-CoV-2 pour éviter un échappement mutationnel rapide

Des anticorps monoclonaux pour traiter le COVID-19 sont en cours de développement. On craint cependant qu’une résistance se développe rapidement en raison de la capacité de mutation du virus. Un rapport publié dans la revue Science le 15 juin 2020 a étudié le problème de la résistance. Les auteurs ont montré dans un modèle de virus vivant qu’une résistance à un seul anticorps se développait en quelques générations. Ils ont ensuite identifié plusieurs paires d’anticorps, une paire ciblant des zones se chevauchant du domaine de liaison au récepteur (RBD) et une paire se liant à des zones distinctes et ne se chevauchant pas du RBD. Ils ont observé qu’une résistance se développait lorsque les zones auxquels se liait l’anticorps se chevauchaient. Cependant, aucune résistance ne s’est développée lorsque les anticorps ciblaient des zones distinctes, vraisemblablement parce que cela nécessiterait la survenue peu probable de mutations virales simultanées dans deux sites génétiques distincts. Ces résultats suggèrent qu’un cocktail d’anticorps ciblant des zones ne se chevauchant pas du RBD viral pourrait être supérieur à un seul anticorps.

lien : https://science.sciencemag.org/content/early/2020/06/15/science.abd0831

                                                                                                 

  18 juin 2020

 Les comorbidités multiplient le risque de décès par 12 dans les cas de COVID-19

L’édition en publication anticipée du 15 juin du Rapport hebdomadaire sur la morbidité et la mortalité (Morbidity and Mortality Weekly Report) des Centres américains pour le contrôle et la prévention des maladies (Centers for Disease Control and Prevention, CDC) décrit les caractéristiques démographiques, les maladies sous-jacentes, les symptômes et les résultats de 1 320 488 cas de COVID-19 confirmés en laboratoire au 30 mai 2020. Dans l’ensemble, 184 673 (14 %) patients ont été hospitalisés, 29 837 (2 %) ont été admis en unité de soins intensifs (USI) et 71 116 (5 %) sont décédés. Parmi les 287 320 (22 %) cas disposant de données sur les maladies sous-jacentes individuelles, les maladies sous-jacentes les plus courantes étaient : maladie cardiovasculaire 32 %, diabète 30 % et maladie pulmonaire chronique 18 %. Les hospitalisations étaient 6 fois plus élevées et les décès 12 fois plus élevés parmi les patients ayant signalé des maladies sous-jacentes que chez les patients n’en ayant signalé aucune. Les CDC estiment que les résultats soulignent la nécessité poursuivre les stratégies d’atténuation dans les communautés, en particulier pour les populations vulnérables.

lien : https://www.cdc.gov/mmwr/volumes/69/wr/mm6924e2.htm?s_cid=mm6924e2_e&deliveryName=USCDC_921-DM30615

                                                                                 

  17 juin 2020

 La dexaméthasone a réduit les décès chez les patients atteints d’une infection à COVID-19 sévère 

Un communiqué de presse de l’Université d’Oxford daté du 16 juin 2020 a partagé les résultats positifs d’un essai clinique portant sur 6 425 patients atteints d’une infection à COVID-19 sévère. Les patients ont été randomisés pour recevoir soit 6 mg de dexaméthasone une fois par jour par voie orale ou par injection intraveineuse pendant 10 jours (n = 2104), soit les soins habituels uniquement (n = 4 321). La dexaméthasone a réduit les décès de 1/3 chez les patients sous ventilation artificielle et de 1/5 chez les patients recevant uniquement de l’oxygène. Les deux résultats étaient très significatifs sur le plan statistique. Sur la base de ces résultats, un décès serait évité par le traitement de 8 patients sous ventilation artificielle ou d’environ 25 patients nécessitant uniquement de l’oxygène. Aucun bénéfice n’a été observé parmi les patients ne nécessitant aucune assistance respiratoire. Dans le communiqué de presse, Peter Horby, professeur de maladies infectieuses émergentes au Nuffield Department of Medicine de l’Université d’Oxford, et l’un des investigateurs principaux de l’essai, a déclaré que « la dexaméthasone est le premier médicament à montrer une amélioration de la survie dans le COVID-19 ». Il est important de noter que les données complètes de l’étude n’ont pas encore été publiées ni soumises à un examen par un comité de lecture, mais les experts externes ont immédiatement accepté les résultats. Pour Patrick Vallance, le conseiller scientifique en chef du gouvernement du Royaume-Uni, ces résultats sont « une excellente nouvelle » et « une étape révolutionnaire dans notre lutte contre la maladie ». Pour Scott Gottlieb, ancien commissaire de l’Agence américaine des produits alimentaires et médicamenteux (U.S. Food and Drug Administration, FDA), ces résultats sont « très positifs ».

lien : https://www.recoverytrial.net/files/recovery_dexamethasone_statement_160620_v2final.pdf

                                                                                     

  16 juin 2020

 Développement d’un premier diabète et COVID-19 

Une lettre publiée dans la revue New England Journal of Medicine et signée par un groupe international composé de 17 des plus grands experts en diabète participant au projet CoviDiab Registry avertit que le COVID-19 pourrait déclencher le développement d’un premier diabète. L’objectif du registre est d’établir l’étendue et les caractéristiques du développement d’un premier diabète chez les patients atteints de COVID-19. Les observations cliniques effectuées jusqu’à présent ont montré une relation bidirectionnelle entre le COVID-19 et le diabète. Parmi les patients décédés du COVID-19, 20 à 30 % ont été signalés comme souffrant de diabète. D’autre part, le développement d’un premier diabète et des complications métaboliques atypiques d’un diabète préexistant ont été observés chez des personnes atteintes de COVID-19. On ne sait pas exactement quel est l’impact du SARS-CoV-2 sur le diabète. L’un des mécanismes possibles implique l’enzyme de conversion de l’angiotensine 2 (ACE2), une protéine qui se lie au SARS-CoV-2, permettant au virus de pénétrer dans les cellules humaines. L’ACE2 est présente dans de nombreux organes impliqués dans le métabolisme du glucose, comme les cellules bêta pancréatiques, l’intestin grêle, les tissus adipeux et les reins.

lien : https://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMc2018688

                                                                                      

  15 juin 2020

 La FDA encourage les médecins à utiliser le programme et l’application CURE ID pour signaler les nouvelles utilisations de médicaments existants dans la lutte contre le COVID-19

Les professionnels de la santé peuvent depuis longtemps prescrire un médicament commercialisé légalement pour une utilisation non approuvée s’ils jugent que ce médicament est approprié sur le plan médical pour un patient donné. Cependant, à moins que cette prescription soit effectuée dans le cadre d’un essai clinique officiel sur le médicament, la communauté médicale et la communauté scientifique ont rarement connaissance de la réussite ou de l’échec d’une telle utilisation. Ainsi, en 2013, la FDA et le National Center for Advancing Translational Sciences (NCATS), qui fait partie des National Institutes of Health (NIH), ont mis en place le programme volontaire CURE ID, qui représentait un moyen simple pour les cliniciens de signaler les résultats d’une utilisation non approuvée chez des patients individuels. Les données anonymisées sont regroupées par maladie et peuvent être parcourues par les utilisateurs. Le programme vise à simplifier l’identification des médicaments candidats à des études de recherche, et n’est pas destiné à faire partie du processus officiel d’approbation des médicaments. Récemment, le programme CURE ID et son application gratuite ont été mis à jour afin de faciliter le signalement des données liées au COVID-19, dans l’espoir de pouvoir identifier de nouveaux traitements potentiellement efficaces.

lien : https://www.fda.gov/drugs/science-and-research-drugs/cure-id-app-lets-clinicians-report-novel-uses-existing-drugs

                                                                                

  12 juin 2020

 Le nombre de visites aux urgences a baissé de manière spectaculaire pendant les débuts de la pandémie

La pandémie de COVID-19 a eu un impact significatif sur le nombre de visites aux urgences aux États-Unis. Un rapport publié par les Centres américains pour le contrôle et la prévention des maladies (Centers for Disease Control and Prevention, CDC) dans le cadre du Rapport hebdomadaire sur la morbidité et la mortalité (Morbidity and Mortality Weekly Report) le 3 juin 2020 a montré une baisse de 42 % du nombre de visites aux urgences pendant les débuts de la pandémie de COVID-19. Le nombre moyen de visites par semaine pendant la période du 29 mars au 25 avril 2020 était de 1,2 million. Au cours de la même période l’année précédente, à savoir du 31 mars au 27 avril 2019, il y a eu 2,2 millions de visites par semaine. La proportion de visites liées à des maladies infectieuses était en revanche quatre fois plus élevée cette année. La baisse du nombre de visites était particulièrement prononcée pour les enfants et les femmes, et également dans la région Nord-Est du pays. Le nombre de visites liées à de nombreuses affections, notamment les douleurs abdominales et autres symptômes digestifs, les douleurs thoraciques non spécifiques, l’infarctus aigu du myocarde et l’hypertension artérielle a diminué pendant la pandémie, soulevant des inquiétudes quant à la possibilité que certaines personnes repoussent le moment d’obtenir des soins pour des affections pouvant entraîner une mortalité supplémentaire en l’absence de traitement.

lien vers l’étude : https://www.cdc.gov/mmwr/volumes/69/wr/mm6923e1.htm?s_cid=mm6923e1_w

                                                                                             

  10 juin 2020

 Mise en perspective de la mortalité due au COVID-19

Le New York Times a examiné le nombre de décès dans 25 villes et régions du monde entier pendant les mois les plus dévastateurs de l’épidémie, comparant ces chiffres au taux de mortalité normal de ces villes et régions, puis comparant l’augmentation des décès à d’autres catastrophes naturelles survenues par le passé.

Augmentation des décès au cours du mois le plus affecté par rapport aux années normales :

  • 7,3 x grippe espagnole à Philadelphie en 1918
  • 6,7 x COVID-19 à Bergame, Italie
  • 5,8 x COVID-19 à New York, États-Unis
  • 4,0 x COVID-19 à Lima, Pérou
  • 2,4 x ouragan Katrina à La Nouvelle-Orléans
  • 1,05 x mauvaise saison de la grippe à New York, États-Unis

lien vers l’article : https://www.nytimes.com/interactive/2020/06/10/world/coronavirus-history.html?smid=em-share

                                                                                    

  5 juin 2020

 Retrait d’une étude sur l’hydroxychloroquine

Plusieurs auteurs d’une étude publiée récemment dans la revue The Lancet ont rétracté leur article de la revue. Les sources des données de l’étude, qui semblaient démontrer une inefficacité de l’hydroxychloroquine ou de la chloroquine dans le cadre du traitement du COVID-19, ont été remises en question après la publication de l’article. Trois des auteurs de l’article ont ensuite essayé d’obtenir un examen des données et de l’analyse par une tierce partie indépendante, mais ces pairs réviseurs n’ont pas eu accès à la totalité de l’ensemble de données, ce qui a conduit les auteurs à rétracter l’article.

lien : https://www.thelancet.com/journals/lancet/article/PIIS0140-6736(20)31324-6/fulltext

                                                                                   

  5 juin 2020

 Un cas de COVID-19 avec une longue durée d’excrétion virale

Une lettre du 23 mai adressée à l’éditeur de la revue Journal of Microbiology, Immunology and Infection décrit un cas de COVID-19 avec la durée d’excrétion virale la plus longue à avoir été rapportée. La durée médiane de l’excrétion virale dans le cadre du COVID-19 a été rapportée comme allant de 11 à 20 jours, et la période la plus longue rapportée précédemment était de 49 jours. Ce cas rapporté concernait une femme de 59 ans ayant reçu un diagnostic de COVID-19 à Wuhan, chez qui une positivité intermittente au test PCR de détection de l’ARN du SARS-CoV-2 pendant 72 jours après l’apparition de la maladie a été observée. La patiente ne présentait plus de symptômes depuis la première semaine de son hospitalisation et a présenté des anticorps anti-SARS-CoV-2 pendant 38 jours après l’apparition de la maladie. Cependant, plusieurs tests PCR de détection de l’ARN étaient positifs par intermittence sur une période de 72 jours. Dans le cadre de ce cas rapporté, aucune donnée probante n’indiquait si la positivité des tests PCR était due à la présence de virus transmissible ou simplement à des fragments viraux résiduels. 

