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Cancer de l'ovaire

Par

Pedro T. Ramirez

, MD, The University of Texas MD Anderson Cancer Center;


Gloria Salvo

, MD, MD Anderson Cancer Center

Dernière révision totale sept. 2020| Dernière modification du contenu sept. 2020
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Ressources du sujet

Le cancer de l'ovaire est souvent mortel car il est habituellement diagnostiqué à un stade avancé. Les symptômes sont habituellement absents au stade précoce, puis non spécifiques à un stade plus avancé. Le bilan comprend généralement une échographie, une TDM ou une IRM et un dosage des marqueurs tumoraux (p. ex., CA125). Le diagnostic repose sur l'analyse histologique d'un prélèvement tumoral. La définition du stade est chirurgicale. Le traitement nécessite une hystérectomie avec salpingo-ovariectomie bilatérale, l'exérèse la plus complète possible de tous les tissus envahis (cytoréduction) et, sauf si le cancer est très localisé, une chimiothérapie.

Aux États-Unis, le cancer de l'ovaire est le deuxième cancer gynécologique le plus fréquent (touchant environ 1/70 des femmes). Il s'agit de la 5e cause de décès liés au cancer chez les femmes et, aux États-Unis, causera environ 21 750 nouveaux cas et 13 940 décès en 2020. L'incidence est plus élevée dans les pays développés.

Étiologie

Le cancer de l'ovaire atteint principalement la femme en péri- et post-ménopause.

Le risque de cancer de l'ovaire est accru en cas de

  • Antécédents de cancer de l'ovaire chez un parent au 1er degré

  • Nulliparité

  • Grossesse tardive

  • Ménarche précoce

  • Ménopause retardée

  • Des antécédents personnels ou familiaux de cancers du sein, endométrial ou du colon

Le risque est diminué par l'

  • Utilisation des contraceptifs oraux

Des altérations germinales des gènes breast cancer 1 (BRCA1) et breast cancer 2 (BRCA2) sont identifiées chez 14 à 18% des patientes atteintes d'un cancer séreux ovarien de haut grade; 3% ont des mutations somatiques de BRCA (BRCAm) ou une inactivation due à uen méthylation (1 Référence pour l'étiologie Le cancer de l'ovaire est souvent mortel car il est habituellement diagnostiqué à un stade avancé. Les symptômes sont habituellement absents au stade précoce, puis non spécifiques à un stade... en apprendre davantage ). Le déficit de recombinaison homologue (qui participe à la réparation des lésions et à la réplication de l'ADN [2]) est détecté chez environ la moitié des patientes qui ont un cancer séreux de l'ovaire de haut grade (2 Référence pour l'étiologie Le cancer de l'ovaire est souvent mortel car il est habituellement diagnostiqué à un stade avancé. Les symptômes sont habituellement absents au stade précoce, puis non spécifiques à un stade... en apprendre davantage ).

Les mutations du gène autosomique dominant BRCA sont associées à un risque au cours de la vie de 50 à 85% de développer un cancer du sein. Les femmes porteuses de mutations de BRCA1 ont un risque de 20 à 40% de développer un cancer de l'ovaire; le risque chez la femme qui présente des mutations de BRCA2, est moins élevé. L'incidence de ces mutations est plus élevée chez les juifs ashkénazes que dans la population générale. Des mutations de plusieurs autres gènes, y compris TP53, PTEN, STK11/LKB1, CDH1, CHEK2, ATM, MLH1, et MSH2, ont été associées au cancer du sein et/ou de l'ovaire héréditaires.

La dysgénésie gonadique XY prédispose au cancer de l'ovaire non épithélial (tumeurs germinales).

Référence pour l'étiologie

  • 1. Cancer Genome Atlas Research Network: Integrated genomic analyses of ovarian carcinoma. Nature 474 (7353):609–615, 2011. doi: 10.1038/nature10166

  • 2. Li X, Heyer WD: Homologous recombination in DNA repair and DNA damage tolerance. Cell Res 18 (1):99–113, 2008. doi: 10.1038/cr.2008.1

Anatomopathologie

La plupart (90%) des cancers de l'ovaire se développent à partir des cellules épithéliales; les autres (tumeurs des cellules germinales, tumeurs stromales des cordons sexuels) se développent à partir d'autres types de cellules ovariennes.

