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Présentation des maladies mentales

Par

Michael B. First

, MD, Columbia University

Dernière révision totale nov. 2017| Dernière modification du contenu nov. 2017
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Les troubles mentaux (psychiatriques ou psychologiques) impliquent des perturbations de la pensée, de l’émotion et/ou du comportement. De petites perturbations de ces aspects de la vie sont fréquentes, mais lorsque ces troubles entraînent une détresse importante de la personne et/ou interfèrent avec sa vie quotidienne, ils sont considérés comme une maladie mentale ou un trouble mental. Les effets d’une maladie mentale peuvent être temporaires ou de longue durée.

Près de 50 % des adultes souffrent d’une maladie mentale à un moment ou à un autre de leur vie. Plus de la moitié de ces personnes présentent des symptômes modérés à sévères. En fait, les troubles mentaux représentent 4 des 10 principales causes d’invalidité chez les personnes de plus de 5 ans et la dépression est le principal de ces troubles. Malgré l’incidence élevée des maladies mentales, 20 % seulement des personnes qui souffrent d’une telle maladie reçoivent l’aide d’un professionnel.

Malgré les extraordinaires progrès réalisés sur le plan de la compréhension et du traitement de ces troubles, ils continuent d’être stigmatisés. Par exemple, les malades sont parfois blâmés en raison de leur maladie ou considérés comme étant paresseux ou irresponsables. La maladie mentale est parfois considérée comme une affection moins réelle ou légitime qu’une maladie physique, aussi les décideurs des politiques de santé ainsi que les compagnies d’assurance sont plus réticents à couvrir les coûts des traitements. Néanmoins, une prise de conscience croissante de la mesure dans laquelle la maladie mentale affecte le coût des soins de santé ainsi que le nombre de jours de travail perdus font évoluer cette tendance.

Identification de la maladie mentale

Il n’est pas toujours possible de distinguer nettement la maladie mentale du comportement d’une personne saine. Par exemple, il peut être difficile de distinguer un deuil normal d’une dépression chez une personne ayant subi une perte importante, telle que le décès d’un conjoint ou d’un enfant, car les deux situations provoquent de la tristesse et une humeur déprimée. De même, il peut être difficile de poser un diagnostic de trouble anxieux chez une personne inquiète et stressée à propos de son travail, car de tels sentiments sont communs à la plupart des individus à un moment ou à un autre de la vie. La limite entre le fait de présenter certains traits de caractère et de souffrir d’un trouble de la personnalité est parfois floue. Ainsi, le mieux est d’envisager la maladie et la santé mentales comme un spectre. La distinction est généralement établie à partir des éléments suivants :

  • La sévérité des symptômes

  • La durée des symptômes

  • Les effets des symptômes sur la vie quotidienne de la personne

Causes

On pense actuellement que la maladie mentale est causée par une interaction complexe de facteurs, notamment :

  • Héréditaires

  • Biologiques (facteurs physiques)

  • Psychologiques

  • Environnementaux (y compris des facteurs sociaux et culturels)

La recherche a montré que pour de nombreux troubles mentaux, l’hérédité joue un rôle important. Souvent, un trouble mental survient chez des personnes vulnérables à ce type d’affections en raison de leur patrimoine génétique. Cette vulnérabilité, associée aux stress de la vie, comme des difficultés avec la famille ou au travail, peut mener au développement d’un trouble mental.

De nombreux experts pensent également qu’une altération de la régulation des messagers chimiques du cerveau (neurotransmetteurs) peut contribuer aux troubles mentaux. Les techniques d’imagerie cérébrale, telles que l’imagerie par résonance magnétique (IRM) ou la tomographie par émission de positrons (TEP), indiquent souvent des changements dans le cerveau des personnes présentant un trouble mental. Ainsi, nombre de troubles mentaux semblent intégrer une composante biologique, à l’instar des troubles considérés comme neurologiques (tels que la maladie d’Alzheimer). Toutefois, on ne sait pas bien si les modifications observées à l’imagerie constituent la cause ou le résultat du trouble mental.

