L'impétigo est une infection superficielle cutanée due aux streptocoques et/ou aux staphylocoques, qui déclenchent la formation de bulles ou de croûtes. L'ecthyma est une forme ulcérée d'impétigo. Le diagnostic est clinique. Le traitement est basé sur des antibiotiques topiques et parfois oraux.
(Voir aussi Revue générale des infections cutanées bactériennes.)
L'impétigo est une infection bactérienne superficielle courante de l'épiderme généralement causée par Staphylococcus aureus et/ou Streptococcus pyogenes. Elle est très contagieuse. Il n'existe souvent aucune anomalie prédisposante chez la plupart des patients, mais l'impétigo peut survenir après tout type de lésion cutanée.
L'impétigo peut être non bulleux (70% des cas) ou bulleux (30% des cas) (1). S. aureus est la principale cause de l'impétigo non bulleux et la cause de tous impétigos bulleux. Les bulles sont provoquées par des toxines desquamantes produites par les staphylocoques. Des S. aureus résistants à la méthicilline (SARM) ont été isolés dans de nombreux cas d'impétigo.
L'ecthyma est une forme ulcéreuse et profonde d'impétigo qui pénètre l'épiderme jusqu'au derme (voir la figure ). Il se développe généralement sur les membres inférieurs et est associé à des cicatrices.
Les facteurs de risque généraux de l'impétigo et de l'ecthyma sont un environnement humide, une mauvaise hygiène et/ou un portage nasopharyngé chronique de staphylocoques ou de streptocoques. Une immunodépression et une altération de la barrière cutanée, comme chez les patients présentant un eczéma atopique sous-jacent ou une xérose étendue, peuvent contribuer au développement de l'impétigo.
Référence générale
1. Hartman-Adams H, Banvard C, Juckett G. Impetigo: diagnosis and treatment. Am Fam Physician. 2014;90(4):229-235.
Symptomatologie de l'impétigo et de l'ecthyma
L'impétigo non bulleux se présente généralement comme des groupes de vésicules ou de pustules qui se rompent et se couvrent d'une croûte mélicérique, couleur miel (exsudat séché de la lésion initiale). Les petites lésions peuvent fusionner en grandes plaques croûteuses.
L'impétigo bulleux est similaire, excepté que les vésicules s'agrandissent rapidement pour former des bulles. L'éclatement des bulles expose une plus grande base, qui se couvre d'un vernis ou d'une croûte de couleur miel.
Cette photo montre des amas de vésicules et de pustules avec une croûte de couleur miel en formation sur le nez.
Cette photo montre des amas de vésicules et de pustules avec une croûte de couleur miel en formation sur le nez.
DR P. MARAZZI/SCIENCE PHOTO LIBRARY
Cette image montre des plaques périnasales en croûte d'impétigo sur le visage d'un enfant.
Cette image montre des plaques périnasales en croûte d'impétigo sur le visage d'un enfant.
Image courtesy of Wingfield Rehmus, MD, MPH.
Cette photo montre des amas de vésicules ou de pustules qui se sont rompues et ont développé une croûte couleur miel.
Cette photo montre des amas de vésicules ou de pustules qui se sont rompues et ont développé une croûte couleur miel.
Image provided by Thomas Habif, MD.
Cette photo montre un impétigo bulleux sur l'abdomen d'un nourrisson, qui s'est manifesté par de petites pustules coalescentes ayant finalement formé des bulles jaunes.
Cette photo montre un impétigo bulleux sur l'abdomen d'un nourrisson, qui s'est manifesté par de petites pustules coale
SCIENCE PHOTO LIBRARY
Cette photo montre un impétigo bulleux sur les doigts d'une personne. L'éclatement des bulles expose une plus grande base, qui se couvre d'un vernis ou d'une croûte de couleur miel.
Cette photo montre un impétigo bulleux sur les doigts d'une personne. L'éclatement des bulles expose une plus grande ba
Image provided by Thomas Habif, MD.
L'ecthyma est une forme d'impétigo caractérisé par de petits aphtes à l'emporte-pièce, purulents, peu profonds, recouverts de croûtes épaisses et brunâtres, entourés d'un halo érythémateux.
Cette photo montre de petits ulcères à l'emporte-pièce, pustuleux, peu profonds, recouverts de croûtes épaisses et brun-noir, entourés d'un halo érythémateux.
L'impétigo et l'ecthyma peuvent provoquer une douleur modérée ou une gêne. Le prurit est fréquent; le grattage peut propager l'infection par inoculation de la peau adjacente et à distance.
Diagnostic de l'impétigo et de l'ecthyma
Bilan clinique
Coloration de Gram, culture et test de sensibilité aux antibiotiques du prélèvement purulent
Le diagnostic de l'impétigo et de l'ecthyma repose généralement sur leur aspect caractéristique.
La coloration de Gram et la culture de l'exsudat de lésion sont recommandées pour identifier S. aureus (dont le SARM) ou les streptocoques bêta-hémolytiques dans l'impétigo et l'ecthyma (1). Cependant, instaurer un traitement empirique est raisonnable pour les cas typiques.