lien vers l’étude : https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S1684118220301225?via%3Dihub

                                                                                

  4 juin 2020

 Un premier essai de phase I chez l’homme portant sur un médicament à base d’anticorps contre le COVID-19

Cette semaine, Eli Lilly a lancé le premier essai de phase I chez l’homme portant sur un médicament à base d’anticorps monoclonal ciblant spécifiquement le virus SARS-CoV-2. L’anticorps duplique l’un des 550 anticorps différents identifiés à l’aide d’une nouvelle technique de détection dans le sang d’un patient ayant guéri du COVID-19. 

lien vers l’annonce : https://www.biopharmadive.com/news/eli-lilly-abcellera-coronavirus-antibody-drug-first-trial/578980/

                                                                                

  3 juin 2020

 Moment de réalisation du test de dépistage du COVID-19 et variabilité des résultats faux négatifs

Dans une étude publiée dans la revue Annals of Internal Medicine le 13 mai 2020, des chercheurs de l’université Johns Hopkins (Johns Hopkins University) ont analysé les résultats de sept études préalablement publiées portant sur les performances du test RT-PCR et ont déterminé que la probabilité d’obtenir un résultat faux négatif variait de manière significative selon le moment de réalisation du test. Les dates des tests incluaient la date de l’infection (date d’exposition), la date d’apparition des symptômes (généralement le 5e jour), puis des dates après l’apparition des symptômes. Ils ont découvert que la probabilité moyenne d’un résultat faux négatif était de 100 % au jour 1 de l’infection, de 67 % au jour 4, de 38 % le jour de l’apparition des symptômes, et de 20 % (taux de résultats faux négatifs le plus bas) au jour 8. Après le jour 8, la probabilité d’un résultat faux négatif recommençait à augmenter. Le taux le plus bas de résultats faux négatifs a donc été observé 8 jours après l’exposition et 3 jours après la date typique d’apparition des symptômes. Les auteurs ont conclu qu’il pourrait s’agir du moment idéal pour réaliser le test de dépistage si l’objectif est de minimiser les résultats faux négatifs. Ils ont souligné que des précautions doivent être prises pour interpréter les résultats des tests RT-PCR en ce qui concerne l’infection au SARS-CoV-2, en particulier au début de l’infection. En cas de suspicion clinique élevée, l’infection ne doit pas être exclue uniquement sur la base des résultats du test. Les chercheurs conseillent aux médecins de prendre en compte le moment de réalisation du test lors de l’interprétation des résultats négatifs, en particulier chez les personnes susceptibles d’avoir été exposées et qui présentent des symptômes conformes au tableau clinique du COVID-19. Ils ont conclu que lorsque la probabilité d’infection est élevée avant la réalisation du test, la probabilité d’infection reste élevée après le test, même en cas de résultat négatif. En outre, si le test est effectué immédiatement après l’exposition, le résultat du test ne fournit aucune information supplémentaire concernant la probabilité d’infection. Les auteurs ont indiqué que des recherches portant sur des approches ayant une sensibilité plus élevée sont absolument nécessaires.

lien vers l’étude : https://www.acpjournals.org/doi/10.7326/M20-1495

                                                                              

  2 juin 2020

 Ce que les eaux usées peuvent nous dire sur la propagation du COVID-19

Les chercheurs ont constaté que de grandes quantités d’ARN du SARS-CoV-2, le matériel génétique du COVID-19, étaient excrétées dans les selles. L’observation de la signature virale du COVID-19 dans les eaux usées a permis aux scientifiques de corréler la présence et la quantité de virus avec la propagation et la sévérité de la maladie. L’analyse des eaux usées peut servir d’outil de surveillance de la maladie et permet d’obtenir plus facilement une perspective plus large de la pandémie sans avoir à prélever des échantillons et à dépister chaque personne. Dans un article publié dans le Smithsonian Magazine le 14 mai 2020, Catherine J. Wu, une journaliste scientifique titulaire d’un doctorat en microbiologie et immunologie de l’Université de Harvard et basée à Boston, aborde les récentes recherches menées sur la manière dont les eaux usées peuvent aider à suivre la propagation du virus COVID-19, ainsi que les éventuelles implications en matière de santé de l’excrétion virale dans les selles, qui se retrouvent ensuite dans le système de traitement des eaux usées.

lien vers l’article :https://www.smithsonianmag.com/science-nature/how-wastewater-could-help-track-spread-new-coronavirus-180974858/

                                                                                

  1er juin 2020

 À New York, la taille des foyers peut être un facteur déterminant plus important du taux d’infection par le COVID-19 que la densité de population

Partout aux États-Unis, et même au sein d’une même ville, le nombre de cas confirmés de COVID-19 par rapport à la taille de la population varie considérablement. Il est important de savoir quels facteurs sont à l’origine de cette variation, car cet aspect a des implications importantes en termes de méthodes utilisées pour contenir l’épidémie. Une étude statistique (publiée en prépublication sur medRxiv le 20 mai 2020 ; n’ayant pas encore été examinée par un comité de lecture) portant sur cette variation dans la ville de New York a utilisé les données disponibles pour étudier ces facteurs par code postal. L’étude a révélé que lorsque des facteurs importants tels que la densité de la population, la taille moyenne des foyers, le pourcentage de la population vivant en dessous du seuil de pauvreté et le pourcentage de la population de plus de 65 ans ont été pris en compte, la taille moyenne des foyers s’avérait être la variable la plus importante à être corrélée au taux de cas confirmés. Le pourcentage de la population de plus de 65 ans ainsi que la population vivant en dessous du seuil de pauvreté constituaient des indicateurs supplémentaires affectant le taux d’incidence des cas. Il est intéressant de noter que, contrairement aux idées reçues, la densité de la population elle-même n’avait pas d’impact significatif sur le taux de cas pour un code postal donné. De fait, lorsque les autres facteurs étaient pris en compte, l’étude a constaté que la densité de la population et l’incidence des cas étaient négativement corrélées. Cependant, l’étude a utilisé des données statistiques datant de 2018 qui ne tenaient pas compte des changements de population pendant l’épidémie. On ne sait pas non plus précisément de quelle manière les maisons de retraite et leurs résidents ont été classés aux fins de cette étude, ce qui pourrait avoir affecté les résultats de l’étude.

lien vers l’étude : https://www.medrxiv.org/content/10.1101/2020.05.25.20112797v1.full.pdf+html

                                                                             

  29 mai 2020

Cet article a été retiré le 4 juin 2020.

Aucun bénéfice observé en lien avec l’hydroxychloroquine ou la chloroquine, seules ou en association avec des macrolides, dans une grande étude rétrospective internationale de base de données

Une grande étude internationale ayant analysé les résultats d’hospitalisation pour les patients atteints de COVID-19 traités par chloroquine ou hydroxychloroquine seules ou en association avec des macrolides a été publiée dans la revue Lancet le 22 mai 2020. Un registre international constitué de données provenant de 671 hôpitaux situés sur six continents a été analysé. Les données comprenaient des patients hospitalisés entre le 20 décembre 2019 et le 14 avril 2020, ayant un test de laboratoire positif pour le SARS-CoV-2. Le registre a permis d’inclure les données de 96 032 patients dans l’étude ; 14 888 patients ont reçu l’un des traitements d’intérêt dans les 48 heures suivant leur diagnostic et 81 114 patients appartenaient au groupe témoin n’ayant pas reçu de chloroquine ou d’hydroxychloroquine seules ou en association avec des macrolides. Les résultats n’ont fourni aucune preuve confirmant un bénéfice lié à l’hydroxychloroquine et la chloroquine utilisées seules ou en association avec un macrolide en termes de résultats d’hospitalisation pour le COVID-19. L’étude a montré une association de chacun de ces schémas thérapeutiques avec une réduction de la survie à l’hôpital et une augmentation de la fréquence des arythmies ventriculaires par rapport au groupe témoin. En raison de la conception rétrospective et observationnelle de l’étude, la possibilité que des facteurs de confusion n’aient pas été mesurés ne peut être exclue. Parmi ces possibilités, le fait que les médecins aient pu traiter les patients plus gravement malades avec ces médicaments. Les auteurs ont conclu que « des essais cliniques randomisés seront nécessaires avant que toute conclusion puisse être atteinte quant au bénéfice ou à l’effet négatif lié à ces agents chez les patients atteints de COVID-19 ». Les auteurs ont également indiqué que « ces résultats suggèrent que ces schémas thérapeutiques ne doivent pas être utilisés en dehors des essais cliniques ».

lien vers l’étude : https://www.thelancet.com/journals/lancet/article/PIIS0140-6736(20)31180-6/fulltext?rss=yes

                                                                           

  27 mai 2020

 Étude d’autopsie des poumons de patients décédés du COVID-19

Une étude d’autopsie des poumons de patients atteints de COVID-19 a constaté que le coronavirus qui cause le COVID-19 envahit la paroi endothéliale des vaisseaux sanguins, ce qui favorise la formation de caillots sanguins. L’étude, publiée en ligne dans la revue The New England Journal of Medicine le 21 mai 2020, a examiné les caractéristiques morphologiques et moléculaires des poumons obtenus par le biais d’une autopsie chez des patients décédés du COVID-19 et les a comparées aux poumons de patients décédés de la grippe et aux poumons de patients témoins non infectés appariés selon l’âge. Les poumons des patients atteints de COVID-19 présentaient des caractéristiques vasculaires distinctes et des lésions endothéliales sévères. L’analyse histologique des vaisseaux pulmonaires chez les patients atteints de COVID-19 a montré l’existence d’une thrombose généralisée avec microangiopathie. Les microthrombus capillaires alvéolaires étaient 9 fois plus fréquents chez les patients atteints de COVID-19 que chez les patients atteints de grippe. En outre, l’étude a constaté que les poumons des patients atteints de COVID-19 présentaient une croissance significative de nouveaux vaisseaux sanguins par l’intermédiaire d’un mécanisme appelé angiogenèse par intussusception. L’étude a également examiné l’expression des gènes liés à l’inflammation et à l’angiogenèse dans les tissus pulmonaires chez des patients décédés du COVID-19 et de la grippe A (H1N1) et a observé d’importantes différences d’expression.

lien vers l’étude : https://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMoa2015432

                                                                     

  22 mai 2020

 La durée de vie dans l’air des petites gouttelettes émises en parlant et l’importance potentielle de ces gouttelettes dans la transmission du SARS-CoV-2

Une étude publiée le 13 mai 2020 par la revue Proceedings of the National Academy of Sciences of the United States of America (PNAS) a démontré qu’en parlant normalement, l’être humain émet des gouttelettes capables de rester en suspension dans l’air. Les chercheurs ont utilisé des lasers pour émettre un intense mur de lumière afin de visualiser les émissions de gouttelettes produites en parlant, lorsque les sujets prononçaient les mots « stay healthy (restez en bonne santé) ». Cette méthode de diffusion de la lumière fournit des preuves visuelles de l’émission de gouttelettes émises en parlant et évalue également leur durée de vie dans l’air. Cette méthode est particulièrement sensible pour la mesure des gouttelettes émises en parlant ayant un diamètre inférieur à 30 micromètres, qui pourraient rester en suspension dans l’air pendant plus longtemps que les gouttelettes plus grosses qui ont fait l’objet de la majorité des recherches. Ils ont estimé qu’en parlant fort pendant 1 minute, un être humain génère au moins 1 000 noyaux de gouttelette contenant des virions qui restent en suspension dans l’air pendant plus de 8 minutes. Les gouttelettes générées en parlant par les porteurs asymptomatiques sont de plus en plus considérées comme un mode probable de transmission de la maladie. Cette visualisation directe montre comment le fait de parler normalement génère des gouttelettes pouvant rester en suspension dans l’air pendant des dizaines de minutes ou plus et étant tout à fait capables de transmettre la maladie dans des environnements confinés. Il convient toutefois de noter que cette étude ne porte pas sur la transmission concrète du COVID-19.

lien vers l’étude : https://www.pnas.org/content/early/2020/05/12/2006874117

                                                                                                                                         