Désinstitutionnalisation

Au cours des dernières décennies, on a observé un mouvement visant à faire sortir les personnes souffrant de maladies mentales des institutions (désinstitutionnalisation) et à les aider afin qu’elles puissent vivre au sein de leurs communautés. Ce mouvement a été rendu possible grâce au développement de médicaments efficaces ainsi qu’à un changement d’attitude vis-à-vis de ces personnes. Ce mouvement s’est accompagné d’une plus grande tendance à considérer les personnes qui souffrent d’une maladie mentale comme étant des membres à part entière de familles et de la société. Une décision de la Cour suprême des États-Unis de 1999 a considérablement aidé cette évolution. Cette décision, dite d’Olmstead, exige des États qu’ils assurent le traitement de la santé mentale au sein de structures communautaires lorsque ce type de placement est médicalement approprié.

La recherche a montré que certaines interactions entre une personne souffrant d’une maladie mentale grave et les membres de sa famille sont susceptibles d’améliorer ou de dégrader la maladie en question. Ainsi, des techniques de thérapie familiale ont été développées afin de ne pas avoir à réinstitutionnaliser des malades mentaux chroniques. Actuellement, les membres de la famille d’un malade mental sont considérés plus que jamais comme des alliés dans le traitement. Le médecin généraliste a aussi un rôle important dans la réinsertion d’une personne atteinte d’une maladie mentale dans la société.

En outre, si une hospitalisation est nécessaire, comme l’efficacité des traitements pharmacologiques s’est améliorée, les patients sont moins susceptibles de faire l’objet de mesures d’isolement ou de contention que par le passé. Souvent, ils sont transférés après quelques jours vers un centre de traitement ambulatoire. Les centres de traitement ambulatoire sont moins chers que les établissements hospitaliers, car ils nécessitent moins de personnel. L’accent est mis sur la thérapie de groupe plutôt que sur la thérapie individuelle et les personnes dorment chez elles ou dans des maisons de transition plutôt qu’à l’hôpital.

Cependant, la désinstitutionnalisation a eu son lot de problèmes. Le traitement et la protection nécessaires qui étaient fournis dans les établissements hospitaliers n’ont pas été adéquatement remplacés par les services communautaires de santé mentale pour des raisons de financement insuffisant. De ce fait, de nombreuses personnes ne sont pas en mesure d’obtenir les soins de santé mentale dont elles ont besoin. De plus, la législation interdit désormais aux malades mentaux non dangereux pour eux-mêmes ou pour la société d’être institutionnalisés ou traités contre leur volonté. La plupart des personnes qui se sont trouvées à nouveau malades hors de l’hôpital sont devenues sans domicile fixe ou ont fini dans le système carcéral. Nombre d’entre eux meurent jeunes en raison d’une exposition, d’une infection ou de problèmes médicaux mal pris en charge. Bien que ces lois protègent les droits civils de la personne, elles rendent plus difficile le traitement nécessaire de nombreux patients, dont certains peuvent s’avérer extrêmement irrationnels s’ils ne sont pas traités.

En raison des problèmes associés à la désinstitutionnalisation, de nouvelles approches thérapeutiques ont été développées, telles que le traitement communautaire dynamique (TCD). Elles contribuent à offrir un filet de sécurité aux personnes souffrant de graves maladies mentales chroniques. Le TCD fait appel à une équipe de travailleurs sociaux, de spécialistes de la rééducation, d’accompagnants, d’infirmiers et de psychiatres (équipe multidisciplinaire). L’équipe offre des services individualisés aux personnes qui présentent une maladie mentale grave et qui ne peuvent ou ne veulent pas se rendre dans le cabinet d’un médecin ou à l’hôpital pour demander de l’aide. Les services sont apportés au propre domicile de la personne ou dans son quartier, par exemple dans un restaurant, un parc ou un magasin voisin.

Soutien social

Chacun a besoin d’un réseau social qui satisfait le besoin humain d’être soigné, accepté et soutenu émotionnellement, principalement dans les moments de stress. Plusieurs études ont montré qu’un soutien social fort pouvait significativement améliorer la résolution des maladies tant physiques que mentales. Les changements sociaux ont réduit le soutien traditionnel offert autrefois par les voisins et la famille. L’alternative a été de créer des groupes d’auto-assistance et des groupes d’entraide à l’échelon national.

Certains groupes d’auto-assistance comme les Alcooliques Anonymes et les Toxicomanes Anonymes, se focalisent sur les comportements addictifs. D’autres agissent pour défendre certains segments de la population, tels que les personnes handicapées ou âgées. D’autres encore, tels que l’Alliance nationale pour les malades mentaux, sont orientés vers le soutien des membres des familles des personnes présentant une maladie mentale grave.

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