Le carcinome épithélial de l'ovaire peut être divisé en cinq sous-types:

  • Séreux de haut grade

  • Séreux de bas grade

  • Endométrioïde

  • Cellules claires

  • Mucineux

Le carcinome séreux de haut grade de l'ovaire est le sous-type le plus fréquent (> 70%) des carcinomes épithéliaux.

Au début de la maladie, près de 27% des patientes présentant un cancer épithélial de l'ovaire de stade I ont une histologie mucineuse, mais < 10% au stade III ou IV.

Les tumeurs germinales sont habituellement observées chez la femme de < 30 ans.

Tableau
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Le cancer de l'ovaire se propage par

  • Extension directe

  • Exfoliation des cellules dans la cavité péritonéale (ensemencement péritonéal)

  • Dissémination lymphatique vers le bassin et autour de l'aorte

  • Moins souvent, hématogène au foie ou aux poumons

Symptomatologie

Le cancer ovarien est habituellement initialement asymptomatique; une masse annexielle, souvent solide, irrégulière et fixe, peut être découverte fortuitement. Les examens pelviens et rectovaginaux peuvent détecter des nodules. Quelques femmes présentent initialement des douleurs abdominales sévères secondaires à la torsion de la masse de l'ovaire Torsion annexielle La torsion d'annexe est une rotation de l'ovaire et parfois de la trompe de Fallope qui peut gêner l'apport artériel et entraîner une ischémie. Les torsions d'annexes sont rares et se produisent... en apprendre davantage .

La plupart des femmes qui ont un cancer à un stade avancé ont initialement des symptômes non spécifiques (p. ex., dyspepsie, météorisme, satiété précoce, douleurs spastiques, lombalgies). Des douleurs pelviennes, une anémie, une cachexie et une augmentation du volume abdominal due à une hypertrophie ovarienne ou à une ascite apparaissent habituellement plus tard.

Les tumeurs stromales ou issues des cellules germinales peuvent être hormonalement fonctionnelles (p. ex., hyperthyroïdie, féminisation, virilisation).

Diagnostic

  • Échographie (pour suspicion de cancer précoce) TDM ou IRM (pour suspicion de cancer avancé)

  • Marqueurs tumoraux (p. ex., cancer antigen [CA] 125)

  • Classification chirurgicale par stade

Le cancer de l'ovaire est suspecté chez la femme qui a les signes suivants:

  • Masse annexielle inexpliquée

  • Ballonnements abdominaux inexpliqués

  • Modifications du transit

  • Perte de poids involontaire

  • Douleur abdominale inexpliquée

Une masse pelvienne avec de l'ascite témoigne habituellement d'un cancer de l'ovaire, mais peut parfois correspondre à un syndrome de Demons-Meigs (fibrome bénin avec ascite et hydrothorax droit).

Imagerie

Si un cancer précoce est suspecté, l'échographie est effectuée en premier; les signes suivants évoquent un cancer:

  • Une composante solide

  • Des végétations

  • Une dimension > 6 cm

  • Une forme irrégulière

  • Une faible résistance vasculaire détectée par des analyses transvaginales doppler

Si un cancer avancé est suspecté (p. ex., présence d'ascite, de distension abdominale ou de nodules ou de fixation détectée pendant un examen clinique), une TDM ou une IRM sont habituellement effectuées avant la chirurgie afin de déterminer l'extension du cancer.