  21 mai 2020

 Les conseils des CDC pour la prise en charge d’une personne malade à domicile

Les Centres américains de contrôle et de prévention des maladies (Centers for Disease Control and Prevention, CDC) ont récemment publié des directives de prise en charge d’une personne atteinte du COVID-19 à domicile ou dans un environnement non hospitalier. Ces conseils concernent la prise en charge des personnes qui présentent des symptômes de COVID-19 et des personnes qui sont asymptomatiques mais ont eu un résultat de test positif. Les recommandations sont approfondies et détaillées. Les CDC fournissent des stratégies utiles pour répondre aux besoins élémentaires d’une personne malade. Ils identifient également les symptômes qui peuvent nécessiter de consulter un médecin de toute urgence. Ils détaillent également les manières dont les soignants peuvent se protéger. Le document comprend des instructions expliquant comment limiter les contacts avec la personne malade, comment procéder pour les repas, ainsi que les moments auxquels le port d’un masque ou de gants est nécessaire pour la personne malade ou le soignant. Il comprend également des conseils sur le lavage des mains, l’utilisation des toilettes, le nettoyage et la désinfection de la maison, et la lessive. Les CDC fournissent également des conseils expliquant comment arrêter l’isolation à domicile.

lien vers les recommandations des CDC : https://www.cdc.gov/coronavirus/2019-ncov/if-you-are-sick/care-for-someone.html

                                                                    

  20 mai 2020

 Comprendre l’immunité au SARS-CoV-2

Afin de mieux comprendre la réponse immunitaire de l’organisme au SARS-CoV-2, les chercheurs de l’Université de La Jolla ont étudié la réponse immunitaire cellulaire dans un groupe de 20 adultes s’étant rétablis après avoir contracté le COVID-19. Dans l’étude publiée en ligne dans la revue Cell le 14 mai 2020, les chercheurs ont observé l’existence d’une réponse immunitaire cellulaire robuste au virus. Les chercheurs ont choisi d’étudier des personnes dont la maladie s’était avérée être d’intensité légère à modérée et n’ayant pas nécessité d’hospitalisation afin de fournir une référence en termes de réponse immunitaire normale. Le système immunitaire a reconnu le virus de nombreuses façons, tant par l’intermédiaire de l’immunité humorale (anticorps) que par l’immunité cellulaire (lymphocytes T). Cela a contribué à dissiper les craintes que le virus puisse échapper aux efforts visant à créer un vaccin efficace. Les chercheurs ont observé une réponse robuste des lymphocytes T, non seulement à la protéine « Spike », mais également à d’autres protéines, spéculant qu’il pourrait être judicieux d’inclure de multiples épitopes dans un vaccin candidat plutôt que d’inclure uniquement la protéine « Spike ». Il est intéressant de noter qu’ils ont détecté des lymphocytes T CD4+ réactifs au SARS-CoV-2− chez environ 40 à 60 % des individus non exposés (en testant des échantillons prélevés avant la pandémie actuelle), ce qui suggère une reconnaissance croisée des lymphocytes T entre les coronavirus en circulation associés au « rhume » et ceux associés au SARS-CoV-2, bien que l’on ignore si ces derniers peuvent conférer une protection ainsi que le degré de cette protection.

lien vers l’étude : https://www.cell.com/cell/fulltext/S0092-8674(20)30610-3

                                                      

  19 mai 2020

 COVID-19 : Explication du mode de transmission

Dans une récente publication sur son blog, « The Risks-Know Them-Avoid Them » (« Les risques : connaissez-les, évitez-les »), Dr Erin S. Bromage, PhD, professeur agrégé de biologie à l’Université du Massachusetts à Dartmouth, explique la définition scientifique d’une dose contagieuse, où et comment le virus se propage et quels environnements sont les plus risqués.  Dr Bromage traduit les données et les découvertes de manière brillante, en termes simples plus faciles à comprendre pour les lecteurs qui n’appartiennent pas à la communauté scientifique. Nous espérons qu’une meilleure compréhension de la manière dont le virus COVID-19 se propage aidera les individus à prendre leurs décisions concernant la meilleure façon d’éviter de le contracter.

lien vers la publication du blog : https://www.erinbromage.com/post/the-risks-know-them-avoid-them

                                                              

  18 mai 2020

 Un vaccin prometteur contre le COVID-19 utilise une forme inactivée du virus 

Les virus inactivés purifiés sont traditionnellement utilisés dans le développement de vaccins, fournissant des vaccins sûrs et efficaces pour prévenir les maladies causées par des virus, comme le poliovirus et le virus de la grippe. Dans un article publié le 6 mai 2020 dans la revue Science, un groupe de chercheurs chinois a décrit ses recherches concernant un vaccin inactivé et purifié contre le SARS-CoV-2 (PiCoVacc), qui a produit des anticorps neutralisants chez des souris, des rats et des primates non humains. Les anticorps se sont avérés neutraliser 10 souches représentatives du virus. Lors de l’infection ultérieure par le SARS-CoV-2 de macaques rhésus (une espèce de primate non humain qui présente une maladie similaire au COVID-19 en réponse à une infection par le SARS-CoV-2) ayant reçu une dose de 6 microgrammes, cette dose s’est avérée fournir une protection totale. Le vaccin n’a pas entraîné d’effets indésirables observables ou biochimiques. Les chercheurs n’ont notamment pas constaté la survenue d’un phénomène appelé « facilitation de l’infection par les anticorps », signalé comme une possibilité préoccupante dans de précédents rapports.

Selon les auteurs, « ces résultats nous montrent une potentielle voie à suivre pour le développement clinique des vaccins contre le SARS-CoV-2 destinés à une utilisation chez l’homme ». Il est prévu que des essais cliniques portant sur le PiCoVacc commencent plus tard dans l’année.

lien vers l’étude :https://science.sciencemag.org/content/early/2020/05/06/science.abc1932

                                                          

  15 mai 2020

 Les concentrations de l’enzyme de conversion de l’angiotensine 2 (ECA2) sont plus élevées chez les hommes

Les hommes sont plus vulnérables au COVID-19 que les femmes. Beaucoup plus d’hommes que de femmes figurent parmi les personnes positives au COVID-19. Un rapport en provenance d’Italie a constaté que 70 % des patients décédés du COVID-19 étaient des hommes.

Une étude menée sur plusieurs milliers de patients souffrant d’insuffisance cardiaque dans 11 pays européens a observé des concentrations sanguines significativement plus élevées de l’enzyme de conversion de l’angiotensine 2 (ECA2) chez les hommes que chez les femmes. L’ECA2 est un récepteur situé à la surface des cellules saines. Le coronavirus se lie à ce récepteur, ce qui permet au virus d’infecter des cellules saines. Le facteur prédictif le plus important de concentrations élevées d’ECA2 était le fait d’être de sexe masculin. L’étude a également observé que les patients recevant des inhibiteurs de l’ECA ou des antagonistes des récepteurs de l’angiotensine (ARA) ne présentaient pas de concentrations plasmatiques plus élevées d’ECA2. Cette découverte de concentrations plus élevées d’ECA2 pourrait expliquer pourquoi les hommes sont plus vulnérables au COVID-19 que les femmes. L’étude a été publiée en ligne le 10 mai 2020 dans la revue European Heart Journal.

lien vers l’étude :https://academic.oup.com/eurheartj/article/41/19/1810/5834647

                                                 

  13 mai 2020

 Un syndrome inflammatoire multisystémique pédiatrique est potentiellement lié au COVID-19

Le Boston Children’s Hospital a publié un bref résumé concernant un syndrome pédiatrique récemment signalé qui pourrait être lié au COVID-19. Au cours des dernières semaines, des signalements en provenance d’Europe et de l’Est des États-Unis ont concerné un petit nombre d’enfants gravement malades souffrant d’une maladie inflammatoire multisystémique appelée syndrome inflammatoire multisystémique pédiatrique (PMIS). Les signalements restent encore fragmentaires, et les descriptions des symptômes varient, mais les patients semblent avoir de la fièvre, différents degrés de dysfonctionnement des organes, ainsi que de multiples marqueurs biologiques d’inflammation grave. Le syndrome évolue parfois vers un état de choc significatif, nécessitant des médicaments vasoactifs, ainsi qu’une ventilation mécanique.

Il semble y avoir un lien entre ce syndrome et la pandémie actuelle de COVID-19, car un certain nombre des enfants touchés présentaient un test PCR positif pour le SARS-CoV-2, et un nombre similaire d’enfants négatifs aux antigènes présentent des résultats positifs aux tests de détection des anticorps. Néanmoins, un nombre significatif d’enfants ne présentent ni l’un ni l’autre. On ignore quelle est la nature précise du lien.

Il existe un lien limité entre ce syndrome et la maladie de Kawasaki, certains enfants remplissant une partie ou la totalité des critères indiquant cette maladie. Cependant, bien que la myocardite soit fréquente chez les enfants atteints d’un PMIS, l’atteinte des artères coronaires (y compris les anévrismes des artères coronaires), une caractéristique de la maladie de Kawasaki, ne semble pas être signalée.

Bien que rares, les cas sont très graves, mais semblent répondre aux traitements, notamment par anticoagulants, immunoglobuline IV, blocage de la voie IL-1 ou IL-6 et corticoïdes. Les cliniciens doivent faire preuve de vigilance envers ces manifestations et orienter les enfants potentiellement touchés vers un centre spécialisé.

lien vers le résumé : https://discoveries.childrenshospital.org/covid-19-inflammatory-syndrome-children/

                                                     

  12 mai 2020

 La variabilité génétique pourrait affecter la sensibilité au COVID-19 

L’analyse des variations génétiques connues au sein du système immunitaire humain suggère qu’il existe des différences susceptibles d’influencer la capacité à répondre à l’infection par le SARS-CoV-2. La variabilité de la réponse immunitaire pourrait expliquer pourquoi certaines personnes présentent des symptômes graves tandis que d’autres ne présentent que des symptômes légers ou sont asymptomatiques.

Les protéines HLA se lient aux peptides qui n’appartiennent pas à l’organisme, marquant le peptide étranger et activant le système immunitaire pour tuer la cellule infectée. Plus un virus possède de peptides pouvant être détectés par le système HLA, plus la réponse immunitaire est forte. Certaines protéines HLA pourraient être mieux adaptées au SARS-CoV-2 et donc être un facteur dans l’efficacité du système immunitaire contre le virus.

Les chercheurs ont analysé le système de l’antigène leucocytaire humain (HLA) pour déterminer quels allèles HLA se liaient le mieux aux peptides du coronavirus. L’article a été publié en ligne dans la revue Journal of Virology comme manuscrit accepté. Les auteurs ont utilisé une modélisation informatique à l’aide d’une base de données connue des protéines qui composent le SARS-CoV-2, puis ont fait appel à des algorithmes pour prédire dans quelle mesure les différentes protéines HLA se lient à ces protéines du coronavirus. Parmi les 145 différents allèles HLA, les chercheurs ont identifié les 3 plus efficaces (A*02:02, B*15:03, C*12:03) et les 3 moins efficaces (A*25:01, B*46:01, C*01:02) en termes de présentation de l’antigène viral. Le modèle a prédit qu’un allèle HLA, B*46:01, était particulièrement inefficace en termes de présentation de l’antigène du SARS-CoV-2 et du SARS-CoV. Les résultats ont ensuite été comparés à ceux des études précédentes. La comparaison a révélé que les personnes présentant cet allèle (B*46:01) avaient tendance à développer des infections par le SARS plus graves et des charges virales plus élevées. Les résultats pourraient aider à expliquer la grande disparité des présentations cliniques du COVID-19, à identifier les individus à haut risque et à vacciner en priorité ces personnes.

lien vers l’étude : https://jvi.asm.org/content/early/2020/04/16/JVI.00510-20

                                               

  11 mai 2020

 Un traitement combiné à base de médicaments antiviraux améliore les résultats chez les patients atteints du COVID-19