Référence pour le diagnostic
1. Stevens DL, Bisno AL, Chambers HF, et al. Practice guidelines for the diagnosis and management of skin and soft tissue infections: 2014 update by the Infectious Diseases Society of America. Clin Infect Dis. 2014;59(2):e10-e52. doi:10.1093/cid/ciu444
Traitement de l'impétigo et de l'ecthyma
Mupirocine topique, rétapamuline, acide fusidique ou ozénoxacine
Parfois des antibiotiques oraux (p. ex., ecthyma; impétigo étendu et récurrent; immunodépression)
L'impétigo bulleux et non bulleux peut être traité par des antibiotiques topiques ou oraux (1). Cependant, les antibiotiques oraux sont préférés chez les patients présentant de nombreuses lésions et chez les patients immunodéprimés à risque de complications, lorsque le traitement topique est peu pratique (p. ex., maladie étendue), et lors d'épidémies touchant plusieurs personnes pour aider à réduire la transmission. L'ecthyma nécessite un traitement par antibiotiques oraux. Les zones atteintes doivent être nettoyées doucement avec de l'eau et du savon plusieurs fois/jour pour retirer les croûtes.
Le traitement de l'impétigo localisé est un antibiotique antistaphylococcique topique pendant 5 à 7 jours. La mupirocine est la plus couramment utilisée aux États-Unis. Les alternatives comprennent l'ozénoxacine, la rétapamuline et l'acide fusidique; ces deux derniers ne sont pas disponibles aux États-Unis. Le traitement topique (p. ex., mupirocine, acide fusidique) est aussi efficace ou plus efficace que le traitement oral pour l'impétigo localisé (2).
Les antibiotiques oraux comprennent la dicloxacilline ou la céphalexine pendant 7 jours. Chez les patients allergiques à la pénicilline, la clindamycine 300 mg 4 fois/jour ou l'érythromycine 250 mg 4 fois/jour peuvent être utilisées, mais la résistance aux deux antibiotiques représente un problème croissant.
L'utilisation d'un traitement empirique initial contre les SARM n'est pas habituellement conseillée, sauf en cas de preuves cliniques convaincantes (p. ex., contact avec une personne qui a un cas documenté, exposition à une épidémie documentée, maladie sévère et/ou étendue). Le traitement des SARM doit être guidé par les résultats des cultures et des antibiogrammes; la clindamycine, le sulfaméthoxazole/triméthoprime et la doxycycline sont des options antibiotiques orales empiriques raisonnables.
D'autres traitements comprennent la reconstitution d'une barrière cutanée normale chez les patients présentant une dermatite atopique sous-jacente ou une xérose étendue, par l'emploi d'émollients et de glucocorticoïdes locaux, si nécessaire. La décolonisation chez les porteurs nasaux chroniques de staphylocoques peut être obtenue efficacement par l'administration d'antibiotiques topiques (mupirocine), ce qui entraîne une réduction significative du taux d'infection par S. aureus (3); cependant, il est moins clair qu'une telle décolonisation abaisse spécifiquement les taux d'impétigo récidivant.
Références pour le traitement
1. Stevens DL, Bisno AL, Chambers HF, et al. Practice guidelines for the diagnosis and management of skin and soft tissue infections: 2014 update by the Infectious Diseases Society of America. Clin Infect Dis. 2014;59(2):e10-e52. doi:10.1093/cid/ciu444
2. Koning S, van der Sande R, Verhagen AP, et al. Interventions for impetigo. Cochrane Database Syst Rev. 2012;1(1):CD003261. Published 2012 Jan 18. doi:10.1002/14651858.CD003261.pub3
3. van Rijen M, Bonten M, Wenzel R, Kluytmans J. Mupirocin ointment for preventing Staphylococcus aureus infections in nasal carriers. Cochrane Database Syst Rev. 2008;2008(4):CD006216. Published 2008 Oct 8. doi:10.1002/14651858.CD006216.pub2
Pronostic de l'impétigo et de l'ecthyma
La guérison est habituellement rapide avec un traitement adapté. Les retards de traitement peuvent entraîner une cellulite, une lymphangite, des furoncles et une hyper- ou une hypopigmentation associées ou non à une cicatrice.
L'enfant âgé de 2 à 4 ans est exposé au risque de glomérulonéphrite aiguë post-infectieuse si les souches néphritogènes des streptocoques du groupe A sont impliquées (types 49, 42, 2, 55, 57 et 60); la glomérulonéphrite post-infectieuse semble être plus fréquente chez les personnes dans les régions aux ressources limitées et dans le Sud des États-Unis par rapport aux autres régions (1, 2). Il est peu probable que le traitement par des antibiotiques permette de prévenir la glomérulonéphrite post-infectieuse.
Références pour le pronostic
1. Rodriguez-Iturbe B, Haas M. Post-Streptococcus pyogenes Glomerulonephritis. In: Ferretti JJ, Stevens DL, Fischetti VA, eds. Streptococcus pyogenes: Basic Biology to Clinical Manifestations. 2nd ed. Oklahoma City (OK): University of Oklahoma Health Sciences Center; September 9, 2022.
2. Satoskar AA, Parikh SV, Nadasdy T. Epidemiology, pathogenesis, treatment and outcomes of infection-associated glomerulonephritis. Nat Rev Nephrol. 2020;16(1):32-50. doi:10.1038/s41581-019-0178-8
Points clés
Staphylococcus aureus est la cause de la plupart des impétigos non bulleux et la cause de tous les impétigos bulleux.
Des lésions croûteuses couleur miel sont caractéristiques de l'impétigo bulleux et non bulleux.
La culture des lésions (pour identifier un S. aureus méthicilline-résistant [SARM]) et du nez (pour identifier un réservoir nasal potentiel) est généralement recommandée.
Traiter la plupart des cas avec des antibiotiques topiques; une antibiothérapie systémique est nécessaire en cas d'impétigo sévère, persistant ou récurrent, d'épidémies, chez les patients immunodéprimés, et pour l'ecthyma.