Marqueurs tumoraux

Marqueurs tumoraux, y compris la sous-unité bêta de la gonadotrophine chorionique humaine (bêta-hCG), LDH, alpha-fœtoprotéine, inhibine, et le CA 125, sont généralement dosés chez les jeunes patientes, qui sont à risque accru de tumeurs non épithéliales (p. ex., tumeurs à cellules germinales, tumeurs stromales). Chez les patientes périménopausiques et ménopausées, seul le CA125 est dosé car la plupart des cancers de l'ovaire dans cette classe d'âge sont des tumeurs épithéliales. Le CA125 est élevé dans 80% des cancers épithéliaux de l'ovaire avancés et peut être légèrement élevé dans l'endométriose, la maladie pelvienne inflammatoire, les fibromes, les inflammations péritonéales, les cancers péritonéaux non ovariens ou au cours de la grossesse.

Une masse pelvienne d'aspect mixte, solide et kystique, chez une femme ménopausée évoque un cancer de l'ovaire, en particulier si le CA125 est élevé.

Biopsie

La biopsie n'est pas systématiquement recommandée sauf si la patiente n'est pas candidate à la chirurgie. Dans ces rares cas, les prélèvements sont obtenus par biopsie à l'aiguille pour les masses ou par aspiration à l'aiguille de liquide d'ascite.

Dans le cas des masses qui apparaissent bénignes à l'échographie, l'analyse histologique n'est pas nécessaire, et l'échographie est répétée 6 semaines plus tard. Les masses d'aspect bénin comprennent les tératomes kystiques bénins (kystes dermoïdes), des kystes folliculaires ou les endométriomes.

Classification par stades

Tableau
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En cas de suspicion de cancer de stade précoce, la classification peut être faite par laparoscopie ou chirurgie laparoscopique assistée par un robot. Une laparotomie médiane, qui permet un accès correct à l'étage sus-mésocolique, est le plus souvent nécessaire. Toutes les surfaces péritonéales, les coupoles diaphragmatiques et les viscères abdominaux et pelviens sont examinés et palpés. On résèque toute lésion localisée dans le pelvis, les gouttières pariétocoliques et les récessus diaphragmatiques et on prélève de multiples biopsies péritonéales dans le pelvis central et latéral et dans l'abdomen. Pour les cancers à un stade précoce, on résèque le grand épiploon et on fait un curage en prélevant les ganglions pelviens et para-aortiques.

Les cancers sont également classés histologiquement de 1 (les moins agressifs) à 3 (les plus agressifs). La classification la plus récente classe les cancers épithéliaux de l'ovaire en bas grade (grade 1) ou haut grade (grade 2 ou 3).

Dépistage

Il n'existe pas de test de dépistage du cancer de l'ovaire. Cependant, les femmes qui ont un risque héréditaire connu, comme celles BRCA mutations, doit être suivie de près.

Bien que les données issues de grandes études indiquent que le CA 125 ait une spécificité élevée (jusqu'à 99,9% dans une étude), la sensibilité est modérée (71% dans une étude), et la valeur prédictive positive est faible; ainsi, le CA 125 est déconseillé comme test de dépistage chez les femmes asymptomatiques, à risque moyen. Le dépistage chez la femme asymptomatique par échographie et dosage du CA125 sérique permet de détecter quelques cas de cancer de l'ovaire, mais n'a pas montré de gain pronostique, même dans les groupes à haut risque (dont les femmes qui présentent les mutations de BRCA).

Le bilan d'un syndrome de cancer héréditaire doit être envisagée chez toute femme chez qui un cancer de l'ovaire, de la trompe de Fallope ou un cancer péritonéal a été diagnostiqué et elles doivent bénéficier d'une évaluation du risque génétique. La plupart des cancers du sein et de l'ovaire sont sporadiques; seulement environ 6% des cancers du sein et 15% des cancers de l'ovaire sont provoqués par des mutations des gènes BRCA. Une mutation germinale ou somatique de BRCA1 ou de BRCA2 peut modifier le traitement et la thérapie d'entretien. Une anamnèse personnelle et familiale détaillée des autres cancers doit être obtenue pour identifier les femmes qui sont plus susceptibles d'avoir un syndrome de cancer héréditaire (p. ex., impliquant des mutations de BRCA1 ou de BRCA2, cancer colorectal héréditaire non polyposique [syndrome de Lynch]).