Une étude publiée en ligne dans la revue The Lancet le 8 mai 2020 a inclus 124 patients hospitalisés à Hong Kong ayant présenté un écouvillon naso-pharyngé positif au SARS-CoV-2 au début de l’étude. Cette étude multicentrique, randomisée (2:1) et menée en ouvert a comparé l’association lopinavir et ritonavir, ribavirine et trois doses de 8 millions d’unités internationales d’interféron bêta-1b, à un groupe témoin recevant uniquement du lopinavir et du ritonavir. Le délai médian entre l’apparition des symptômes et l’inclusion dans l’étude était de 5 jours. Le critère d’évaluation principal de l’étude était le délai jusqu’à un écouvillon naso-pharyngé négatif au virus SARS-CoV-2 par transcriptase inverse-PCR. Le groupe de l’association a présenté un délai médian significativement plus court entre le début du traitement de l’étude et l’écouvillon naso-pharyngé négatif (7 jours), comparativement au groupe témoin (12 jours ; p = 0,001). Une amélioration significative des symptômes et une réduction significative de la durée de l’hospitalisation ont également été observées. Aucune différence n’a été identifiée au niveau des événements indésirables entre les deux groupes ; ils étaient généralement légers et autolimitatifs. Très peu de patients ont nécessité des soins en USI, et un seul patient (groupe témoin) a nécessité une intubation et une assistance respiratoire. Aucun décès n’a été rapporté. Cette étude a révélé qu’un traitement associant plusieurs thérapies antivirales permettait de réduire efficacement la durée de l’excrétion virale chez les patients atteints d’une forme légère à modérée du COVID-19. Les auteurs ont abordé les avantages associés à l’obtention d’une charge virale négative, ce qui réduit ainsi la contagiosité du patient. Ils ont recommandé de mener ensuite une étude contrôlée par placebo afin d’établir l’efficacité et la sécurité d’emploi de ce traitement combiné.

lien vers l’étude : https://www.thelancet.com/journals/lancet/article/PIIS0140-6736(20)31042-4/fulltext

                                               

  8 mai 2020

 Le SARS-CoV-2 se propageait déjà en France à la fin du mois de décembre 2019

Un test par RT-PCR réalisé sur un échantillon stocké d’expectorations d’un patient hospitalisé en France fin décembre en raison d’un syndrome respiratoire aigu sévère s’est avéré positif au coronavirus. Ce résultat a révélé que l’épidémie a commencé beaucoup plus tôt qu’on le pensait initialement en France. Ce résultat a été publié en ligne dans la revue International Journal of Antimicrobial Agents le 3 mai 2020. Les chercheurs ont examiné les dossiers médicaux de tous les patients admis dans leur USI avec une maladie pseudo-grippale entre le 2 décembre 2019 et le 16 janvier 2020 (n = 124). Ils ont exclu les patients avec un test PCR positif à d’autres virus respiratoires, ainsi que les patients présentant des dossiers médicaux qui n’étaient pas caractéristiques du COVID. Les échantillons naso-pharyngés des 12 patients restants ont été testés. Un échantillon était positif au COVID-19. L’échantillon positif appartenait à un immigré algérien de 42 ans, sans antécédents de voyage en Chine ni lien avec la Chine. Il s’est présenté au service des urgences le 27 décembre 2019 avec une hémoptysie, une toux, des douleurs thoraciques, des céphalées et de la fièvre, en évolution depuis 4 jours. Il est important de noter que l’un de ses enfants présentait une maladie pseudo-grippale avant l’apparition de ses propres symptômes. L’article inclut ses antécédents médicaux, le tableau clinique, les résultats biologiques, les résultats radiologiques et le déroulement clinique de sa maladie. Les chercheurs ont conclu que la maladie se propageait déjà au sein de la population française à la fin du mois de décembre 2019.

lien vers l’étude : https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0924857920301643

                                           

  7 mai 2020

 Étude épidémiologique de la transmission de SARS-CoV-2 entre les contacts proches

Une étude épidémiologique du COVID-19 portant sur 391 cas et 1 286 de leurs contacts proches à Shenzhen, en Chine, a été publiée dans la revue The Lancet et fournit des informations concernant l’histoire naturelle et la transmissibilité du virus SARS-CoV-2. À partir d’un ensemble de données primaires important, les chercheurs ont pu mettre en lumière la durée d’incubation, le délai jusqu’à la guérison et la transmissibilité du virus. Il est intéressant de noter qu’ils ont identifié un taux d’attaque secondaire moyen au sein des contacts proches d’environ 7 %. La transmission entre les contacts très proches, tels que les personnes partageant un même foyer, était inférieure à une personne sur six (c.-à-d., un taux d’attaque secondaire de 11 % à 15 %).

Les résultats de l’étude mettent en avant le fait que les enfants sont aussi susceptibles d’être infectés que les adultes. Bien que les enfants soient souvent asymptomatiques, la possibilité qu’ils représentent une source importante de transmission ne doit pas être négligée. L’étude a également démontré l’importance d’une surveillance des contacts afin de limiter la propagation du virus SARS-CoV-2 dans la communauté.

lien vers l’étude : https://www.thelancet.com/pdfs/journals/laninf/PIIS1473-3099(20)30287-5.pdf

                                           

  6 mai 2020

 Les inhibiteurs de l’ECA ou les ARA sont-ils associés à de moins bons résultats en cas de COVID-19 ?

Certaines inquiétudes concernant le fait que les inhibiteurs de l’enzyme de conversion de l’angiotensine (ECA) ou les antagonistes des récepteurs de l’angiotensine (ARA) puissent être associés à des résultats moins favorables chez les patients atteints du COVID-19 ont conduit à mener de nombreuses recherches autour de cette question. Le coronavirus responsable du COVID-19 infecte les cellules pulmonaires en se liant à la forme membranaire de l’enzyme de conversion de l’angiotensine 2 (ECA2). Ces connaissances ont poussé à formuler l’hypothèse que ces médicaments puissent être nocifs pour les patients atteints d’un COVID-19. Un éditorial publié dans la revue The New England Journal of Medicine le 1er mai 2020 aborde les résultats de trois études menées récemment à partir de bases de données, qui n’ont révélé aucun résultat indésirable chez les patients prenant des inhibiteurs de l’ECA ou des ARA.

lien vers l’éditorial : https://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMe2012924

                                             

  5 mai 2020

 Accidents vasculaires cérébraux des gros vaisseaux chez des patients jeunes et d’âge moyen atteints du COVID-19

La revue New England Journal of Medicine a publié un rapport le 28 avril 2020 concernant cinq cas d’accident vasculaire cérébral des gros vaisseaux chez des patients âgés de 50 ans ou moins infectés par le COVID-19. Le plus jeune de ces patients était une femme de 33 ans. Le rapport a inclus tous les patients de moins de 50 ans victimes d’un accident vasculaire cérébral hospitalisés dans le Mount Sinai Health System de New York pendant une période de deux semaines allant de la fin du mois de mars au début du mois d’avril. Le taux était presque sept fois supérieur au nombre de patients victimes d’un accident vasculaire cérébral dans ce groupe d’âge pendant toute période moyenne de deux semaines au cours de l’année précédente et indique une corrélation très forte avec le COVID-19.

lien vers l’article :https://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMc2009787

         


  4 mai 2020

 Le COVID-19, une maladie du système cholinergique de la nicotine ?

En Chine, on estime que la prévalence du tabagisme est de 31,3 %, et pourtant les données issues des analyses des séries de cas effectuées en Chine révèlent que seulement 6,5 % des patients hospitalisés en raison du COVID-19 étaient fumeurs. Il est intéressant de noter que ce résultat suggère que la nicotine pourrait avoir des effets potentiellement bénéfiques. Un éditorial publié dans la revue Toxicology Reports, disponible en ligne le 30 avril 2020, s’intéresse au lien existant entre le système cholinergique et le système immunitaire, et à la manière dont la nicotine peut influencer la dynamique de ces systèmes et pourrait potentiellement constituer un traitement du COVID-19.  

                     

  30 avril 2020

 Hypoxémie sans dyspnée, un nouveau phénomène signalé chez des patients atteints de COVID-19

La présence d’une hypoxie alarmante sans le symptôme attendu de dyspnée a fait l’objet d’un article en ligne rédigé par Jennifer Couzin-Frankel et publié le 28 avril 2020 dans la revue Science. Dans son article, elle décrit ce phénomène, la recherche actuelle à ce sujet et les hypothèses concernant sa cause et son traitement. Elle a attiré l’attention sur une étude de petite taille mais qui fait réfléchir, menée au Brésil par Elnara Marcia Negri et ses collègues (voir ci-dessous le lien vers la prépublication sur medRxiv, postée le 20 avril 2020). Cette étude portait sur une série de 27 patients consécutifs souffrant d’insuffisance respiratoire due au COVID-19 ayant reçu un traitement par héparine et ayant obtenu un meilleur taux de résultats favorables que ce qui a été signalé partout ailleurs. L’hypothèse de Dr Negri, une pneumologue, est que la coagulation intravasculaire disséminée (CIVD) ou la micro-embolie dans les petits vaisseaux sanguins des poumons conduit à une inégalité des rapports ventilation-perfusion, ou shunt, qui cause l’hypoxémie. La compliance pulmonaire semble être préservée, et les patients peuvent expulser le dioxyde de carbone. La pulsion respiratoire est affectée par le taux de dioxyde de carbone dans la circulation sanguine, et non pas par le taux d’oxygène. Cela explique pourquoi ces patients ne se sentent pas essoufflés lorsqu’ils n’ont qu’un faible taux d’oxygène.

 lien vers l’article de la revue Science : https://www.sciencemag.org/news/2020/04/why-don-t-some-coronavirus-patients-sense-their-alarmingly-low-oxygen-levels

                      

  29 avril 2020

 Selon la Faculté de santé publique de l’Université de Yale (Yale University School of Public Health), les échantillons de salive sont une alternative prometteuse aux écouvillons naso-pharyngés

La Faculté de santé publique de l’Université de Yale a mené une étude comparant des échantillons de salive et des échantillons naso-pharyngés chez 44 patients hospitalisés atteints du COVID-19 et 98 professionnels de la santé ayant une exposition professionnelle à des patients atteints du COVID-19. L’étude a fait l’objet d’un article de Michael Greenwood le 24 avril 2020 dans le journal de l’université, Yale News. Bien que l’étude ait été de petite taille et de portée limitée, elle s’est avérée très prometteuse en ce qui concerne l’utilisation d’échantillons de salive en remplacement des écouvillons naso-pharyngés, qui sont actuellement le test standard. L’étude a constaté que les échantillons de salive offraient une plus grande sensibilité de détection et une plus grande cohérence tout au long de la période d’infection, par rapport aux échantillons naso-pharyngés provenant des mêmes patients. Ces échantillons ont également permis de réduire la variabilité lors du prélèvement de l’échantillon par le patient lui-même. Ces caractéristiques pourraient profondément transformer le dépistage du COVID-19. Les tests de salive sont non invasifs, ne dépendent pas des écouvillons naso-pharyngés et peuvent être facilement auto-administrés, ce qui permettrait de contourner les risques et les ralentissements associés au contact direct avec les patients et aux pratiques de dépistage actuelles, ainsi que l’utilisation de ressources telles que les écouvillons et l’équipement de protection individuelle (EPI). L’étude n’a pas été soumise à un comité de lecture. Les résultats de la recherche sont actuellement disponibles sur le serveur de prépublication medRxiv.

 lien vers l’étude : https://www.medrxiv.org/content/10.1101/2020.04.16.20067835v1.full.pdf+html

 lien vers le communiqué de presse :https://news.yale.edu/2020/04/24/saliva-samples-preferable-deep-nasal-swabs-testing-covid-19

  28 avril 2020

 L’OMS se prononce sur les « passeports d’immunité »

L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) a émis un bref avertissement (le 24 avril 2020) expliquant qu’il n’existe aucune preuve indiquant que la présence d’anticorps ciblant le SARS-Cov-2 protège contre la réinfection et le développement du COVID-19. L’OMS met en garde les gouvernements contre l’utilisation de tests de détection d’anticorps pour décider de l’assouplissement des mesures sociales et contre l’attribution de « passeports d’immunité » ou de « certificats de non-risque » permettant aux détenteurs de supposer qu’ils sont protégés contre la réinfection. Il n’existe aucune garantie que les personnes qui ont contracté le COVID-19 ou qui seraient positives au test sérologique, puissent retourner travailler ou se déplacer sans risque. « À ce stade de la pandémie, il n’y a pas suffisamment de preuves de l’efficacité de l’immunité médiée par les anticorps pour garantir la fiabilité d’un « passeport d’immunité » ou d’un « certificat de non-risque. », a déclaré l’OMS.

