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Les infections sanguines bactériennes sont liées à une augmentation du risque de cancer du côlon

Nouvelles
29/04/2020 Par
JournéeSanté Nouvelles
Les infections sanguines bactériennes sont liées à une augmentation du risque de cancer du côlon

MERCREDI 29 avril 2020 (HealthDay News) – Il existe une association entre les infections sanguines causées par certains types de bactéries et l’augmentation du risque de cancer du côlon, selon une nouvelle étude.

« À ce stade, nous ne savons pas exactement si les bactéries causent directement des cas de cancer colorectal, ou si l’infection sanguine par ces bactéries est elle-même causée par le cancer. C’est un exemple de la question : “qui vient en premier, l’œuf ou la poule ?” », déclare Dr Ulrik Stenz Justesen de l’Hôpital universitaire d’Odense, au Danemark.

Dans tous les cas, ces résultats pourraient aider à améliorer le dépistage du cancer du côlon, selon Dr Justesen et son équipe.

Ils ont analysé les données de plus de 2 millions de personnes vivant au Danemark et ont constaté que les personnes atteintes d’infections sanguines causées par des espèces de bactéries « anaérobies » spécifiques avaient un risque 42 fois plus élevé d’avoir un cancer du côlon que celles qui présentaient des infections sanguines causées par des bactéries aérobies.

Les bactéries anaérobies n’ont pas besoin d’oxygène et vivent dans divers environnements, y compris l’intestin humain, où elles ne provoquent généralement pas directement d’infections.

De précédentes études ont signalé l’existence d’un lien entre certaines bactéries anaérobies et le cancer du côlon, soulignent les chercheurs. Une présentation de leur étude était prévue dans le cadre du Congrès européen de microbiologie clinique et de maladies infectieuses (Congress of Clinical Microbiology and Infectious Diseases, ECCMID), qui a été annulé. Cette étude et d’autres études devant être présentées seront publiées dans un livre les résumant par des organisateurs du Congrès.

Par rapport aux personnes atteintes d’infections sanguines causées par des bactéries aérobies telles que l’E. coli ou le Staphylococcus aureus ou aux personnes n’étant pas atteintes d’infections sanguines, les bactéries anaérobies associées à un risque accru de cancer colorectal étaient les suivantes : Clostridium septicum (liée à un risque 42 fois plus élevé au cours de l’année suivant l’infection sanguine et à un risque 21 fois plus élevé de manière globale) et Bacteroides ovatus (liée à un risque 13 fois plus élevé au cours de l’année suivant l’infection sanguine et à un risque 6 fois plus élevé de manière globale).

Dr Justesen explique que dans son service de microbiologie clinique, deux cas d’infection sanguine causée par ces bactéries anaérobies sont en général identifiés chaque semaine. Les infections sont généralement causées par une brèche dans la paroi intestinale, qui peut elle-même être causée par le cancer, souligne-t-il.

Par conséquent, « les recherches que nous effectuerons en suivi de cette étude porteront sur les bactéries spécifiques aux patients atteints d’un cancer afin de déterminer si nous pouvons identifier certaines caractéristiques spécifiques pouvant être impliquées dans le développement du cancer », déclare Dr Justesen dans un communiqué de presse de l’ECCMID. « Si c’est le cas, cette découverte pourrait être très importante pour la sélection et le traitement du cancer colorectal. »

Deux experts américains des cancers gastro-intestinaux ont examiné ces résultats et ont convenu qu’on ne sait toujours pas si les bactéries provoquent le cancer.

Cependant, « étant donné que le risque de développer un cancer du côlon signalé était supérieur à 20 % au cours de l’année suivant [un test positif pour les] bactéries anaérobies, il semble judicieux de recommander un dépistage du cancer du côlon chez tous les patients au cours de l’année suivant l’infection en question », déclare Dr David Bernstein. Il est chef du service d’hépatologie à l’Hôpital universitaire North Shore de Manhasset, dans l’État de New York.

Dr Richard Whelan est directeur du service de chirurgie colorectale et du service de cancer colorectal au Northwell Health Cancer Institute, à New York. Il tient à insister sur le fait que seul « un petit pourcentage de personnes tombent assez gravement malades pour nécessiter des hémocultures [pour les bactéries], et un pourcentage encore plus faible d’entre elles présenteront des cultures positives. Ainsi, ces résultats s’appliquent à une très petite partie de la population générale ».

De plus, selon Dr Whelan, le cancer du côlon peut prendre des années à se développer, on ignore donc si la tumeur est la cause de l’infection bactérienne ou l’inverse.

« Des études similaires de plus grande taille doivent être réalisées pour confirmer ces résultats », conclut-il.

Informations supplémentaires

L’American Cancer Society dispose d’informations supplémentaires sur le cancer du côlon.