Les femmes doivent être dépistées pour la recherche d'anomalies du gène BRCA lorsque leur anamnèse familiale comprend un des signes suivants:

  • Diagnostic de cancer de l'ovaire chez un parent au 1er degré avant l'âge de 40 ans

  • Diagnostic de cancer du sein et des ovaires chez un seul des parents au 1er degré, si l'un des cancers a été diagnostiqué avant l'âge de 50 ans

  • Deux cas de cancer des ovaires parmi les parents au 1er et au 2e degré de la même lignée

  • Deux cas de cancer du sein et un cas de cancer de l'ovaire chez les parents au 1er ou au 2e degré de la même lignée

  • Un cas de cancer du sein et un cas de cancer de l'ovaire chez les parents au 1er ou au 2e degré, si le cancer du sein a été diagnostiqué avant 40 ans ou si un cancer de l'ovaire a été diagnostiqué avant 50 ans

  • Deux cas de cancer du sein chez des parents au 1er ou au 2e degré si les deux cas ont été diagnostiqués avant l'âge de 50 ans

  • Deux cas de cancer du sein chez les parents au 1er ou au 2e degré, si un cas a été diagnostiqué avant l'âge de 40 ans

De plus, si des femmes juives Ashkénazes ont un membre de leur famille atteint d'un cancer du sein diagnostiqué avant l'âge de 50 ans, ou d'un cancer des ovaires, un dépistage doit être envisagé pour rechercher des anomalies dans le gène BRCA.

Pronostic

La survie à 5 ans sous traitement est

  • Stade I: 85 à 95%

  • Stade II: 70 à 78%

  • Stade III: 40 à 60%

  • Stade IV: 15 à 20%

Le pronostic est moins favorable quand la tumeur a un grade plus élevé et lorsque l'intervention chirurgicale ne permet pas de réséquer tous les tissus macroscopiquement atteints; dans de tels cas, le pronostic est meilleur quand le tissu impliqué peut être réduit à < 1 cm de diamètre ou idéalement à une taille microscopique (chirurgie cytoréductive).

Aux stades III et IV, le risque de récidive atteint près de 70%.

Traitement

  • Une hystérectomie avec salpingo-ovariectomie bilatérale est habituellement indiquée

  • Chirurgie cytoréductrice

  • Habituellement, une chimiothérapie post-opératoire, est nécessaire comportant de la carboplatine et paclitaxel

(Voir aussi National Comprehensive Cancer Network (NCCN): NCCN Clinical Practice Guidelines in Oncology: Ovarian Cancer.)

L'hystérectomie et la salpingo-ovariectomie sont généralement indiquées, sauf pour le stade I non épithélial ou pour les cancers épithéliaux unilatéraux de l'ovaire de bas grade chez les jeunes patientes; la conservation de l'utérus et de l'ovaire sain permet de préserver la fertilité.

La cytoréduction primaire chirurgicale suivie d'une chimiothérapie systémique est le traitement initial privilégié en cas de cancer ovarien de stade III ou IV. Les patientes non considérées comme candidates à la résection chirurgicale en raison de la localisation et du volume du cancer, ou en raison de comorbidités, sont traités par chimiothérapie néoadjuvante.

Si l'invasion est importante, la chirurgie n'est pas indiquée ou elle peut être différée en présence d'un ou de plusieurs des éléments suivants:

  • Métastases hépatiques multiples

  • Lymphadénopathie hilaire

  • Ganglions lymphatiques surrénaliens et lomboaortiques

  • Maladie mésentérique diffuse

  • Preuve de maladie pulmonaire parenchymateuse ou pleurale

Ces patientes sont traitées par une chimiothérapie néo-adjuvante (p. ex., carboplatine plus paclitaxel). La chirurgie peut parfois être effectuée après une chimiothérapie initiale.