L’OMS a également souligné que les analyses biologiques de détection des anticorps dirigés contre le SARS-Cov-2 chez des personnes, notamment les tests immunodiagnostiques rapides, doivent faire l’objet d’une validation approfondie pour déterminer leur fiabilité et leur précision. Les tests immunodiagnostiques peuvent classer les personnes dans la mauvaise catégorie de deux façons. Ils peuvent classer à tort des individus ayant été infectés comme ayant des résultats négatifs (résultat faux négatif), et peuvent également classer à tort des individus n’ayant pas été infectés comme ayant des résultats positifs (résultat faux positif). Il faut déterminer la fiabilité (taux de faux négatifs et de faux positifs) de chaque test sérologique. Les deux types d’erreurs ont de graves conséquences et affecteront les efforts de contrôle.

 lien vers l’annonce de l’OMS : https://www.who.int/news-room/commentaries/detail/immunity-passports-in-the-context-of-covid-19
                 

  27 avril 2020

 Caractéristiques des patients hospitalisés atteints du COVID-19 

Une grande série de cas portant sur 5 700 patients séquentiels atteints d’un COVID-19 confirmé admis dans les hôpitaux de la région de New York entre le 1er mars et le 4 avril 2020 a été publiée dans JAMA Network en ligne le 22 avril 2020. L’étude fournit une description complète de leurs caractéristiques à l’admission, de leurs comorbidités et de leurs résultats. Le plus remarquable est que de nombreux patients présentaient également d’autres problèmes médicaux, tels que l’hypertension artérielle (57 %), l’obésité (42 %) et le diabète (34 %). Au moment du triage, seuls 31 % des cas avaient de la fièvre. L’étude s’est concentrée sur les 2 643 patients sortis de l’hôpital (2 090) ou décédés (553) pendant la période de l’étude. Dans le groupe de patients ayant présenté ces résultats, 320 avaient été sous ventilation mécanique et 88 % parmi eux sont décédés, et parmi les personnes âgées de plus de 65 ans placées sous ventilation mécanique, 97 % sont décédés. Il convient de noter que 3 066 patients étaient toujours hospitalisés au moment où les données sur les résultats ont été recueillies, et cela inclut assurément un certain nombre de patients âgés de plus de 65 ans qui nécessitaient une ventilation mécanique et qui ont survécu jusqu’à cette date.

 lien vers l’étude : https://jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/2765184

  24 avril 2020

 Données supplémentaires sur les antipaludéens pour le COVID-19 

L’enthousiasme initial et l’adhésion précoce à l’hydroxychloroquine ont été atténués par des inquiétudes concernant son efficacité et ses effets indésirables potentiels. Plusieurs études et rapports récents sont résumés (et sont mentionnés ci-dessous) dans un article de revue en ligne publié le 21 avril dans Science (1) qui souligne les raisons de ces préoccupations :

Une analyse rétrospective (2) publiée le 21 avril, portant sur 368 anciens combattants hospitalisés traités par hydroxychloroquine (HCQ), HCQ + azithromycine (AZ) ou sans HCQ n’a révélé aucun bénéfice en termes de réduction de la mortalité ou de nécessité de ventilation mécanique dans les groupes recevant HCQ seul ou en association avec AZ. Les taux de décès dans les groupes HCQ, HCQ + AZ et sans HCQ étaient de 27,8 %, 22,1 % et 11,4 %, respectivement. Le groupe recevant uniquement l’HCQ a présenté une augmentation de la mortalité toutes causes confondues.

Un article publié le 7 avril dans Mayo Clinic Proceedings (3) traite du mécanisme d’allongement de l’intervalle QTc par la chloroquine et l’hydroxychloroquine, et fournit des conseils sur la surveillance et la prévention de cette complication potentiellement mortelle. L’article détaille la pharmacologie de la chloroquine et de l’hydroxychloroquine, indiquant que les deux médicaments bloquent le canal potassique HERG/Kv11.1 codé par le gène KCNH2, ce qui peut prolonger l’intervalle QTc, augmentant le risque d’arythmies dangereuses (p. ex., torsades de pointes) et de mort cardiaque subite. Les auteurs énumèrent les facteurs de risque et recommandent leur détection avant le traitement, la correction des facteurs de risque modifiables et la surveillance de l’allongement de l’intervalle QTc pendant le traitement.

Une étude menée à l’école de médecine de l’Université de New York (4) a examiné la modification de l’intervalle QT chez 84 patients adultes atteints d’une infection par SARS-Cov-2 traités par hydroxychloroquine + azithromycine. Chez 30 % des patients, l’intervalle QTc augmentait de > 40 ms. Chez 11 % des patients, l’intervalle QTc augmentait jusqu’à > 500 ms, représentant un risque élevé d’arythmie.

Au Brésil, un essai clinique randomisé, en aveugle (5) portant sur la chloroquine à forte et faible dose (administrée avec ceftriaxone et azithromycine) chez des personnes hospitalisées pour le COVID-19 a été interrompu prématurément, après l’inclusion de seulement 81 patients, lorsque les investigateurs ont observé plus de décès dans le groupe recevant la dose la plus élevée.

 

Références

 1. Servick K: Antimalarials widely used against COVID-19 heighten risk of cardiac arrest. How can doctors minimize the danger? Science 21 avril 2020. https://www.sciencemag.org/news/2020/04/antimalarials-widely-used-against-covid-19-heighten-risk-cardiac-arrest-how-can-doctors

2. Magagnoli J, Siddharth N, Pereira F, et al: Outcomes of hydroxychloroquine usage in United States veterans hospitalized with Covid-19. 23 avril 2020. PRÉPUBLICATION medRxiv disponible à l’adresse https://www.medrxiv.org/content/10.1101/2020.04.16.20065920v2. doi: https://doi.org/10.1101/2020.04.16.20065920

3. Giudicessi JR, Noseworthy PA, Friedman PA, et al: Urgent guidance for navigating and circumventing the QTc-prolonging and torsadogenic potential of possible pharmacotherapies for coronavirus disease 19 (COVID-19). Mayo Clin Proc 7 avril 2020 doi: 10.1016/j.mayocp.2020.03.024 [Epub avant impression]

4. Chorin E, Dai M, Schulman E, et al: The QT interval in patients with SARS-CoV-2 infection treated with hydroxychloroquine/azithromycin. 3 avril 2020. PRÉPUBLICATION medRxiv disponible à l’adresse https://www.medrxiv.org/content/10.1101/2020.04.02.20047050v1. doi: https://doi.org/10.1101/2020.04.02.20047050

5. Silva Borba MG, de Almeida Val F, Sampaio VS, et al: Chloroquine diphosphate in two different dosages as adjunctive therapy of hospitalized patients with severe respiratory syndrome in the context of coronavirus (SARS-CoV-2) infection: Preliminary safety results of a randomized, double-blinded, phase IIb clinical trial (CloroCovid-19 Study). 16 avril 2020. PRÉPUBLICATION medRxiv disponible à l’adresse https://www.medrxiv.org/content/10.1101/2020.04.07.20056424v2  doi: https://doi.org/10.1101/2020.04.07.20056424

       


  23 avril 2020

 Proposition de plan d’action national pour le dépistage du COVID-19

La Rockefeller Foundation a établi un plan complet (daté du 21/04/2020 - voir lien ci-dessous) visant à rouvrir les lieux de travail et les communautés en se basant sur le dépistage du COVID-19 et sur le suivi étroit des personnes recevant des résultats positifs aux tests de dépistage. L’objectif du plan est de mettre en place un programme national de dépistage des cas de COVID-19 dirigé par les États, qui soutient la réouverture de l’économie grâce à des objectifs de surveillance de la main-d’œuvre, la détection précoce de résurgence des flambées, ainsi que le diagnostic et les tests à domicile. Le plan comporte 3 composantes majeures :

  • L’augmentation considérable du dépistage du COVID-19, passant du nombre actuel d’un million de tests par semaine à 3 millions de tests par semaine au cours des 8 prochaines semaines, puis à 30 millions de tests par semaine au cours des 6 prochains mois. Cela nécessitera d’investir dans les capacités de dépistage et de les renforcer dans les laboratoires nationaux et universitaires, ainsi que dans des milliers de petits laboratoires locaux situés dans tout le pays.
  • La formation et le lancement d’une armée de professionnels de santé pour effectuer les tests et procéder au suivi des contacts des personnes dont les résultats des tests sont positifs. Le plan suggère que cela soit organisé à partir des services de santé publique des États. Le plan propose de recruter 100 000 à 300 000 personnes qui devront être assistées par des réseaux informatiques reliés à de nombreux dossiers de santé électroniques.
  • L’intégration et l’expansion des plateformes de données fédérales, des États et privées pour faciliter les analyses en temps réel et le suivi de la maladie. Cela permettra d’identifier les flambées récurrentes de COVID-19 et de répondre aux fortes demandes en matière de tests et de suivi.

Ce livre blanc fourni par la Rockefeller Foundation est un document incontournable qui contient une foule de bonnes idées. Ce plan à très grande échelle nécessitera d’intégrer de nombreuses bases de données informatisées disséminées. Tout cela devra se faire en parvenant à un équilibre entre la protection de la vie privée et la nécessité de contrôler l’infection.

lien vers le plan : https ://www.rockefellerfoundation.org/wp-content/uploads/2020/04/TherockefellerFoundation_Whitepaper_Covid19_4_21_2020.pdf


  22 avril 2020

 Mise en évidence de l’importance des troubles de la coagulation dans le COVID-19

Les complications thrombotiques constituent un nouveau problème chez les patients atteints du COVID-19. Il est important d’être conscient de l’importance des complications découlant de la maladie et contribuant à sa morbidité et à sa mortalité. La perturbation de la cascade de coagulation par l’infection crée un état prothrombotique. Cela peut entraîner une coagulation intravasculaire disséminée, une thromboembolie, une hémorragie, ou la formation excessive de caillots. Un article publié en ligne (voir le lien ci-dessous) dans le Journal of Clinical Virology (juin 2020), souligne l’importance des troubles de la coagulation chez les patients atteints du COVID-19 et passe en revue les expériences passées avec le coronavirus 1 (Sars-Cov-1) du syndrome respiratoire aigu sévère et le coronavirus du syndrome respiratoire du Moyen-Orient (MERS-Cov).

lien vers l’étude : https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S1386653220301049

   

  21 avril 2020

 28 000 décès manquants : à la recherche du réel nombre de victimes de la crise du coronavirus

Un examen des données de mortalité dans 11 pays montrant que beaucoup plus de personnes sont décédées dans ces pays que les années précédentes a été publié par Jin Wu et Allison McCann dans le New York Times le 21 avril 2020. Les auteurs ont estimé la mortalité excédentaire de chaque pays en comparant le nombre de personnes décédées de toutes causes cette année avec la moyenne historique au cours de la même période. La conclusion était qu’au mois dernier, pendant la pandémie de coronavirus, il y aurait eu au moins 28 000 personnes décédées de plus que ce qu’a rapporté le décompte officiel des décès dus au COVID-19. Étant donné que la plupart des pays ne rapportent que les décès dus au COVID-19 survenant dans les hôpitaux, de nombreux décès dus au COVID-19 ne sont pas rapportés. Les 28 000 décès excédentaires observés dans cette étude comprennent des décès dus au COVID-19 ainsi que des décès dus à d’autres causes, et comprennent très probablement des personnes atteintes d’autres troubles n’ayant pas reçu de traitement en raison de la surcharge des hôpitaux. Cet article suggère que le bilan global des décès à l’échelle mondiale dus au COVID-19 sera beaucoup plus élevé que ce qu’indiquent les rapports des décès dus au COVID-19 et confirmés par les tests. Pour une présentation graphique impressionnante de ces tendances dans chaque pays, veuillez utiliser le lien suivant vers l’article.

lien vers l’article d’actualités : https://www.nytimes.com/interactive/2020/04/21/world/coronavirus-missing-deaths.html?smid=em-share

 