En cas d'hystérectomie et de salpingo-oophorectomie bilatérale, tous les tissus visiblement impliqués doivent être enlevés si possible (cytoréduction). La cytoréduction est associée à une augmentation de durée de la survie; le volume de maladie résiduelle restant après la cytoréduction est corrélé inversement avec le temps de survie. La cytoréduction peut être

  • Complète: cytoréduction jusqu'à aucune maladie manifestement visible

  • Optimale: cytoréduction avec une maladie résiduelle d'un diamètre tumoral maximal ≤ 1 cm, tel que défini par le Gynecologic Oncology Group

  • Infra-optimale: cytoréduction avec tout nodule tumoral visible > 1 cm restant

La chirurgie cytoréductive du cancer de l'ovaire comprend habituellement

  • Une résection du grand épiploon, parfois une résection rectosigmoïdienne (habituellement avec anastomose en un temps)

  • Un stripping péritonéal radical

  • Une résection du péritoine diaphragmatique ou splénectomie

Prédire la faisabilité de la cytoréduction

La cytoréduction étant associée à une augmentation de la survie, il est important de pouvoir prédire quand la cytoréduction n'entraîne aucune maladie résiduelle globale, mais ceci est difficile; il n'y a pas de critères uniformes.

Une cytoréduction optimale est moins probable si les patientes ont ce qui suit:

  • Mauvaise performance

  • Âge > 60 ans

  • Statut physique 3 ou 4 de l'American Society of Anesthesiologists

  • Comorbidités médicales

  • Mauvais état nutritionnel

  • Maladie extra-abdominale

  • Gros volume de tumeur

  • Implication du gros intestin

  • Métastases aux ganglions lymphatiques rétropéritonéaux au-dessus des vaisseaux rénaux > 1 cm dans leur plus grande dimension

  • Atteinte parenchymateuse hépatique

  • Un CA 125 préopératoire > 500 U/mL

Les algorithmes basés sur les résultats de l'imagerie préopératoire (p. ex., TDM, IRM, PET/CT) pour évaluer la cytoréduction optimale ne sont pas reproductibles de manière fiable.

La laparoscopie diagnostique avant laparotomie pourrait épargner aux patientes une laparotomie inutile aboutissant à une cytoréduction infra-optimale. La laparoscopie permet de faire une biopsie tissulaire, de poser un diagnostic définitif et d'analyser l'échantillon de biopsie. Ainsi, les patientes qui ne sont pas candidates à la cytoréduction peuvent commencer un traitement de chimiothérapie plus tôt. Les signes laparoscopiques indiquant qu'une cytoréduction optimale est peu probable comprennent

  • Gâteau omental

  • Carcinomatose péritonéale ou diaphragmatique étendue

  • Rétraction mésentérique

  • Infiltration de l'intestin et de l'estomac

  • Métastases spléniques et/ou hépatiques superficielles

Le score de Fagotti, basé sur 7 signes laparoscopiques, peut permettre de prédire la probabilité d'une cytoréduction optimale en cas de cancer ovarien avancé (voir tableau Calcul du score de Fagotti pour prédire la probabilité d'une cytoréduction optimale Calcul du score de Fagotti pour prédire la probabilité d'une cytoréduction optimale Le cancer de l'ovaire est souvent mortel car il est habituellement diagnostiqué à un stade avancé. Les symptômes sont habituellement absents au stade précoce, puis non spécifiques à un stade... en apprendre davantage ). Ce système de notation attribue une valeur de 0 ou 2 selon que la maladie est présente sur certains sites. En cas de score ≥ 10, une cytoréduction optimale est très improbable. Si le score est < 10, les patientes sont candidates à la chirurgie cytoréductrice (1 Références pour le traitement Le cancer de l'ovaire est souvent mortel car il est habituellement diagnostiqué à un stade avancé. Les symptômes sont habituellement absents au stade précoce, puis non spécifiques à un stade... en apprendre davantage ).

Tableau
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Traitement post-opératoire

En cas de tumeurs ovariennes de stade IA ou IB (confinées à l'ovaire) et/ou de grade 1, le pronostic est excellent (survie à 90%) avec chirurgie seule. En cas de stade IC, II, grade 3 ou d'histologie à cellules claires, une chimiothérapie adjuvante (p. ex., par carboplatine et paclitaxel) est recommandée.

Pour les stades III ou IV, la cytoréduction chirurgicale première suivie d'une chimiothérapie systémique est le traitement standard.

Chez certaines patientes à haut risque de récidive (p. ex., qui ont des épanchements pleuraux ou une ascite et qui n'ont pas de mutation de BRCA), ajouter du bevacizumab à la chimiothérapie et le poursuivre comme traitement d'entretien représente une possibilité.

Les enzymes PARP (polyadénosine diphosphate-ribose polymérase) sont essentielles à la réparation des cassures d'un seul brin de l'ADN. L'inhibition des enzymes PARP entraîne des ruptures persistantes d'un seul brin, qui provoquent l'accumulation de cassures du double brin pendant la réplication de l'ADN et finalement conduisent à la mort des cellules tumorales.

Deux essais de phase III contrôlés par placebo ont évalué le traitement d'entretien par un PARPi chez les patientes qui ont répondu au traitement de première intention au platine. L'étude SOLO1 a évalué le traitement d'entretien par l'olaparib chez les patientes qui ont des BRCAm somatiques et germinales (5 Références pour le traitement Le cancer de l'ovaire est souvent mortel car il est habituellement diagnostiqué à un stade avancé. Les symptômes sont habituellement absents au stade précoce, puis non spécifiques à un stade... en apprendre davantage ), et l'étude PRIMA/ENGOT-Ov26 a évalué le niraparib dans le cancer de l'ovaire avancé récemment diagnostiqué (non limité aux porteuses de BRCAm [3 Références pour le traitement Le cancer de l'ovaire est souvent mortel car il est habituellement diagnostiqué à un stade avancé. Les symptômes sont habituellement absents au stade précoce, puis non spécifiques à un stade... en apprendre davantage ]).

L'essai VELIA comprenait des patientes atteintes d'un carcinome séreux ovarien de haut grade de stade III ou IV non traité auparavant. Cet essai de phase III contrôlé par placebo à trois bras a comparé la chimiothérapie standard seule, la chimiothérapie standard plus le véliparib et la chimiothérapie standard plus le véliparib suivis d'un traitement d'entretien par le véliparib (2 Références pour le traitement Le cancer de l'ovaire est souvent mortel car il est habituellement diagnostiqué à un stade avancé. Les symptômes sont habituellement absents au stade précoce, puis non spécifiques à un stade... en apprendre davantage ). La survie sans progression était plus longue avec la chimiothérapie par le veliparib plus entretien avec du veliparib.

Tableau
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Bien que la chimiothérapie permette d'obtenir une réponse clinique complète (c'est-à-dire, examen clinique normal, taux de CA125 sérique normal, TDM abdomino-pelvienne négative), près de 50% des patientes qui ont un cancer de stade III ou IV ont un résidu tumoral. En cas d'élévation persistante du CA125, 90 à 95% des patientes ont des tumeurs résiduelles.

Récidive de la maladie

La récidive du cancer de l'ovaire peut être détectée sérologiquement par des marqueurs tumoraux (p. ex., CA 125) et/ou par des signes de progression radiologiques. Le traitement de la récidive dépend du délai entre la fin du traitement à base de platine et la détection de la récidive (intervalle sans platine [platinum-free interval], PFI):

  • Les patientes qui ont un intervalle sans platine ≥ 6 mois sont considérés comme ayant une maladie sensible au platine.

  • Les patientes qui ont un intervalle sans platine < 6 mois sont considérés comme ayant une maladie résistante au platine.

Si le cancer récidive ou progresse après une chimiothérapie efficace, on reprend la chimiothérapie. Les médicaments efficaces sont la doxorubicine liposomale, le docétaxel, le paclitaxel, la gemcitabine, le bévacizumab et une association de cyclophosphamide et de bevacizumab ou de gemcitabine et de cisplatine. La thérapie ciblée avec des agents biologiques est à l'étude.