  20 avril 2020

 60 % des marins testés positifs sont asymptomatiques

Un compte-rendu rapporté par Idress Ali et Phil Stewart de Reuters le 16 avril 2020 révèle un aspect de la pandémie. Bien que l’on sache que les patients peuvent être infectés et asymptomatiques, posant un risque de transmission, l’étendue de l’infection asymptomatique est inconnue et peut être sous-estimée. Les tests effectués par la Navy sur l’ensemble des 4 800 membres de l’équipage du porte-avions Theodore Roosevelt, ont été accomplis à 94 %. Sur les plus de 600 marins testés positifs, 60 % étaient asymptomatiques. Ce chiffre a été présenté aux journalistes au cours d’un appel avec le vice-amiral Phillip Sawyer, chef adjoint des opérations navales au centre des efforts de la Navy en matière de coronavirus, et il a été commenté lors d’une interview télévisée par le Secrétaire à la Défense Mark Esper. L’article indique que la figure est supérieure à la fourchette de 25 à 50 % proposée par le Dr Anthony Fauci le 5 avril. Les résultats sont particulièrement intéressants et donnent un aperçu de l’étendue possible de l’infection asymptomatique.

lien vers l’article d’actualités : https://taskandpurpose.com/news/uss-theodore-roosevelt-sailors-coronavirus-asymptomatic

 


   17 avril 2020

 Un modèle de notation prédit le risque de progression du COVID-19

Des chercheurs en Chine ont développé un modèle à quatre facteurs basé sur la comorbidité, l’âge, la numération lymphocytaire et le taux de LDH (lactate déshydrogénase) qui a prédit quels patients progressaient ou non vers une infection par le COVID-19 confirmée. Le modèle vise à aider les cliniciens à identifier la stratégie thérapeutique optimale pour un patient particulier. Le modèle de risque a été développé par le Dr Enqiang Qin et ses collègues et publié en ligne dans le journal Clinical Infectious Diseases le 9 avril 2020.

Les données de 208 patients consécutifs ont été recueillies de façon rétrospective et analysées à l’aide d’une régression multivariée de COX identifiant quatre facteurs du tableau clinique, la comorbidité, l’âge > 60 ans, une faible numération lymphocytaire et un taux élevé de LDH, qui ont été indépendamment associés à la progression de la maladie COVID-19. D’après ces facteurs, un modèle de notation a été développé pour classer les individus dans l’une de ces trois catégories :

  • Faible risque avec une probabilité de progression de 10 %
  • Risque intermédiaire avec une probabilité de progression de 10 à 40 %
  • Risque élevé avec une probabilité de progression de > 50 %

Ce modèle devra être validé dans des études prospectives afin de confirmer la capacité de ces facteurs de risque à prévoir la progression du COVID-19.

lien vers l’étude : https://academic.oup.com/cid/article/doi/10.1093/cid/ciaa414/5818317


 

  16 avril 2020

 Le NIH recherche des volontaires pour une étude de sérosurveillance

Afin d’obtenir une image plus claire de l’ampleur de la pandémie de COVID-19 aux États-Unis, le NIH recrute actuellement jusqu’à 10 000 bénévoles. Les personnes ayant des antécédents confirmés du COVID-19 ou présentant actuellement des symptômes du COVID-19 ne sont pas éligibles à l’étude. « Cette étude va… nous dire combien de personnes dans différentes communautés ont été infectées sans le savoir, parce qu’elles ont eu des symptômes très légers, non documentés ou qu’elles n’ont pas eu accès aux tests pendant qu’elles étaient malades », a déclaré Anthony S. Fauci, MD, directeur du NIAID. Les chercheurs recueilleront et analyseront des échantillons sanguins pour détecter les anticorps dirigés contre la protéine S de Sar-Cov-2. Les résultats contribueront à éclairer la mesure dans laquelle le virus s’est propagé sans être détecté dans la population. Les participants recevront des kits de prélèvement sanguin à domicile et des instructions détaillées sur la collecte d’un microéchantillon de sang qu’ils renverront pour analyse. Les personnes qui souhaitent participer à l’étude doivent contacter :clinicalstudiesunit@nih.gov

lien vers le communiqué de presse : https://www.nih.gov/news-events/news-releases/nih-begins-study-quantify-undetected-cases-coronavirus-infection

 


 

 

 14 avril 2020

 Pourquoi les différents taux de décès liés au coronavirus ne peuvent pas être résumés en un seul chiffre simple

Dr Johnathan Fuller, PHD, est l’auteur d’un article clair dans lequel il explique comment adopter une perspective plus globale sur les statistiques en constante évolution concernant le COVID-19. Dans un article du 10 avril 2020 dans la revue en ligne The Conversation, Dr Fuller explique pourquoi les statistiques et les modèles diffèrent. Ses connaissances permettent de fournir au lecteur un cadre de pensée et une perspective permettant de mieux interpréter les grandes quantités d’informations épidémiologiques mises à la disposition du public concernant la pandémie de COVID-19. Pour prendre les meilleures décisions en matière de politique de santé publique et dans les cas individuels, il est nécessaire d’avoir une compréhension plus approfondie des modèles, qui ne tient pas seulement compte des chiffres.

lien vers l’article :Pourquoi les différents taux de décès liés au coronavirus ne peuvent pas être résumés en un seul chiffre simple

 


 

10 avril 2020

 Les applications utilisées sur les smartphones peuvent-elles aider à combattre les pandémies ?

 Un article intéressant a été publié le 9 avril 2020 par le Dr Francis Collins, directeur des Instituts nationaux de la santé (National Institutes of Health, NIH). Sur son blog, le directeur des NIH aborde la possibilité d’utiliser les smartphones pour le suivi des contacts et les avertissements en lien avec la lutte contre la pandémie de COVID-19. Les méthodes traditionnelles ayant recours à des équipes d’intervenants de santé publique pour communiquer avec la population par téléphone ou lors d’entretien en face à face nécessitent énormément de temps. Le temps perdu permet à l’infection de se propager davantage, car la recherche et l’avertissement des personnes exposées au virus sont retardés. En tirant parti de la technologie Bluetooth sans fil des smartphones, le suivi numérique peut améliorer les chances de contrôler la pandémie de COVID-19. En Chine, la recherche a montré l’existence d’une corrélation entre l’utilisation d’applications de suivi de contact et ce qui semble être une suppression durable de l’infection à COVID-19. Dr Collins aborde d’importants problèmes éthiques, juridiques et sociaux.

lien vers la publication du blog : https://directorsblog.nih.gov/author/collinsfs/


9 avril 2020

Le COVID-19 peut affecter le cœur et s’accompagner de symptômes cardiovasculaires. Quatre cas très intéressants

Les patients atteints de COVID-19 présentent fréquemment des symptômes respiratoires pouvant évoluer vers la pneumonie et, dans les cas graves, le syndrome de détresse respiratoire aiguë (SDRA) et l’état de choc. Il est maintenant évident que l’infection à COVID-19 peut affecter le cœur. La dyspnée est un symptôme révélateur fréquent, tout comme les symptômes pulmonaires et cardiaques, et faire la distinction entre une étiologie cardiaque et une étiologie respiratoire peut être difficile. Il est essentiel de reconnaître les cas d’implications cardiaque et pulmonaire concomitantes, et de comprendre qu’il existe diverses présentations cardiovasculaires de l’infection à COVID-19. L’article publié en ligne dans la revue Circulation le 3 avril décrit quatre cas illustrant ce point. 

lien vers l’étude :  https://www.ahajournals.org/doi/pdf/10.1161/CIRCULATIONAHA.120.047164

 


9 avril 2020

Un nouveau médicament antiviral actuellement évalué dans des essais cliniques est porteur d’espoir dans le cadre du traitement du COVID-19

Un nouveau médicament appelé EIDD-2801 se montre prometteur pour le traitement des lésions pulmonaires provoquées par le nouveau coronavirus SARS-CoV-2.  EIDD-2801, un analogue des ribonucléosides ayant une activité antivirale ciblant l’ARN polymérase ARN dépendante, a été développé par des chercheurs de l’École de santé publique mondiale Gillings (Gillings School of Global Public Health) de l’UNC-Chapel Hill. Les résultats de l’étude la plus récente ont été mis en ligne le 6 avril 2020 par la revue Science Translational Medicine. L’étude publiée révèle qu’EIDD-2801 peut protéger des cellules pulmonaires humaines infectées par le SARS-CoV-2 mises en culture. Le médicament semble également efficace dans le traitement d’autres infections graves à coronavirus. Des expériences réalisées sur des souris ont révélé que lorsqu’EIDD-2801 est administré 12 à 24 heures après l’apparition d’une infection par des virus apparentés au COVID-19, cela permettait de réduire de manière significative les lésions pulmonaires et la perte de poids. Ce médicament présente un avantage supplémentaire, car il peut être administré par voie orale, contrairement à d’autres traitements qui nécessitent une administration par voie intraveineuse. Cette facilité de traitement pourrait permettre de traiter les patients présentant une forme moins grave ou de proposer un traitement prophylactique.

lien vers l’étude : https://stm.sciencemag.org/content/early/2020/04/03/scitranslmed.abb5883


8 avril 2020

Un candidat-vaccin contre le COVID-19 se montre prometteur d’après une étude

Un article publié dans la revue ScienceDaily offre des informations intéressantes

Des scientifiques de la faculté de médecine de l’Université de Pittsburgh (University of Pittsburgh School of Medicine) ont annoncé avoir découvert un vaccin potentiel contre le COVID-19. Lorsqu’il a été testé chez la souris, le vaccin a produit des anticorps spécifiques à SARS-CoV-2 dans des quantités suffisantes pour neutraliser le virus. Le document détaillant l’étude a été publié le 2 avril 2020 dans la revue EBiomedicine, publiée par Lancet. En s’appuyant sur les travaux menés lors des précédentes épidémies de coronavirus, le vaccin cible la protéine « Spike » du coronavirus. Ce vaccin est produit à l’aide de fragments de protéine virale fabriqués en laboratoire afin de créer une immunité. Il fonctionne de la même manière que les vaccins contre la grippe actuels. Les chercheurs utilisent une approche innovante pour administrer le médicament, un patch à micro-aiguilles, qui permet d’augmenter sa puissance. Le co-auteur principal de l’étude a déclaré qu’« une évaluation chez les patients nécessiterait normalement un an, voire probablement plus longtemps ».

lien vers l’étude : https://www.thelancet.com/journals/ebiom/article/PIIS2352-3964(20)30118-3/fulltext#coronavirus-linkback-header

lien vers l’article d’actualités : https://www.sciencedaily.com/releases/2020/04/200402144508.htm


6 avril 2020

Un nouveau rapport indique que l’association hydroxychloroquine et azithromycine ne présente aucun bénéfice chez les patients atteints d’une forme grave du COVID-19

Un essai de petite taille ayant évalué l’hydroxychloroquine en association avec l’azithromycine chez des patients présentant des symptômes sévères n’a identifié aucune donnée probante indiquant une forte activité antivirale ou un bénéfice clinique associés à cette association médicamenteuse.  Seuls 11 patients ont été inclus dans l’étude, dont 8 présentaient des affections sous-jacentes qui faisaient d’eux des patients à risque défavorable. La taille de cet essai est trop faible pour permettre de réaliser une analyse statistique significative ou de tirer des conclusions sur l’efficacité ou la sécurité d’emploi de ces médicaments. Cependant, ce rapport remet en cause la théorie d’une précédente étude française ayant suggéré que cette association offrait une efficacité antivirale chez les patients atteints d’une forme grave du COVID-19.

lien vers l’étude :  https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0399077X20300858?via%3Dihub


6 avril 2020

Les CDC recommandent d’utiliser des masques en tissu, surtout dans les régions où la transmission communautaire est importante

Une proportion significative des personnes infectées par le coronavirus ne présentent aucun symptôme, et même celles qui finissent par développer des symptômes peuvent transmettre le virus à d’autres personnes avant que les symptômes se manifestent.  Cela signifie que le virus peut se propager lorsque les personnes sont à proximité immédiate les unes des autres, par exemple en parlant, en toussant ou en éternuant, même si ces personnes ne présentent aucun symptôme.  Au vu de cette information, les Centres américains pour le contrôle et la prévention des maladies (Centers for Disease Control and Prevention, CDC) recommandent de porter des masques en tissu dans les lieux publics où les autres mesures de distanciation sociale sont difficiles à mettre en place (p. ex., supermarchés et pharmacies), surtout dans les régions où la transmission communautaire est importante. L’utilisation de masques en tissu simples permettra de ralentir la propagation du virus et aidera les personnes qui pourraient être porteuses du virus sans le savoir à ne pas le transmettre à d’autres personnes.  Les masques en tissu fabriqués à partir d’objets ménagers ou de tissus ordinaires à faible coût peuvent faire office de mesure de santé publique volontaire supplémentaire.

Il est essentiel de souligner que le maintien d’une distance de 1,80 mètre entre les personnes demeure essentiel pour ralentir la propagation du virus. 

Les masques en tissu recommandés ne sont pas des masques chirurgicaux ou des respirateurs N-95.  Ces derniers sont des fournitures essentielles qui doivent continuer à être réservées aux professionnels de santé et autres premiers intervenants médicaux, comme préconisé par les recommandations actuelles des CDC.

Pour accéder aux recommandations complètes des CDC, veuillez consulter le lien suivant : https://www.cdc.gov/coronavirus/2019-ncov/prevent-getting-sick/cloth-face-cover.html


Page d’accueil des ressources concernant le COVID-19


8 avril 2020

Un candidat-vaccin contre le COVID-19 se montre prometteur d’après une étude

Un article publié dans la revue ScienceDaily offre des informations intéressantes

 

Des scientifiques de la faculté de médecine de l’Université de Pittsburgh (University of Pittsburgh School of Medicine) ont annoncé avoir découvert un vaccin potentiel contre le COVID-19. Lorsqu’il a été testé chez la souris, le vaccin a produit des anticorps spécifiques à SARS-CoV-2 dans des quantités suffisantes pour neutraliser le virus. Le document détaillant l’étude a été publié le 2 avril 2020 dans la revue EBiomedicine, publiée par Lancet. En s’appuyant sur les travaux menés lors des précédentes épidémies de coronavirus, le vaccin cible la protéine « Spike » du coronavirus. Ce vaccin est produit à l’aide de fragments de protéine virale fabriqués en laboratoire afin de créer une immunité. Il fonctionne de la même manière que les vaccins contre la grippe actuels. Les chercheurs utilisent une approche innovante pour administrer le médicament, un patch à micro-aiguilles, qui permet d’augmenter sa puissance. Le co-auteur principal de l’étude a déclaré qu’« une évaluation chez les patients nécessiterait normalement un an, voire probablement plus longtemps ».

lien vers l’étude : https://www.thelancet.com/journals/ebiom/article/PIIS2352-3964(20)30118-3/fulltext#coronavirus-linkback-header

lien vers l’article d’actualités : https://www.sciencedaily.com/releases/2020/04/200402144508.htm

                                                              

  19 mai 2020

 COVID-19 : Explication du mode de transmission

Dans une récente publication sur son blog, « The Risks-Know Them-Avoid Them » (« Les risques : connaissez-les, évitez-les »), Dr Erin S. Bromage, PhD, professeur agrégé de biologie à l’Université du Massachusetts à Dartmouth, explique la définition scientifique d’une dose contagieuse, où et comment le virus se propage et quels environnements sont les plus risqués.  Dr Bromage traduit les données et les découvertes de manière brillante, en termes simples plus faciles à comprendre pour les lecteurs qui n’appartiennent pas à la communauté scientifique. Nous espérons qu’une meilleure compréhension de la manière dont le virus COVID-19 se propage aidera les individus à prendre leurs décisions concernant la meilleure façon d’éviter de le contracter.

lien vers la publication du blog : https://www.erinbromage.com/post/the-risks-know-them-avoid-them


8 avril 2020

Un candidat-vaccin contre le COVID-19 se montre prometteur d’après une étude

Un article publié dans la revue ScienceDaily offre des informations intéressantes

 

Des scientifiques de la faculté de médecine de l’Université de Pittsburgh (University of Pittsburgh School of Medicine) ont annoncé avoir découvert un vaccin potentiel contre le COVID-19. Lorsqu’il a été testé chez la souris, le vaccin a produit des anticorps spécifiques à SARS-CoV-2 dans des quantités suffisantes pour neutraliser le virus. Le document détaillant l’étude a été publié le 2 avril 2020 dans la revue EBiomedicine, publiée par Lancet. En s’appuyant sur les travaux menés lors des précédentes épidémies de coronavirus, le vaccin cible la protéine « Spike » du coronavirus. Ce vaccin est produit à l’aide de fragments de protéine virale fabriqués en laboratoire afin de créer une immunité. Il fonctionne de la même manière que les vaccins contre la grippe actuels. Les chercheurs utilisent une approche innovante pour administrer le médicament, un patch à micro-aiguilles, qui permet d’augmenter sa puissance. Le co-auteur principal de l’étude a déclaré qu’« une évaluation chez les patients nécessiterait normalement un an, voire probablement plus longtemps ».

lien vers l’étude : https://www.thelancet.com/journals/ebiom/article/PIIS2352-3964(20)30118-3/fulltext#coronavirus-linkback-header

lien vers l’article d’actualités : https://www.sciencedaily.com/releases/2020/04/200402144508.htm



 

10 avril 2020

 Les applications utilisées sur les smartphones peuvent-elles aider à combattre les pandémies ?

 Un article intéressant a été publié le 9 avril 2020 par le Dr Francis Collins, directeur des Instituts nationaux de la santé (National Institutes of Health, NIH). Sur son blog, le directeur des NIH aborde la possibilité d’utiliser les smartphones pour le suivi des contacts et les avertissements en lien avec la lutte contre la pandémie de COVID-19. Les méthodes traditionnelles ayant recours à des équipes d’intervenants de santé publique pour communiquer avec la population par téléphone ou lors d’entretien en face à face nécessitent énormément de temps. Le temps perdu permet à l’infection de se propager davantage, car la recherche et l’avertissement des personnes exposées au virus sont retardés. En tirant parti de la technologie Bluetooth sans fil des smartphones, le suivi numérique peut améliorer les chances de contrôler la pandémie de COVID-19. En Chine, la recherche a montré l’existence d’une corrélation entre l’utilisation d’applications de suivi de contact et ce qui semble être une suppression durable de l’infection à COVID-19. Dr Collins aborde d’importants problèmes éthiques, juridiques et sociaux.

lien vers la publication du blog : https://directorsblog.nih.gov/author/collinsfs/


 

  29 mai 2020

 Aucun bénéfice observé en lien avec l’hydroxychloroquine ou la chloroquine, seules ou en association avec des macrolides, dans une grande étude rétrospective internationale de base de données

Une grande étude internationale ayant analysé les résultats d’hospitalisation pour les patients atteints de COVID-19 traités par chloroquine ou hydroxychloroquine seules ou en association avec des macrolides a été publiée dans la revue Lancet le 22 mai 2020. Un registre international constitué de données provenant de 671 hôpitaux situés sur six continents a été analysé. Les données comprenaient des patients hospitalisés entre le 20 décembre 2019 et le 14 avril 2020, ayant un test de laboratoire positif pour le SARS-CoV-2. Le registre a permis d’inclure les données de 96 032 patients dans l’étude ; 14 888 patients ont reçu l’un des traitements d’intérêt dans les 48 heures suivant leur diagnostic et 81 114 patients appartenaient au groupe témoin n’ayant pas reçu de chloroquine ou d’hydroxychloroquine seules ou en association avec des macrolides. Les résultats n’ont fourni aucune preuve confirmant un bénéfice lié à l’hydroxychloroquine et la chloroquine utilisées seules ou en association avec un macrolide en termes de résultats d’hospitalisation pour le COVID-19. L’étude a montré une association de chacun de ces schémas thérapeutiques avec une réduction de la survie à l’hôpital et une augmentation de la fréquence des arythmies ventriculaires par rapport au groupe témoin. En raison de la conception rétrospective et observationnelle de l’étude, la possibilité que des facteurs de confusion n’aient pas été mesurés ne peut être exclue. Parmi ces possibilités, le fait que les médecins aient pu traiter les patients plus gravement malades avec ces médicaments. Les auteurs ont conclu que « des essais cliniques randomisés seront nécessaires avant que toute conclusion puisse être atteinte quant au bénéfice ou à l’effet négatif lié à ces agents chez les patients atteints de COVID-19 ». Les auteurs ont également indiqué que « ces résultats suggèrent que ces schémas thérapeutiques ne doivent pas être utilisés en dehors des essais cliniques ».

lien vers l’étude : https://www.thelancet.com/journals/lancet/article/PIIS0140-6736(20)31180-6/fulltext?rss=yes

  23 avril 2020

 Proposition de plan d’action national pour le dépistage du COVID-19

La Rockefeller Foundation a établi un plan complet (daté du 21/04/2020 - voir lien ci-dessous) visant à rouvrir les lieux de travail et les communautés en se basant sur le dépistage du COVID-19 et sur le suivi étroit des personnes recevant des résultats positifs aux tests de dépistage. L’objectif du plan est de mettre en place un programme national de dépistage des cas de COVID-19 dirigé par les États, qui soutient la réouverture de l’économie grâce à des objectifs de surveillance de la main-d’œuvre, la détection précoce de résurgence des flambées, ainsi que le diagnostic et les tests à domicile. Le plan comporte 3 composantes majeures :

  • L’augmentation considérable du dépistage du COVID-19, passant du nombre actuel d’un million de tests par semaine à 3 millions de tests par semaine au cours des 8 prochaines semaines, puis à 30 millions de tests par semaine au cours des 6 prochains mois. Cela nécessitera d’investir dans les capacités de dépistage et de les renforcer dans les laboratoires nationaux et universitaires, ainsi que dans des milliers de petits laboratoires locaux situés dans tout le pays.
  • La formation et le lancement d’une armée de professionnels de santé pour effectuer les tests et procéder au suivi des contacts des personnes dont les résultats des tests sont positifs. Le plan suggère que cela soit organisé à partir des services de santé publique des États. Le plan propose de recruter 100 000 à 300 000 personnes qui devront être assistées par des réseaux informatiques reliés à de nombreux dossiers de santé électroniques.
  • L’intégration et l’expansion des plateformes de données fédérales, des États et privées pour faciliter les analyses en temps réel et le suivi de la maladie. Cela permettra d’identifier les flambées récurrentes de COVID-19 et de répondre aux fortes demandes en matière de tests et de suivi.

Ce livre blanc fourni par la Rockefeller Foundation est un document incontournable qui contient une foule de bonnes idées. Ce plan à très grande échelle nécessitera d’intégrer de nombreuses bases de données informatisées disséminées. Tout cela devra se faire en parvenant à un équilibre entre la protection de la vie privée et la nécessité de contrôler l’infection.

lien vers le plan : https ://www.rockefellerfoundation.org/wp-content/uploads/2020/04/TherockefellerFoundation_Whitepaper_Covid19_4_21_2020.pdf


 

10 avril 2020

 Les applications utilisées sur les smartphones peuvent-elles aider à combattre les pandémies ?

 Un article intéressant a été publié le 9 avril 2020 par le Dr Francis Collins, directeur des Instituts nationaux de la santé (National Institutes of Health, NIH). Sur son blog, le directeur des NIH aborde la possibilité d’utiliser les smartphones pour le suivi des contacts et les avertissements en lien avec la lutte contre la pandémie de COVID-19. Les méthodes traditionnelles ayant recours à des équipes d’intervenants de santé publique pour communiquer avec la population par téléphone ou lors d’entretien en face à face nécessitent énormément de temps. Le temps perdu permet à l’infection de se propager davantage, car la recherche et l’avertissement des personnes exposées au virus sont retardés. En tirant parti de la technologie Bluetooth sans fil des smartphones, le suivi numérique peut améliorer les chances de contrôler la pandémie de COVID-19. En Chine, la recherche a montré l’existence d’une corrélation entre l’utilisation d’applications de suivi de contact et ce qui semble être une suppression durable de l’infection à COVID-19. Dr Collins aborde d’importants problèmes éthiques, juridiques et sociaux.

lien vers la publication du blog : https://directorsblog.nih.gov/author/collinsfs/


 

10 avril 2020

 Les applications utilisées sur les smartphones peuvent-elles aider à combattre les pandémies ?