Références pour le traitement

  • 1. Petrillo M, Vizzielli G, Fanfani F, et al: Definition of a dynamic laparoscopic model for the prediction of incomplete cytoreduction in advanced epithelial ovarian cancer: Proof of a concept. Gynecol Oncol. 139 (1):5–9, 2015. doi:10.1016/j.ygyno.2015.07.095. Epub 2015 Jul 18.

  • 2. Coleman RL, Fleming GF, Brady MF, et al: Veliparib with first-line chemotherapy and as maintenance therapy in ovarian cancer. N Engl J Med 381 (25):2403–2415, 2019. doi: 10.1056/NEJMoa1909707. Epub 2019 Sep 28.

  • 3. González-Martín A, Pothuri B, Vergote I, et al: Niraparib in patients with newly diagnosed advanced ovarian cancer. N Engl J Med 381 (25):2391–2402, 2019. doi: 10.1056/NEJMoa1910962. Epub 2019 Sep 28.

  • 4. Ray-Coquard I, Pautier P, Pignata S, et al: Olaparib plus bevacizumab as first-line maintenance in ovarian cancer. N Engl J Med 381 (25):2416–2428, 2019. doi: 10.1056/NEJMoa1911361

  • 5. Moore K, Colombo N, Scambia G, et al: Maintenance olaparib in patients with newly diagnosed advanced ovarian cancer. N Engl J Med 379 (26):2495–2505, 2018. doi: 10.1056/NEJMoa1810858. Epub 2018 Oct 21.

  • 6. Ledermann J, Harter P, Gourley C, et al: Olaparib maintenance therapy in platinum-sensitive relapsed ovarian cancer. N Engl J Med 366 (15):1382–1392, 2012. doi: 10.1056/NEJMoa1105535. Epub 2012 Mar 27.

  • 7. Pujade-Lauraine E, Ledermann JA, Selle F, et al: Olaparib tablets as maintenance therapy in patients with platinum-sensitive, relapsed ovarian cancer and a BRCA1/2 mutation (SOLO2/ENGOT-Ov21): A double-blind, randomised, placebo-controlled, phase 3 trial. Lancet Oncol 18 (9):1274–1284, 2017. doi: 10.1016/S1470-2045(17)30469-2. Epub 2017 Jul 25.

Prévention

Les patientes porteuses de mutations des gènes BRCA1 ou BRCA2 ont un risque de cancer ovarien et, à un moins degré, de cancer du sein réduit si une chirurgie salpingo-ovariectomie bilatérale est effectuée après les maternités. Le risque de cancer semble plus faible avec cette approche qu'avec la surveillance. Les patientes présentant les mutations des gènes BRCA1 ou BRCA2 doivent être orientées vers un spécialiste d'oncologie gynécologique pour être conseillées.

Points clés

  • Le cancer de l'ovaire est principalement observé chez la femme en péri- et post-ménopause; la nulliparité, la maternité tardive, la puberté précoce, la ménopause tardive et certains marqueurs génétiques augmentent le risque.

  • Les symptômes précoces (p. ex., dyspepsie, ballonnements, satiété précoce, douleurs spastiques, lombalgies) ne sont pas spécifiques.

  • Si un cancer est suspecté, effectuer d'abord une échographie (parfois suivie d'une TDM ou d'une IRM), mesurer les marqueurs tumoraux (p. ex., CA 125) et classer par stades chirurgicalement les tumeurs.

  • Le dépistage des femmes asymptomatiques par échographie et/ou le CA 125 est inutile, sauf si le risque de mutations de BRCA est élevé.

  • La laparoscopie diagnostique avant laparotomie pourrait épargner à certaines patientes une laparotomie inutile aboutissant à une cytoréduction infra-optimale.

  • Généralement, le traitement repose sur l'hystérectomie, la salpingo-ovariectomie bilatérale et la chirurgie cytoréductrice suivie par une chimiothérapie (p. ex., carboplatine, paclitaxel et bevacizumab).

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