 Un article intéressant a été publié le 9 avril 2020 par le Dr Francis Collins, directeur des Instituts nationaux de la santé (National Institutes of Health, NIH). Sur son blog, le directeur des NIH aborde la possibilité d’utiliser les smartphones pour le suivi des contacts et les avertissements en lien avec la lutte contre la pandémie de COVID-19. Les méthodes traditionnelles ayant recours à des équipes d’intervenants de santé publique pour communiquer avec la population par téléphone ou lors d’entretien en face à face nécessitent énormément de temps. Le temps perdu permet à l’infection de se propager davantage, car la recherche et l’avertissement des personnes exposées au virus sont retardés. En tirant parti de la technologie Bluetooth sans fil des smartphones, le suivi numérique peut améliorer les chances de contrôler la pandémie de COVID-19. En Chine, la recherche a montré l’existence d’une corrélation entre l’utilisation d’applications de suivi de contact et ce qui semble être une suppression durable de l’infection à COVID-19. Dr Collins aborde d’importants problèmes éthiques, juridiques et sociaux.

lien vers la publication du blog : https://directorsblog.nih.gov/author/collinsfs/


 

10 avril 2020

 Les applications utilisées sur les smartphones peuvent-elles aider à combattre les pandémies ?

 Un article intéressant a été publié le 9 avril 2020 par le Dr Francis Collins, directeur des Instituts nationaux de la santé (National Institutes of Health, NIH). Sur son blog, le directeur des NIH aborde la possibilité d’utiliser les smartphones pour le suivi des contacts et les avertissements en lien avec la lutte contre la pandémie de COVID-19. Les méthodes traditionnelles ayant recours à des équipes d’intervenants de santé publique pour communiquer avec la population par téléphone ou lors d’entretien en face à face nécessitent énormément de temps. Le temps perdu permet à l’infection de se propager davantage, car la recherche et l’avertissement des personnes exposées au virus sont retardés. En tirant parti de la technologie Bluetooth sans fil des smartphones, le suivi numérique peut améliorer les chances de contrôler la pandémie de COVID-19. En Chine, la recherche a montré l’existence d’une corrélation entre l’utilisation d’applications de suivi de contact et ce qui semble être une suppression durable de l’infection à COVID-19. Dr Collins aborde d’importants problèmes éthiques, juridiques et sociaux.

lien vers la publication du blog : https://directorsblog.nih.gov/author/collinsfs/


 

10 avril 2020

 Les applications utilisées sur les smartphones peuvent-elles aider à combattre les pandémies ?

 Un article intéressant a été publié le 9 avril 2020 par le Dr Francis Collins, directeur des Instituts nationaux de la santé (National Institutes of Health, NIH). Sur son blog, le directeur des NIH aborde la possibilité d’utiliser les smartphones pour le suivi des contacts et les avertissements en lien avec la lutte contre la pandémie de COVID-19. Les méthodes traditionnelles ayant recours à des équipes d’intervenants de santé publique pour communiquer avec la population par téléphone ou lors d’entretien en face à face nécessitent énormément de temps. Le temps perdu permet à l’infection de se propager davantage, car la recherche et l’avertissement des personnes exposées au virus sont retardés. En tirant parti de la technologie Bluetooth sans fil des smartphones, le suivi numérique peut améliorer les chances de contrôler la pandémie de COVID-19. En Chine, la recherche a montré l’existence d’une corrélation entre l’utilisation d’applications de suivi de contact et ce qui semble être une suppression durable de l’infection à COVID-19. Dr Collins aborde d’importants problèmes éthiques, juridiques et sociaux.

lien vers la publication du blog : https://directorsblog.nih.gov/author/collinsfs/



  21 avril 2020

 28 000 décès manquants : à la recherche du réel nombre de victimes de la crise du coronavirus

Un examen des données de mortalité dans 11 pays montrant que beaucoup plus de personnes sont décédées dans ces pays que les années précédentes a été publié par Jin Wu et Allison McCann dans le New York Times le 21 avril 2020. Les auteurs ont estimé la mortalité excédentaire de chaque pays en comparant le nombre de personnes décédées de toutes causes cette année avec la moyenne historique au cours de la même période. La conclusion était qu’au mois dernier, pendant la pandémie de coronavirus, il y aurait eu au moins 28 000 personnes décédées de plus que ce qu’a rapporté le décompte officiel des décès dus au COVID-19. Étant donné que la plupart des pays ne rapportent que les décès dus au COVID-19 survenant dans les hôpitaux, de nombreux décès dus au COVID-19 ne sont pas rapportés. Les 28 000 décès excédentaires observés dans cette étude comprennent des décès dus au COVID-19 ainsi que des décès dus à d’autres causes, et comprennent très probablement des personnes atteintes d’autres troubles n’ayant pas reçu de traitement en raison de la surcharge des hôpitaux. Cet article suggère que le bilan global des décès à l’échelle mondiale dus au COVID-19 sera beaucoup plus élevé que ce qu’indiquent les rapports des décès dus au COVID-19 et confirmés par les tests. Pour une présentation graphique impressionnante de ces tendances dans chaque pays, veuillez utiliser le lien suivant vers l’article.

lien vers l’article d’actualités : https://www.nytimes.com/interactive/2020/04/21/world/coronavirus-missing-deaths.html?smid=em-share

 


  21 avril 2020

 28 000 décès manquants : à la recherche du réel nombre de victimes de la crise du coronavirus

Un examen des données de mortalité dans 11 pays montrant que beaucoup plus de personnes sont décédées dans ces pays que les années précédentes a été publié par Jin Wu et Allison McCann dans le New York Times le 21 avril 2020. Les auteurs ont estimé la mortalité excédentaire de chaque pays en comparant le nombre de personnes décédées de toutes causes cette année avec la moyenne historique au cours de la même période. La conclusion était qu’au mois dernier, pendant la pandémie de coronavirus, il y aurait eu au moins 28 000 personnes décédées de plus que ce qu’a rapporté le décompte officiel des décès dus au COVID-19. Étant donné que la plupart des pays ne rapportent que les décès dus au COVID-19 survenant dans les hôpitaux, de nombreux décès dus au COVID-19 ne sont pas rapportés. Les 28 000 décès excédentaires observés dans cette étude comprennent des décès dus au COVID-19 ainsi que des décès dus à d’autres causes, et comprennent très probablement des personnes atteintes d’autres troubles n’ayant pas reçu de traitement en raison de la surcharge des hôpitaux. Cet article suggère que le bilan global des décès à l’échelle mondiale dus au COVID-19 sera beaucoup plus élevé que ce qu’indiquent les rapports des décès dus au COVID-19 et confirmés par les tests. Pour une présentation graphique impressionnante de ces tendances dans chaque pays, veuillez utiliser le lien suivant vers l’article.

lien vers l’article d’actualités : https://www.nytimes.com/interactive/2020/04/21/world/coronavirus-missing-deaths.html?smid=em-share

 


                                                                                                                                             

  1er juin 2020

 À New York, la taille des foyers peut être un facteur déterminant plus important du taux d’infection par le COVID-19 que la densité de population

Partout aux États-Unis, et même au sein d’une même ville, le nombre de cas confirmés de COVID-19 par rapport à la taille de la population varie considérablement. Il est important de savoir quels facteurs sont à l’origine de cette variation, car cet aspect a des implications importantes en termes de méthodes utilisées pour contenir l’épidémie. Une étude statistique (publiée en prépublication sur medRxiv le 20 mai 2020 ; n’ayant pas encore été examinée par un comité de lecture) portant sur cette variation dans la ville de New York a utilisé les données disponibles pour étudier ces facteurs par code postal. L’étude a révélé que lorsque des facteurs importants tels que la densité de la population, la taille moyenne des foyers, le pourcentage de la population vivant en dessous du seuil de pauvreté et le pourcentage de la population de plus de 65 ans ont été pris en compte, la taille moyenne des foyers s’avérait être la variable la plus importante à être corrélée au taux de cas confirmés. Le pourcentage de la population de plus de 65 ans ainsi que la population vivant en dessous du seuil de pauvreté constituaient des indicateurs supplémentaires affectant le taux d’incidence des cas. Il est intéressant de noter que, contrairement aux idées reçues, la densité de la population elle-même n’avait pas d’impact significatif sur le taux de cas pour un code postal donné. De fait, lorsque les autres facteurs étaient pris en compte, l’étude a constaté que la densité de la population et l’incidence des cas étaient négativement corrélées. Cependant, l’étude a utilisé des données statistiques datant de 2018 qui ne tenaient pas compte des changements de population pendant l’épidémie. On ne sait pas non plus précisément de quelle manière les maisons de retraite et leurs résidents ont été classés aux fins de cette étude, ce qui pourrait avoir affecté les résultats de l’étude.

lien vers l’étude : https://www.medrxiv.org/content/10.1101/2020.05.25.20112797v1.full.pdf+html

 

  18 mai 2020

 Un vaccin prometteur contre le COVID-19 utilise une forme inactivée du virus 

Les virus inactivés purifiés sont traditionnellement utilisés dans le développement de vaccins, fournissant des vaccins sûrs et efficaces pour prévenir les maladies causées par des virus, comme le poliovirus et le virus de la grippe. Dans un article publié le 6 mai 2020 dans la revue Science, un groupe de chercheurs chinois a décrit ses recherches concernant un vaccin inactivé et purifié contre le SARS-CoV-2 (PiCoVacc), qui a produit des anticorps neutralisants chez des souris, des rats et des primates non humains. Les anticorps se sont avérés neutraliser 10 souches représentatives du virus. Lors de l’infection ultérieure par le SARS-CoV-2 de macaques rhésus (une espèce de primate non humain qui présente une maladie similaire au COVID-19 en réponse à une infection par le SARS-CoV-2) ayant reçu une dose de 6 microgrammes, cette dose s’est avérée fournir une protection totale. Le vaccin n’a pas entraîné d’effets indésirables observables ou biochimiques. Les chercheurs n’ont notamment pas constaté la survenue d’un phénomène appelé « facilitation de l’infection par les anticorps », signalé comme une possibilité préoccupante dans de précédents rapports.

Selon les auteurs, « ces résultats nous montrent une potentielle voie à suivre pour le développement clinique des vaccins contre le SARS-CoV-2 destinés à une utilisation chez l’homme ». Il est prévu que des essais cliniques portant sur le PiCoVacc commencent plus tard dans l’année.

lien vers l’étude :https://science.sciencemag.org/content/early/2020/05/06/science.abc1932


  21 avril 2020

 28 000 décès manquants : à la recherche du réel nombre de victimes de la crise du coronavirus

Un examen des données de mortalité dans 11 pays montrant que beaucoup plus de personnes sont décédées dans ces pays que les années précédentes a été publié par Jin Wu et Allison McCann dans le New York Times le 21 avril 2020. Les auteurs ont estimé la mortalité excédentaire de chaque pays en comparant le nombre de personnes décédées de toutes causes cette année avec la moyenne historique au cours de la même période. La conclusion était qu’au mois dernier, pendant la pandémie de coronavirus, il y aurait eu au moins 28 000 personnes décédées de plus que ce qu’a rapporté le décompte officiel des décès dus au COVID-19. Étant donné que la plupart des pays ne rapportent que les décès dus au COVID-19 survenant dans les hôpitaux, de nombreux décès dus au COVID-19 ne sont pas rapportés. Les 28 000 décès excédentaires observés dans cette étude comprennent des décès dus au COVID-19 ainsi que des décès dus à d’autres causes, et comprennent très probablement des personnes atteintes d’autres troubles n’ayant pas reçu de traitement en raison de la surcharge des hôpitaux. Cet article suggère que le bilan global des décès à l’échelle mondiale dus au COVID-19 sera beaucoup plus élevé que ce qu’indiquent les rapports des décès dus au COVID-19 et confirmés par les tests. Pour une présentation graphique impressionnante de ces tendances dans chaque pays, veuillez utiliser le lien suivant vers l’article.

lien vers l’article d’actualités : https://www.nytimes.com/interactive/2020/04/21/world/coronavirus-missing-deaths.html?smid=em-share